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Accueil du site > Tribune Libre > « Connais-toi toi-même » : mode d’emploi

« Connais-toi toi-même » : mode d’emploi

JPEG Tout le monde connaît le précepte de Delphes que les dieux ont donné à l'Humanité : "Connais-toi toi-même" ? Mais comment mettre au point une méthode satisfaisante pour le mettre en oeuvre ? C'est la tentative de cet article. Ne fuyez pas ! C'est de la philosophie facile à comprendre. La proposition que je vais développer ne s'éloigne jamais de la pratique.

Le précepte "Connais-toi toi-même" est formulé de telle sorte qu'il faut le comprendre comme une obligation active. Après moult réflexions, je suis parvenu à dégager une méthode en trois temps. Ces trois temps correspondent aux trois questions que Kant a posées :

- Que puis-je savoir ?

- Que dois-je faire ?

- Que puis-je espérer ?

Je prétends que ces trois questions et le précepte grec poursuivent la même finalité. Pas de discours savants ou superflus : allons droit au but !

I - "Que puis-je savoir pour me connaître moi-même ?"

La méthode la plus sûre est celle qui procède par élimination.

1 - L'homme (*) n'est pas un dieu ("homme" est ici le terme générique philosophique qui désigne aussi bien la femme que l'homme).
2 - L'homme n'est pas un animal.
3 - L'homme n'est pas l'addition des rôles qu'il est amené à jouer dans sa vie.

1°) Je ne suis pas un dieu : Je n'ai donc ni la puissance infinie d'un dieu ni son immortalité. Mes actes ont des conséquences qui peuvent être fatales, mortelles. Le goût de la démesure (hybris) n'est pas pour moi, simple humain. Comme je ne suis pas un dieu, je ne suis pas à au-dessus et à l'abri des besoins des mortels. Je suis bien obligé de composer avec les contraintes de ma condition terrestre.

2°) Je ne suis pas un animal : Je ne peux prétendre agir comme tel. En d'autres termes, je ne peux pas m'abandonner à la violence et je ne vais plutôt recourir à la parole. Je ne peux pas prétendre accomplir des prodiges que certains animaux peuvent accomplir (comme l'oiseau qui peut voler). Comme je ne suis pas un animal, je n'ai pas que des besoins primaires à satisfaire. La pyramide de Maslow développe cette idée que les besoins de l'être humain vont croissant puis en s'élevant. En tant qu'être humain, j'ai des besoins que l'animal n'a pas : j'ai des besoins sociaux nombreux et des besoins élevés comme l'art.

3°) Je ne suis pas les personnages que je joue dans ma vie : Je ne me laisse pas réduire à mon rôle de parent, d'employé, de conjoint, etc. Je ne suis même pas l'addition de tout cela. Je suis un être qui vit et qui pense hors de ces rôles. Je m'en aperçois bien quand je demeure sans occupation et tout seul. Comme je ne suis pas un acteur cantonné à jouer des rôles, j'ai besoin de philosophie pour apprendre à vivre, puis, quand l'âge mûr approche, j'en ai besoin pour apprendre à mourir.

Comme vous pouvez le voir, il n'est pas très difficile de cerner le sens de la première étape de compréhension du précepte. Passons au niveau 2 qui est à peine plus dur.

II - "Que dois-je faire ? Je dois travailler sur moi-même !

Il suffira ici de reprendre l'énumération des cas du premier point.

Les Grecs ont, par leur formule juste et inspirante « connais-toi toi-même », voulu dire qu'il nous faut nous différencier de ce qui n'est pas nous ("que puis-je savoir ?" que je ne suis ni...ni...ni...). Ils ont aussi donné un autre sens qui est celui-ci « travaille sur toi-même ! ». Bon, à l'époque, ils appelaient cela la discipline et la vertu. On évitera ce vocabulaire désuet et repoussoir.

1 °) Je ne suis pas un dieu mais j'ai pour devoir de tendre vers cet idéal qui m'élève : Je ne dois pas rester à l'état d'un être mal dégrossi et fainéant qui ne chercherait pas à évoluer ni à s'améliorer. Je n'atteindrai jamais l'idéal consistant à être un dieu mais, comme dit Nietzsche, l'homme est un pont vers le surhomme. Je dois tendre vers cet idéal sans jamais tomber dans l'erreur de me prendre réellement pour un être supérieur à ma nature.

