Brexit : behind the doors
Il ne faut évidemment pas compter sur les informations,- comme sur les avis d’experts et les débats entre politiciens et économistes autorisées par le système -, que nous servent nos médias qui ont fait campagne pour le « remain », maintien, comme ils le font en faveur d’Hillary Clinton, en nous cachant la réalité du personnage, pour comprendre les origines de ce référendum, ainsi que les vraies conséquences du vote en faveur du Brexit [parmi les analyses les plus fondées sur le plan économiques de cette option de retrait légal des institutions européennes néo libérales, on trouve celles de Jacques Sapir [1] ]
Compte tenu du fait que Cameron et Corbyn le premier ministre du « shadow cabinet », la relève Labour, travailliste, des gouvernants tories, droite dans la référence ancienne [aujourd’hui il serait plus important de faire la différence entre ceux qui sont les exécutants et complices du système néo libéral, institutionnalisé en Europe en en usurpant le nom ainsi que l’aspiration légitime que cette notion suscite, et ceux qui combattent réellement ce système super élitiste et en échec complet] étaient des partisans du remain, on peut légitiment se poser la question de savoir comment l’organisation de cette consultation citoyenne et populaire a pu avoir lieu.
Il y a donc une part de mystère dans cette affaire. On comprend qu’il se passe des choses derrière les portes, que des intérêts puissants ont pesé pour l’organisation de ce référendum et pour la prise en compte de son résultat, alors que la décision finale est entre les mains des Mps, members of parliament. Cette origine peu claire a d’ailleurs éveillé la suspicion de révolutionnaires auto proclamés, qui ont décidé que les travailleurs, le peuple, n’étaient pas concernés par ce vote. On a aussi caricaturé les positions : les partisans du Brexit sont ainsi devenus des xénophobes, des racistes, des nationalistes..... [mais les médias mainstream se sont bien gardé dire ou d’écrire que le remain signifiait une plus grande intégration dans les institutions européennes, évoluant vers le fédéralisme, et dans la zone euro]
Pour aller chercher « derrière les portes », on dispose de peu de d’informations et encore moins d’analyses. Pour l’analyse de fond je citerai Thierry Meyssan, qui a l’inconvénient de pousser ses raisonnements, basés incontestablement sur des faits, vers des extrapolations parfois trop audacieuses, [2] et Paul Craig Roberts pour l’analyse des conséquences, en particulier le point le plus important pour l’avenir de l’humanité [3].

Les raisons souterraines de l’organisation de ce référendum
Puisque la décision a été prise par David Cameron, qui formellement est un opposant déterminé du Brexit, on peut en déduire que les pressions venaient de sa base politique et de gouvernants occultes, puisque c’est ainsi que l’occident fonctionne aujourd’hui. Ces derniers ne peuvent venir que de la finance anglosaxonne britannique. Si l’on s’en tient à la façade on ne comprend rien, puisque La City était décrite comme farouchement opposée au Brexit. Mais peut-on faire confiance à des journalistes pour rapporter les opinions et faits réels ?
Et surtout pour dévoiler les véritables intentions de la gouvernance occulte. L’affaire dite des panama papers, en fait une fuite contrôlée des organismes fédéraux américains et Soros, a révélé l’offensive que mène la finance américaine afin de s’assurer l’exclusivité des paradis fiscaux et attirer ainsi la majorité des capitaux et des entreprises qui participent à l’engénierie financière du système néo libéral. Le nom de David Cameron a été cité. Les américains avaient précédemment attaqué la Suisse sous plusieurs angles, afin de limiter sa capacité de dépôts bancaires protégés.
En résumant on peut dire que cela correspondait à une opération politique de Wall Street destinée à réduire le rôle de La City. Les traités transatlantiques, Tafta et Tisa, sont destinés spécifiquement à assurer légalement, d’une manière supra nationale, la mainmise du système dominant sur les échanges commerciaux. Ils opposeraient les économies des pays signataires de manière sauvage et destructrice.
