Attentats : Pourquoi tant de haine ?
Attentats : Pourquoi tant de haine ?
Décapitations et autres attentats perpétrés par la mouvance islamique radicale risquent d’exacerber le climat d’insécurité. Tétanisés par les chocs émotionnels successifs provoqués par des événements hyper médiatisés d’une rare violence, nous perdons toute lucidité, toute capacité à juger sainement de la situation et nous finissons par réclamer des mesures autoritaires plus fortes pour satisfaire notre besoin de sécurité quitte à perdre beaucoup de nos libertés conquises pourtant de hautes luttes.
A qui profite le crime ?
Tant que nous ne comprendrons pas que l’islam radical est une arme de choix entre les mains de nos chères élites mondialistes, il ne nous sera pas possible de donner un sens, une explication à ce qui se passe autre que la suivante : « Nous ne pouvons être éternellement les victimes innocentes d’une telle barbarie, de ce déchainement de violence et de haine aveugles que rien ne peut justifier. Notre gouvernement doit trouver les moyens d’éradiquer ce mal par tous les moyens de façon radicale ».
Cela pourtant crève les yeux.
Qui a permis à la famille Saoud de s’implanter durablement sur la péninsule arabique, famille connue pour être le fer de lance du wahhabisme, promoteur d’un islam extrémiste et rigoriste, rejeté de longue date par l’islam officiel car jugé hérétique, désobéissant à la loi du prophète. Ce sont les britanniques qui ont conclu des accords avec cette branche vénéneuse pour s’en faire un allié de poids afin de mieux assoir sa puissance impériale en terre d’Islam.
Qui a créé Al Qaïda à partir de guerriers islamiques intrépides mis à disposition par l’Arabie Saoudite en vue d’aller damer le pion aux russes en Afghanistan ? La CIA.
Qui a utilisé les groupes islamiques les plus radicaux comme chair à canon en Syrie pour tenter de faire tomber Assad : Ce sont les occidentaux, la France se situant en bonne place pour former et armer les terroristes affluant de partout. C’est cette politique qui a créé un appel d’air conduisant de nombreux jeunes français à se radicaliser et à rejoindre le camp des soi-disant rebelles modérés en Syrie qui, en fait, n’était que le camp des coupeurs de têtes et autres kamikazes du front Al Nosra (branche Syrienne d’Al Qaïda) et compagnie. Cette orientation, nous l’avons nourrie par une politique très volontariste et parfois même affichée au grand jour. Notre ministre des affaires étrangères de l’époque Laurent Fabius, n’a-t-il pas dit : « Al Nosra fait du bon boulot ».
Tout ce qu’il faut pour nous faire haïr
Nous ne manquons de zèle, nous français, pour nous porter aux avants postes du combat au service de l’impérialisme occidental. Nous n’avons pas peur de nous exposer pour nous montrer de bons petits soldats méritant la reconnaissance de nos maîtres. D’ailleurs quand nous ne le faisons pas nous essuyons de cuisants rappels à l’ordre (sanctions économiques, mise en branle de réseaux infiltrés). Mais en nous exposant ainsi de façon ostentatoire, nous cristallisons sur nous toutes les haines et frustrations du monde musulman. La publication des caricatures n’arrange rien et peut être vécu comme l’ultime humiliation pouvant mettre le feu aux poudres.
La démocratie, les droits de l’homme, sont nos étendards et nous ne privons pas de faire la leçon à d’autres pays jugés obscurantistes ou rétrogrades. Pourtant la réalité est différente de l’image idéalisée que nous lui donnons.
En effet, il n’y a pas qu’en Syrie que nous utilisons ces forces terroristes et réactionnaires pour faire avancer nos intérêts géostratégiques à l’ombre de la puissance américaine. Sur tous les théâtres d’opération où nous sommes censés combattre le terrorisme, il n’est en fait qu’un prétexte et un instrument qui sert d’autres intérêts : le partage des richesses de l’Afrique et du Moyen Orient avec la nécessité de faire barrage à l’expansionnisme chinois et russes.
Ces politiques ont un revers
En effet, il nous faut encaisser le choc en retour de ces politiques sur notre territoire. Nous avons participé à la tentative de destruction du dernier état laïc du moyen orient, la Syrie, et avons cherché à le faire retourner à l’âge de pierre parce qu’il a refusé de s’ouvrir à nos sociétés privées. Et pour cause, cela lui ferait perdre toute indépendance et toute souveraineté. Saddam Hussein et Kadhafi ont commis l’erreur de faire confiance à l’occident en ouvrant leur marché aux multinationales occidentales ? Ca ne leur a pas porté chance et il semble que le pouvoir syrien en a tiré toutes les leçons. C’est bien aux franges les plus extrêmes de l’islamisme radical à qui nous avions promis les reines du pouvoir Syrien, à des politicens corruptibles à souhait à l'image de la famille Saoud et donc vendus aux intétêts américains. De telles promesses ne mangent pas de pain et au moins ça permet de galvaniser les troupes sur le terrain. Dans le même temps, nous nous faisons le porte étendard d’un laïcisme intransigeant sur notre propre territoire. Si nous cherchions à créer les conditions de la guerre civile, on ne s’y prendrait pas autrement.
Créer les conditions du choc des civilisations
Affaiblir, fracturer, casser toute velléité de souveraineté des nations européennes, tel semble être l’agenda de nos élites. Nos revendications de souveraineté sonnent creux, car en fait nous ne faisons que la liquider. Tout prouve que nos gouvernants s’inscrivent bien dans cet agenda européiste et mondialiste qui foule aux pieds tous nos grands idéaux républicains et qui voit tous nos avantages acquis partir en fumée.
