Dassault vole bas (sic) !
Il n'est pas le seul mais il représenterait de façon exemplaire le mal de la démocratie française. En caressant publiquement Valls dans le sens du poil, en le prenant sous son aile, (sic) , se portant garant du soutien de "ses" journalistes du Figaro, il vient de créer le buzz posant ainsi le problème de l'indépendance de la presse par rapport à ses propriétaires, tous riches financiers. Au-delà, un Manuel Valls qui semble n'avoir rien à répliquer à la paternelle protection de Serge, souligne combien le changement ce n'est pas forcément pour maintenant.

Il ne faut pas mettre Serge Dassault dans le même sac que Bernard Arnault qui s'est mêlé de politique en "sainte Nitouche". La dynastie Dassault est plus fusionnelle avec le pays, plus ouvertement impliquée. Et cela pourrait avoir un côté plus sympathique. Cependant,
il y a des aspects peu rassurants chez ce notable. Sénateur de l'Essonne, propriétaire du Figaro, milliardaire industriel, Serge Dassault ne participe pas de l'envol des capitaux français vers l'étranger, en tous cas de façon aussi démonstrative qu'un Bernard Arnault. Les interventions du père, Marcel le "Café du Commerce" (1), et du fils, Serge, ont toujours été ressenties comme culottées mais inopportunes et maladroites. Leur maladresse fait éclater au grand jour la manipulation mentale que tentent les gros possédants français avec leur mainmise sur les médias.
AU-DELA DES SCRUPULES : La déontologie, l'éthique, ne l'étouffent pas !
On peut craindre que ses idées sur le pluralisme de la presse ne soient aussi sa conception du pluralisme en démocratie. Serge Dassault a expliqué, que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». (déclaration au Centre de Formation des Journalistes). À la suite de ses propos sur la subordination du journal le Figaro à son propriétaire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rédaction du Figaro. En octobre 2008, le journal le Monde rapporte des témoignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercée par Serge Dassault sur la rédaction.
En 1997, instrumentalisant la justice, Serge Dassault obtient la saisie, après trois jours de vente, du premier numéro de Marianne le présentant comme « l'empereur tricolore de la corruption ».
En août 2004, il refuse que son journal publie un entretien avec Andrew Wang dans le cadre de l'Affaire des frégates de Taïwan (l'entretien est finalement publié par Le Point du 9 septembre 2004).
Lors d'une réunion publique du 8 Février 2008, dans la ville de Corbeil Essonne dont Serge Dassault est le maire, Pascale Pascariello, journaliste à France Inter, s'est retrouvée violemment prise à parti par le service d'ordre présent après qu'elle eut posé la question "je voudrais juste savoir où en sont les perquisitions du juge ?. Cette altercation enregistrée se déroule sous les yeux de Serge Dassault et sans qu'il ait pris soin de calmer le service d'ordre.
De la part d'un homme dont la famille a subi, en 1944, les rigueurs de l'occupation nazie (déportation de la famille de Marcel Bloch-Dassault), et par conséquent d'un moment de l'Histoire où la démocratie a été effacée, on comprend mal comment cela se passe dans sa tête.
Sous des dehors paternalistes, cet homme est anti-social :
le 19 juin 2008 Serge Dassault provoque une nouvelle polémique en déclarant qu'il juge « anormal » d'aider les chômeurs, « des gens qui ne veulent pas travailler ».
"MES JOURNALISTES " A MA BOTTE :
Sa dernière "frasque" :
Lors de l’inauguration de la foire de Corbeil-Essonnes, le 5 septembre, le sénateur UMP Serge Dassault s’est déclaré "très heureux" de l’action menée par Manuel Valls en matière de sécurité et vis-à-vis des Roms. Le milliardaire a même affirmé que le ministre de l’Intérieur disposait en la matière de "l’appui d’un journal bien connu" (Le Figaro, dont il est propriétaire), provoquant fatalement la gêne de son interlocuteur qui pourrait passer pour les auditeurs pour un continuateur de Guéant-Sarkozy .
Des lois sur l'indépendance de la presse s'imposeraient. Elles tardent à venir.
Un agoranaute cite un ancien journaliste avec bonheur :
« La presse libre n’existe pas. Vous, chers amis, le savez bien, moi je le sais aussi. Aucun de vous n’oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent. Nous sommes les outils et les laquais des puissances financières derrière nous. Nous ne sommes rien d’autre que des intellectuels prostitués. » John Swaiton (éditeur du New York Times, lors de son discours d’adieu).
Après l'aventure italienne de Berlusconi, ce constat qui s'applique si bien à la presse française est bien dur à entendre.
noodles
http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/serge-dassault-a-manuel-valls-le-36305
PS : les photos ont été recueillies dans Google images, la chronologie de Serge Dassaullt est exposée dans Wikipedia
(1) pages achetées dans la grande presse déjà affaiblie par le manque de publicité et qui lui faisait bon accueil puisqu'il payait
31 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON