Egoïsme et altruisme deux comportements humains déterminants dans la réussite des systèmes politico-économiques
Egoïsme et altruisme sont deux comportements sociaux présents, à des degrés divers, chez tous les êtres humains. Ils ont été acquis au cours de l’évolution pour faire face à la lutte pour la vie. L’égoïsme se rapporte à l’individu seul : face aux agressions du milieu dans lequel il vit, il essaie d’abord de se protéger et de protéger les siens car sa réussite génétique dépend du nombre de descendants qu’il laissera après lui. Le comportement d’égoïsme, en tant que « règle épigénétique »* ne s’exerce strictement que dans des situations extrêmes ; en situation normale l’égoïsme n’est considéré que comme un défaut.
L’altruisme a posé aux scientifiques une recherche d’explication plus complexe, car, comment un être qui est confronté continuellement aux agressions du milieu peut-il avoir des raisons de faire attention aux autres ? La première explication a été la sélection par parentèle (kin selection) : lorsqu’un individu ne peut pas avoir de descendance directe, il va favoriser les descendants d’un proche parent (la tante va aider son frère à élever ses enfants par exemple) puisqu’il partage avec le proche parent une part de son génome ; si le parent favorisé a, de ce fait, un nombre de descendants supplémentaires supérieur à celui qu’aurait pu avoir son collatéral égoïste alors, selon la théorie, les gènes d’altruisme vont augmenter dans l’espèce. La sélection par parentèle est maintenant abandonnée et remplacée par la sélection au niveau des groupes**. Les premiers Homo sapiens vivaient en bandes qui associaient quelques familles ; l’individu trouvait dans le groupe aide et protection de sorte que sa réussite génétique dépendait de ses aptitudes individuelles mais aussi de la capacité de survie du groupe. Un groupe uni, dont la cohésion était déterminée par l’abnégation du plus grand nombre de ses membres était capable dans une confrontation avec un autre groupe de mieux se défendre ; un groupe sans cohésion au contraire risquait davantage d’être détruit. La sélection naturelle n’a gardé, dans chaque confrontation, que les groupes dont les individus étaient solidaires et se sacrifiaient pour la cause commune. Ainsi ont été sélectionnés les gènes associés à l’altruisme.
Le code génétique prescrivant le comportement social de l’être humain est, de ce fait, chimérique ; une partie prescrit des caractères d’égoïsme qui déterminent son succès individuel à l’intérieur du groupe, l’autre des caractères d’altruisme qui favorisent le succès du groupe en compétition avec les autres groupes.
Deux systèmes politico-économiques se sont affrontés et s’affrontent encore dans nos sociétés modernes ; ils demandent aux individus de faire appel majoritairement à l’un ou l’autre des comportements sociaux décrits ci-dessus :
-Le système libéral fait confiance à l’égoïsme de l’individu ; ce dernier créera des richesses pour son propre bien être et celui de sa famille, il assurera ainsi sa réussite sociale mais en même temps sa réussite génétique, son apport sera, en seconde main, favorable aux autres individus.
-Le système collectiviste demande à chacun de taire son individualisme et d’être actifs pour le bien de tous, les richesses ainsi créées seront redistribuées en évitant les déséquilibres du système libéral ; l’altruisme devra être en tête du comportement social de chaque individu.
Le système libéral est celui qui a eu le plus de succès parce que l’égoïsme est plus puissant chez les êtres humains que l’altruisme. Quant Adam Smith parle de « main invisible » c’est en fait « l’égoïsme » qui est l’acteur invisible de l’activité économique, l’être humain s’active parce qu’il sait que le résultat de son travail lui reviendra entièrement. Mais comme l’est la « lutte pour la vie » qui organise l’évolution, le système libéral, sans limite, est ravageur pour les plus faibles.
Le système collectiviste lui, n’a réussi à survivre que lorsque les gouvernements exerçaient une pression sur les individus (pression physique ou psychologique), l’altruisme étant une acquisition moins prégnante chez l’être humain que l’égoïsme, il reste le plus souvent éteint quand le besoin se présente.
Appliqués à l’extrême ces deux système ont produit beaucoup de souffrance, ne faudrait-il pas un système plus équilibré qui intègre harmonieusement les deux comportements sociaux majeurs de la nature humaine ? Ces comportements n’étant pas à hérédité directe, ils peuvent aussi être éduqués.
*Voir dans « Biologie » : Gène et comportement social (partie II).
** E. O. Wilson « The social conquest of earth » Liveright Publishing corporation 500 fifth Avenue, New York, N. Y. 10110. 2012
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