• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Et pourquoi ne pourrais-je me faire euthanasier ?

Et pourquoi ne pourrais-je me faire euthanasier ?

Les catholiques s’investissent de manière active dans la campagne présidentielle, on a notamment pu découvrir les points non négociables avec lesquels nous pouvions jauger les différents candidats. Parmi ceux-ci, figurait le refus de l’euthanasie et de sa légalisation en France. Cela fait un certain temps que les catholiques appellent à un meilleur respect de la loi Leonetti (censée éviter l’acharnement thérapeutique et favoriser le développement des soins palliatifs) mais l’opinion semble bien moins hostile à l’euthanasie. 

Et je me pose la question : Pourquoi ne pourrais-je me faire injecter ma mort par un professionnel ? Depuis que je suis né, on m’a tout injecté, on aurait même pu m’injecter dans l’utérus de ma mère (FIV) avant que je naisse. Après, à l’école, on m’a injecté une grammaire, un langage, des comportements sociaux, à la maison, on m’a injecté des objectifs qui définissaient la réussite de ma vie et qui étaient sensiblement les mêmes que ceux de mes parents. Puis j’ai grandi : Au fast-food ou au supermarché, on m’injectait du cancer, du cholestérol, des problèmes cardio-vasculaires tous les jours, dans la rue, on m’injectait du monoxyde de carbone et de l’oxyde d’azote, quand j’étais malade, on m’injectait des antibiotiques, puis j’ai travaillé et là j’ai commencé à devenir utile : J’ai enfin pu injecter quelque chose moi aussi, participer à ce grand tout et en échange, on m’injectait de l’argent tous les mois qui me permettait de continuer à m’injecter moi-même une nourriture industrielle, des loisirs addictifs et tant d’autres choses. Puis j’ai vieilli, j’ai commencé à avoir des problèmes de santé mais je n’ai jamais souffert, la société avait toujours un professionnel disponible pour m’injecter ce dont j’avais besoin quand j’en avais besoin. J’ai pu continuer à m’injecter 20 ans de pollution citadine, 20 ans de nourriture industrielle composée en grande majorité de produits cancérogènes, de cholestérol et nocifs pour mon cœur, 20 ans d’injections diverses plus ou moins nocives mais je n’en ai pas souffert : Mon docteur me prescrivait des médicaments contre le cholestérol, contre le cancer, contre les produits cardio-vasculaires et je n’ai connu aucun désagrément pendant 20 ans ! Et puis les choses se sont dégradées pour moi : Il est apparu que j’avais un cancer à un stade avancé, on a dû commencer à m’injecter un traitement de chimiothérapie et pour compenser ses effets désastreux sur ma santé, on m’a injecté d’autres traitements tout aussi nocifs, grâce à ce traitement j’ai tenu 10 ans ! Ma santé se dégradait perpétuellement mais grâce au progrès médical j’en ai souffert aussi peu que possible.

Mais voilà : Maintenant je suis dans un lit d’hôpital, mon état se dégrade perpétuellement et la fin est proche pour moi mais elle ne sera pas facile : Les médecins évitent d’abuser des traitements mais en contrepartie, la douleur devient de plus en plus présente et je sais que les choses vont aller en empirant. Et je ne pourrais pas mourir tout de suite parce qu’une poignée de cathos s’oppose à l’euthanasie ? Toute ma vie, j’ai pu avoir un professionnel à mes côtés qui soit là pour m’injecter ce qu’il me fallait pour que ma vie se passe bien. Chacun à leur tour, le professeur, le médecin, mes parents, mon patron, mon supermarché et tous ces professionnels ont pu être là pour faire ce qu’il fallait quand il le fallait : Jamais on ne m’a demandé d’être autonome, au contraire, toute ma vie, on m’a demandé d’être le plus hétéronome possible : Dépendre d’un professionnel de la société était la preuve que j’étais un individu civilisé. Il ne me reste guère de temps à vivre et maintenant vous voudriez que je sois seul face à ma mort ? Que le thérapeute de la société, perpétuellement disponible pour m’injecter ce dont j’ai besoin quand j’en ai besoin, ne soit plus là pour moi ? Que j’affronte ma mort ? Que pendant les quelques mois qui me restent à vivre j’apprenne à me débrouiller seul, sans l’aide de la société ? Vous voudriez que j’accepte d’affronter la souffrance après une vie aseptisée en permanence ? Je vais mourir en souffrant parce que je ne peux pas me faire euthanasier, en quelques semaines je vais devoir apprendre à vivre la souffrance physique, à la maitriser alors que j’ai passé toute ma vie dans une société qui faisait tout pour que je l’ignore. Mais je sais que vous avez perdu ce combat d’avance : Vous êtes condamnés à faire perpétuellement le grand écart entre cette société que vous n’accusez pas et vos préoccupations complètement marginales comme l’euthanasie ou l’avortement dont vous refusez de voir qu’elles s’inscrivent dans une logique qui se développe à cause d’une sorte de « panique morale » qui vous habite, vous rend aveugles et dont vous serez les victimes, avec moi.


