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Accueil du site > Tribune Libre > Ah si j’étais riche

Ah si j’étais riche

Salutations,

On parle beaucoup de la Suisse en ce moment, à ce propos, Vous rappelez-vous ?
Vous rappelez-vous, il y a quelques mois on avait annoncé avoir trouvé quelques trois mille possibles évadés fiscaux, grâce aux autorités Suisses ?
Si je me souviens bien, la réaction extrêmement violente de notre ministre du budget a été de leur donner un délai pour régulariser leur situation, ou planquer le pognon ailleurs, avant de subir les affres d’un contrôle fiscal. A ce titre, moi aussi j’aimerais bien être averti trois mois avant que les pervenches passent dans la rue pour pouvoir bouger ma caisse, mais là je dérive...

Le montant total de cette possible évasion fiscale était d’environ trois milliards d’euros. C’est-à-dire a peu près un million d’euros par fraudeur, ou cinquante euros par français.

Ca a pas l’air beaucoup comme ça un million d’euros, si on compare au coût de la sécu, de l’armée ou de l’éducation, mais on aurait tort de comparer les budgets d’une institution à un budget individuel. A l’échelle individuelle, un million d’euros, c’est énorme, surtout si on considère que pour ces possibles fraudeurs, c’est uniquement ce qui a été mis de côté dans certaines conditions, en Suisse.

Tout ça m’a donné l’idée d’un jeu, pour mieux appréhender cette réalité.
Et si c’était moi qui l’avait ce million d’euro, qu’en ferais-je ?
Le jeu lui-même est anodin, et relève plus de la rêverie que d’un billet, mais la conclusion que j’en tire me parait digne d’être partagée et débattue.

Définition des règles :
Pour commencer, je vais poser les règles précises.
Vous disposez d’un million d’euros que vous devez intégralement utiliser, et seulement pour votre bien personnel. Par "utiliser", je n’entend pas forcément "dépenser", mais juste l’idée plus générale "d’en faire quelque chose". La contrainte principale est que son utilisation doit se limiter à augmenter votre bien-être.
Si ça vous rappelle un film dans lequel Jean-Pierre Daroussin gagne au loto, c’est normal, la problématique est la même, seul le montant diffère.

Ma partie :
Bon, j’ai un million d’euros, que je ne peux pas brûler (même si l’argent c’est le mal), ni donner (ce serait pas un cadeau puisque l’argent c’est le mal).
Pour commencer je fête l’évènement. Un bon restaurant, un mois de congés sans solde... 2 000 euros.
Ensuite je me lance dans une frénésie consumériste : je m’achète une belle télé, un nouveau lit, un nouveau four, une nouvelle voiture, bref, de l’équipement de la vie quotidienne... on va dire qu’avec 30 000 euros j’ai fait le tour.
Ensuite, je me rends compte que mon petit studio loué n’est pas bien vivable, je m’achète une maison ou un grand appartement en ville. Là, selon l’endroit ça peut beaucoup varier, mais pour 250 000 euros on doit trouver un truc très correct à peu près n’importe où en France.
Ensuite, je réalise que je fais pas le boulot dont je rêvais étant gosse, mais que je ne pourrais pas vivre de ce dont je rêvais. Pas de problème, je démissionne, je place les 700 000 euros restant a 4%, et je pratique après mes activités favorites : sieste, cinéma, lecture et pratiques sportives... Mais pas le bénévolat dans une association d’aide aux déshérités (ce serait trop d’ironie, même pour moi).
Placés à 4% par an, je récupère 28 000 euros annuels, ce qui est bien suffisant pour avoir un niveau de vie très confortable (j’ai pas pris en compte l’imposition, mais c’est à dessein).

Analyse des résultats :
Et voilà, mon million d’euro parti. Snif, je le regretterai si j’avais acheté une ferrari tape-à-l’oeil que j’aurais crashée au bout de deux semaines, mais là non, rien de rien, non je ne regrette rien. D’autant qu’il m’en reste encore 700 000, immobilisés certes, mais sans doute utilisables en cas d’extrême nécessité.
Quand je regarde ce que j’en ai fait, j’ai pas l’impression d’être un anormal et je pense qu’au moins une bonne moitié de la population réagirait pareil.

