A la recherche du nouveau penseur : un cerveau collectif pour idéologie différente
Quand on se penche sur la crise, on ne peut qu’être étonné (même d’un point de vue capitaliste) par les mesures qui sont prises pour la régler : nos gouvernants voudraient l’empirer qu’ils ne s’y prendraient pas autrement !
Mais justement, comment pourrait-il en être autrement ?
J’ai déjà tenté de montrer que la crise n’est pas économique mais idéologique, et que ce n’est pas le capitalisme qui est à l’agonie mais la démocratie qu’on assassine. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder comment un homme de bonne volonté comme monsieur Jorion, avec de simples et bonnes mesures « économiques » donc, se trouve confronté à l’impossibilité absolue de les voir sinon popularisées au moins débattues, car ceux-là même qui ont la capacité de les rendre réelles sont en même temps ceux qui n’y ont aucun intérêt : nos gouvernants ne légiféreront pas contre les paradis fiscaux, ni contre la spéculation, ni pour une hausse des salaires. Eux-seuls le pourraient pourtant, mais ils ne le feront pas.
C’est donc bien une question de volonté politique, ou si l’on préfère d’idéologie ; mais pas d’économie. Car pour défendre une autre politique, nos élus doivent pouvoir s’appuyer sur une idéologie nouvelle et contradictoire qui fasse sens, qui fasse consensus au sein de la population. Et pour le moment, force est de constater que cette nouvelle idéologie n’existe pas.
Mais il faut également être conscient que la détermination d’une idéologie n’est pas le fruit des politiques mais des « penseurs », c’est-à-dire de personnes extérieures à l’appareil étatique en place et qui possèdent le recul intellectuel et l’acuité prospective suffisants pour dégager de leur vision globale une forme acceptable de modèle théorique capable de satisfaire aux exigences populaires avec lesquelles il correspondrait, en cohérence avec ce qu’on appelle « l’air du temps »…
Sauf qu’aujourd’hui le monde est devenu si complexe, si interconnecté, si mondialisé qu’il est devenu quasi-impossible à un homme seul de prendre la mesure d’un si vaste monde ; ce qui rend l’émergence des penseurs « globaux » irréaliste. Car qui peut se targuer d’une part de percevoir le monde dans son entièreté, et d’une autre de pouvoir en extraire la « substantifique moelle » de manière concise et compréhensible, c’est-à-dire une idéologie acceptable par le plus grand nombre ?
De plus, la complexification du monde, doublée de sa globalisation, a en quelque sorte « tué » l’idéologie, ou pour être plus précis l’empêche même de naître. Et c’est pour cette raison qu’il ne faut pas attendre de « messie », qu’il soit économiste ou non, car ce n’est pas un homme seul qui nous donnera la solution mais « les » hommes, ensemble, qui à travers la réalisation d’une sorte de cerveau collectif composé de spécialistes de chacune des questions sociétales qui nous échappent dans leur globalité pourront dégager cette nouvelle idéologie.
Il faut donc maintenant que tous les scientifiques des diverses spécialités qui en ont la volonté se réunissent autour d’une même table pour faire ensemble changer les choses et s’atteler enfin à la création de cette nouvelle idéologie ; messieurs Jorion et Leclerc semblent désormais prêts à se lancer dans cette voie (voir « le temps qu’il fait » du 28 décembre 2012 et « l’actualité de demain« ), ne les laissons pas seuls :
que les historiens, les philosophes, les sociologues, les économistes, les psychologues, les anthropologues, que tous les scientifiques qui se sentent concernés par le sort de notre civilisation décadente se réunissent pour former ce cerveau collectif, et qu’ils se mettent ensemble à réfléchir à une nouvelle idéologie capable d’améliorer le sort des peuples dont ils font eux-mêmes partie.
Leur statut de scientifiques, de chercheurs en sciences humaines leur confère une responsabilité « de fait » face à l’Histoire, car ils sont à Elle ce qu’ont été à notre présent les théoriciens des siècles passés. Ce sont les philosophes qui ont créé les lumières de la Renaissance, et ils étaient à la fois astronomes, médecins, économistes et souvent artistes ; comme ils sont aujourd’hui soit l’un, soit l’autre…
Cela ne suffit plus de regarder le monde par le petit bout de sa lorgnette, il n’est plus temps de se contenter de décrire et de vulgariser, il faut proposer maintenant. Ils ont le devoir de s’engager, car c’est bien d’eux que dépend le sort de nos enfants, de notre humanité… et c’est à nous, « simples » citoyens, de les y pousser.
Contactez-les donc, faites-les se rencontrer, se rassembler, obligez-les à discuter et à débattre, contraignez-les à inventer, à imaginer, enfin forcez-les à se mettre au travail pour faire ensemble émerger cette nouvelle idéologie dont nous avons un besoin impérieux et absolu. Ils n’attendent peut-être que ça d’ailleurs…
Trouvez un lieu, trouvez une date, diffusez le message et reprenez espoir, car l’avenir est devant nous !
Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr/
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