Bernard-Henri Lévy à Kiev : un imposteur chez Ioulia Timochenko
Ceux qui ont suivi, en octobre 2011, l'injuste et pénible procès de Ioulia Timochenko, égérie pro-occidentale de la démocratique révolution orange en Ukraine, puis son arbitraire et tout aussi injustifiable emprisonnement pendant trois ans et demi, jusqu'en février 2014, savent que je n'ai jamais lésiné sur les moyens pour concourir, à côté d'autres hommes et femmes de bonne volonté, à sa libération.
POUR IOULIA TIMOCHENKO, EGERIE DE LA REVOLUTION ORANGE
Ainsi ai-je publié à ce propos, dans bon nombre de médias européens, près d'une dizaine d'articles, au sein desquels émergeait toujours, rééditée et réactualisée à plusieurs reprises, une pétition internationale, signée notamment par les plus grands noms de l'intelligentsia française, destinée, précisément, à obtenir cette libération.
Parmi ces signataires figuraient, notamment, des noms aussi importants, par leur prestige culturel comme par leur autorité morale, que Robert et Elisabeth Badinter, Edgar Morin, Luc Ferry, André Comte-Sponville, Elisabeth Roudinesco, Daniel Mesguich, Michel Wieviorka, Jean-Marie Rouart, Patrick Besson, André Glucksmann, Marc Bressant, Alexandre Jardin, Michelle Perrot, Gilles Perrault, Daniel Cohn-Bendit, feu Stéphane Hessel, etc. A eux se joignirent bien vite d'anciens ministres de la République, tels Jack Lang et Michel Rocard, ainsi que des députés européens.
Voici, de cet appel solennel aux autorités ukraniennes, le lien électronique vers deux de ces publications (il y en eut donc encore bien d'autres par la suite) : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/205036-liberons-ioulia-timochenko-signez-la-petition.html
Un seule personnalité, parmi celles que je contactai alors, refusa de signer cette pétition et d'en parler même sur la revue - La Règle du Jeu - dont il est pourtant le tout-puissant directeur : Bernard-Henri Lévy, pourtant si prompt, d'habitude, à apposer son nom sur semblable démarche intellectuelle.
COMPLEMENT D'ENQUÊTE, SUR FRANCE 2
D'où ma stupeur, en regardant ce 3 juillet 2014 le « Compléments d'Enquête » qui lui était consacré sur France 2, lorsque je l'ai vu aller rendre visite, suite aux événements de la place Maiden de Kiev, à Ioulia Timochenko, face à laquelle il fanfaronnait alors, tel l'un de ses plus fidèles soutiens, devant les caméras de télévision.
Ioula Timochenko, comme les nouveaux et actuels dirigeants politiques de l'Ukraine, savent-ils donc que Bernard-Henri Lévy n' a jamais levé le petit doigt, en leur faveur, lorsque Ioulia Timochenko croupissait douloureusement en prison et que la dictature de Viktor Ianoukovitch, à la sordide mais avantageuse solde de Moscou, sévissait en silence, et en toute impunité, avant que les médias occidentaux ne s'y intéressent vraiment ?
CONTRE VIKTOR IANOUKOVITCH, A LA SOLDE DE MOSCOU
A l'époque, pour ma part, je condamnais déjà le plus sévèrement du monde, à travers une lettre ouverte des plus plus critiques, ce Président aujourd'hui déchu. En voici, ici encore, la preuve à travers un renvoi électronique : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/183123-monsieur-le-president-ukrainien-liberez-ioulia-timochenko.html
OPPORTUNISME, IMPOSTUTRE ET CYNISME
D'où cette réflexion que je livre ici, consterné, indigné et révolté tout à la fois, aux dirigeants ukrainiens comme au public français : Bernard-Henri Lévy, en se rendant, sous les feux des projecteurs bien sûr, chez Ioulia Timochenko bien après que le véritable, long et dur combat pour sa liberté fut terminé, n'a fait que profité là pour la énième fois, combinant de manière éhontée opportunisme, imposture et cynisme, de l'extraordinaire naïveté, sinon de la tacite complicité, de ses réseaux médiatiques, outre du discret mais efficace travail de ses pairs afin d'en récolter pour lui seul, doté là d'un rare et inimaginable aplomb, une bien vaine gloire. Quel culot ! http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1150125-ukraine-ioulia-timochenko-sera-bientot-libre-rejouissons-nous-mais-soyons-prudents.html
Conclusion ? Seule sa narcissique personne, aiguillonnée en cela par un ego hypertrophié, compte véritablement, quoi qu'il dise et prétende, feignant comme à son habitude le seul devoir moral comme le seul engagement intellectuel, devant les caméras de télévisions, toujours prêtes à tomber, hélas pour la vérité des faits, dans ses pièges pourtant cousus de fil blanc... à l'image, précisément, de son inséparable et faussement romantique chemise !
DANIEL SALVATORE SCHIFFER*
* Philosophe, auteur de « Critique de la déraison pure – La faillite intellectuelle des 'nouveaux philosophes' et de leurs épigones » (François Bourin Éditeur).
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