Appel pour la Taxe Unique
Le Grand débat est terminé et Édouard Philippe vient de livrer les premiers enseignements que l’exécutif entendait tirer de la consultation. Et, O surprise, tout va dans le sens du programme d’Emmanuel Macron.
Le gouvernement voit un succès dans le peu de contributeurs et de contributions valides qui ont été recensés et s’empresse de dire que les Français ont parlé. Il y a, cependant, fort à parier que ce sont les partisans de Macron qui ont participé à ce débat truqué dans ses questions et dans la forme des one man shows du Président. Les vrais chiffres sont ceux-ci : 506 000 contributeurs dont seulement 255 000 ne se sont pas contentés de répondre aux questions fermées et ont pris la plume. Et seuls, 39 000 d’entre eux ont fait des propositions personnelles sur les 4 thèmes. Non la participation n’a pas été massive et c’est, plutôt, un fiasco monumental dont l’unique responsable est notre showman qui a refusé de se plier aux règles de la commission nationale du débat public.
Alors, qu’attendre de la restitution, sinon de la démagogie et des conclusions tirées des réponses les plus fréquentes et non des propositions innovantes qui ont été remises ?
Il semble que la grande révélation du Grand débat soit que les français veulent payer moins d’impôt et que la seule réponse serait de diminuer les dépenses publiques. Mais n’est-ce pas là le projet de Macron depuis le début ? Vendre la France au secteur marchand et éliminer le système redistributif qui est la fierté de notre pays et qui est envié de par le monde. La grande manipulation n’est pas terminée. On se moque du peuple !
Les « sans dents » de Hollande, les « illettrés », les « fainéants » et « les gens qui ne sont rien » de Macron peuvent s’attendre à des lendemains encore plus douloureux. Mais, alors, faudrait-il se résigner ?
Pour ma part, je veux tenter quelque chose. C’est pourquoi je lance un appel.
Je lance un appel parce que nous tournons en rond toujours dans le même bocal et que rien n’avance sinon toujours dans le même sens. De plus en plus de pauvres, de plus en plus de dérèglement climatique, de plus en plus d’inégalités et de moins en moins de démocratie. Le sens, c’est la destruction de la planète et l’asservissement des peuples à la finance. Selon l’ONU, la banquise Arctique est irrémédiablement perdue. Vous rendez-vous compte de ce que notre pseudo progrès a réussi à faire ?
Alors, je veux vous parler d’une idée que j’ai eu en participant au Grand débat. Une idée innovante qui pourrait être une piste pour résoudre la plupart de nos problèmes. Je sais que je ne représente que moi-même et donc une infime minorité des Français, mais j’en ai ras le bol de voir que rien n’avance de la droite à la gauche en passant par Macron, et même les Insoumis et pire encore, les nationalistes de Le Pen ou Asselineau, car tout ce petit monde pense dans le même système économique : le capitalisme ! Et inutile de changer de pays pour trouver ailleurs un autre système, il n’y en a pas !
VOICI MA PROPOSITION
Je suis parti du constat que tout le monde partage : crise de l’emploi, crise écologique, crise sociale, crise financière, crise de la démocratie, crise de la solidarité, crise humanitaire, crise des migrants, etc.
Savoir qu’elle est la crise à résoudre en priorité pour agir dessus, et bien, pour moi, c’est la survie du monde vivant. Comme dit Aurélien Barreau : « Les autres combats n’ont aucun sens si celui du climat est perdu » Forcément ! Si nous sommes tous morts, à quoi nous servira notre pouvoir d’achat augmenté ?
Alors, plutôt que de raisonner comme tous nos gouvernants, j’ai tenté de sortir du bocal en cherchant quelque chose de parfaitement utopique à savoir, résoudre tous les problèmes en même temps. Mais, comme ont dit : « le nerf de la guerre, c’est l’argent et le pouvoir ». Et donc, il faut, avant tout, trouver de l’argent !
Alors, je suis revenu à une idée qui traîne depuis quelques dizaines d’années, à savoir, la taxe Tobin qui a évolué en Taxe sur les Transactions Financières et qui s’appelle maintenant la « microtaxe » dont le projet est porté par l’économiste suisse Marc Chesney.
