Affaire des costumes de Jack Lang : Ouverture d’une enquête préliminaire
La brigade financière va mener des investigations concernant les dons de costumes à l’ancien ministre de la culture et président de l’Institut du monde arabe, d’une valeur de 195 600 euros offerts, par le propriétaire de la marque Smalto.

Dons ou abus de biens sociaux ?
C’est une affaire qui rappelle celle dans laquelle s’était embourbé François Fillon. Celui qui était déjà dans le viseur de la justice en 2017 quant au « Penelope gate » avait d’après le Journal du Dimanche, reçu des faveurs accordées par l'avocat de la Françafrique Robert Bourgi , soit 13 000 euros correspondant au don de deux costumes de luxe de la marque Amys. Ce montant qui avait été réévalué au fur et à mesure des découvertes était passé à 48 500 euros.
Pour Jack Lang, c’est l’hebdomadaire l’Obs qui dévoile tout. Le journal indiquait en début mars que l’ancien ministre de la culture et de l’éducation nationale et actuel président de l’Institut du monde arabe Jack Lang, avait reçu pour 195 600 euros de costumes et de pantalons de la part d’Alain Dumenil, propriétaire de la marque Smalto, entre 2013 et 2018. Toujours selon l’Obs, la réception de ces cadeaux remonterait même jusqu’au début des années 2000, du temps du créateur de la marque, Francesco Smalto lui-même.
Le vendredi 12 mars, la brigade financière avait saisit le parquet de Paris pour une enquête préliminaire. Il s’agit pour les investigateurs de déterminer si ce don constitue un délit. L’élégance, la classe et le style bien à lui qui caractérise Jack Lang depuis le début de sa carrière politique cacheraient-ils une manigance illicite et frauduleuse ? C’est ce que les enquêteurs tentent de démeler sur cette facheuse polémique.
Cité par l’AFP, Laurent Merlet, l’avocat de Jack Lang n’avait pas nié, en partie, les faits reprochés. Il avait plutôt confirmé que son client s’était « bien vu offrir des costumes par la société Smalto depuis quelques années ». Toutefois, il avait assuré que « cela s’était fait à l’initiative du créateur Francesco Smalto, mort en 2015 ».
Si l’avocat reste très formel et avoue que la maison Smalto n’aurait jamais adressé aucune facture à M. Lang et que ses cadeaux n’ont jamais eu aucune contrepartie, l’homme pourrait rester tout de même dans l'oeil du cyclone. En effet, depuis 2011, les élus sont tenus de déclarer au déontologue de l'Assemblée « tout don ou avantage d'une valeur supérieure à 150 euros dont ils ont bénéficié, en lien avec leur mandat ». Or Mr Lang a siégé entre 2002 et 2012 en tant que député du Pas-de-Calais. Il aurait manqué de déclarer ces « présents ».
« Tradition d’ambassadeur »
L’enquête a été ouverte le 12 Mars et les investigations confiées à la brigade financière, relaie l'AFP citant une source judiciaire. Le jeudi 2 mai, l'enquête préliminaire a été démarrée selon la même source, pour « abus de biens sociaux ».
Me Laurent Merlet, fidèle à son argumentation continue de clamer que les dons des vêtements n’étaient point des cadeaux donnés dans le cadre d’affaires, mais plutôt directement des créateurs : « Ce n’est pas la première fois que des couturiers proposent à Jack Lang de l’habiller. Depuis quarante ans, il a reçu des cadeaux compte tenu de sa notoriété. Cela s’inscrit dans une sorte de tradition d’ambassadeur de la marque », avait-il souligné au site d’information RTL.
La thèse selon laquelle l’ancien ministre de la culture et président de l’Institut du monde arabe Jack Lang, serait habitué à ces « présents » aurait pu passer et convaincre. Rappelons que l’homme a déjà reçu du couturier Thierry Mugler, la veste à col Mao (objet du fameux scandale à l’Assemblée Nationale en 1985). Il s’est fait offrir des vêtements du couturier Issey Miyake et le label de mode, également japonais, Yohji Yamamoto. La marque Yves Saint Laurent, n’étaient pas en reste.
Cette ligne de féfense, n’a toutefois pas pas convaincu la justice qui soupçonne des contreparties. Alain Duménil, propriétaire de Smalto et homme d’affaires aurait réglé lui-même les factures des costumes offerts alors qu’il était mis en examen pour une affaire de banqueroute frauduleuse. La marque Smalto n’aurait eu donc rien à voir avec les règlements.
En attendant la résolution de l’enquête, par la voix de l'avocat de son propriétaire, le tailleur reste solidaire à la défense sur FranceTVinfo : « Monsieur Jack Lang représente (...) un homme de la mode et de l'élégance connu dans le monde entier ».
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