Big Brother : refuser le fichage ADN est légal
Lille - La relaxe mardi dernier par le tribunal correctionnel de Compiègne de Xavier Mathieu, leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), jugé pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN, crée une jurisprudence qui met en évidence l’inconstitutionnalité du fichage ADN systématique de la population.
Une peine d'un mois de prison avec sursis avait été requise contre lui début mai pour avoir refusé de se prêter au prélèvement de son ADN après son arrestation lors du saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009. Une accusation qui n’a aucun rapport avec les crimes sexuels. Pourtant Xavier Mathieu a été prié de laisser la police prélever son ADN en effectuant un frottis dans sa bouche ce qu’il a refusé. Il a alors été inculpé de refus de se soumettre à un prélèvement d’ADN, passible de 15.000 euros d’amende et d’un an de prison ferme.
Dérive sécuritaire
Le cas de Xavier Mathieu n’est pas unique. Le 21 mars 2007 le tribunal de Mâcon avait relaxé Camille, une jeune fille qui avait refusé que les gendarmes prélèvent son ADN lors d’un contrôle routier.
Créé initialement en 1998 pour lutter contre les crimes sexuels, le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) a été depuis élargis par des moyens officiels ou détournés en un fichier générique de l’ensemble de la population.
Anticipation législative
Le site officiel du ministère de l’intérieur anticipe même sans complexe l’établissement d’une législation future officialisant ses dérives hors du cadre de la loi :
« Dans le cadre du projet de loi relative à la sécurité intérieure actuellement soumis au Parlement, le champ du FNAEG devrait bénéficier d'une extension de son champ d'application propre à accroître son efficacité, notamment dans le traitement de la délinquance de masse. »
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_votre_service/aide_aux_victimes/fiche-fnaeg
Big brother derrière les victimes
Les associations de victimes de crimes sexuels sont instrumentalisées et servent de porte flambeau de la généralisation tout azimut du fichage ADN de l’ensemble de la population.
Ainsi on peut lire dans le Parisien du 17 juin un article intitulé « La mère d’Angélique réclame un fichier ADN pour tous »
Un passage retire particulièrement l’attention : Pendant l’entretien, qui a duré plus d’une demi-heure, une demande bien particulière a été formulée : « Nous avons interrogé le ministre sur la possibilité de crée un fichier où les empreintes ADN de tous les Français seraient répertoriées. Ainsi, cela faciliterait l’identification des meurtriers et des assassins et pourrait permettre de résoudre des affaires non élucidées. »
Ainsi l’opinion est priée de croire que ce sont les victimes et non le gouvernement qui prône le fichage ADN systématique de la population et toute protestation ne pourrait être qu’un manque de compassion face à des crimes sordides qui imposeraient une soumission silencieuse.
Le procédé est pas seulement cynique, il aussi révélateur du péril singulier auquel les libertés individuelles sont confrontées par la mise en place d’un nouveau système scientifique et policier que nos gouvernants sont en train d’instaurer derrière de fallacieux prétextes.
Innovation technologique sans contrôle ethique
Cette dérive est d’autant plus inquiétante que le fichage ADN n’est qu’un des technologies en cours de déploiement.
Nous avons vu (notamment avec le scandale des fadettes révélé par le Canard Enchainé) comment le téléphone mobile a ouvert la boite de pandore de l’écoute téléphonique autrefois soumise au contrôle des juges.
Des cartes ou passeports biométriques aux les puces RFID, en passant par la reconnaissance des visages ou de la voix, la science offre maintenant aux états des moyens décuplés et automatisés de contrôler la population.
Petite histoire du fichage informatisé
Le fichage et le contrôle s’est toujours trouvé limité par la capacité de traitement de l’information. C’est pourquoi, dès les années 1930, le régime Nazi a fait appel à l’expertise d’IBM –et de ses cartes perforées- pour établir le système de classification systématique de la population.
IBM et les Nazis
Grâce aux investissement américains promus par des personnages tels que Prescott Bush, le père et grand père des deux présidents Georges Bush, les Nazi ont pu organiser de façon extrêmement efficace le fichage racial et politique un IIIe reich. C’est ainsi que les numéros tatoués sur le bras des prisonniers des camps de concentration étaient en réalité un n° d’identification de carte perforé au format mis au point par IBM, comme l’a relevé Edwin Black dans un livre intitulé IBM et l’Holocauste.
Le problème ne se situe pas uniquement dans l’utilisation des machines de traitement de donnés Hollerith d’IBM dans les camps de concentration pour ficher sur carte perforée les milliers de détenus qui y transitent, vivent meurent ou sont exécutés.
La collaboration entre le parti Nazi et des firmes ou des banquiers américains a commencé vers 1929 et a fait l’objet de transfert de technologie des USA vers l’Allemagne, y compris dans un domaine oublié des sciences humaines : l'Eugénisme, très en vogue dans l'élite anglosaxonne d'avant guerre.
Classifier les gens pour améliorer la race.
Prescott Bush était lui même co-fondateur avec les familles Rockfeller, Harriman et Carnegie du Eugenics Research Office à Cold Spring en 1910.
L’ERO a développé un intense lobbying afin de promouvoir l’eugénisme politique notamment par l’adoption de lois autorisant la stérilisation forcée.