N'étant pas un dieu, je ne pourrai jamais prétendre à l'infaillibilité. J'ai autre chose, une chose que les dieux n'ont pas : j'ai la faculté de me tromper (de progresser). Que dois-je faire pour me connaître moi-même ? Je dois avancer en commettant des erreurs, c'est là le chemin nécessaire pour progresser réellement. Mais attention ! La faculté de me tromper consiste à faire des erreurs involontaires et en aucun à me duper moi-même.

2°) Je ne suis pas un animal mais j'ai un don spécial que je dois employer : François Rabelais a écrit : « L’homme naquit pour travailler, comme l’oiseau pour voler  ». (Quart Livre). Je dis que Rabelais a eu raison de dire cela même si cela peut surprendre ou choquer au premier abord. L’homme (le genre humain) est né pour travailler : pour travailler oui mais pour sur lui-même  !

Cette voie lui est assignée. C'est son arme propre. C'est même la seule arme dont la nature lui a fait don. Pauvre arme qu'il a fallu longtemps, très longtemps affûter ! Et nous n'avons pas fini, loin de là ! Pauvre arme ? Mais non, que dis-je, quelle arme formidable !

3°) Je ne suis pas un personnage : je dois connaître mon Moi authentique : Shakespeare que je tiens pour un grand philosophe fait dire à Jacques dans "Le Conte d'hiver" : "Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Tous ont leurs entrées et leurs sorties, et chacun y joue successivement les différents rôles d’un drame en sept âges. » (Acte II / scène 7) En disant cela, il a énoncé une vérité éternelle.

Ces rôles nous permettent de nous connaître mais seulement un peu, pas totalement. A la deuxième question de Kant, "que dois-je faire ?", il faut donc répondre : je dois travailler à connaître mon moi authentique, celui qui fait le pont au-dessus de tous les rôles que je suis amené à incarner.

III - Que puis-je espérer à me connaître moi-même ?

Ce que je peux espérer en premier lieu, c'est de ne jamais me prendre pour un dieu, de ne jamais me comporter en animal et de ne jamais me confondre avec mon personnage.

Ce que je peux espérer encore, c'est de tirer les fruits du travail que j'opère chaque jour sur moi-même. Ces fruits ne pousseront pas tout seul. Il y faudra mettre beaucoup d'effort, de la constance et de la méthode. "Vingt fois sur le métier tu remettras ton ouvrage". On entend souvent dire "cent fois" : non ! C'est vingt fois que Boileau a dit.

Ce que je puis espérer, c'est aussi de ne pas prendre au sérieux ce Moi que Pascal disait haïssable, d'essayer de le rendre plus aimable à mes yeux comme aux vôtres, plus ouvert, plus tolérant. Bref, "raisonnable et humain" comme disait le père des frères Kahn.

Ce que je puis espérer toujours, c'est qu'une fois que je me serai trouvé, quand je saurai qui je suis, pouvoir concrétiser la formule de Nietzsche : "deviens ce que tu es !" Et oui car, tant que l'on ne se connaît pas assez, on ne peut pas y accéder.

Et pour finir, et ce n'est pas le moindre : je peux espérer bien vivre. La philosophie peut m'y aider. Je vais régler un petit "compte" (pas méchant) avec Montaigne (un maître pour moi et que j'estime au plus haut point), et avec les stoïciens. Ceux-ci vous ont dit "philosopher, c'est apprendre à mourir." Cette formule a été redite à toutes les époques. Mais ce que j'ai à dire, c'est que ce précepte s'applique aux personnes dont le terme de l'existence approche. C'était le cas pour Montaigne quand il l'a dite, de même pour Sénèque qui sentait la mort chaque jour le frôler. A partir de 50 ans, vous devez appliquer ce principe. Mais...

Mais, c'est ici mon désaccord avec les anciens penseurs : si vous êtes jeune, vous devez appliquer le précepte inverse : la philosophie, c'est apprendre à vivre. Et cela veut dire qu'il faut apprendre à ne pas mourir. Ne pas mourir par les excès ou par des comportements à risques. A ne pas laisser mourir ce que vous êtes ou ce que vous fûtes : la part d'enfance et d'enthousiasme qui sont en vous.