Les gilets jaunes se sont rebellés et finalement, ils sont rentrés dans le rang, muselés par les violences urbaines parasites, la crise sanitaire et les attentats terroristes.
La nation syrienne s’est rebellée et à ce jour personne n’a réussi à la faire rentrer dans le rang.
Pendant que nous perdons nos libertés, eux sont en train de les reconquérir, certes au prix de grands sacrifices humains, mais le sang versé ne donnera que plus de valeur à cette reconquête.
Il n’est pas étonnant que nous vivions cette situation comme particulièrement humiliante et que nous cherchions par tous les moyens à provoquer un changement de régime.
Les paris sont toujours ouverts, même si nous avons perdu ceux que nous lançons depuis dix ans en prédisant sans cesse la chute imminente du « régime ».
Mais le gouvernement syrien nous avait pourtant prévenus. Faites attention, vous, les français, tous ces djihadistes dont vous avez fait vos mercenaires, votre chair à canon, que vous avez armés et drogués à bloc pour en faire des fanatiques bravant la mort sans crainte pour mieux terroriser les populations. Faites attention, tous ne mourront pas au combat et certains que vous n’aurez pas réussi à liquider chercheront à rentrer au pays le cœur rempli de haine et de frustration, car aucune des grandes promesses que vous leur aviez faites n’aura été tenue, aucun avenir radieux n’aura été trouvé dans ces lointaines contrées. Alors qu’ils étaient partis pour montrer leur bravoure, ils se retrouvent ostracisés et relégués au banc de la société.
A l’étranger, ils peuvent disparaître sans jugement. En France, nous devons les prendre en charge. Au lieu d’assumer, nous sommes, comme toujours dans le déni et cherchons à nous renvoyer mutuellement la patate chaude. Les empêcher de rentrer ou les envoyer au loin sur d’autres terrains d’opérations semble toujours les options privilégiées. Encore faut-il trouver des débauchés. Cela devient très difficile vu nos relations avec le président Erdogan, la Turquie étant la principale plaque tournante du terrorisme international. Et puis, nous le savons bien, ils sortent par ici et ils reviennent par là.
Le peuple français est la première victime de cette situation et ce n’est pas prêt de changer tant que les décideurs (deep state) dont dépendent nos gouvernants auront tout avantage au pourrissement et même au creusement des antagonismes (laïcisme/islamisme) et que les communautés s’entrechoquent plutôt que de trouver de réels moyens de résolution de la crise. Une Europe faible, désorganisée, fracturée, endettée, est plus facile à soumettre qu’une Europe indépendante et puissante qui pourrait avoir la mauvaise idée de se tourner vers le continent eurasiatique (Russie, Chine), ce qui aurait pour conséquence de provoquer la fin inexorable de la suprématie de l’empire américano sioniste.
Le partage du gâteau
L’occident peut-il se passer des puissances islamiques du moyen orient, principalement de la Turquie et de l’Arabie Saoudite, pour assoir son hégémonie dans cette région stratégique. La place qu’elles ont su acquérir dans notre société est à la mesure du rôle que nous leur avons attribué dans nos guerres de soumission des pays du monde musulman.
L’échec subi en Syrie et le chaos provoqué par la chute des gouvernements libyens et irakiens, exacerbe les tensions entre ces puissances aux intérêts divergents. Personne n’a obtenu le retour sur investissement attendu après des années de guerre aux bilans très lourd en termes de vie humaine et de dégradation économique, politique et écologique.
Les gâteaux syriens, irakiens, iraniens, restent pour l’instant inaccessibles en grande partie du fait de la Russie qui est intervenu pour faire barrage. En effet, elle n’a aucun intérêt à laisser l’occident renforcer ses positions dans la zone car, à coup sûr, c’est elle qui serait déstabilisée à son tour car elle a bien conscience d’être le plus gros morceau du gâteau.
Le verrou syrien n’a pas sauté. Les présences illégales de la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie et celle des Etats-Unis dans le nord-est indiquent bien que personne ne veut lâcher le morceau. Les islamistes sont toujours à pied d’œuvre sur le terrain au service de nos intérêts. Cela alimente un foyer purulent en continu qui rejaillit immanquablement sur notre pays. Croyons-nous pouvoir résoudre notre problème intérieur sans résoudre au préalable les problématiques du Moyen Orient.
Les tensions vont s’aggraver et ne trouveront pas d’issues sans de fortes déflagrations armées qui jetteront plus de déshérités et de fous de Dieu sur les routes cherchant à sortir de cette zone infernale en direction de l’eldorado de l’ouest européen. Nous savons que c’est comme ça qu’Erdogan nous tient et nous fait chanter dans l’espoir de renforcer ses positions stratégiques dans la région en vue de renouer avec la grandeur d’autan de l’empire Ottoman.
Les contentieux entre les peuples sont immenses, chacun cherchant à accroitre son pouvoir et sa souveraineté, mais ne réussissant à obtenir que pertes d’influence et de puissance économique.
Comment sortir de cette poudrière ? Difficile de le savoir d’autant plus que les principaux décisionnaires, ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre, adeptes du chaos constructeur, ont plutôt intérêt à ce que ça éclate. Nous n’en serons pas qu’un peu éclaboussés. Tant pis pour nous, il ne fallait pas souffler sur les braises dans l’espoir de récolter quelques marrons aux quels nos pensons être en droit de prétendre en tant qu’ancienne puissance coloniale mandataire sur la Syrie et le Liban.
Espoirs perdus ! Au lieu de récolter de nouvelles parts de marchés, nous risquons de ne recevoir en retour que des coups de couteau bien tranchants.
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