Moyenne des avis sur cet article :  3.86/5   (28 votes)




Réagissez à l'article

38 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 5 avril 2012 11:59

    Un épisode à ce sujet en provenance de chez nous.


    • rastapopulo rastapopulo 5 avril 2012 12:23

      Franchement, l’exacte contraire est vrai aussi. J’ai vu des gens voulant se battre jusqu’au bout alors que les médecins les laissaient se déshydrater. Parce que le problème est global. Le corps médical a déjà naturellement tendance à ne pas insister pour sauver des vielles personnes, la diminution des budget de santé ordonne que nous diminuons la fin de vie, , ...

      Parce que la récupération de l’euthanasie à des fins économiques est déjà envisagé. Certain diront d’ailleurs que c’est normal de quantifier. Moi je dis qu’il faut d’abord assainir la finance mondiale avant de prétendre savoir quantifier ça !

      http://www.cheminade2012.fr/Intervention-au-debat-de-l-Association-pour-le-Droit-de-Mourir-dans-le_00672


      • Hermes Hermes 5 avril 2012 13:55

        Excellente remarque !

         Toutes les causes sont bonnes pour les politiques en place si elles peuvent alléger les dépenses publiques et remplir le spoches des copains. Si en plus ça occupe les esprits c’est le jackpot.


      • Inquiet 5 avril 2012 16:12

        Absolument.


        Entendons nous bien, je soutiens sans réserve une personne qui souhaiterais mettre fin à ces jours avec l’aide d’un professionnel dès lors qu’elle l’a exprimée clairement,

        mais,

        je me refuse de le soutenir dans la société dans laquelle on vit, pour la simple raison qu’il serait facile pour les « mafias politico-fiancière » qui nous gouvernent d’estimer qu’on est d’accord surtout lorsqu’on est délégué CGT, si vous voyez ce que je veux dire smiley


      • ecophonie ecophonie 5 avril 2012 12:30

        La société à fait votre vie donc vous voulez qu’elle assume votre mort. Pitié.


        • foufouille foufouille 5 avril 2012 12:54

          une bulle d’air dans ta perfusion suffit


          • Romain Desbois 5 avril 2012 13:42

            Bonjour Michel

            Je vous soutiens dans votre revendication.

            Je pense que le premier des droits d’un humain est de pouvoir choisir sa mort, de son heure et de sa cause.

            Vous avez toute mon empathie.


            • Al West 5 avril 2012 13:45

              La question de l’euthanasie est à mon avis insolvable. Ceux qui sont pour invoquent le fait qu’il ne sert plus à rien de maintenir en vie quelqu’un qui souffre et qui n’a aucune chance de voir son état s’améliorer (première difficulté, comment en être sûr ?). Ceux qui sont contre invoquent la nécessité de se battre jusqu’au bout, de ne pas renoncer à la vie humaine si précieuse, arguant qu’il est toujours possible qu’une amélioration survienne (même difficulté, comment en être sûr ?) Ce sont deux points de vue qui s’opposent sans avancer d’arguments rationnels, ce sont deux conceptions de la vie différente, il n’y a pas de réponse à cette question. J’aurais tendance à être pour, mais je sais aussi que , d’expérience, parfois, quand on croit que tout est perdu, un « miracle » survient et il est possible de reprendre une vie quasi-normale.


