Comment l’Argentine vient d’assassiner une Nation...
Non, je ne partage pas l’avis de Chalot, un camarade pourtant, qui a tenté de remettre le foot qu’il n’aime pas à sa place, mais devait en même temps constater que les rues de France et de Navarre étaient vides ce vendredi sous le coup de 18 heures. Nier le caractère politique du foot, de la Coupe du Monde de foot, c’est ne pas avoir les yeux en face des trous. Gauche et Droite étaient réunies derrière le concept Nation pour jeter un sort à l’ogre allemand et c’est encore une fois raté. Tout au plus, après la lamentable prestation des Bleus en Afrique du Sud où elle s’était qualifiée suite à une immonde tricherie, puis ridiculisée aux yeux du monde par les conflits internes entre joueurs et entraîneur, est-elle revenue à sa juste place au panthéon du foot. Bravo, il était temps !
Je ne m’étendrai pas non plus sur la victoire obligatoire du Brésil qui, s’il ne l’emporte pas, risque de sombrer dans une situation de type vénézuélien où deux conceptions sociétales s’opposent même si – pour combien de temps encore ? le sang n’y a pas encore coulé. Seule l’anarchie y règne, ceci sans prendre parti, il est trop facile et réducteur de n’y voir que la faute de l’autre. Viva Brazil …s’il s’en sort par ce seul subterfuge !
J’ai en revanche beaucoup apprécié le texte du PC qui a rappelé, via trois exemples judicieusement choisis, le caractère indéniablement politique, non du foot en soi, mais de l’attitude de joueurs qui n’ont pas hésité à dépasser leur rôle d’amuseurs publics parce qu’ils avaient une position sociale et n’ont pas hésité à la mettre en avant au détriment de leur carrière. Paix à Socratès le philosophe à crampons. Rien à voir avec la photo du Che Guevara Football Club censée ( ? ) enrichir l’article. J’eus de loin préféré l’exposition de quelques feuilles de salaire, que ce soit celui de Messi, de Benzema ou de dizaines, de centaines, de milliers d’autres. Ou alors quelques clichés propres à faire constater l’indécence crasse de ces fils du peuple qui s’achètent des Ferrari et paradent aux bras des plus belles poufiasses du monde en fumant des joints, n’est-ce pas Mrs Ribery et Nasri qui passez vos vacances forcées dans un palace dont le coût, disons hebdomadaire pour faire bonne mesure, excède la rémunération annuelle de 20% du peuple de France. Un oubli sans doute…
J’en profite également pour remercier Alea Jacta Est de tous ses billets qui ont démontré que, même en étant partisan des siens, on pouvait rester objectif et l’écrire avec humour.
Non, mon propos portera sur tout à fait autre chose : la contradiction. Et lorsqu’on parle de contradictions, le nom d’un seul pays se détache de tous les autres. Le mien, la Belgique. Oh ! ce n’est pas en tant que supporter que j’aurais vraiment voulu la voir gagner… Moi le fier francophone qui défend en ces colonnes et ailleurs 45 % de sa population brimée par 55 % de compatriotes qui en font des sous-hommes, j’ai dû m’incliner devant une ferveur nationale tombée aux oubliettes, celle du pays qui n’existe plus non plus. J’ai eu chaud au cœur de constater que, même en Flandre où presque 50% des électeurs ont clairement choisi l’extrême-droite pour les représenter, il y avait, envers et contre tout un drapeau noir-jaune-rouge prévalant à tous les balcons.
Un rêve qui a pris fin hier par la grâce d’un bête ricochet tout en début de match. Un match où les Diables Rouges se sont fait enfoncer par un adversaire supérieur, mais qu’ils auraient parfaitement pu rejoindre au score durant une seconde mi-temps où ils ont tout donné. Là n’est pas mon propos. Ces 23 mercenaires du foot ( deux seulement jouent le championnat belge ) se sont battus pour sauver un emblème qu’ils étaient seuls à défendre : une Nation. En ce sens, leur football n’était QUE politique. Le méchant Bart De Wever, égérie d’un nationalisme outrancier que n‘oseraient même pas mettre en avant les Le Pen père et fille a dû rappeler à ses troupes leur devoir de ne pas soutenir ces 23 clowns qui s’obstinaient à démontrer l’inverse de sa mission destructrice, dont acte.
Un devoir dont la Flandre profonde s’est foutue comme de l’an 40.
Bart le Messi est heureux : la Belgique est dehors… Le rêve à dormir debout, celui d’un pays uni par Hazard malgré ses différences, a pris fin ce samedi chez d’anciens coupeurs de tête en Amazonie.
Adios la Belgium Kompany…
Tout contribue à rendre à nouveau le pays ingouvernable. Aucune conciliation n’est possible réunissant à la fois tendances politiques victorieuses et appartenance linguistique. Chacun ne veut que des mandats et des mandats rien que pour lui. Tous nos hommes politiques se trahissent à qui mieux mieux, se foutent de la population que leurs querelles de psychopathes imbéciles privent de deux emplois par heure, ce qui ne rentre pas dans leurs considérations. C’est Clochemerle version hard, la faillite du système proportionnel qui, bien qu’il soit démocratiquement le plus juste, démontre cruellement ses limites.
Nous voilà partis pour une aventure sans foi ni loi qui va mener le pays du compromis à l’autodestruction. Pour cette seule raison mais qui valait de loin toutes les autres, je suis triste que la Belgique n’ait pas gagné la Coupe du Monde…
ASTERIX
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