A la Réunion seuls les morts verront la fin du confinement
Comme disait Platon, seuls les morts verront la fin de la guerre (du coronavirus)
Ce lundi de Pâques, sur France Inter, une journaliste a cru démontrer que le confinement sauve des vies en évoquant le cas d’un EHPAD près de Lyon dans lequel les soignants vivent enfermés avec les résidents.
Cet argument est vain car le fait que personne ne soit malade dans cet EHPAD est seulement une confirmation de ce Pasteur nous appris, à savoir qu’il n’y a pas de générations spontanées des microbes. Si nous vivions sous cloche toute notre vie, nous n’attraperions jamais ni virus ni mauvaise bactérie. Mais il est hors de question de passer sa vie sous cloche. Les jeunes leucémiques condamnés à vivre sous bulle plastique dans une atmosphère stérile savent combien c’est profondément inhumain.
Constater l’absence de malade Covid-19 dans un EHPAD en quarantaine ne prouve pas donc l’intérêt du confinement et cela d’autant moins que les modalités du confinement actuel ne visent aucunement l’arrêt total de la circulation du virus comme les chinois ont tenté de le faire. Il s’agit plutôt d’une distanciation sociale plus ou moins obligatoire mais souple puisqu’elle permet les sorties et donc les rapprochements dans les lieux de commerce comme les grandes surfaces.
En effet, les autorités tablent sur l’arrêt spontané de la circulation du coronavirus lorsque grosso modo 70% de la population y aura été exposée (dixit le ministre Blanquer) et se trouvera ainsi immunisée. Pour que cette vaccination sauvage de la population se réalise, il est nécessaire que le virus circule mais pas trop. Ce qu’on appelle donc faussement un « confinement » vise surtout à ralentir sa progression afin d’éviter la saturation des services d’urgences — dévastés par les politiques libérales de ces dernières années — ; saturation qui accroîtrait considérablement la mortalité en obligeant à choisir entre soigner les vieux ou les plus jeunes. En l’occurrence, le confinement est d’autant plus nécessaire que l’incurie de nos gouvernements passés et présent nous a laissé sans protection (masques, gants) et sans moyens de lutte (tests).
Le problème de cette stratégie est qu’elle échoue si le confinement est réussi, comme c’est, semble-t-il, le cas à la Réunion, en dépit des coups de menton du préfet et des cris d’alarme poussés contre les je-m’en-foutistes du confinement. La preuve : le 11 avril dernier, on annonçait six nouveaux cas détectés la veille. Six cas en un jour... alors que le bout du tunnel sera atteint lorsque 600.000 réunionnais auront été contaminés. Le calcul est simple : à ce rythme, il faudra 100.000 jours, et c’est long (à la louche ça fait 300 ans). Bref, il semble qu’ici seuls les morts verront la fin du confinement...
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