Ce qu’a dit vraiment Platon. L’Atlantide, c’était la Gaule !
Ce qu'a vraiment dit Platon dans son Timée.
Traduction de M. Luc Brisson : Nos écrits disent l'importance de la puissance étrangère que votre cité (Athènes) arrêta jadis dans sa marche insolente sur toute l'Europe et l'Asie réunies, lançant une invasion depuis l'océan Atlantique. (voyez mon article précédent où je situe la ville capitale de l'Atlantide en Auvergne) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-atlantide-je-le-reaffirme-c-177021.
"C'est que, en ce temps-là, on pouvait traverser cette mer lointaine . Une île s'y trouvait en effet devant le détroit qui, suivant votre tradition, est appelé les Colonnes d'Héraclès. Cette île était plus étendue que la Libye et l'Asie prises ensemble. A partir de cette île, les navigateurs de l'époque pouvaient atteindre les autres îles, et de ces îles, ils pouvaient passer sur tout le continent situé en face, le continent qui entoure complètement cet océan, qui est le véritable océan.
Car tout ce qui se trouve de ce côté-ci du détroit dont nous parlons, ressemble à un port au goulet resserré ; de l'autre côté, c'est réellement la mer, et la terre qui entoure cette mer, c'est elle qui mérite véritablement de porter le nom de "continent".
Variantes et nuances.
Traduction Victor Cousin : Cette mer était navigable... il y avait au devant du détroit, que vous appelez les Colonnes d'Hercule, une île plus grande que la Libye et l'Asie... car ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port ayant une entrée étroite..
Mon interprétation (suite à mon précédent article).
Cette mer navigable est notre océan atlantique, un océan qui, à cette époque, n'était navigable en allant vers le nord que par cabotage en s'accrochant aux nombreuses petites îles de la côte. De ces îles, précise Platon, on pouvait atteindre le grand et véritable continent, celui qu'on imaginait à cette époque, entourant le monde habité des hommes, le grand et véritable océan séparant celui-ci de celui-là. Dans cette croyance, notre océan "Atlantique" se prolongeait dans la Manche et au-delà pour rejoindre l'océan Pacifique. L'Angleterre, mal explorée, pouvait être vue comme faisant partie de ce grand continent polaire extérieur au monde des hommes.
Y a-t-il une ambiguité dans le texte de Platon ? Pour nous, c'est certain, pour lui, ce n'est pas sûr. Sa référence est le détroit. Il y a ce qui est en deça et ce qui est au-delà. Comme je l'ai expliqué, ce qui est en deça est notre côte méditerranéenne avec son port au "goulet resserré" (Marseille). Ce qui est au-delà est notre côte atlantique. Il s'agit donc bien d'une description de notre territoire devenu par la suite gaulois. S'il met l'île atlantide au-delà du détroit, c'est probablement pour indiquer qu'on y accède par la Loire jusqu'à Gergovie comme je l'ai expliqué. Quand il dit que l'île est aussi grande que l'Afrique et l'Asie réunies, il ne peut s'agir que de notre continent européen, plus précisement de ce qui sera la Gaule et de l'Espagne. Mais le plus simple serait de traduire et de comprendre que l'île n'est pas devant le détroit mais au nord du détroit.
Enfin, s'il le fallait, l'ambiguité se trouve définivement balayée par le passage suivant : de ce côté-ci du détroit, ils régnaient sur la Libye (l'Afrique jusqu'à l'Egypte) et sur l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie (l'Etrurie, Italie occidentale). Le "de ce côté-ci," alias en deça, montre bien que les rois de l'Atlantide étendaient leur puissance depuis la côte méditerranéene et que, par conséquent, la dite côte faisait bien partie de l'île. Le plus simple est donc d'interpréter le mot "île" comme une image, à la rigueur, pour les sceptiques, comme un territoire que l'océan aurait isolé en inondant la vallée du Rhin.
Le récit de Platon retrouve ainsi une certaine logique mais les conséquences sont énormes. Dés lors qu'il fait référence à la plaine de la Limagne, à la montagne de La Serre et à la forteresse du Crest pour y situer la capitale de son Atlantide, c'est une toute autre vision qu'il faut se faire, et des origines de notre histoire, et de notre patrimoine archéologique, et de l'emplacement de nos anciennes capitales de Bibracte et de Gergovie. Cela change tout.