              • Romain Desbois 5 avril 2012 14:52

                Al West

                il y a deux cas au sujet :

                Il ya ceux qui sont en capacité de choisir comme Michel et ceux qui ne le sont pas ou plus.

                Pour ceux qui le sont encore , il est important de parler du sujet, de laisser un écrit pour que si on se retrouve en incapacité d’exprimer son choix au moment voulu, les proches puissent s’y référer.
                Mais on pourra toujours objecter le changement d’avis possible.

                Puis plus compliqué encore, il y a les cas de personnes handicapées, d’enfants en bas âge, qui n’ont jamais pu s’exprimer sur le sujet.

                Mais sur le fond le suicide, assisté ou non est un droit dont seul l’intéressé peut juger de l’opportunité ; que l’on soit malade ou en pleine forme, souffrant ou non.


              • foufouille foufouille 5 avril 2012 16:09

                "Mais sur le fond le suicide, assisté ou non est un droit dont seul l’intéressé peut juger de l’opportunité ; que l’on soit malade ou en pleine forme, souffrant ou non."

                sans qu’on te fasse comprendre que tu es en trop


              • Al West 5 avril 2012 16:27

                Romain-des-Bois,

                Je partage votre avis, il devrait être donné à chacun le droit de mettre fin à ses jours. Ce qui m’appelle à l’humilité face à cette question, c’est que j’ai connu une personne qui voulait en finir, pensant que tout était perdu et étant tout à fait consciente, qui en a été empêché et qui se trouve aujourd’hui en bonne santé avec toute la relativité qu’il faut accorder à cette expression. Ce sont ces cas-là qui me font douter à propos de cette question, car trancher sur la question de l’euthanasie reviendrait finalement à comparer la souffrance épargnée à certains et ceux qui étaient susceptibles de retrouver le goût de vivre, quel que soit le nombre potentiel de ces derniers. C’est pour ça qu’à mon avis, cette question est insolvable.


              • Romain Desbois 5 avril 2012 17:27

                Al west

                Je comprends votre réticence. Bien sur que c’est difficile de trancher et qu’il faut de toutes façons traiter au cas par cas. Je privilégie cependant la liberté de choix de chacun, quitte à se tromper.


              • Rounga Roungalashinga 5 avril 2012 15:21

                Vous êtes condamnés à faire perpétuellement le grand écart entre cette société que vous n’accusez pas et vos préoccupations complètement marginales comme l’euthanasie ou l’avortement dont vous refusez de voir qu’elles s’inscrivent dans une logique

                L’argumentaire est intéressant mais je suis en profond désaccord avec cette phrase. A qui parlez-vous ici ? Un catholique conséquent ne peut pas ne pas accuser les dérives de la société dont l’euthanasie est, il est vrai, un des aboutissements.


                • Michel Dupont Michel Dupont 5 avril 2012 18:41

                  Je parle bien aux catholiques (dont je fais partie, d’ailleurs). Ce que je conteste, c’est l’idée selon laquelle, ça serait des dérives. L’euthanasie n’est pas une dérive, elle est la conséquence logique du fonctionnement de l’ensemble du système qui nous pousse toujours à plus de dépendance envers des professionnels, des techniciens, pour à peu près tout.

                  Le catholique qui va trouver cette logique absolument normale et qui va s’indigner de l’euthanasie ou de l’avortement, refuse de voir à quel point ils s’inscrivent dans le reste du système avec cohérence. Mais si la question est « D’après vous, qu’est ce que le catholique peut dire, dans ce cas ? », je n’ai pas de réponse absolue, générale. Je ne dis pas qu’il faut que tous les catholiques deviennent des anti-capitalistes, des anarchistes, des révolutionnaires ou je ne sais quoi mais qu’il faudrait réfléchir un peu plus et parler un peu moins.


