De l’émigration et de la violence !
Cela fait plus de quatre décennies que le thème de l’émigration occupe la devanture de l’actualité et fait les manchettes d’une bonne partie la presse mondiale et surtout dans le monde dit « développé » ou « riche ». Monde qui s’est accidentellement trouvé dans la situation de l’accueil. La problématique de l’émigration est souvent voire toujours traitée dans une large partie de cette presse de manière tendancieuse et anti-émigré. L’émigré est presque toujours ce bouc-émissaire, cette tête turque ou ce mouton noir qui doit être isolé, confiné et exclu pour épargner l’heureuse cité.
Pour qui s’insurge contre le mauvais traitement (et c’est un euphémisme) que subissent les migrants dont la dernière illustration est la malheureuse expédition punitive de la place de la république à Paris, ils te disent, vois-tu les migrants n’étaient pas à leur place là où ils étaient, ils n’avaient rien à faire là et tu ne peux que leur donner raison. Une femme avec son bébé, un homme saint d’esprit ne sont pas à leur place sur un trottoir ou sous un pont. Sans invoquer le discours victimaire que les courants racistes et xénophobes se sont appropriés et qu’ils jettent à la face de tout contradicteur comme un immense écran de fumée pour couper court à tout débat sérieux prenant départ de ces simples, naïves et crédules questions. Pour quelle raison cet africain ; ce latino ou cet asiatique quitterait-il la chaleur et la quiétude de son village ?
Par tous les dieux que viendrait-il chercher sur les dalles froides et humides des villes de grande solitude comme dit la chanson ?
Au nom de quoi doit-on lui accorder ou lui refuser le droit de partir ou de venir ?
« La condition humaine », la sublime formule ! devrait-elle obligé tout un chacun non pas à l’empathie ou à la solidarité mais au simple respect de ces Hommes qui se sont trouvés dans cette situation par la faute d’une force qui les dépasse. Effectivement quel est cet Homme qui quitterait la douceur et même l’âpreté de chez-soi pour aller subir le fiel des autres ?
L’aventure des migrants mérite qu’on s’y arrête et qu’on la voie sous un autre angle que le seul angle mesquin et égoïste qu’elle subit la plupart du temps. C’est une violence interminable et insupportable au bout de laquelle même le rêve le plus élémentaire d’une vie humaine se fracasse contre les boucliers des forces de l’ordre.
Alors si on dit que le migrant ne devait pas être là et que ce n’était pas sa place c’est tout à fait vrai. Mais que faire alors ? « Il est là. Il amoche les espaces. Il fait peur aux enfants. Il effraie l’innocente pucelle. »
Hélas le migrant est lui aussi un enfant dont on a saccagé l’enfance. Le migrant est lui aussi une jeune fille innocente dont l’intégrité physique et morale a été bafouée. Alors et sans tomber dans aucune forme d’angélisme, le migrant est d’abord un symbole de la fragilité humaine. C’est un Homme en quête d’un refuge là et parmi ceux qu’il croit pouvoir lui donner un espoir. L’émigré est aussi le symbole d’une volonté et d’un attachement à la vie dur comme le roc.
Par ailleurs l’émigré ne cherche pas une assistance, que ceux qui ont le souci des fameux deniers publics et des sacro-saintes cotisations des citoyens se rassurent. L’émigré est en quête d’une vie digne de l’humain qu’il est, et il sait ce qu’elle va lui couter et il est prêt à y mettre le prix par sa force, sa sueur et son intelligence et ses émotions car s’il voulait un semblant de vie pareille celle d’un oiseau ou celle d’une sauterelle qui pullulent dans ces contrés lointaines, il n’aurait pas dû faire tout ce périple. Périple périlleux aux allures de légende qui doit inciter chacun à une petite méditation.
Baha
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