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Accueil du site > Tribune Libre > Approcher la nature en poète

Approcher la nature en poète

 

Vivons puisque nous sommes faits pour cela !

 

Il n'y a pas cinquante manières d'être bien dans la nature, il n'y en a peut-être qu'une et c'est d'être présent. D'être au contact par nos sens, de ne pas nous laisser embarquer par notre mental du coté du passé, de l'ailleurs, du futur... non...Il s'agit d'être au contact par nos yeux, nos oreilles, notre nez, notre peau, notre bouche, de l'air, de l'eau, de la terre, des bêtes et des plantes... en marchant, en respirant, en étant en éveil au moindre bruit, au moindre souffle d'air... on s'arrête, on fait silence, on regarde... et nous sommes là.

 

Des poètes bien dans la nature

« Soir délicieux où le corps entier n’est plus qu’un sens, et par tous les pores absorbe le délice. Je vais et viens avec une étrange liberté dans la nature, devenu partie d’elle-même1 » et on pense à Emily Dickinson, à Arthur Rimbaud, Fernando Pessoa… des poètes, des philosophes, des écrivains… ils sont nombreux à être bien dans la nature, ils ne sont pas les seuls certes, mais eux ou elles ont su mettre les mots. Or les mots nous touchent... et nous touchent plus que tout autre chose quand ils sont justes.

 

« … je trouve l'extase en vivant... »

Fernando Pessoa est émerveillé par « l’éternelle nouveauté du monde », Arthur Rimbaud est dans la nature « Heureux comme avec une femme » Emily Dickinson elle aussi dans la nature atteint les sommets : « Je trouve l’extase en vivant – la simple sensation de vivre est pure joie. » Voilà nous sommes au cœur du sujet, il s’agit bien de cela, il s’agit de cette « simple sensation de vivre »…

 

L'expérience de vivre.

Nous ferons trois remarques à ce propos. La première c’est qu’au contact du vivant nous avons le plus sûr moyen de trouver pour nous-mêmes le chemin pour vivre… pour vivre pleinement. Sortons les enfants du salon, sortons les du quartier… mettons les dans les bois et hop, comme par magie, voilà qu’ils vivent dix fois plus intensément. Voilà que comme les arbres, ils respirent, comme les bêtes autour d’eux, ils courent, glissent, s’égratignent… ils grimpent… comme de « vrais enfants » ils construisent des cabanes, des barrages dans le ruisseau… peu importe quoi… ils font, et vivre c’est d’abord faire, ce n’est pas à force d’explication qu’un enfant apprend à marcher… c’est à force d’essais répétés… c’est par l’expérience… l’expérience de vivre.

 

Ne pas penser

La deuxième c’est qu’il faut savoir laisser la pensée en dehors du jeu… « … je ne parlerai pas, je ne penserai rien… » dit Rimbaud… « … je ne sais ce que je pense, ni ne cherche à le savoir. » dit Pessoa… Voilà du réel enfin, voilà le corps et le cœur au contact, voilà de l’ici et maintenant… quoi d’autre ?

 

Notre lien au sauvage.

La troisième c’est que toutes et tous dont les noms sont cités plus haut ont chacun.e à leur façon eu des vies de marginaux… soit ils ou elles n’avaient pas très envie de se frotter trop aux humains de leur temps et d’eux-mêmes ils prenaient leur distances, comme pour se préserver, comme font les oiseaux quand à notre approche, ils s’envolent, soit ils étaient incompris ou maltraités par leurs congénères.D’ici là à dire qu’il n’y a qu’un pas à faire pour les qualifier de « sauvage »... faisons le. Ce lien au sauvage est double puisque nous pouvons trouver la nature sauvage dehors, dans les bois...jamais totalement cultivés... et aussi en nous au tréfonds de notre être... jamais totalement domestiqué...

 

Partout la débâcle

Le monde des sciences à bien pris le dessus au cours du vingtième siècle, il a tout balayé du revers de la main … affectivité, sensibilité, spiritualité... la raison seule au pouvoir nous mené là où nous sommes... à la débâcle... dedans, dehors, partout la débâcle... et quoi pour se raccrocher et surtout qu'elle branche tendre aux enfants pour qu'ils ne se fassent pas emporter ?

 

Ressourcement

Les champs, les bois, les près, les rivières...la mer...les grottes, les crêtes... nous tendent leurs bras comme des refuges où enfin nous pouvons trouver la paix, mais aussi comme lieu du ressourcement, lieu où nous faisons le point, lieu où nous respirons à nouveau et d'où l'on reviens différent.

 

Multiplier les expériences de nature

Il est nécessaire de multiplier les expériences de nature… elles sont en voie de disparition… il ne tient qu’a nous… qu’a chacun.e de nous.

Roland Gérard

 

1Henry David Thoreau : Walden ou la vie dans les bois, ed Gallimard

 


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5 réactions à cet article    


  • Mellipheme Mellipheme 10 décembre 2021 13:15

    A l’auteur :

    Vous avez de bonnes lectures, bravo !


    • wagos wagos 10 décembre 2021 13:48

      Et faire caca dans la nature ( je suis sérieux et enfant de la campagne ) des mouches aux tons métallisés et yeux rouges, comme sorties de romans d’anticipation...

      D’autres insectes inconnus aux couleurs chatoyantes , comme ce vulgaire bousier lui aussi, d’un beau vert métallisé ! 

      à croire que vivre dans la merde donne un bon teint et bonne allure..

      D’autres diptères plus gros et gris, mais aux yeux phosphorescents se

      mêlent à ce ballet ..

      ( pas celui des chiottes, non ) juste une gracieuse chorégraphie mise au point par Dame nature , celle où l’on respire un air sain, loin des villes surpeuplées et malsaines, là où il est défendu de soulager son gros colon dans un jardin public , à part cet édicule payant affiché WC Dames et Messieurs , avec la silhouette caractéristiques pour les analphabètes ou les étrangers ...


      • Sergio Sergio 10 décembre 2021 14:06

        @wagos
        « Des poètes bien dans la nature »
         
        A trop regarder le caca, le caca vous regarde, Nietzsche revisité par wagos


      • wagos wagos 10 décembre 2021 15:37

        @Sergio

        Y compris la poésie qui s’en dégage ....


      • monde indien monde indien 11 décembre 2021 11:48

        ( Gilles Clément )

        Merci pour ce beau texte . Ca fait du bien dans ce monde brutes !

        La relation affective que nous avons avec la nature est sans doute encore + importante que l ’ écologie / que nous ne pouvons sans-doute pas comprendre sans elle . 

        La nature dans sons sens le + large , c ’ est à dire avec aussi le monde du non-vivant ( les minéraux , les gaz , les liquides , l ’ électricité , les ondes , l ’ espace intersidéral ... / et qui existent tout autant que le monde du vivant ) sans lequel la mort n ’ a pas de sens , et donc pas la vie non-plus .

        Et puisque nous communiquons sur un site qui se préoccupe beaucoup de politique , je veux dire que celle-ci peut être appréhendée avec la même simplicité . Je ne vais pas ici expliquer in-extenso ce que j ’ en pense . Je me contenterai de rappeler ces paroles du jardinier Gilles Clément qu ’ il rapportait d ’ un vieux sage Birman qu ’ il avait croisé au cours d ’ un de ses voyages . Il lui demander de lui expliquer sa sagesse . Celui-ci lui dit que ce serait trop long et complexe , mais il ajouta : attendez , il y a quelque chose de très important que je peux dire : « Il faut que l ’ autre soit heureux ! »

        Je crois que la politique ( qui n ’ est finalement que l ’ organisation de la vie de la communauté humaine ) ne se résume qu ’ à ces simples paroles . 

        Voilà . Je t ’ invite à venir faire un petit tour sur mon mini-blog ( tu trouveras en marge à droite différentes rubriques )  :

        http://mondeindien.centerblog.net/

        Et puis cette magnique chanson de Dick Annegarn : La Transformation

        https://www.youtube.com/watch?v=kBg8lO5uRvM

        Bien amicalement , 

        Charles , de Sète , alias Monde Indien 

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