La réticence des anglais vis à vis de ces traités a conduit Obama à venir en personne les défendre à Londres. Les anglais sont pragmatiques. Ils ont pris en compte très rapidement le déclin de l’économie américaine et la fin de la suprématie militaire sans partage des USA. Fin août 2013, déjà, les anglais avaient refusé de s’associer au projet de frappes de missiles, 72 heures en continu prédisant un massacre effrayant de ce pays meurtri, sur la Syrie. Projet qui a été naufragé sans doute avec le détournement électronique de deux missiles tests tirés par les USA depuis la partie occidentale de la méditerranée, par les russes. [information qui est évidemment passée sous silence par nos médias]. A l’époque on pouvait s’étonner de cette prise de recul des anglais vis à vis des américains dont ils étaient traditionnellement le cheval de Troie en Europe. Dès la levée des sanctions contre l’Iran, malgré un lourd contentieux, les anglais ont renoué avec ce pays sur le plan commercial. Étant donné le projet chinois résumé par la « route de la soie », de reprise de cette voie de commerce séculaire, ainsi que celui de mettre en avant le Yuan, cette ouverture montre que les britanniques ont l’intention de s’insérer dans ce nouveau marché commercial et financier. Également [2]
C’est cette nouvelle orientation, non déclarée, des intérêts financiers anglo-saxons centrés sur La City, qu’il ne faut pas confondre avec les intérêts propres des pays britanniques, qui a conduit au référendum sur le Brexit.
La conséquence immédiate la plus importante du Brexit
De la même manière il est exclu que nos médias, les analystes et experts autorisés à y avoir accès, mettent en avant la conséquence la plus importante, pour les peuples européens et même l’humanité toute entière, de ce retrait de l’Angleterre des institutions néo libérales qui sont les plus soumises à la gouvernance occulte. C’est à dire les institutions européennes entre les mains de dirigeants soumis aux USA, Hollande et Merkel, et de la commission européenne gardienne de ce système ultralibéral.
De fait, c’est immédiatement une prise de recul par rapport aux manœuvres guerrières des USA aux frontières de la Russie. Celles-ci visent avant tout à faire subir aux européens le poids d’une guerre atomique avec la Russie. Imbu de leur supériorité militaire qu’Obama se plaît à mettre en avant dans ses discours sur l’état de l’union, les USA, d’autant plus avec l’arrivée au pouvoir qui se profile de la représentante de tous les Lobbies guerriers, Hillary Clinton, sont prêts à organiser une fausse provocation russe, avec l’aide de la Pologne, des pays Baltes par exemple, pour déclencher cette guerre, WWIII.
Le fait qu’Obama en visite à Hiroshima récemment, n’ait pas voulu exprimer des excuses pour ce qui est avant tout un crime de guerre et la première utilisation de l’arme atomique, est tout à fait symptomatique de l’esprit qui autorise ce recours à l’arme absolue. « On sait comment déclencher une guerre, mais très rarement la finir ». Cette formule classique s’applique totalement dans cette perspective funeste. Le fait qu’il y ait derrière cela des groupes de pressions sans visage, sans contrôle, aggrave aussi les menaces.
L’aspect politique
Le vote en faveur du Brexit a généré un séisme politique, en Grande Bretagne et dans le monde occidental, tel que l’on peut penser raisonnablement que cela constitue le choc de trop sur un édifice bancal. En France, d’une manière caractéristique on trouve deux positions : soit la demande d’un référendum pour sortir de l’UE, soit le constat qu’il faut refonder, réformer l’union européenne. En gros il y a un constat général que l’état actuel des institutions européennes est en échec. Les partisans d’une intégration européenne encore plus forte, un fédéralisme plus contraignant et plus distant des peuples, s’engouffrent dans la brèche. Quand on voit à quel point le modèle américain avec son élection présidentielle manipulée, au besoin avec de la fraude électorale, le poids de lobbies, -AIPAC, le complexe militaro-industriel, les texans, les neocons, Wall street bien entendu.. -, la corruption des représentants, peut être un contre exemple qui a d’ailleurs précipité l’Amérique du Nord dans la crise, on comprend que ce n’est qu’une fuite en avant d’un système aux abois. Mais qui contient de ce fait une dangerosité maximum. [5]
En Angleterre les problèmes qui émergent ont d’autres causes. Ainsi Jeremy Corbyn le leader du parti travailliste et le premier ministre de l’ombre, est soumis à une attaque généralisée au sein de son parti et de son pseudo gouvernement, bien qu’il se soit prononcé (du bout des lèvres dit-on) pour le remain. En réalité, c’est en sous main une action des supporters de Tony Blair, à la veille de la sortie du rapport Chilcot [4] afin que Jeremy Corbyn, personne faible mais honnête, ne soit pas le spokesman, porte parole, du parti travailliste au moment de la présentation officielle de cette enquête qui mettra en cause l’attitude de Tony Blair dans cette action militaire sous bannière américaine qu’a été la deuxième guerre d’Iraq ses mensonge et sa responsabilité dans les morts et désastres qui en ont résulté. Il est aussi vigoureusement secoué par David Cameron, qui craint la mise en cause de l’Angleterre et du blairisme en tant qu’exécutant zélé de la politique néo libérale. [6]
En ce qui concerne David Cameron, notons que sa démission donne un caractère officiel au résultat du vote et constitue le départ de l’engagement dans la procédure de séparation avec l’UE. Les manœuvres de contournement du vote que certains analystes et commentateurs prédisaient ne sont apparemment pas à l’ordre du jour. Ce qui conforte la thèse du premier paragraphe.