Arrivé à ce stade du raisonnement (car hélas, je ne raconte pas ma vie, je me projette dans une parabole), je dois me justifier sur les 2 règles restrictives énoncées plus haut :

- l’obligation de tout utiliser vient de ce que l’argent n’a de valeur que lorsqu’on l’utilise, sinon ce n’est qu’un potentiel non réalisé.

- l’obligation de l’égoïsme : si j’étais riche, ça ne viendrait pas d’un miracle, et mes amis le seraient aussi par le même phénomène.

Maintenant examinons un peu ce que j’en ai fait, non d’un point de vue individuel, mais d’un point de vue collectif :
D’abord j’ai augmenté mon niveau de vie, ce qui correspond à une richesse que j’appellerai "matérielle", et ensuite j’ai arrêté de travailler, pour vivre ma vie de débauche non productive, ce que j’appellerai une richesse "sociale".
On pourra remarquer au passage que je n’ai pas acheté de yacht de 45m, de jet privé, de chaussures ou de montre à 15 000 euros pièce. Faut croire qu’il y a encore un 3eme niveaux de richesse... J’y reviendrai.

Ce qui me semble intéressant, c’est que les différentes richesses que j’évoque ne sont pas également extensible à l’ensemble d’un population.

La richesse matérielle (une maison, l’eau chaude, l’électricité etc...) est une forme de richesse collaborative, car en tentant d’y accéder je facilite le chemin pour les autres : pour qu’un nouvel entrant ait accès à l’eau courante et l’électricité, il suffit de le raccorder au réseau existant, c’est plus facile que de créer un système qui lui soit propre. En acquérant une maison, j’ai financé un architecte et des maçons qui pourront en construire d’autre. En achetant une nouvelle télé je participe à la rentabilité d’une usine-à-télés, et facilite ainsi l’accès aux nouvelles télés pour les autres, car plus un bien s’écoule facilement, moins il est cher a produire.

La richesse sociale, c’est que j’ai arrêté de travailler pour faire ce que je voulais, tout en continuant à manger tous les jours. C’est l’expression concrète de ce que certains appellent "la pyramide sociale" ou "l’ascenseur social", qu’on pourrait résumer par : employé < patron < actionnaire. Concrètement, ça signifie juste travailler pour soi (ou glander), et manger grâce au boulot des autres.
Si la terminologie te gêne, tu peux utiliser indifféremment ouvrier ou employé ou salarié, chef ou contremaitre ou manager ou patron, actionnaire ou bourgeois ou rentier. Les rapports sont les mêmes, le premier exécute le travail, le second dit au premier d’exécuter le travail, et éventuellement comment, le troisième récolte les fruits du travail et verse une compensation aux deux premiers.
Cette richesse sociale n’est pas collaborative, elle est compétitive. Tout le monde ne peut pas être chef, et encore moins rentier. Sinon plus personne ne ferait le boulot et on crèverait tous de faim. A ce titre, en cessant de travailler pour faire mon Ulysse, je n’ai pas aidé le monde, je l’ai desservi.

Finalement, sur le million d’euros que j’ai reçu, les 300 000 premiers dépensés ont été utiles socialement, même si c’était à des fins égoïstes, tandis que les 700 000 suivants n’ont servis qu’a m’élever au rang de parasite.
Là, si le terme de parasite te gène, tu me diras sans doute que le support de ma rente, les 700 000 euros "rémunérés" à 4%, ne me rapportent de l’argent que parce qu’ils sont investis dans l’économie, la même que celle que j’alimente quand j’achète des trucs : construction immobilière, industrie automobile, culturelle, etc, et qu’à ce titre, je mérite autant d’éloge qu’un brave consommateur salarié.
Oui mais non, et ceci pour deux raisons.
La première, c’est que quand j’achète une télé, je finance l’industrie mais ma télé se dégrade avec le temps, et perd de sa valeur, me forçant à en racheter une quelques années plus tard. Par contre, quand j’achète (moi ou ma banque, ça revient au même) des actions Toshiba, je finance de la même manière les usines-à-télé, car il n’y a pas deux circuits monétaires distincts, sauf que mes actions ne perdent pas de valeur et la dette de Toshiba demeure. Pour faire un parallèle, c’est comme si Toshiba mettait en place une offre spéciale : "achetez mille télés d’un coup et on vous en offre une gratuite tous les ans. Et quand vous serez lassés de vos milles télés, on vous les rachètera, sans doute encore plus cher". Cette offre (et pour une fois, c’est vraiment une offre) ne profiterait évidemment qu’à ceux qui ont les moyens d’acheter mille télés d’un coup... injuste non ? Bienvenue dans mon monde.
La deuxième raison, beaucoup plus difficile à te vendre si tu n’y adhères pas déjà, est beaucoup plus d’ordre conceptuel : l’argent n’existe pas. On dirait pas comme ça, vu que tout le monde se plaint de ne pas en avoir assez, et que tous les problèmes trouvent une solution par un financement, mais ça me parait nécessaire de le rappeler : l’argent n’existe pas.
Pour vraiment t’en convaincre, j’ai besoin de plus de place et je le ferai dans un autre billet, mais pour résumer : l’argent n’est pas l’économie, ce n’est qu’une variable intermédiaire, un lubrifiant pour le mécanisme, un outil de mesure. L’argent n’est pas l’économie au même titre qu’un thermomètre n’est pas la température. Et dit en passant : c’est pas parce que le thermomètre actuel est cassé que la température a changé, mais là aussi j’y reviendrai plus tard.
L’argent n’existant pas, "financer" n’a pas a être rémunérateur car ce n’est pas rendre service (dit comme ça, on y crois pas... j’aimerais trouver une meilleure formule)
Mais je m’éternise. Voilà pour la richesse sociale.

