Affaire des prétendus chants « homophobes » lors du match Rennes/PSG
Tout a commencé avec un match de football de ligue 2, entre les modestes équipes de Nancy et du Mans. Des chants qualifiés d'homophobes auraient été proférés par des spectateurs, ce qui a conduit l'arbitre a stoppé la rencontre durant quelques minutes. Puis l'épidémie se serait propagée au match phare entre Rennes et Paris de dimanche 18 août dernier, provoquant l'indignation de l'ensemble de la presse.
Des ministres scandalisés, des associations LGBT sur le pied de guerre, des appels à des sanctions exemplaires... Diantre ! Que s'est-il donc passé durant ces deux matchs de ballon rond pour provoquer de telles réactions de nos dirigeants et des ligues de vertus ?
Des appels au meurtre des invertis ? De violentes insultes mettant en cause la sexualité des joueurs de l'équipe adverse ? Des chants paillards inspirés par les sketchs sur les gays du regretté Coluche ?
Après une rapide enquête, les propos "homophobes" seraient les suivants : lors du matchs de ligue 2 : "la ligue, la ligue, on t'enc..." ; lors de celui de ligue 1 : "Paris, Paris, on t'enc..." Rien d'autre, à priori. De la banale gauloiserie, pas bien méchante, certes de mauvais goût, mais pas de quoi engendrer une affaire d'état. Alors où est le problème ?
Dans le premier cas, quelques supporters interpellaient la ligue de football, certainement au sujet d'un litige qu'aucun organe de presse n'a signalé. Dans le second, c'est de la vanne habituelle à l'égard de l'équipe adverse, à prendre au second degré. Les supporters du Stade Rennais ne pratiquent pas tous la sodomie lors de leurs rapports intimes : ils se contentent de chambrer en utilisant le vocabulaire usuel des jeunes. Donc, où est l'homophobie ? En quoi la haine des invertis est évoquée dans ces chants, d'une banalité écologique depuis quarante ans dans les stades ?
Ne riez pas ! Nathalie Boy de la Tour, présidente de la ligue nationale de football, a discerté dans le quotidien l'équipe du 21 août sur la nature de ces appels à sodomiser : plus flous que "sale tarlouze" ou "tafiole", notre élégante dame de compagnie se demande comment les classer. Homophobes ou non homophobes ? Ce qui est idiot, puisque cette pratique concerne autant les hétéros que les gays...
Plus sérieusement, il est utile de comprendre les raisons de ce nouvel épisode d'extrapolation de propos tenus par quelques prolos un peu énervés. Tout d'abord, dans le cadre de sa prétendue mission éducative, le LNF a lancé en mai dernier un plan de lutte contre les dicriminations dans les stades. Il faut donc amortir les fonds investis en trouvant des exemples à traiter. Ensuite, nos pouvoirs publics, qui craignent autant le petit peuple qu'ils le méprisent, ne supportent plus de voir des gens en liberté dans les stades. Il ne faut plus insulter l'adversaire, rouspéter et chambrer. Chacun doit payer son billet, rester assis, consommer le match puis circuler. Bientôt, comme à l'opéra, une tenue correcte sera exigée pour accéder à une tribune sportive.
Or, deux points dérangent. Le premier, c'est la récupération politique du sport pour faire passer des messages éducatifs. Le peuple serait mal élevé, il faudrait le réeduquer. Cette pratique consistant à associer idéologie et compétitions sportives remonte, comme chacun sait, aux jeux olympiques de 1936 à Berlin. Depuis, tous les régimes ont développé ce concept pour faire passer des idées, des démocraties aux pires dictatures. Pourtant, le sport n'est qu'un divertissement, et rien d'autre. On l'aime par passion, pas pour ses "messages" et autres sornettes qui ne sont que de la sournoiserie, puisqu'il s'agit de l'utiliser pour manipuler les consciences.
Deuxième point : qu'est devenu ce football populaire, distraction préférée des ouvriers et des gens de milieux modestes ? Madame Boy de la Tour (!) est-elle bien placée pour parler au nom des "ultras" et autres mordus de ballon rond ? Pour assister au match Rennes/PSG en tant que non-abonné, le prix des places démarrait à... 46 euros sur le site du stade Rennais ! Si on retire les "kops" et les "ultras", étudiants à tarif réduit et prolos qui se sacrifient à leur passion, il n'y aurait plus que des bobos dans les stades : finies les communions populaires d'autrefois dans les tribunes !
Le politiquement correct allié à cette peur du peuple de la part de nos élites conduit à des aberrations, consistant à voir du racisme, de l'antisémitisme et de l'homophobie partout. Madame la Marquise ; pardon, Madame Boy de la Tour, fait sans doute partie de cette bourgeoisie libérale pour qui le "gaulois" n'est qu'un crasseux alcoolique et grossier, qu'elle compte rééduquer, et isoler s'il refuse de se soumettre en l'excluant des associations de supporter. L'augmentation du prix des billets d'entrée dans les stades a aussi ce rôle de sélection par le haut. Intégration forcée dans son système de valeurs (le vivre-ensemble, l'universalisme...) ou la marginalisation sociale : tout un programme.
Concluons cependant par deux notes d'humour. La première concerne la sexualité des "ultras" du Stade Rennais ; qui peut garantir qu'il n'y avait pas d'invertis dans leur rang samedi dernier (ce qui d'ailleurs est leur droit intime) ? Même remarque concernant ces marseillais auteurs de la banderole anti-PSG ci-dessous, il y a quelques années, qui nous avait fait autant marrer à Paris que sur la Canebière ? Car le sport, c'est aussi la rigolade et la dérision, pour se détendre après une semaine de travail. Le peuple sait faire la différence entre loisir et politique, et il n'a pas besoin des leçons de civilité de Mme Boy de la Tour et des journalistes de la presse subventionnée par ses impôts !
Source de la photo : https://ultrasmovement.wordpress.com/2008/05/25/pedo-sado-gay/
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