Des villes « marchables »...
L'être humain est fait pour marcher, bouger... or, il devient de plus en plus difficile de marcher dans nos villes...
Trottoirs encombrés de vélos, de trottinettes, de planches à roulettes, pollution... le piéton semble ne plus avoir sa place dans les villes vouées à la vitesse...
Le marcheur n'est plus le bienvenu dans ce monde où tout s'accélère.
On connaît pourtant les bienfaits de la marche : la marche aide à lutter contre l’obésité, contre les maladies cardiovasculaires, et elle accroît l’espérance de vie. Mais son vrai bénéfice n’est pas pour le corps, il est surtout pour l’esprit. Marcher aide à penser. Les bonnes idées viennent lorsqu'on marche.
Ainsi, depuis toujours, les philosophes ont aimé la marche : les péripatéticiens donnaient leur enseignement en marchant, Socrate allait dans les rues d'Athènes à la rencontre des autres, les interrogeait, leur faisait découvrir une forme de vérité.
Le nom "péripatéticiens" est, d'ailleurs, issu d'un verbe grec : "περιπατέω, péripatéo, se promener, circuler, aller et venir".
Rousseau était un marcheur infatigable :" J'aime à marcher à mon aise, et m'arrêter quand il me plaît. La vie ambulante est celle qu'il me faut. Faire route à pied par un beau temps dans un beau pays sans être pressé, et avoir pour terme de ma course un objet agréable ; voilà de toutes les manières de vivre celle qui est le plus de mon goût... ", écrit ce philosophe dans le livre 4 des Confessions, évoquant ce bonheur de la marche qui le séduit depuis ses plus jeunes années.
Le rythme lent de la marche nous fait retrouver une dimension humaine qui s'efface de plus en plus à notre époque.
Les plaisirs le plus simples nous sont alors accessibles : on observe le monde environnant, les arbres, les jardins, les maisons, leur architecture, les personnes que l'on croise.
Comme l'écrit fort justement Christophe Lamoure, "la marche permet de recoudre pas à pas l'évidence dissipée qui a longtemps tenu ensemble l'homme et le sol ; elle permet de reprendre pied dans une époque où chacun a la sensation de se noyer dans un torrent de bouleversements."
Or, les villes sont de moins en moins "marchables" : les villes sont envahies de voitures, de véhicules polluants, les trottoirs ne sont plus réservés aux piétons, puisque on y croise des vélos, des trottinettes...
La marche nous relie aussi au monde et à la terre.
La marche nous permet de retrouver un rythme lent, naturel...
Et la lenteur nous offre l'opportunité de vraiment mieux apprécier le monde, de mieux le regarder, tout simplement.
Il est temps de redonner de l'espace aux marcheurs dans nos villes, de libérer les trottoirs, de rendre nos villes "marchables"...
Le blog :
http://rosemar.over-blog.com/2021/09/des-villes-marchables.html
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