En conclusion, je dirais que d’un point de vue collectif, il existe trois niveaux de richesse :

- la richesse matérielle, qui profite à tout le monde, même si c’est pas le but individuel recherché

- la richesse sociale, que je devrais plutôt renommer richesse asociale, qui est le fait d’être servi sans rendre service, et dont l’accomplissement à titre individuel est une nuisance pour le collectif

- une troisième forme de richesse (au moins) que j’ai laissé de côté, qui est la richesse des montres à 45 000 euros, des tableaux à plusieurs millions. Je la laisse de côté car j’arrive vraiment pas à me projeter dans ce monde là, même avec beaucoup d’imagination.

D’un point de vue quantitatif, le seuil de la richesse matérielle est atteint (pour ma part) avec 300 000 euros. J’imagine que selon les goûts de luxe de chacun ça peut varier mais l’ordre de grandeur restera le même. Et puis ça plait bien de savoir qu’en quinze de salaire j’aurai mon content. Le seuil de la richesse asociale est beaucoup plus flou, vu que ce serait concrètement la mesure du nombre de serviteurs dont chacun aurait besoin. On a jamais assez de serviteurs non ? Ou alors d’aucun. Mais je vois déjà qu’avec un capital de 700 000 euros, on peut se passer de bosser pour toute la vie.

En conclusion de la conclusion, si on taxait à 100% les revenus, toutes sources confondues, supérieurs à 10 000 euros par mois, le monde ne cesserait pas de tourner, et même si y a bien quelques personnes qui râleraient, je suis pas sûr que leur niveau de vie ne baisse réellement. En tout cas ce sera pas d’un point de vue matériel, vu qu’a ce niveau-là de rémunération, il faudrait moins de 3 ans pour atteindre la richesse matérielle.

Ce serait une sorte de bouclier fiscal, mais en inversé.
Une épée de Damoclès.

(et si la symbolique du 100% est trop forte, on peut la baisser à 95%, ce serait plus une concession idéologique que technique)
 
Merci d’être resté jusqu’au bout, et bonne journée...
 

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27 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 7 décembre 2009 11:23

    mouais ........
    je viserais l’autonomie
    une grande ferme, de la terre, des betes, eoliennes et panneau solaire, une cuve a methane
    mais pas de placements, trop risque


    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 décembre 2009 12:03

      pas idiot comme remarque, d’autant plus que l’eolien et le solaire sont aussi un placement , on peut revendre le surplus de courant


    • sleeping-zombie 7 décembre 2009 20:00

      Interessant, mais l’auto-suffisance est-elle applicable à une entière population ?
      Car quelque part, c’est nier la division du travail..

      plus de médecins, juste des rebouteux..
      plus d’électricité..
      plus d’industrie...

      bref, faisable a titre individuel parce qu’autour le monde tel qu’on le connait continue d’exister, mais, a l’instar du parasitisme, inapplication globalement.
      Mais au moins c’est moralement inattaquable ^^


    • wesson wesson 7 décembre 2009 11:35

      Bonjour l’auteur,

      voilà enfin un article intelligent qui rappelle cette vérité d’importance : la rentabilité financière n’est rien d’autre que du parasitisme ! De là effectivement on ne peut que s’amener à faire le bilan fonctionnel de la bourse. Et dès lors que on le fasse sérieusement, on s’aperçoit que sa rentabilité institutionnelle est quasi nulle. En effet, on nous a vendu la bourse et les actions comme étant de l’investissement dans les entreprises et l’innovation, et au final on se rends compte que ce sont des sommes dérisoires qui servent à cela, pendant que tout le reste ne sert qu’a nourrir des bulles spéculatives.

      Donc effectivement l’écrêtement du revenu par un impôt confiscatoire en dessus d’un certain seuil permettrait de littéralement briser les reins à la spéculation et à la finance.
      Comme dans quelques mois tout au plus les banques auront encore besoin d’injection massive de liquidés par les gouvernements, ce sera une excellente occasion d’imposer cela.

      On a bien vite oublié que dans les années 1970-80, les taux d’impositions marginaux des tranches hautes étaient pratiquement confiscatoires (90-95% à peu près partout), et que les capitalistes n’en vivaient pas forcément plus mal !


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 décembre 2009 12:06

        ils vivaient tellement bien que les Etats occidentaux etaient en faillite a la fin des annees 70. Rappel : le UK a ete sous assitance FMI avant que Lady Margareth Thatcher ne redresse la situation.

        Mais l’Angleterre etait fiere de TOUT produire, de l’acier aux Jaguar en passant par le transport aerien ou le telephone.

        Une classe capitaliste entreprenante, cad un type qui epargne pour investir derriere, permet de creer les start up puis les nouvellees PME comme Microsoft, Google, Intel, Bloomberg, CNN et autres.


      • wesson wesson 7 décembre 2009 14:13

        Bonjour Eleusis,

        "ils vivaient tellement bien que les Etats occidentaux etaient en faillite a la fin des annees 70.« 

        complètement ridicule : pratiquement aucun n’avait de dette extérieure à servir, et c’est justement à partir de l’introduction du libéralisme que les états se sont tous mis à faire de la dette. Votre »Lady« Thatcher a juste fait de la dette privée au lieu de faire de la dette publique, mais, par le truchement des plans de relances fait au banques, cette dette privée est bel et bien devenue publique maintenant. On voit bien la situation de l’angleterre »redressée« , ou le gouvernement est obligé de planquer ses aides pour ne pas faire rétrograder la note sur ses bons du trésor !

        La réalité c’est bien que des années 50 aux années 1980, il n’y a pas eu une crise sérieuse, et une situation de plein emploi un peu partout, sans délocalisations. 

         »Une classe capitaliste entreprenante, cad un type qui epargne pour investir derriere, permet de creer les start up puis les nouvellees PME comme Microsoft, Google, Intel, Bloomberg, CNN et autres."

        derrière chacune de ces entreprises il y avait un millionnaire, voire un milliardaire, si toutefois on gratte un peu plus loin que la bio officielle qui fait par exemple démarrer Microsoft dans un garage, tout en oubliant de préciser l’apport de Papa Gates et de son cabinet d’avocats

        Et concernant plus particulièrement l’investissement boursier, c’est justement un excellent moyen de faire assumer l’essentiel du risque par d’autres, tout en décidant de tout. Plus les capitalistes sont riches, plus ils auront cette tendance à externaliser le risque, au prix de montage extraordinairement risqués.

        Que vous le vouliez ou non, ce modèle ultralibéral que d’ailleurs l’Europe essaie d’imposer à tout prix est en train de se casser la gueule. Prenez en exemple Dubaï qui est un lieu se rapprochant le plus de cette utopie, c’est joli sur une carte postale, c’est amusant pour quelques jours, mais on ne peut pas réellement y vivre.

        Un autre modèle sera à mettre en place, un modèle ou la finance sera désophistiquée et ou ses acteurs seront fortement contraint. Le but n’étant pas de prélever un pourcentage sur la rentabilité, mais de l’écrêter purement et simplement, afin de la rendre soutenable.


      • sleeping-zombie 7 décembre 2009 20:10

        Je n’ai pas l’habitude de rajouter une couche quand on est d’accord avec moi, mais là j’approuve entièrement ton développement.
        On pourrait peut-être même commettre le sacrilège ultime : ne pourrait-on pas remplacer le système financier dans son ensemble par autre système qui couvrirait les mêmes besoin (organisation de la production et de la consommation) mais de manière plus démocratique et efficace ?


