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Clap de fin

Le Prix Nobel de la Paix, Président américain, M. Barack Obama a annoncé la mort de la plus grande figure du terrorisme mondial. Dans une allocution austère, vidée de toute émotion triomphaliste, de toute transpiration arrogante, les traits tirés et sévères, la mort dans une parole, les appels à la paix dans les mots, M. Obama a su mesurer le caractère historique de cet évènement et les implications fortes que cette annonce dont l’Amérique avait grand besoin pour se remettre au centre de la marche de l’Histoire. Si le monde est entré dans un monde post-américain comme le soulignait le brillant universitaire Fareed Zakaria, il y a encore quelques années, il faut dire aujourd’hui qu’elle a marqué les consciences en montrant que sa soif de justice, de vengeance aussi, est une rage rancunière qui ne pardonne pas, qui n’oublie pas, qui se paie, très chère. Elle a démontré aussi qu’elle reste malgré tout, malgré les aventures hasardeuses de l’impérialisme « démocratique », malgré le flou entourant ses récentes actions dans le monde, cette exigence de liberté à géométrie variable provoquant de l’incompréhension et même du rejet, le meneur de l’idéal de justice.

Et ceci ce n’est pas la Chine allergique à toute évocation démocratique, oppressive de manière congénitale, ou l’Inde timorée et malade de ses propres antagonismes puissants, ou la Russie revivifiée par une sorte de farwestocratie où la corruption y est devenue une valeur quasi républicaine, ou l’Afrique de Sud engluée dans sa torpeur d’un passé qui ne meurt et manquant de ce charisme inaliénable à tout acteur majeur mondial, ou le Brésil hésitant, tâtonnant, aveuglé par sa juvénilité et dénué de cette nécessaire vision du monde qui sied aux puissances majeures, qui pourront assumer convenablement et durablement la survie de cet idéal. L’Amérique s’impose aujourd’hui comme une force tranquille, loin du tambourinage inadéquat des dernières décennies, soucieuse d’un équilibre permanent dans la gestion du monde, convaincue de l’incontournable multipolarité géopolitique, et faisant de la discrétion un facteur de dominance sournois mais efficace. Voilà donc la nouvelle Amérique de M. Obama, rechignant les feux de la rampe quand les croisades stupides sont menées pour préserver l’ordre ancien, jouant des critiques de mollesse pour mieux faire ressortir les biceps, prenant le temps de la réflexion avant toute action et pesant suffisamment dans le long terme les conséquences difficiles que chacune de ses décisions entraineraient. Une Amérique faussement humble, consciente de son rôle de moins en moins prépondérant dans les affaires internationales, mais qui ne renonce pas à s’affirmer comme aujourd’hui de manière éclatante.

Bin Laden est mort. Justice a été faite. Les américains comme avant eux les israéliens, traquant et massacrant les auteurs, commanditaires et financiers de l’attentat de Munich, ont fini par avoir la peau de ceux qui osent sacrifier des vies innocentes sur l’autel de la démagogie idéologique. Un message d’une limpidité à la fois rassurante et angoissante. Même s’il n’est pas certain que cette mort mettra un terme aux actions d’Al Qaida, même s’il n’est pas absolument incontestable que le terrorisme islamiste sera affaibli, ce qui parait clair c’est qu’avec sa mort le monde est sans doute plus sûr qu’hier. Ironie de l’histoire, Bin Laden vient d’offrir sur un plateau une réélection facile à M. Obama, l’homme qui aura finalement aux yeux des américains mis un clap de fin à cette bête de la terreur.


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