Ce que j’aime dans cette taxe, c’est qu’elle est juste, qu’elle fait payer tout le monde, y compris ceux qui ne payent jamais rien, qu’elle possède un potentiel élevé de recettes et qu’elle est très simple à comprendre.
Le principe de cette taxe est de prélever un infime taux de l’ordre de 0,1 à 0,5% (selon ceux qui défendent ce projet) pour apporter des recettes fiscales supplémentaires au pays. En France, la TTF existe déjà mais ne concerne que quelques rares entreprises. Elle ne déploie donc pas tout son potentiel.
Mon idée est donc d’appliquer la TTF sur toutes les transactions financières et la valeur de ces transactions. Soit pour l’année 2016 :
Près de 21 milliards de transactions représentant la valeur totale de 26 670 milliards d’euros. Ces chiffres sont tirés d’un rapport de la Banque de France.
Comment une telle somme peut exister dans notre petit pays. Et bien, parce qu’elle englobe tous les mouvements bancaires et surtout, toutes les transactions spéculatives des traders et des grands spéculateurs qui au gré de leurs intérêts déstabilisent nos économies jusqu’à provoquer de graves crises financières. Il faut savoir que ce sont maintenant des algorithmes qui sont à la manœuvre de la spéculation et qu’avec Internet des milliards de titres sont échangés à chaque seconde, voir à la milliseconde.
Une fois posée cette assiette de 26 670 milliards d’euros, je me suis dis : et si nous faisions de la TTF, LA Taxe Unique. La taxe qui remplacerait nos impôts, à savoir la TVA, la CSG, l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur les successions.
Ces six impôts représentent la somme totale d’un peu moins de 400 milliards d’euros.
Alors, quel taux appliqué sur notre assiette pour obtenir la recette correspondante ?
La taxe serait de 1, 44 %. Il faut se rappeler que la TVA sur l’alimentation est actuellement de 5.5%. Donc le calcul en termes de pouvoir d’achat est rapidement fait.
Cette TTF remplaçant tous nos impôts, elle n’est plus une taxe supplémentaire mais LA TAXE UNIQUE.
Arrivé à cette conclusion, je n’ai pas été satisfait du résultat car, même, s’il résout le problème du pouvoir d’achat, il ne résout QUE ce problème.
Ni la question de l’emploi, ni la question écologique, ni les autres crises que j’ai énumérées ne trouvent leur solution dans ce résultat. Alors, j’ai poussé le bouchon plus loin.
On se plaint en France que les salaires coûtent trop cher. Alors, décomposons le coût du salaire. Il y a le revenu net du salarié, les charges sociales qu’il paye et les charges patronales que paye l’employeur. Grosso modo, pour faciliter le calcul et la compréhension de mon raisonnement, le salaire se répartit en deux parts égales : le salaire net et les charges sociales.
Alors, je me suis dit que si les cotisations sociales étaient abondées par la Taxe unique, à quel taux devrait-on la hisser ?
Les recettes de cotisations sociales étant de 516 millions d’euros, elles représentent 2% de la valeur des transactions financières. Ajoutés aux 1.44%, nos arriverions à un taux de 3.44%.
Mais, n’oublions pas la transition écologique qui est la première urgence et qui nécessite de passer à la vitesse supérieure. Le budget 2019 est de 34 milliards d’euros. Je propose d’ajouter 0.1% à la Taxe Unique pour obtenir un budget de 26 milliards qui s’ajouteraient à ces 34 milliards. La Taxe s’élèverait ainsi à 3.45%.
Sachant que la TVA représente à elle toute seule, environs 10% du budget des ménages, le gain de pouvoir d’achat pour un ménage serait autour de 6,5%.
C’est peu mais c’est déjà ça. Mais, il y a encore plus intéressant que cela.
Parce que si l’intégralité des cotisations sociales est prise en charge par la Taxe unique, cela veut dire que les salaires coûtent deux fois moins cher pour l’employeur. Du coup, on a deux possibilités pour utiliser cette économie. Soit, les entreprises deviennent plus compétitives ; soit on règle la question du chômage.
J’opte pour la seconde solution : la création d’emplois. Pourquoi ? Parce que je suis persuadé que si le pays marche si mal, c’est parce qu’il manque des emplois malgré les statistiques trafiquées du gouvernement.