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 8 décembre 2009 04:20

        C’est fatiguant les gens comme vous qui affirment sans savoir

        Pour le Royaume Uni en faillite : ce pays a bénéficié d’un pret du FMI en 1976 http://www.informaworld.com/smpp/content db=all content=a794466449 suite à la banqueroute de la stagflation des annees 74 et 75
        Vous retrouverez des sources la https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2008/09/pdf/books.pdf et la aussi http://www.editoweb.eu/Le-Royaume-Uni-revit-le-cauchemar-de-1976_a13097.html

        Quand à votre developpement sur la crise du plein emploi, je vous laisse revoir le sens du mot plein emploi et ce mythe que vous appliquez aux 30 Glorieuses. Les annees 50 à 70 , annees du plein emploi ? Lol... ca fait penser au concept de suffrage universel masculin . Les 30 glorieuses c etait le plein emploi pour ceux qui etaient autorisés à travailler !


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 8 décembre 2009 04:26

        Au sujet des Google Microsoft etc : BIEN SUR QU IL Y A UNE FORTUNE DERRIERE , c est bien ce que j’ai dit : cet argent a été sainement investi dans des entreprises de croissance qui ont crée des emplois.

        Je ne suis pas en train de revisiter le mythe de l’entrepreneur debutant seul dans son garage, ici, j ’ai ecris "cad un type qui epargne pour investir derriere"


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 8 décembre 2009 04:29

        Pour clore sur le sujet de la dette, rappelons que le monde, meme en France, n’est pas né en 1945. La dette publique a regulierement été elevée auparavant . Mi XVIIIe en France, tournant du XXeme siecle en Russie, annees 20 un peu partout, etc

        C’est bien l’observation des crises ayant suivi ces periodes qui permet de tracer des constantes dans la capacité des Etats a repudier leur dette. Et de se demander pourquoi on leur prete encore.


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 décembre 2009 12:08

        La limite de ce texte : le chiffrage ne correspond pas a ce que vivent 20% des francais, les franciliens.

        250 000 euros achetent 40 metres carres dans Paris

        Et 30 000 euros est le prix moyen d’une automobile type Peugeot 407, Citroen C5, Audi A4 entree de gamme ou autre.


        • sleeping-zombie 7 décembre 2009 20:23

          Pour la voiture :
          si tu débarrasses la voiture des mythes véhiculés par la publicité, et que tu te cantonnes à un simple moyen de transport, 30 000€ te donnent une voiture plus que correcte, et neuve.

          Pour le logement :
          les franciliens sont victimes d’une entente sournoise sur les prix, artificiellement tirés vers le haut (et paradoxalement maintenues aussi élevées grâce aux allocations logements).
          Souvent j’ai entendu « l’IDF c’est super-demandé, donc c’est normal que ce soit très cher ». Oui, ça justifierai 20-30% de prix en plus, mais pas les 60-100% qu’on a.
          Si tu veux t’en convaincre, prends la situation a Berlin. Au dernières nouvelles, pour 100 000€ t’avais un 50m², et dans un quartier pas délaissé (pas notre 19eme parisien).

          Voilà pour les faits.
          Mon interprétation, c’est que l’aristocratie francaise (et anglaise) s’est réfugiée dans l’immobilier des capitales quand elle a perdu le droit de payer son train de vie en prélevant directement les impots. Maintenant la « taxe aristo » est indirecte, et s’appelle « aide au logement ». Tandis qu’en Allemagne, pour des raisons historiques (défaite de la 2nde guerre mondiale), l’aristocratie allemande s’est réfugiée dans les valeurs industrielles plutot que la rente immobiliere (et 40 ans plus tard, l’Allemagne était le 1er exportateur mondial)


        • sleeping-zombie 7 décembre 2009 20:25

          Et j’oubliais : je chiffrais en tant qu’individu isolé... pour un couple tu multiplies par deux.
          avec 500 000 euros, t’as quoi a Paris ?


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 8 décembre 2009 04:17

          tout le monde n’est pas pret à prendre l’avion chaque matin à Tegel ou Schonefeld pour venir bosser en region parisienne et rentrer le soir à Berlin.

