C’est l’eau qui vous sépare...
Des noms d'îles qui s'égrènent, des sonorités exotiques et pleines de douceur : "Belle île en mer, Marie Galante, Saint Vincent, Singapour, Seymour, Ceylan", c'est ainsi que commence cette célèbre chanson de Laurent Voulzy...
Ces noms nous font rêver : images de beauté, sonorité de sifflante "s" répétée, la côte Atlantique, les Antilles, la mer des Caraïbes, l'Asie du sud-est, l'Antarctique se déroulent sous nos yeux...
Paysages proches ou lointains, ces îles nous font voyager aux quatre coins de la planète.
Elles représentent, aussi, des mondes à part : le verbe "séparer", l'adverbe "loin" évoquent cette idée de solitude.
L'île symbolise un univers séparé, isolé, une image paradisiaque, mais aussi un éloignement...
C'est bien ce thème essentiel qui est traité dans cette chanson : le poète s'adresse à ces îles, en les personnifiant, en employant la deuxième personne du pluriel, "vous", il insiste sur l'importance de l'eau qui les entoure et les isole.
L'auteur en vient à évoquer ses souvenirs personnels d'enfance, avec l'utilisation du pronom personnel "moi", il parle de rejet, de violence, d'une solitude due à des différences : la couleur de la peau, notamment : le poète a connu, aussi, ce sentiment de solitude, de mise à l'écart.
On perçoit une pudeur dans l'expression, la comparaison "comme laissé tout seul en mer" traduit bien l'isolement de l'enfant devenu "un corsaire sur terre", belle image qui fait de l'enfant un être différent, perdu sur terre, victime d'un certain rejet, condamné à voir "l'amour passer".
"Karukéra", l'île aux belles eaux, autre nom de la Guadeloupe, la Calédonie, Ouessant, d'autres îles sont encore évoquées : on est sensible à la beauté et à la poésie pleine d'exotisme du mot "karukéra", on est ébloui par les voyelles étincelantes du nom "Calédonie", les sonorités feutrées de l'île d'Ouessant...
Dénommées "vierges des mers", elles semblent avoir été délaissées et oubliées de tous, malgré leur beauté et leur charme évident.
Ainsi, Laurent Voulzy évoque bien dans ce texte, un thème personnel , celui de l'exclusion, des différences qui mettent à l'écart certains êtres, une forme de racisme : ce sujet est traité de manière, à la fois, pudique, imagée et poétique.
Comment ne pas être sensible à la force d'évocation de tous ces noms propres d'îles lointaines ?
Le message du texte nous fait percevoir toutes les difficultés que l'on peut éprouver à vivre des différences, surtout lorsqu'on est un enfant...
La mélodie très douce traduit bien la fragilité de l'enfance et restitue la beauté de ces îles lointaines.
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