                • Abou Antoun Abou Antoun 5 avril 2012 15:40

                  Le problème ne se pose à mon avis que pour les personnes qui ne sont plus en état de se suicider (handicap moteur lourd). Pour les autres, il peuvent choisir leur mort en lisant la volumineuse documentation consacrée au sujet et se la donner.
                  Pour les premiers, s’ils sont demandeurs, et en accord avec leur famille proche (pour éviter les abus) il faut satisfaire leur demande.


                  • Michel Dupont Michel Dupont 5 avril 2012 16:43

                    Je ne sais pas si ça a été bien perçu mais je ne suis pas spécialement favorable à l’euthanasie. J’essaie juste de montrer que s’attaquer au seul fait de l’euthanasie sans le relier à la logique qui le sous-tend, c’est vain, c’est dénué de sens et c’est voué à l’échec. 


                    • ecophonie ecophonie 5 avril 2012 16:58

                      Diogène qui demande à quelqu’un de le tuer à sa place. Pitié.


                    • Romain Desbois 5 avril 2012 17:33

                      Je crois que le mot euthanasie cache deux sens différents.

                      Pour moi l’euthanasie c’est quand on donne la mort à quelqu’un sans son consentement, pour abréger ses souffrances, en phase terminale par exemple.

                      Lorsqu’elle est pratiquée à la demande de la personne, c’est un suicide assisté.


                    • Romain Desbois 5 avril 2012 17:41

                      Michel

                      Je pense vous comprendre. Derrière le refus du suicide assisté , il y a un reste de morale « judéo-chrétien » qui traine dans nos cortex.

                      Mère Théresa refusait de donner des analgésiques à ses patients car elle considérait que « la souffrance fait partie de la rédemption » sic

                      Et pourtant accorder l’euthanasie à quelqu’un qui agonise est le plus grand acte d’amour qui soit.

                      Etrangement, l’on trouve cela tout à fait respectable pour les animaux.


                    • foufouille foufouille 5 avril 2012 17:51

                      "Pour moi l’euthanasie c’est quand on donne la mort à quelqu’un sans son consentement, pour abréger ses souffrances, en phase terminale par exemple.« 

                      c’est un meurtre, vu que cette personne est pas d’accord

                       »Etrangement, l’on trouve cela tout à fait respectable pour les animaux."

                      uniquement si tu as pas les moyens de payer la clinique veterinaire


                    • Abou Antoun Abou Antoun 5 avril 2012 18:06

                      Pour moi l’euthanasie c’est quand on donne la mort à quelqu’un sans son consentement, pour abréger ses souffrances, en phase terminale par exemple.
                      Oui, c’est bien de le préciser, un mot reste à inventer, peut être l’IVV (interruption volontaire de vie) en parallèle à IVG (deux actes médicaux donc), les mots suicides et euthanasie gardant leur sens d’origine.


                    • Romain Desbois 5 avril 2012 18:22

                      Foufouille

                      Oui c’est un meurtre que l’on pourrait légaliser, bien encadré par l’accord du corps médical, de la famille et d’un juge, de façon à éviter les dérives.
                      Après tout on légalise bien les meurtres commis par nos militaires, eux aussi ils tuent sans l’accord de leurs victimes.

                      Abou Antoun

                      Je vote pour « IVV »


                    • Abou Antoun Abou Antoun 5 avril 2012 18:38

                      Tonton (avec votre permission ...)
                      Vous justifierez l’IVV en disant qu’un malade ça n’est déjà plus un homme ?
                      Vous réagissez comme si cela était fait à l’insu du malade alors que nous sommes tous d’accord qu’il doit y avoir une volonté de ce malade constatée par la famille et au besoin un magistrat.


