Ces antisystèmes-là nous prennent pour des cons !

Dans notre époque de délitement politique où les masses se laissent gouverner par une élite de professionnels, chacun cherche le gourou ou l’homme providentiel auquel il pourra se raccrocher. Et pour certains, la référence ultime est que, moins ces personnes sont invitées dans les médias, et plus ils sont crédibles et victimes d’une sorte de complot pour les empêcher de parler. Ils sont victimes de la censure. Il existe pourtant des centaines de milliers qui aimeraient au minimum pouvoir s’exprimer dans des médias régionaux, sont-ils tous antisystèmes ? Sont-ils tous crédibles ? Sont-ils tous censurés ? Est-ce pour cette unique raison, que nous retrouvons systématiquement le PS ou l’UMP aux affaires ? Le FN va peut-être s’inviter à la fête de 2017, mais il n’est pas antisystème, il fait partie du système, bien qu’il essaie laborieusement de passer pour anti …, mais dans un système capitaliste, être antisystème c’est être anticapitaliste ! Ce qui est loin d’être le cas du FN et toutes ces mouvances annexes !
En général ceux qui veulent se faire passer pour anti système sont viscéralement opposés aux partis d’extrême gauche et aux syndicats, en réalité ils sont loin d’être anti, ils sont surtout réac ! Pour brouiller les cartes, la droite la plus dure a toujours pratiqué la novlangue pour discréditer ceux qui osent lutter contre le système capitaliste. Ces antisystèmes-là perpétuent les idées en vogue dans leurs milieux au début du 20eme siècle : comme nouveauté on fait mieux !
Les termes « gauchistes » ou « syndicats marrons » font partie du vocabulaire du parfait militant lobotomisé. Par contre ces gens là, que l’on devrait affubler d’un bonnet jaune, et qui ne se sont jamais bougés, au prétexte de ne pas vouloir être récupérés par tel syndicat ou tel parti, n’ont jamais refusé une augmentation salariale ou autres avantages obtenus par la lutte de leurs « collègues » !
C’est vrai que nul n’est parfait, et les syndicats n’échappent pas à la règle. Je serais même très critique quant au système de permanents et des mandats successifs de certains secrétaires généraux qui deviennent une sorte de professionnels comparables aux politiques. Mais je ne me trompe pas de combat, et ne stigmatise ni l’immigré, ni le fonctionnaire, je sais où sont mes ennemis. Ce qui caractérise vraiment nos antisystèmes d’opérette, c’est surtout leur anticommunisme primaire et leur allégeance à l’ordre établi : tout faire pour préserver le système. Alors leur cheval de bataille, c’est contre l’UE et l’euro, et s’il est vrai qu’il y a beaucoup à dire sur le sujet, pour eux il s’agit surtout d’un sujet qui leur permet de brasser du vent et de ne rien faire, se cantonner à la dénonciation et promettre des lendemains qui chantent, pour le moment c’est la faute à l’Europe ! Au passage, il faut quand même rappeler que dans le monde il y a plus de pays qui vont mal qui sont hors de la zone euro que dans la zone euro. En Europe aussi, ceux qui se tiennent en marge de l’UE (la République tchèque, Royaume-Uni, Roumanie, Pologne, Lituanie, Lettonie, Hongrie, Estonie, Albanie, Bulgarie…) et n’ont pas adopté l’euro se trouvent également dans une situation préoccupante. Cette posture facile et confortable vis-à-vis de l’Europe leur permet de ne jamais participer à aucun mouvements sociaux, et ainsi de ne jamais s’opposer ni au capital ni de ce fait au système qu’ils prétendent combattre.
Ces antisystèmes-là font l’apologie de la France et de la nation dans un but très précis : tous unis derrière le capitalisme national au service d’une oligarchie de privilégiés. En les écoutant je pense à la phrase de Boris Vian : « On ne meurt pas pour la nation, seulement pour les banquiers et les industriels ». Le capital n’a pas de patrie, et les intérêts de monsieur Dassault ne sont pas ceux de la caissière de Carrefour, il faut arrêter avec ce délire ! On le comprendra donc, nos prétendues antisystèmes sont plus pour un retour au 19ème siècle que pour construire le 21ème !
Nos antisystèmes réacs, souverainistes et pour la plupart racistes bon teint, défendent becs et ongles un capitalisme et un système patronal directement issu de la bourgeoisie. Ceci n’est pas nouveau, le système repose et prospère sur une multitude de larbins à son service, car sinon comment 3% de la population vivrait-elle sur le dos des 97% restants ? Comment 3% de la population détiendrait-elle plus de 70% de la richesse nationale ? Et cela, ce n’est ni la faute à l’Europe, ni la faute à l’euro, car ce constat existait déjà avant. C’est seulement la faute d’une grande partie de la population qui se trompe de combat et préfèrent courber l’échine, dénigrer ceux qui luttent et cracher leur venin pour masquer leur jalousie, et leur médiocrité. Pourquoi sont-ils à ce point aigris ?
Le point positif, c’est que le changement et les avancées sociales ont été acquis au départ par le combat et la volonté d’une minorité qui a su rallier à elle l’opinion publique à un instant T. Le combat n’est jamais une position facile, et souvenez vous que pendant la dernière guerre, notre pays connaissait plus de fachos et de collabos que de résistants. Et à la fin de celle-ci, l’on a préféré tondre quelques malheureuses femmes plutôt que de faire un grand ménage parmi une certaine fange de la population, qui depuis a fait des petits…
original sur Conscience Citoyenne Responsable
http://2ccr.wordpress.com/2013/12/10/ces-antisystemes-la-nous-prennent-pour-des-cons/
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