N'oubliez pas que nous sommes ici dans le cadre de la troisième question de Kant (que puis-je espérer ?") Et, franchement, peut-on dire aux jeunes que ce qu'ils doivent espérer c'est d'apprendre à mourir ? Les jeunes doivent espérer pouvoir apprendre à vivre. La société devrait les aider bien plus qu'elle ne le fait pour accéder à ce but.

En conclusion, la quête de se connaître soi-même ne s'arrête jamais. Mais elle doit, à mon sens, ne jamais déborder du précepte. Il s'agit de se connaître en tant qu'être humain. Il s'agit de ne pas sortir de cela (être humain et rester tel) : de ne pas chercher à être moins qu'humain (céder à la violence et à l'insulte au lieu d'appliquer le respect de l'autre), ne pas chercher à être plus qu'humain (à moitié robot par les moyens du transhumanisme ou épris de perfection jusqu'à l'excès).

Le but du précepte de Delphes : se savoir humain et apprendre à le rester toujours et jusqu'au bout. 

 


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23 réactions à cet article    


  • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juin 2021 09:06

    Si vous n’êtes pas (comme moi) un animal (être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qui se nourrissent de substances organiques,, c’est que vous êtes un végétal puisque les minéraux ne sont pas vivants et que vous l’êtes puisque vous écrivez un article que je lis.

    Et si vous êtes un être, vous n’êtes ni un dieu ni une personnage, l’un étant un fantasme collectif (ou un symbole pour les plus élaborés), l’autre une fiction romanesque ou théâtrale de la comédie humaine. dans laquelle se complaisent ceux qui vivent par procuration.

    Si vous voulez vous connaitre, faites vous vacciner : vous aurez un QR code qui vous permettra de vous identifier au cas o^vous vous perdriez.


    • Étirév 15 juin 2021 10:25

      La connaissance ne peut être acquise que par une compréhension personnelle que l’homme doit trouver seulement en lui-même : « Connais-toi toi-même », disait l’expression inscrite sur le fronton du temple de Delphes, qui n’est autre que la quête du « Qui suis-je ? » védantique de Ramana Maharshi.
      Aucun enseignement « conventionnel » n’est capable de donner la connaissance réelle. Sans cette compréhension, dit René Guénon, aucun enseignement ne peut aboutir à un résultat efficace. Et l’enseignement qui n’éveille pas chez celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de connaissance ; toute vraie connaissance est un ressouvenir. C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est déjà en lui » et qu’Ibn Sina (Avicenne) exprime ainsi : « Tu te crois un néant et c’est en toi que réside le monde. ».
      Jean Parvulesco parle aussi d’une « voie de communication avec la centrale polaire inconnue de notre mémoire la plus abyssalement immémoriale, la voie de la « rencontre providentielle » avec certains livres. ».
      « Pro captu lectoris habent sua fata libelli » (Selon les capacités du lecteur, les livres ont leur destin), dit également Terentianus.
      Le Livre de soi-même est le seul qui n’est fermé pour personne
      Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui l’entourent ne sont pour l’homme qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce que Platon appelle anamnésis, ce qui signifie « réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le centre qui est symbolisé par le cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. « Ainsi, dit Ibn Arabi, il n’y a de Connaissance de la Vérité Suprême provenant de la Vérité même que par le cœur ; ensuite cette connaissance est reçue par l’Intellect, de la part du Cœur. »
      Ces états qui étaient réalisés dans les mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette transposition du mental au cœur.
      Ceux qui se font initier, assure Aristote, apprennent moins quelque chose, qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans un état d’esprit particulier ; « Ne pas apprendre mais éprouver », dit-il à propos des Mystères d’Eleusis.
      NB : On donna à l’endroit où l’on construisit la ville de Delphes le nom d’OMPHALOS (nombril) ; on y érigea un temple dans lequel on plaça un monument de pierre blanche figurant un nombril, auquel fut attaché un ruban, en forme de cordon ombilical, et on sculpta sur la pierre l’image de deux aigles.
      Voilà du symbolisme facile à expliquer. Le gouvernement maternel est représenté par le cordon ombilical qui attache l’enfant à sa mère ; et les deux enfants, représentés par les deux aigles, montrent que la mère enfante des fils et des filles qui doivent vivre en paix sous l’égide maternelle.
      Comme « Helf », dans les langues du Nord, signifie « moitié », on s’est figuré que d’Helf (ou Delphes) voulait dire milieu (milieu de la Terre) ; c’est une erreur. Cela signifie égalité des sexes devant la mère, et cela répond, évidemment, à une prétention de domination masculine ; les Grecs, donnant partout à l’homme le rôle de la femme, on a sans doute voulu lui rappeler qu’il n’est que la moitié de l’humanité. Delphes devint le siège de la religion, le centre des sciences et l’académie de la Grèce.
      La ville de Delphes fut, plus tard, appelée Pytho (de Put qui signifie puits ou caverne), d’où les noms de Pythie, pythonisse, écrits comme ils doivent l’être, « Puthie », « puthonisse », qui dérivent du verbe « putten » (puiser), d’où cette expression : « un puits de science ».