Alors, si le coût d’un salaire est deux fois moins cher, cela veut dire que l’employeur peut, avec la même somme, embaucher deux personnes sur le même poste.
Partant de là, je préconise quatre choses.
- L’institution de la semaine de 3 jours salariés ;
- Le fonctionnement des entreprises en double équipe sur des semaines de 6 jours ;
- Une journée de formation continue hebdomadaire.
- Et une journée consacrée au service citoyen ;
(C’est une base de répartition, mais on peut aussi imaginer un système en semaines alternées).
Côté création d’emplois, cette formule donnerait la possibilité de créer plus d’emplois qu’il n’y a aujourd’hui de victimes du chômage. Problème qui m’apparaît moins insurmontable que l’inverse.
La semaine de 3 jours salariés et le fonctionnement en double-équipe demandera de l’adaptation aux entreprises et aux salariés. En effet, cela exigera une plus grande coopération dans les services et entre eux.
La journée de formation continue solutionnerait la question de la mise à jour des compétences et des adaptations. Cette formation concernerait tout aussi bien le travail salarié que le service citoyen.
Et la journée de service citoyen, qu’est-ce que c’est ? Ce service serait obligatoire et « bénévole ». Ce serait un « impôt » en nature.
Cette journée est consacrée à la gestion des biens communs. C'est-à-dire, ceux qui ne sont pas pris en compte dans le calcul de la richesse du pays, le fameux PIB, (le produit intérieur brut). Ces biens qui, s’ils n’existaient plus, conduiraient n’importe quel pays à la ruine. Comment envisager que les enfants ne soient plus éduqués par leurs parents ; comment envisager qu’il n’y ait aucun bénévole dans les activités solidaires, culturelles, sportives, humanitaires ? Comment envisager un pays qui aurait totalement épuisé ses ressources naturelles ?
La journée du service citoyen serait donc dédiée aux actions en faveur de l’écologie, de la solidarité, de l’humanitaire, de la culture et du sport et de la démocratie. Cette journée pourrait commencer dès l’école sous forme d’enseignement et de pratique et pourrait se perpétuer au-delà de l’âge de la retraite. Mais là, n’est pas mon propos.
IMPOSER LA TAXE UNIQUE
Voilà la proposition que j’ai faite à travers ma contribution au Grand débat. Quelque chose de totalement nouveau qui permettrait de passer d’une économie capitaliste et inégalitaire à une économie de service, une économie écologique, sociale, solidaire et démocratique.
Une économie au service de la population, des pauvres et des gens dans la difficulté ; au service de la planète et du monde des vivants ; au service de la solidarité et de la démocratie ; au service de la culture et du bien vivre ensemble.
Car, il faut le marteler, le capitalisme et ceux qui se réclament des progressistes, qu’ont-ils fait sinon de détruire méthodiquement la planète depuis plus d’un siècle. Ceux-ci en sont encore à négocier ce qui est possible de changer avec mille précautions et surtout négocier pour que rien ne change alors qu’il n’y a qu’une urgence : celle de sauver l’humanité ; celle de sauver notre peau et celle de nos enfants !
Néanmoins, cette taxe unique a son talon d‘Achille car elle repose sur la valeur colossale des transactions. Or, en taxant ces transactions, celles-ci devraient diminuer mécaniquement et donc mettre à mal les recettes de la taxe unique.
Pour y répondre, nous devons considérer plusieurs points qui permettent de relativiser les difficultés.
- La difficulté réside dans la transition d’une économie à une autre et non d’être dans la nouvelle économie. Lorsque le système sera en place il n’aura plus qu’à s’adapter aux situations nouvelles comme il le fait actuellement. À une nuance prêt, c’est qu’on sera dans un monde plus juste et plus attrayant.
- La spéculation existera toujours du fait du phénomène de l’offre et de la demande. Par contre, effectivement, la spéculation à but uniquement financier diminuera certainement. Ce qui sera un bien pour toutes les économies. Gageons aussi que les spéculateurs sauront retrouver leur équilibre quitte à gagner un peu moins d’argent.