                    • foufouille foufouille 5 avril 2012 18:58

                      "Pour moi l’euthanasie c’est quand on donne la mort à quelqu’un sans son consentement, pour abréger ses souffrances, en phase terminale par exemple."

                      c’est un meurtre, vu que cette personne est pas d’accord


                    • Romain Desbois 5 avril 2012 19:19

                      foufouille
                      tu tournes en boucle, j’ai déjà répondu plus haut smiley


                    • foufouille foufouille 5 avril 2012 20:55

                      "Oui c’est un meurtre que l’on pourrait légaliser, bien encadré par l’accord du corps médical, de la famille et d’un juge, de façon à éviter les dérives."
                      la derive est qu’il y a pas de consentement


                    • sonjaline 5 avril 2012 19:30

                      et on fait comment pour la mettre ? 


                      • sonjaline 5 avril 2012 19:39

                        non , la loi diminuerait les abus actuels... si elle est claire et appliquée, applicable

                        ma mère est en train de souffrir le martyre à cause d’un médecin qui ne la regarde même pas... il a réparé ses os cassés mais il n’a même pas vue qu’il avait affaire à une vieille femme qui voulait mourir, mais surtout ne pas souffrir... 
                        la loi actuelle ne prévoit aucun contrôle des médecins, aucune sanction selon leur désobéissance à la loi : acharnement interdit ? des mots, c’est tout... puisque celui qui s’acharne qui a certes le droit de s’arrêter, mais personne ne peut l’arrêter ! la loi n’a rien prévu, ni controle, ni sanction.... comme si on disait qu’il est interdit de griller un feu rouge, mais qu’on ne contrôle jamais ni ne prévoit de sanction ! 
                        ils laissent souffrir au lieu de soulager les souffrances ? aucun contrôle, aucune sanction, c’est à la victime, malade ou mourant de se plaindre et de prouver sa bonne foi...évidemment peu sont dans les conditions requises pour avoir cette énergie
                        la loi actuelle est théorique, elle conseille les médecins mais ne les oblige en rien, ils font ce qu’ils veulent, donc nous subissons le hasard d’un bon médecin, humain, ou d’un autre, inhumain... 
                        quant à la fin de vie d’un être devenu incapable de s’exprimer, même s’il a écrit par avance ses directives, seul le médecin décide de son sort, de par la loi !!!
                        là necore on conseille au médecin de satisfaire son client ? pas plus... 
                        au delà des demandes d’euthanasie que pour moi, on doit pouvoir satisfaire dans certains cas, la loi actuelle ne respecte absolument pas le citoyen et ses choix de vie, de soins... de mort, même si ce choix n’est pas une demande d’euthanasie

                        • Massaliote 5 avril 2012 19:51

                          Ce médecin n’ a aucune excuse.Il SAIT qu’il y a des moyens d’accompagner les malades sans les faire souffrir. Il faut en changer.

                          Par ailleurs, compte tenu du fait que les généralistes ne veulent pas perdre la prime de 1000euros allouée par la sécu s’ils ne prescrivent pas trop de soins ou de médicaments, la question de l’euthanasie ne se posera plus sur le plan purement comptable. On va abandonner tous les malades à leur sort sauf quelques privilégiés. L’espèrance de vie va enfin suivre la courbe descendante qui sied à nos décideurs de génie. smiley


                        • foufouille foufouille 5 avril 2012 20:59

                          "ma mère est en train de souffrir le martyre à cause d’un médecin qui ne la regarde même pas... il a réparé ses os cassés mais il n’a même pas vue qu’il avait affaire à une vieille femme qui voulait mourir, mais surtout ne pas souffrir... "
                          faut la faire transferer dans un hopital moins sadique