          Berlin est a 25% de chomage, l’Ile de France : 11%


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 8 décembre 2009 04:22

          La voiture moins cher c est bien, mais tu fais comment pour la faire tourner ton usine Renault Sandouville et ton economie francaise calibrees pour la Laguna et non pas pour des voitures type Logan ?

          Ah, ok, vous voulez dire que les francais vivent au dessus de leurs moyens, energetiques notamment ?


        • sleeping-zombie 8 décembre 2009 19:16

          je te comprends pas... tu avais l’air de suggérer que 30 000 euros n’était pas assez, et là tu me sort une logan a 5700€ et une laguna a 21000€.

          Et par ailleurs, je n’évoque ici qu’un problème de simple répartition financière. Je ne parle pas de notre sur-consommation énergétique.

          Mais si tu me lances la-dessus : Oui, je suis d’accord avec toi, on consomme bien trop (en électricité, combustible et eau), et oui il faut réduire la consommation.
          Mais je pense que la 1ere consommation à réduire, c’est la « fausse activité économique » issue du dogme idiot « tout le monde doit travailler » qui fait qu’au final je me retrouve chaque semaine avec un kilo de prospectus dans ma boite au lettre...
          Une fois qu’on aura fait le tri entre les activités vraiment utiles et l’agitation institutionnalisée, si on consomme encore trop, alors là je changerai de voiture.
          (c’est une métaphore, j’ai pas de voiture...)


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 10 décembre 2009 14:30

          c’est pourtant simple. La France, qui a choisit un modele social de services publics performants et de forte redistribution, ne peut pas etre un pays low cost, globalement.

          Il faut une activite economique à forte valeur ajoutee, pour generer des entreprises profitables donc taxables, qui permettront de financer notre systeme social.


        • sleeping-zombie 11 décembre 2009 19:32

          Qu’est-ce que tu appelles un pays low-cost ?
          parce qu’a priori, je vois pas en quoi construire des logan plutot que des lagunas (ou l’inverse) change quoique ce soit à la répartition financière qui s’opère en bout de chaine...


        • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 7 décembre 2009 12:12

          Remarque complementaire : ce que vous appelez 3eme niveau permet quand meme a la France de vendre du vin 3 fois plus cher que le vin normal (champagne vs vin tranquille normal) ou de payer des artisants de la couture (la crise de la haute couture qui touche Christian Lacroix fait que 110 ouvriers qualifiés sont au chomage)

          Le luxe n a rien d inutile sur le plan eco, les ouvriers de Porsche gagnent 20% de plus que ceux de VW par exemple.


          • foufouille foufouille 7 décembre 2009 12:55

            et aussi de defiscaliser a l’etranger
            d’acheter des « oeuvres d’art »


          • sleeping-zombie 7 décembre 2009 20:43

            Décidément, on est encore pas d’accord...
            Le luxe est inutile sur le plan éco. ou pour préciser : anecdotique.

            Tu parles des 110 chomeurs de chez Lacroix ? moi je me rappelle des 3000 licenciés de chez Renault (à Vilvoorde), non pas parce que leur usine n’était pas rentable, mais parce qu’elle était pas ASSEZ rentable.
            Ensuite, c’est lié à la structure même de l’industrie le luxe.

            Qu’est-ce qu’un produit de luxe ? c’est un produit qui sera 20% mieux que le même « de base », mais que tu vendra 400%.
            Ex : puisque tu me parles de vins, tu sais faire la différence (au gout) entre une bouteille a 200€ et une autre a 8000€. Je pense pas.
            Ex : la porsche dont tu me parles, quel est son cout réel de production ? on peut imaginer que ça vient des matériaux, de la finition manuelle et tout ça, mais non, que nenni, on est plus dans les années 30 où les rolls étaient faites à la main et les ford à la chaine.
            La différence du cout de production entre une VW et une Porsche vient surtout de l’amortissement des couts structurels. Le cout structurel c’est la création du moteur, des prototypes, le réglage des chaine de montage, des tests etc... Que tu produises une voiture ou un million c’est le même. Donc moins tu produits d’unités, et plus ce cout se répercute dans le prix final.
            Mais si tu considères uniquement les couts de production (prix des matériaux et de la main d’oeuvre), ca me surprendrait qu’une porsche coute plus qu’une VW. Ce qui fait qu’au final, l’industrie « de luxe » n’est en fait qu’une division arbitraire entre produits bas de gamme et produits hauts de gamme, pour satisfaire l’égo social de quelques uns.

