Eric Naulleau dans les mailles de la dissidence ?

Mais qu'avait donc à gagner Eric Naulleau... dans la production d'un recueil de 230 pages sur un débat d'idées avec Alain Soral ? Avant de tenter d'en commenter le sens, convenons d'abord qu'il s'agit d'un bouquin singulièrement intéressant par l'attrait des sujets abordés
-politique franco-française,
-sociétale, sociale et économique,
-identité et nation,
-ethno-religieux (surtout juifs, musulmans, chrétiens)
-géo-politique et influences, -etc...
Le titre "Dialogues désaccordés" est bien trouvé, considérant l'opposition frontale des acteurs. Remarquons que Naulleau -qui est surtout un critique littéraire- n'est pas connu pour avoir fait des essais politiques, économiques, sociologiques ou philosophiques pour couvrir ce champ. On peut considérer que son tandem avec Eric Zémmour (qui lui est un spécialiste) lui a ouvert la voie et lui a aiguisé la curiosité sur toutes ces questions fondamentales. Alors, est-ce à force de polémiquer semaine après semaine, sur un plateau TV, avec des acteurs de la pensée politique que Naulleau est devenu accroc ? Lui seul le sait.
Mais lorsqu'on voit -ce qui était prévisible- la volée de bois vert à son encontre et ce qu'il en retourne s'agissant d'une ribambelle de "chiens de garde" chroniqueurs radio/TV et de presse écrite, on ne peut que se demander pourquoi a-t-il été croiser le fer avec un dissident comme Soral, banni et haï par toute la presse mainstream politiquement correcte. Même Zemmour, qui n'a pas froid aux yeux, ne s'y est pas risqué, peut-être parce qu'il entretient depuis toujours une certaine proximité d'esprit avec Soral et que le dialogue n'aurait pas été autant désaccordé..
Regardant un peu ce qu'il en sort en commentaires de ce bouquin -encore une fois riche et pertinent- je me demande quel est le but de Naulleau ? Si c'est pour faire le buzz c'est gagné ! Mais le prix à payer, pour lui, risque d'être élevé. Dans cette opposition tranchée on aurait tort de chercher s'il y a un vainqueur et un vaincu. Ces considérations sont inopportunes, sachant que les afficionados, comme en football, réagissent toujours par rattachement idéologique ou esprit tribal.
On remarque quand même que Naulleau demeure continuellement bien élevé, courtois, sans pour autant courber l'échine ou en rabattre. Du côté de Soral, cela n'étonnera pas, il y a une posture de mépris en légitimité intellectuelle, qu'il rappelle toujours à Naulleau qui se fait toiser. Parfois cela donne carrément dans le manque de respect par des termes dont-il l'affuble. C'est Soral, toujours vindicatif et mégalo, qui ne supporte pas vraiment la controverse.
Par ailleurs il y a un exemple choquant ou, sur le cas Clément Méric il dit de lui que s'il est mort c'est de sa faute, que c'était "une rixe", que c'était un petit con, un idiot utile et qu'il faut plutôt plaindre l'assassin Estéban car il est fils d'ouvrier espagnol. Quel rapport.. ? En tous cas pas de compassion chez Soral. Cela claque comme un coup de trique. Chacun en jugera. C'est de l'esprit clanique, la référence froide à un groupe identitaire qui prime plus que l'abstraction d'une personne perdant la vie sous un poing américain. L'autre est d'abord un ennemi, c'est un anti-fasciste, il est donc jugé du mauvais côté. Et ce ne sont pas les qualités d'analyse de Soral -mêmes pertinentes- sur le système oligarchique qui vont le dédouaner dans son appartenance mortifère . Dommage pour lui mais c'est sa totalité. Et aussi ses limites.
Naulleau se définit "à gauche" ce qui est vague aujourd'hui, si l'on considère que Moscovici, BHL, DSK, Pierre Bergé, Mathieu Pigasse et la famille Bedos eux aussi se prétendent à gauche. Et que si "eux" sont de gauche, alors il vaut mieux ne plus l'être, lorsque l'on est idéaliste, nostalgique de Jaurès, Lénine ou de Ché Guévarra. En tous cas, comme tous les chroniqueurs du sérail, on ne sait pas pour qui Naulleau vote à gauche. Etre "à gauche" en 2013 revient à être dans une auberge espagnole tellement l'étendue du symbole est devenu opaque, voir illisible. Mais dans les médias cela reste un "bon passeport".