      Suite...

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      • Taverne Taverne 15 juin 2021 10:56

        @Étirév

        Merci pour ces informations érudites.

        A propos de Delphes, je recommande à ceux qui n’ont pas encore vu l’orchestre de Grèce jouer la Septième symphonie de Beethoven dans les ruines de ce site magnifique de se rendre sur l’application Arte. C’est le programme le plus visionné.

        Décor de Deplhes et alentours le soir, danseurs. Pourquoi des danseurs objecteront d’aucuns ? Lisez ce qu’a écrit Richard Wagner en 1849 à propos de la 7ème symphonie : « La symphonie est l’apothéose de la danse : c’est la danse dans son essence suprême, la réalisation la plus bénie du mouvement du corps presque idéalement concentré dans le son. Beethoven dans ses œuvres a mis le corps en musique, mettant en œuvre la fusion du corps et de l’esprit ». 

        Conclusion : connais-toi toi-même et danse !


      • Laconique Laconique 15 juin 2021 11:32

        Vous y tenez à ce « connais-toi toi-même » ! 

        C’est bien de citer les Grecs, Kant, il faut toujours indiquer ses sources. Vous avez une belle intelligence, bien française, bien nette. Comme tout le monde, c’est quand vous jugez que vous dérapez (vos jugements à l’emporte pièce sur notre président Emmanuel Macron). C’est sans doute la raison pour laquelle il est écrit : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. »

          Lire les 11 réponses ▼ (de Taverne, Réflexions du Miroir, foufouille)

        • babelouest babelouest 15 juin 2021 12:33

          Est-il intéressant pour chacun de se connaître lui-même ? A part des banalités, je crains que non. Agir, ou tenter de le faire, sur son entourage, oui. Perdre son temps à s’auto-scruter ? Je ne pense pas. L’humain est un être social (on remarquera qu’actuellement, pour le déstabiliser, des personnages extérieurs font tout pour le cantonner à son intérieur, afin qu’il soit faible). Je pense que des philosophes pourtant connus se sont trompés.


          • ZenZoe ZenZoe 15 juin 2021 14:31

            @babelouest
            Bien sûr que c’est intéressant de savoir qui on est !
            Ca évite de se tromper de vie. Quand on sait qui on est, on sait où on va et pourquoi, et croyez-moi, tout devient plus clair et plus facile. C’est une liberté, on ne se sent plus obligé faute de mieux de se conformer aux injonctions des autres (les parents, la société, le conjoint...).
            Le seul hic, c’est que cette connaissance de soi n’arrive la plupart du temps que bien tard dans la vie, et que les portes se sont fermées une à une. Il ne reste alors trop souvent que des regrets. On ne peut plus que méditer tristement sur le fameux proverbe : ’’Ah, si jeunesse savait, si vieillesse pouvait...’’.


