Dieudonné et Alain Soral fondent un parti... qui existe déjà !

La nouvelle a fait grand bruit il y a quelques jours. C'est le quotidien le monde qui a révélé le projet. L'humoriste Dieudonné et l'essayiste maudit Alain Soral ont décidé de co-fonder un parti politique reprenant leurs thèmes de combat, à savoir "l'antisionisme" et la lutte contre "le système des banques". Etant inéligible pour l'un et interdits dans les médias ils devraient mettre en avant de jeunes militants issus du think-tank égalité et réconciliation aux élections à venir.
Dans une vidéo diffusée sur le net les deux comparses expliquent leurs motivations. On apprend au passage, détail croustillant, que certains journalistes étaient au courant du projet avant la diffusion de celui-ci (!)... drôle de démocratie où les uns espionnent les autres, mais passons. Le projet de fonder un énième parti contestataire n'a rien d'extraordinaire, et il est surtout inutile. Car Soral et Dieudonné oublient un point essentiel de notre démocratie libérale, seuls les partis subventionnés et surtout médiatisés obtiennent des voix aux élections. Tout le reste n'est qu'accessoire. Après il y a l'opportunité de proposer une tribune permettant de faire passer des opinions... mais cela se fera sur des sites amis auprès d'un public déjà convaincu, donc inutile.
En France il n'existe que deux partis contestataires capables de rassembler, en l'occurrence les deux "fronts", le FN et le parti de Mélenchon. Ce dernier et Marine Le Pen étant promis à un duel au second tour de la prochaine présidentielle si la crise économique, sociale et culturelle perdure. Soral insiste d'ailleurs sur la normalisation institutionnelle du Front National qu'il estime rentré dans le rang, mais de son côté il ne propose rien d'original. Si son bouquin comprendre l'empire est digne d'intérêt pour sa critique du libéralisme économique et de la mécanique infernale des banques d'affaires, il n'énonce rien de plus par rapport à Marine, Jean-Luc ou même les gens de Lutte Ouvrière ; excès antisémites mis à part bien entendu.
Or un rebondissement de dernière minute nous annonce, par le site Dreuz.info, que le parti réconciliation nationale existe déjà ! Il a été fondé et déposé par un certain Franck Abed, militant de la mouvance royaliste, en 2006 (!)... Aïe ! Tout cela révèle un amateurisme et une certaine légéreté de la part de nos deux comparses...
On objectera qu'ils ne visent, eux, ni des places ni des subventions publiques, et que leur démarche est plus militante qu'intéressée. Mais tout de même, risquer de se ramasser un nouveau procès pour une histoire de patronyme cela fait désordre. De toutes les manières leur démarche est inutile, il y a belle lurette que le peuple ne décide plus de rien et que seuls les partis faisant allégeance à Goldman-Sachs et à la mafia libérale sont autorisés à assumer le "pouvoir", entendons par là permettre à des gens de gagner leur vie dans des ministères pour appliquer la politique des banques d'affaires, et tenir en laisse le populo.
Les seuls contre-pouvoirs utiles sont les sites nets, les réseaux sociaux et un travail d'éveil de nos concitoyens par des actions quotidiennes sur le terrain. Les "partis", ce n'est que du business pour permettre à quelques-uns de vivre sur le dos des autres, rien de plus. Après il y a la démarche commerciale... Dieudo vend des DVD à cinquante euros, des places de spectacle à quarante... Soral vend des bouquins. Un coup de pub de temps à autre, c'est toujours utile. Risquer un procès pour usurpation de dépôt d'une marque est un comble pour eux, mais c'est la dure loi du commerce dans un régime libéral comme le nôtre.
On comprend au passage pourquoi les grosses entreprises de politique, PS et UMP en tête, absorbent les petites... une question de protection juridique contre la concurrence et la méconnaissance des réglements. Combien de petits commerçants se sont fait dévorer par les grandes enseignes à cause de ce système ?
Si Soral avait voulu vendre de la politique il serait resté au PCF ou au FN, ses deux partis d'engagement. Il a pris son indépendance, pour être libre d'agir et de penser, mais en subit les conséquences, en terme d'inexpérience et de retombées juridiques. Il n'est décidément pas simple de se mettre à son compte de nos jours en France...
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