- L’économie prospective ne repose que sur des hypothèses et des suppositions car trop de paramètres interagissent simultanément. Et c’est là-dessus que les banques s’appuient pour jouer sur les peurs et anéantir toutes velléités des États. Mais, la vérité est qu’elles ne veulent pas partager leurs bénéfices au service de l’intérêt général.
Après la crise de 2008, les États et l’Union européenne avaient la possibilité d’imposer leur loi aux banques qui avaient provoqué cette crise financière. Au contraire de cela, la BCE a créé 3 000 milliards d’euros pour les aider, au détriment des peuples qui ont vu leur dette nationale monter vertigineusement à ce moment-là. On aurait pu s’attendre à ce que l’Union européenne exige des contreparties aux banques. Et bien, non, elle a préféré pressurer le peuple grec et tous les pays en situation de faiblesse et imposer aux pays membres, par voie de conséquence, des politiques d’austérité. L’une des explications est celle-ci : Baroso, le Président de la commission européenne de l’époque, a décidé de créer l’argent pour renflouer les banques. Pourquoi ? Nous avons eu la réponse quelques années plus tard lorsqu’il s’est fait embaucher par Goldman Sachs. En fait, il a préféré assurer son avenir personnel chez Goldman Sachs que de servir l’intérêt général.
À l’heure actuelle, une crise financière d’égale intensité à celle de 2008, sinon pire, se profile dans les deux années à venir. Des dégâts sont à prévoir, mais ce sera aussi, une opportunité pour imposer aux banques et aux spéculateurs le principe de la Taxe unique.
En fait, le problème est ailleurs. Il réside dans le fait qu’un seul pays ne peut mettre en place une taxe pareille car les spéculateurs - qui ne paient aucune taxe actuellement et vivent comme des prédateurs - fuiraient les places boursières de ce pays. C’est donc à l’Union européenne de porter ce projet. Et, à l’intérieur de celle-ci, se trouvent quatre paradis fiscaux qui empêcheront la mise en place de la taxe unique : le Luxembourg, l’Irlande, Les Pays-Bas et Malte. C’est pour cela qu’il faut impérativement faire sauter la règle de l’unanimité et baisser le seuil de la majorité aux trois-quarts des pays d’accord entre eux. Cela veut dire que ce sont aux États de porter ce projet auprès de l’UE.
Alors, peut-être vous direz-vous : « C’est trop beau pour que ce soit réalisable ». Oui, c’est trop beau, mais c’est réalisable. Car le monde ne peut pas continuer à tourner comme il le fait. Si nous ne réagissons pas fortement, le réchauffement climatique sera irréversible d’ici 2030. Et si nous ne changeons pas de système économique, nous ne pourrons faire régresser le changement climatique qui provoquera cataclysmes sur cataclysmes : des territoires submergés qui vont provoquer des migrations de masse (elles ont déjà commencé) ; un climat totalement bouleversé qui va provoquer des vagues de chaleur ou de froid intenses ; des pénuries et des famines ; de nouvelles maladies dues à des virus cachés dans le permafrost et seront libérer par la fonte des glaces ; un air chaud carboné ; des économies en déroute qui vont provoquer des conflits et des guerres ; les océans, les nappes phréatiques et les cours d’eau totalement empoisonnés. Alors, soit, nous trouvons un nouveau système, soit nous nous tapons tous dessus à très court terme.
C’est pourquoi, si mon idée est bonne, il faut la propager auprès des économistes, des élus et des partis politiques et auprès de nos cercles de connaissances et au-delà de nos frontières.
Nous avons contre nous les fossoyeurs du monde que sont les banques, les spéculateurs et les multinationales. C’est pourquoi il nous faut utiliser leur arme, à savoir, le lobbying ! Faites du lobbying, faisons du lobbying pour faire passer la taxe unique. Ils ont l’argent ; nous avons le nombre et les États ont la force pour leur imposer un système économique post-capitaliste.
C’est pourquoi, le pouvoir doit revenir au peuple afin que nous parvenions à opérer cette transition économique indispensable à la survie de l’humanité.
Alors, que « ceux qui pensent que c'est impossible ne dérangent pas ceux qui essaient".
Emmanuel Macron a donné la parole au peuple. Sachons la garder tous ensemble.
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