Ce fut le principal promoteur de l’application des lois de Mendel à la sociologie, et il compta dans ses rangs des partisans farouche du « darwinisme social » tel que le Dr Julian Huxley, le frère de l’auteur du Meilleur des mondes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Darwinisme_social
De la théorie à la pratique
Dès 1933 le régime Nazi mis en pratique cette politique eugénique sans scrupule :
Stérilisation eugénique,
avortement (interdit aux femmes « supérieures », obligatoire pour les « inférieures »
Euthanasie des « improductifs »,
Extermination des Juifs et des Tziganes.
Du discrédit au politiquement correct
Le courant eugéniste américain a été discrédité par les horreurs nazie et a disparu du débat public. Mais cette disparition ne signifie pas que les élites industrielles et financières qui l’ont promu y auraient renoncé.
Un langage politiquement correct a permit de poursuivre les recherches dans des centres nouveaux où on ne parle plus d’Eugénisme mais de Génétique Humaine.
En 1952, les Rockefeller fondent le Population Council, qui se dit aujourd’hui spécialisée dans la santé reproductive et le sida dans le tiers monde, et place à sa direction Otmar Verschuer, l’un des artisans des lois eugéniques en Allemagne nazie (dont la mise en place des expériences raciales à Auschwitz par son assistant le Dr Mengele).
Le Bureau of Human Heredity déménagea de Londres à Copenhague grâce à un financement des Rockefeller qui lui permit d’organiser le premier International Congress in Human Genetics d’après guerre.
Son homologue aux USA changea de nom abandonnant le trop sulfureux « Eugenics Society » pour le plus politiquement correct Society for the Study of Social Biology.
Dans les mêmes locaux que l’Eugenic Society, une donation Rockefeller met sur pied l’International Planned Parenthood Federation sous l’égide des Nations Unies.
De l'Eugénisme eu Génome
Derrière cette façade de respectabilité nouvelle, ce sont les même scientifiques, anciennement théoriciens de l’eugénisme, qui continuent d’œuvrer avec le financement des mêmes élites industrielles et financières.
C’est ainsi que le Human Genome project qui aboutira au séquençage complet du génome humain en 2001 est piloté par l’ex Eugenics Society.
Perpétuation du Darwinisme Social dans l'élite
L’imprégnation des élites par les théories eugéniques demeure, simplement le discours a changé. L’élite considère que si elle est au sommet de la pyramide sociale, c’est qu’elle a su mieux s’adapter que le reste de l’espèce, dans le combat darwinien pour l’adaptation a l’environnement.
L’application concrète de cette idéologie élitiste est le culte de l’opportunité. Là où un homme « normal » cherchera à faire face aux difficultés de la vie pour subvenir aux besoins de sa famille sans écraser son voisin, l’homme « supérieur » cherchera l’opportunité qu’il y a dans toute situation dans chaque crise.
L’opportunité, c’était par exemple de savoir avant tous les autres la défaite de Napoléon à Waterloo, de faire croire à sa victoire pour effectuer l’un des coups de bourse les plus magistraux de l’histoire, comme le fit Nathan Rothschild.
Aujourd’hui, l’opportunité consiste en micro-spéculations par ordinateurs dont les ordres se battent pour un avantage de quelques nanosecondes. Un univers complétemnt deconnecté de la réalité qui mène le monde à l'éclatement de la pire bulle spéculative de tous les temps.
Le décalage n’a jamais été aussi grand entre la vie virtuelle des « surhommes » de l’élite et le commun des mortels qui travaille pour gagner sa croute.
Bush grand-père, père et fils
Peut-on croire que les descendants de cette élite eugéniste qui a pris le contrôle des USA dans les années 1980 ait renoncé à ces théories liberticides au moment où elle s’est fixé comme objectif avoué de remettre en cause l’ordre mondial humaniste hérité de la seconde guerre mondiale ?
Jugeons les sur leurs actes : Atteinte aux conventions de genève, torture, gouvernement des USA en état d'urgence permanent, partiot acts, armée US autorisées à intervenir dans le maintiens de l'ordre... Tout laisse à croire que les Bush n'ont pas radicalement changé d'opinion profonde sur le peuple.
Vigilence citoyenne
Les dérives passées de l’eugénisme devrait pousser le citoyen à regarder d’un œil méfiant les tentatives de ficher les populations par leur ADN comme les autres moyens de surveillances policière car la seule limite efficace à leur déploiement est la résistance des citoyens face à ce flicage systématique de leur vies.
C'est pourquoi ces questions ne doivent pas étre laissées aux "experts" si prompts à vendre la liberté des autres contre une promesse illusoire de sécurité face aux épouvantails que sont la délinquence et le terrorisme.
Déploiement furtif
On l'a vu, le ministère de l'interieur anticipe l'évolution liberticide de la législation. Mais cela se limite-t-il au déploiement illégal des prélévements d'ADN.
Il existe malheureusement des technique furtives qui permettent de déployer subrepticement des moyens traçage des individus. Ainsi Hitachi a mis au point en 2007 une puce RFID injectable d’une taille inférieure à 0,05mm (plus fines qu’un cheveu). Il suffirait d’un prétexte comme une pandémie pour injecter ces puces à l’ensemble de la population mondiale sans qu’elle ne le sache.
Des implants RFID sont déjà utilisés officiellement pour surveiller des prisonniers aux USA et dans de nombreux pays d’Asie. Combien de temps pour que la technique passe des détenus aux hommes « libres » ?
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