Les ouvriers/employés/artisans déçus (ou sur le carreau) allant au FN ou dans l'abstention, eux sont des... égarés. Paix à leur âmes les pauvres. Dieu ou Jaurès les reconnaîtra. Il faudrait donc les éclairer pour... les rééduquer. Médiapart va s'en charger, en affichant de façon décomplexée dans un colloque : "Quel anti-dote pour lutter contre le FN". En toute simplicité. Titre osé ? non, non ! pas de souci. Pensez : Le Pen ! Cela ne se discute pas. Pouf ! au rejet.
Soral on le sait voterait, Marine Lepen car il reste attaché surtout à Jean Marie Lepen. Mais il ne faut pas omettre de rappeler qu'il se réclame à la fois (tenez vous bien) :
- du marxisme en tant que grille de lecture des rapports sociaux,
-de la tradition hélléno-chrétienne française, rejetant les Lumières (trop bourgeois donc suspects),
- d'une nostalgie pour l'ancien régime (noblesse de cape) et la religion chrétienne traditionnelle,
- de De Gaulle en maestro de la souveraineté nationale (avec un peu de Charles Maurras immuno-incompatible pourtant).
Agitez le tout !.. Sans oublier son copinage endémique avec les néo-fascistes et des groupuscules skinhead. Il est certain qu'il ratisse large, cherchant des alliances d'opportunités avec les musulmans des quartiers défavorisés, configurés par le tropisme du conflit israëlo/palestinien... et par le pont immanent des religions, chrétiens/musulmans de France. Ceci vraisemblablement résultant de sa marginalisation des écrans médiatiques (due aux groupes de pression).
Il s'en suit que le personnage Soral "électron libre" se trouve plutôt en lévitation sans direction dans la galaxie politique. Sait-il où il va ? il n'a pas de véritables alliés politique, Dupont-Aignan et Assellineau sont rejetés par lui. Ses alliances sont invisibles. Mais il a l'intérêt -pour le public lassé du conformisme- d'apporter des dossiers et des points de vue qui sont singuliers. Sauf lorsqu'il est aveuglé par ses certitudes, comme précité.
Pour Dieudonné, humoriste il est vrai de grand talent, celui-ci aura connu le même sort de zombie médiatique pour son impertinence envers la même communauté, alors que ses sketchs recouvraient l'ensemble des religions. Mais, certaines sont susceptibles et ne pardonneront pas ce "crime" en lèse majesté, surtout après sa liste anti-sioniste des élections européennes. Du coup ils l'ont désigné antisémite alors que Dieudo est un fils d'immigré camerounais par son père et qu'il est militant anti-raciste. Cherchez à comprendre... Et que tous ses copains de show bizz le plébiscitent en douce.. Je ne parle pas des producteurs /animateurs ex-copains qui lui ont tournés le dos, pour l'isoler dans sa tosca sur le net.
Le fait de croiser le fer avec un électron libre sulfureux comme Soral ne manque pas d'intérêt et de panache de la part de Naulleau. Car croquant de bon coeur dans cette friandise, il s'exposait à la presse agréée soutenue par des banques ou des fournisseurs d'armements, sinon par des lobbies communautaristes. Comme si les lobbies d'une façon générale pourraient êtres légitimes et transparents lorsqu'il s'agit d'un grand pays démocratique comme l'Amérique, mais que cela ne serait plus possible à énoncer s'agissant de la France. Pourquoi ? on n'en dit rien, personne n'oserait la ramener. Mais ce tropisme est choquant au pays de Voltaire.
Il est significatif qu'il existe un consensus de la pensée autorisée, agrégée et instrumentalisée autour du traumatisme de la shoah et/ou du passé colonial de la France. De ce fait "un code subliminal" agirait comme un "surmoi freudien", véritable frein à main, pour l'ensemble des professionnels de la presse. C'est un fait et ce n'est pas Robert Ménard, ex-responsable de "Reporters sans frontières" chassé de la chaîne i>télé, qui dirait le contraire, rapport à un bouquin avec un titre provocateur autour du FN.