Nos ancêtres les Gorgones.
Hésiode nous fait remonter aux années 520/660. Je cite : Les Gorgones qui habitent par delà l'illustre Océan, vers l'empire de la Nuit, dans ces lointaines contrées, où demeurent les Hespérides à la voix sonore... Méduse était mortelle... Poséidon aux noirs cheveux s'unit avec elle dans une molle prairie, sur une couche de fleurs printanières. Lorsque Persée lui eut tranché la tête, on vit naître d'elle le grand Chrysaor et le cheval Pégase... (Hésiode, site de M. Remacle, traduction A. Bignan).
Le pithos en terre cuite du Louvre nous montre une Gergovie personnalisée dont un Persée grec se vante d'avoir coupé la tête, vers - 660, probablement dans une expédition suivie d'un coup de main audacieux.
Cette tête de Gorgone est celle que les guerriers arvernes portaient sur leurs boucliers (les guerriers celtes/éduens avaient la tête du lion comme emblème). Cette tête de Méduse pétrifiait l'adversaire imprudent qui osait la regarder.
Vers -510 ou avant, Gergovie scelle une alliance avec la cité voisine du mont-Lassois, lui offrant une de ses filles royales et comme cadeau de mariage, le fameux vase de Vix. Ce cratère est un fabuleux témoignage sur le degré de civilisation qu'avait atteint la cité. Son symbolisme ne peut s'expliquer que s'il célèbre la cité arverne et sa déesse. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-origine-oubliee-de-notre-161242
Nos ancêtres, les Atlantes.
Quand, reprenant des textes plus anciens, Diodore de Sicile écrit que les Atlantes d'Afrique étaient les mieux policés de la région, cela concerne les implantations atlantes, à gauche du détroit, vu côté grec. Mais quand il précise que ces Atlantes habitaient un pays riche et rempli de grandes villes, cela ne peut désigner que les Atlantes d'Europe, à droite du détroit. Quand il ajoute que ces Atlantes prétendaient que c’est sur les côtes maritimes de leur pays que les dieux ont pris naissance, il rejoint et confirme le texte de l'Atlantide de Platon.
Quand ce même Diodore de Sicile situe les Amazones vers les extrémités de la terre, à l’occident de l’Afrique, au couchant d’un lac, au pied de la plus haute montagne que les Grecs appellent Atlas lequel domine sur l’océan, il les rapproche des Atlantes jusqu'au contact des armes. Reprenant les textes anciens, il conclut : les premiers peuples qu’elles attaquèrent furent, dit-on, les Atlantes. Diodore a bien dit : dit-on, ce qui signifie qu'il se réfère à des textes très anciens qu'il ne comprend peut-être pas toujours très bien.
Question : les Atlantes d'Europe sont-ils intervenus pour secourir les Atlantes d'Afrique contre ces Amazones dont Diodore dit qu'elles surpassaient toutes les autres par leurs exploits ?... et à une époque qui a précédé de plusieurs siècles la guerre de Troie. Cela nous ferait donc remonter très loin dans le temps (Livre III, XXVII).
Myrine, reine des Amazones, assembla contre eux une armée de trente mille femmes d'infanterie et de deux mille de cavalerie... Ayant fait une irruption dans le pays des Atlantides, elles vainquirent d'abord en bataille rangée les habitants de la ville de Cercène (Tartessos ?) et étant entrées dans cette place pêle‑mêle avec les fuyards, elles s'en rendirent maîtresses...
... comme les Atlantes étaient souvent attaqués par les Gorgones (de Gergovie), cette autre nation de femmes qui étaient leurs voisines et qui tâchaient d'égaler en tout les Amazones, la reine Myrine voulut bien les aller combattre dans leur pays à la prière des Atlantes. Les Gorgones s'étant rangées en bataille, le combat fut opiniâtre, mais enfin les Amazones ayant eu le dessus, elles passèrent au fil de l'épée quantité de leurs ennemies et n'en prirent guère moins de trois mille prisonnières... (je doute que les Amazones aient étédes femmes. Quant aux Gorgones, elles n'étaient évidemment femmes que par l'emblème qui décorait leurs boucliers).