          • babelouest babelouest 15 juin 2021 15:01

            @ZenZoe curieux : « Quand on sait qui on est, on sait où on va et pourquoi ».
            .
            Une vie, cela va d’ici (la sortie brutale dans un monde où l’on n’a pas souhaité aller) à là (la porte de sortie). Le pourquoi, y a-t-il eu déjà un pourquoi ?
            .
            A quatorze ans, j’ai reproché à mes parents de m’avoir fait naître : c’est dire que le pourquoi, je n’en ai jamais vu la moindre bribe. Mais alors, qu’est ce que le je ? Je ne sais pas. A vingt ans, je me posais la même question. Je disais régulièrement à un copain :
            — Chercher à se rendre utile
            Il répondait à chaque fois :
            — Charité bien ordonnée commence par soi-même.
            Mais soi-même, il faut que ce soit intéressant à étudier, alors !
            — C’est grave Docteur ?
            — Vous me devez 25 euros.


          • Taverne Taverne 15 juin 2021 17:14

            @babelouest et ZenZoe curieux 

            Les philosophes se sont trompés quand il sont allés au-delà du précepte. Quand ils se sont posé la question : qui suis-je ? ou qui est « je » ? Sauf Montaigne, ce sage homme, qui s’en tint à son prudent « que sais-je ? »

            Descartes affirma que je suis une « chose qui pense » (res cogita).
            Quoi ? s’insurgea Pascal une « chose » ! Non, je ne suis pas une chose mais un Etre qui est lié à Dieu et par l’amour divin.

            Descartes a affirmé que l’esprit était distinct du corps (et bien oui , c’est plus pratique pour l’envol de l’esprit vers l’Au-Delà…). Quoi ? s’insurgea Spinoza : je suis Un, corps et esprit tout ensemble.

            Par la suite, c’est parti encore plus en quenouille…« Je » est un autre« (Rimbaud) et allez donc ! Nietzsche »deviens ce que tu es« et il est devenu fou.

            C’est pourquoi, je dis qu’il faut s’en tenir au précepte grec :

             »connais-toi« , le verbe connaître étant à prendre au sens actif. Actif : un travail sur soi-même. Mais point trop n’en faut je dis et, disant cela, je ne fais que me référer au second précepte de Delphes »Rien de trop". Si les philosophes avaient pris en compte cette seconde partie, ils n’auraient pas fait une fixette sur la première (plus fascinante, il est vrai. Mais ne vous laissez jamais fasciner). On n’a déjà pas assez d’une vie pour appliquer le précepte dans sa conception élémentaire selon ma méthode une autre méthode pertinente.

            Lire la suite ▼

          • Taverne Taverne 15 juin 2021 14:40

            Correction à propos de Shakespeare.

            La citation n’est pas tirée du Conte d’hiver mais de la comédie « Comme il vous plaira ». Toutes mes excuses aux lecteurs, je suis devenu un expert en erreur de référencement : voir mon dernier article dans lequel je m’étais trompé de cinéaste) :

            Jacques : Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Tous ont leurs entrées et leurs sorties, et chacun y joue successivement les différents rôles d’un drame en sept âges. »

            (All the world’s a stage, and all the men and women, meerely Players : They have their exits and their entrances. (…)

            J’en profite pour réparer une erreur de frappe : mot manquant au 2° du II  : je le place ci-dessous entre accolades : 

            « L’homme (le genre humain) est né pour travailler : pour travailler oui mais pour [ travailler ] sur lui-même  ! »

            La « faculté de se tromper » que je disais...


            •  C BARRATIER C BARRATIER 15 juin 2021 18:21

              Se connaître pour se situer, très humblement. Ecrire ses mémoires est aussi une façon de se connaître. Mais sans être nombriliste, au contraire :

              Voir en table alphabétique des news :

              Sens de la vie, sens de l’univers

              http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=59


              • babelouest babelouest 15 juin 2021 19:38

                @C BARRATIER quand j’ai écrit mes mémoires, c’était à la demande pressante de mes enfants, et d’une amie qui trouvait que « cela valait le coup ». Je l’ai fait, comme d’habitude, pour les autres, pas pour moi. Je les ai relues souvent, pour vérifier que c’était correct, et parfois pour rajouter une anecdote. Et pour être sûr que ce serait pérenne, bien que je n’ai aie pas vendus, je me suis astreint à déposer l’ouvrage à la BNF.


              • babelouest babelouest 15 juin 2021 20:06

                @babelouest
                bien que je n’ai aie pas vendus  : bien que je n’en aie pas vendus !

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