Sur ce plan (puisque c'est l'objet du livre) s'agissant du "Front National" réunissant environ 25 % des sensibilités selon les sondages, il en est de même de sa mise au rebut par le système médiatique. Si l'on fait venir sur les plateaux TV ses représentants c'est surtout pour les provoquer et les humilier encore et toujours. Pas question de reconnaître à ce parti "souverainiste populaire" une quelconque légitimité à prétendre à la politique.
Pendant ce temps on continuera la politique ultra-libérale/libertaire érigée par Barroso dont le cadre est lui même soumis aux marchés financiers via les agences de notation. Que le FN soit devenu le plus important parti dans les classes populaires cela ne pose du tout interrogation pour les médias mainstream mais une contrariété. Il faut donc rassembler les "égarés" pour retour en zone fréquentable.
Que ce parti ait fait le ménage des groupuscules néo-fascistes du canal historique des années 70 ne donnera jamais un blanc seing pour le sérail. Par ailleurs son positionnement contre l'Euro est forcément rejeté par l'ensemble de la droite de madame Kosciusko Moriset de l'UMP et par madame Parisot du MEDEF qui grâce à l'OMC ont explosé les frontières et désindustrialisé la France (n'est-ce pas les bonnets "rouges")...
Il faudrait savoir : si le FN est jugé dangereux pour la démocratie il faut le démontrer et le dénoncer et non pas l'insinuer. Mais c'est un débat autour de l'offre politique et il revient aux citoyens d'en juger, sans stigmatisation par avance. Car c'est ce climat en légitimité qui active la haine entre partis. La France n'est pas du tout une société apaisée mais une société clivée.
En France, pourtant pays des droits de l'homme et du citoyen, il faut donc constater que la liberté d'expression et des idées se trouve encadrée, formatée, voire régentée par des interdits et des lois en un cercle vicieux et perfide aboutissant à la domestication des esprits ; comme si le peuple n'était pas "adulte" et qu'il faille qu'on lui balise le "corridor de la pensée".
Car lorsque l'on se rend compte que des chroniqueurs au "Nouvel obs" ou des "Inrockuptibles" dont les capitaux et la gouvernance relèvent des magmas des banques comme Rothschild et Lazard -amis et soutiens de DSK- et que ces plumes montent au créneau pour flinguer ce pauvre Naulleau jugé "hérétique" cela devient risible pour ne pas dire pitoyable. Il faut rappeler que Mathieu Pigasse de la banque Lazard est actionnaire au Monde (avec Pierre Bergé et Xavier Niel) et propriétaire des Inrocks. Et aussi préciser que "Libération" est sous la coupe du Baron de Rothschild...c'est quand même chimiquement embêtant, non ?
Ainsi, lorsque l'on voit un journal comme les Inrockuptibles faire la promotion d'un Bertrand Cantat en lui donnant audience (alors que c'est un assassin) idem à un Roman Polansky (violeur de petite fille) il y a de quoi être sidéré par la fameuse "déontologie"...
On se rappelera que Bouygues et TF1 ont accueilli DSK -jugé pour viol- au journal de 20h. De même, BFM TV a sorti le tapis rouge pour un délinquant notoire en la personne de Jérome Cahuzac qui a bafoué la république et les français.
Car Naulleau et Soral, ne sont pas-eux- des criminels de droit commun... Sauf à être plus ample informé !
Alors, deux poids deux mesures, par les voies impénétrables de la consanguinité des élites ?
Il faudra bien un jour prochain donner -redonner- la parole et de l'exposition aux voix de la dissidence -et pas seulement grâce au net- concernant Soral, Zemmour, Ménard, Chouard, Jovanovic, Chauprade, Collon et d'autres. Discuter, débattre, échanger, comme le comprend Naulleau. Redonner une respiration à la démocratie. Les gens sont adultes, ils sont citoyens surtout. Ils se détermineront. Pourquoi la bourgeoisie a-t-elle si peur ? pour ses privilèges ? Mauvaise pêche ; triste pour elle.
Sinon demain on risquera de se réveiller avec de sacrés migraines dûes à la télécommande... Les gens ne veulent plus acheter des piles qui nous abrutissent !
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