Au plan économique
Tous nos experts économiques officiels, autorisés et mandatés, ceux qui voient des catastrophes économiques dès que l’on s’éloigne un tant soit peu de la ligne néo libérale institutionnelle, ont naturellement prédit un avenir économique sombre pour la Grande Bretagne. Leur argument majeur tient en la fuite de « investisseurs », la marginalisation de La City en tant que place financière, la dévaluation de la livre.
La dévaluation de la livre n’est pas une mauvaise chose sur le plan des exportations, domaine où la Grande Bretagne a besoin de progresser. Comme pour la Russie après les attaques contre le rouble et la baisse du prix du pétrole, cette situation conduit à réorienter la production vers le marché intérieur.
Au niveau des contrats commerciaux le fait d’être débarrassé de la tutelle de la commission de Bruxelles et des contraintes des règles communautaires, notamment sur l’intervention des états dans les contrats et pour le soutien des entreprises, est un degré de liberté souvent décisif. C’est une condition incontournable pour une relance industrielle par exemple.
La City n’était déjà pas dans le système européen. Mais la nouvelle indépendance de l’Angleterre notamment par sa politique étrangère, constituera un élément supplémentaire d’ouverture. On a déjà vu qu’il y a des projets avec la Chine.
Le bilan économique raisonnable de cet Brexit a été esquissé par Jacques Sapir, notamment sur son Blog [1]. On s’intéressera également aux analyses de ce dernier sur la question grecque, l’été dernier.
La Grèce est un pays ravagé par son adhésion (organisée par Goldman Sachs) à l’union européenne et son intégration dans la zone euro. Le volet économique qui est passé sous silence dans les analyses « officielles » sur le Brexit, concerne la situation d’une union de 27 pays, en déclin pour tous, en récession pour beaucoup et sans perspectives individuelles et globales. C’est pourtant l’aspect qui nous concerne au premier chef en France.
Depuis le début de cette affaire la question a été posée [souvent par l’intermédiaire d’une réponse définitive] de savoir si les travailleurs, les citoyens, trouvaient des avantages dans le Brexit. Certainement pas directement, mais il leur appartient de prendre leurs intérêts en main avec des hommes politiques compétents et honnêtes. Pour une bonne part, avoir fait confiance à des hommes politiques incompétents et corrompus, vendus corps et âme au néo libéralisme comme Tony Blair, les a mené où ils en sont. Les attaques contre Jeremy Corbyn (même si dans un premier temps rien de révolutionnaire n’est à attendre de sa part) montre que le système veut verrouiller cet possibilité d’intervention populaire dans la situation nouvelle créée par le Brexit.
A quoi s’attendre ?
Il n’est pas possible de donner une conclusion à ce stade. Il faut plutôt parler de tendances. La première chose qui deviendra évidente est que l’Angleterre ne vivra pas une catastrophe économique du fait de sa rupture unilatérale avec l’UE.
Il faut souhaiter que le pouvoir calmant de ce retrait britannique se fera sentir sur les ardeurs guerrières attisées par les USA et concrétisées par les préparatifs de l’OTAN aux frontières russes. La sortie de l’OTAN devrait être un thème de programme électoral en France. Ce sont certainement les intérêts de l’OTAN qui ont empêché la Grèce de sortir de l’union européenne.
Il deviendra sans doute clair que la sortie de l’Union européenne, de l’Euro et de l’OTAN sont des options politiques intimement liées et majeures pour la survie de notre pays.
1] Blog RussEurope Jacques Sapir
http://russeurope.hypotheses.org/author/russeurope
[2] Thierry Meyssan
http://www.voltairenet.org/article192496.html
[3] http://www.globalresearch.ca/more-on-brexit-propaganda-in-high-gear-russia-bashing/5532736
Paul Craig Roberts
http://www.globalresearch.ca/europe-a-de-facto-us-colony-trump-clinton-and-sanders-on-brexit/5532731
Stephan Lendman
[4] http://www.iraqinquiry.org.uk/
UK’s Irak inquiry Chairman John Chilcot Considering the UK involvment in Irak
over a period from 2001 to 2009.
5] http://www.globalresearch.ca/after-brexit-a-social-democratic-re-founding-of-europe/5533531
Ingar Solty is Senior Research Fellow at the Rosa Luxemburg Foundation’s Institute for
Critical Social Analysis in Berlin
[6]
Julie Hyland
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