            Quand au produit de luxe qui est cher parce que non industriel, dire que ça fait vivre des petits producteurs, c’est faux, ils pourrait vivre aussi en produisant, mais pour eux-mêmes (là je développe pas, le commentaire est déjà assez long).


          • sleeping-zombie 7 décembre 2009 20:50

            @Actias :
            De plus, quand tu claques 15 000€ pour une montre, ca m’étonnerait que ça se répercute au niveau des salaires. Peut-être 20% comme l’évoque Eleusias, mais pas plus loin.
            Autrement dit, c’est de l’argent dépensé par un type qu’a trop de pognon, et qui va entièrement dans la poche d’un autre type, qui lui aussi a trop de pognon... Le gain pour le commun des mortels est marginal.

            Ca me rappelle un article de cabanel ici-meme
            http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/5050-euros-le-prix-de-la-misere-64205
            Mais qu’est-ce qu’il y avait dans ces assiettes pour 5000€ le couvert ?
            rien de plus que ce que t’aurais eu pour 250€, mais une façon de rester entre soi...


          • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 8 décembre 2009 04:08

            Pourtant vous tous derriere vos claviers, vous etes, nous sommes les riches et minoritaires de cette planete.

            la plupart des gens sur terre n’ont pas nos conditions de vie, alors, question a tous les Saint Just de bac à sable, etes vous pret à diminuer votre consommation energetique par 3 (pour la rendre compatibles avec le soutenable ) ou par 6 pour la ramener à la moyenne mondiale ?


          • sleeping-zombie 8 décembre 2009 19:17

            t’ai répondu un peu plus haut


          • zelectron zelectron 7 décembre 2009 12:55

            Sauf que votre exemple à 4% ne tient pas compte de l’inflation (pas l’officielle, la cachée) ce qui fait que le « couillon » qui se croit malin pour échapper à l’érosion monétaire (#v/s inflation) va chercher une rentabilité supérieure (genre M.a donf),
            - et là crac boum badaboum ce sont des placement de plus en plus risqués,
            - et à la fin il perd tout ce qu’il a misé,
            - et donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possible ...*

            * ça fait 100% de récupération dans le circuit des fous !


            • sleeping-zombie 7 décembre 2009 21:05

              C’est vrai, mon exemple ne tiens pas en compte de l’inflation, ni des impôts.

              Pour les impôts, c’est normal puisque c’est le sujet de ma conclusion. J’allais pas mélanger mes données initiales avec ma conclusion, j’aime pas les illogismes.

              Pour l’inflation, c’est essentiellement pour 2 raisons :
              -la première, c’est que je pars du principe que l’inflation est inférieure au taux de ton placement. Ce qui ne change pas le résultat qualitatif, mais seulement quantitatif. Avec une inflation a 2%, il me faudrait 1 400 000€ de placement au lieu de 700 000€ pour arriver à la même rente. C’est vrai, c’est plus dur à atteindre, mais l’objet de article est de pointer le caractère asocial d’une richesse qui dépasserait la simple possession, pas de discuter du montant a partir duquel chiffrer cette richesse.
              -la seconde est liée à la nature même de l’inflation. On nous la présente de manière informelle comme un phénomène naturel. Or, je ne suis pas du tout convaincu que le phénomène « inflation » ne soit pas directement connecté à la masse monétaire immobilisée sous forme de rente (en fait, plus j’y pense, plus j’ai l’impression qu’au contraire l’inflation est directement issue de ça).
              A partir de là, si à titre individuel on ne change pas l’inflation d’un pays en décidant de placer 1 millions plutôt que de les dépenser, si on est nombreux à le faire ça risque de changer les données du problème.
              Bref, comme ce concept « inflation » m’échappe, j’ai préféré délibérément l’ignorer, je le reconnais.


            • foufouille foufouille 8 décembre 2009 11:55

              " l’obligation de tout utiliser vient de ce que l’argent n’a de valeur que lorsqu’on l’utilise, sinon ce n’est qu’un potentiel non réalisé.

               l’obligation de l’égoïsme : si j’étais riche, ça ne viendrait pas d’un miracle, et mes amis le seraient aussi par le même phénomène."

              il est pas question d’economie
              une autonomie totale est bien sur impossible
              les eoliennnes et panneaux solaires ne sont pas immortels
              il faut donc bien sur envisage un surplus quelconque vendable

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