... Les Gorgones s'étant relevées dans leur fuite, furent attaquées encore une fois par Persée fils de Jupiter ; Méduse était alors leur reine. (confirmation du pithos précité). Cette nation et celle des Amazones furent enfin détruites l'une et l'autre par Héraclès lorsqu'étant passé dans l'Occident ...(lorsqu'il fonda Alésia ?).
Enchaînant le livre suivant (livre III, XXIX), Diodore nous relate ensuite l'histoire des dieux selon les Atlantes, une histoire étonnement semblable à celle de Platon. Tout cela nous amène à repenser entièrement les origines de notre histoire. Manifestement, nous sommes dans une histoire où le mythe se rencontre avec la réalité. Poséïdon est à Gergovie, Apollon est à Bibracte (les temples éduens sont des temples d'Apollon). Dans le récit de l'Atlantide, c'est Gergovie qui domine. Ensuite, il semble, dixit César, que cela soit Bibracte. Mais quand il arrive en Gaule, c'est Gergovie qui essaie de retrouver la suprématie avec l'aide des Germains.
Le plus grand scandale archéologique de tous les temps.
Le 17/9/85, le Président de la République française déclarait le site de Bibracte, site national... sur le mont Beuvray. Dix ans après, il y inaugurait le Centre archéologique européen, le dernier de ses grands travaux. Personne ne s'étonna alors que l'on place dans une région boisée aussi inhospitalière l'oppidum/capitale du plus grand peuple de la Gaule. Et pourtant, une retraduction sérieuse des textes antiques, une réflexion approfondie sur le terrain, un véritable débat auraient évité un tel gâchis, car le mont Beuvray n'est ni plus ni moins que le site stratégique de Gorgobina dont César parle dans ses Commentaires, une ville... boïenne. Il s'agit là du plus grand scandale archéologique de tous les temps.
Que Bibracte ait été au mont Beuvray ou à Mont-Saint-Vincent, cela modifie-t-il notre vision de la Gaule antique ? Cela change tout. En effet, il faut choisir : ou bien une Gaule chevelue, avec quelques rares agglomérations ressemblant à la localité toute spartiate de Gorgobina/mont Beuvray, ou bien une Gaule prémédiévale, riche de cités rayonnantes, parsemée de petites villes fortifiées comme le Mont-Saint-Vincent. Les archéologues français ont fait le mauvais choix, en totale contradiction avec les textes antiques. Et même aujourd'hui jusqu'à l'absurde. Car ils se trouvent contraints d'imaginer, en dépit du bon sens et sans aucune justification, le surgissement soudain et irréaliste dans notre pays de grandes villes soi disant romaines dès le siècle d'Auguste.
Résultat : il serait intéressant de montrer aux touristes étrangers nos vieilles forteresses gauloises, nos antiques villages perchés sur leur hauteur... Non ! On y a planté le drapeau gallo-romain ou celui de la féodalité franque.
Lorsque la communauté scientifique voudra bien sortir de sa torpeur et accepter enfin de "voir" nos deux merveilleuses anciennes capitales gauloises - Bibracte et Gergovie - sur leurs véritables sites, à Mont-Saint-Vincent et au Crest, il faudra bien réinterpréter les vestiges existants en les confrontant aux textes anciens et à la logique. Il faudra bien admettre que l'église du Crest est, en réalité, un temple delphique, voire phénicien, voire sémite et que celle de Mont-Saint-Vincent n'est, ni plus ni moins, que la soeur ou le frère du temple de Salomon.
Et puis, à partir de là, c'est toute l'histoire de nos églises romanes qu'il faudra repenser, et cela dans le monde entier. C'est tout un paysage médiéval qu'il faudra faire remonter à l'antiquité tardive
A première vue, on aurait pu penser que la mauvaise localisation du site de Bibracte ne portait pas à conséquence. C'est une grave erreur aux conséquences historiques, religieuses, philosophiques et politiques considérables. A ce scandale archéologique s'en ajoute un autre - inadmissible dans un pays démocratique - la difficulté de se faire entendre.
Notre archéologie française s'est complètement fourvoyèe, il faut qu'elle le reconnaisse. On ne peut pas continuer à ce point dans la mauvaise foi. Qu'on arrête de mentir au peuple français et à la face du monde !
Emile Mourey, 1er février 2016 www.bibracte.com
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