                        • Annie 5 avril 2012 21:15

                          Ce qui est stupide dans ce genre d’arguments est que l’euthanasie est pratiquée quotidiennement dans les hôpitaux, des médecins prenant sur eux pour décider que la vie d’une personne ne vaut pas la peine d’être vécue. Il est aussi pratiqué à domicile. Je dirai que dans la majorité des cas, les médecins prennent la bonne décision, subjective bien sûr, mais humaine. Il serait préférable bien évidemment que l’euthanasie soit encadré légalement, mais vu l’évolution du débat, ce ne sera pas pour demain. J’espère simplement tomber sur ce type de médecin lorsque je serai incapable soit de prendre une décision soit de la communiquer.
                          Quant à la gestion de la douleur, elle marche jusqu’à un certain point, mais elle est loin d’être efficace à 100%. Pour tous ceux qui trouvent une rédemption dans la souffrance, pourquoi pas, mais pourquoi vouloir aussi imposer son point de vue sur ceux qui choisissent l’échappatoire de l’euthanasie.


                          • foufouille foufouille 5 avril 2012 21:31

                            "Ce qui est stupide dans ce genre d’arguments est que l’euthanasie est pratiquée quotidiennement dans les hôpitaux, des médecins prenant sur eux pour décider que la vie d’une personne ne vaut pas la peine d’être vécue."
                            pas en france


                          • Annie 5 avril 2012 21:35

                            @Foufouille,
                            Je parle de la France et de ce que j’ai vu dans les hôpitaux quand j’y ai travaillé et des médecins et infirmiers que je connais et qui ont commis des actes d’euthanasie.


                          • foufouille foufouille 6 avril 2012 00:21

                            @annie
                            non car je suis pas mort
                            on m’a pas acheve
                            tout les hopitaux sont pas identiques
                            par contre c’est plutot le mouroir de mon experience
                            mur blanc, pas de musique, .........


                          • Romain Desbois 6 avril 2012 00:27

                            je peux vous assurer que ca se faisait déjà avant :

                            Je l’ai vécu pour ma mère en 1981, cancer généralisé à 38ans , un medecin m’a prévenu de faire venir la famille le lendemain pour lui dire au revoir. Il m’a bien fait comprendre que ce serait finit le lendemain soir. Ce qui fut fait, sans plus de formalité et je leur en remercie éternellement/

                            Plus tard en 1992, ma soeur à 14ans est gravement brûlée. au bout d’un mois de soins intensifs, les medecins ont décidé de ne plus s’acharner, d’autant qu’au moins elle serait restée gravement mutilée au visage et sur 60% du corps. Ils ont décidé ensemble de nous proposer de la « soulager pour toujours ». Ce qu’ils ont fait l’heure suivante. un énorme merci aussi à eux.

                            Je crois que lorsque l’on passe par là, on ne voit plus la question de la même façon.


                          • foufouille foufouille 6 avril 2012 12:03

                            va falloir etablir une des hopitaux ou on acheves les malades


                          • Antoine 5 avril 2012 22:50

                             Y a pourtant un moyen simple : suffit de voter Mélanchon...


                            • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 6 avril 2012 10:50

                              Aujourd’hui nous vivons dans des pays avec un confort matériel extrêmement élevé, nous refusons la souffrance, la vision de la mort nous fait peur.
                              L’euthanasie en France est une aubaine pour les gouvernements à venir qui verront un moyen non pas d’abréger les souffrances, mais un moyen de dépenser moins pour nos anciens et ceux qui n’ont plus d’espoirs.

                              La France et sa manie de tout légiférer. 
                              Le suicide assisté est une décision qui est souvent prise par un mari, un fils, une épouse, une fille, un oncle, ils connaissent le demandeur, et savent s’il y doivent le faire ou pas, la loi n’a rien à faire ici, laissez les familles tranquilles.

                              Si un jour mon père tombe malade et que sur son lit d’hôpital il me le demande, alors je le ferais, mais seulement après avoir réunis tout les éléments qui me permette d’apporter le jugement que mon père dans sa souffrance ne pourra pas avoir.
                              J’aurai peur de prendre la mauvaise décision et d’accéder à la demande d’une personne juste en souffrance mais qui pourrait être sauvée, est-ce moi ou mon père que je délivre ?

                              Ma perception du suicide assistée en France est floue, quand je vois des interviews de personnes pro-suicide assistée, j’ai plutôt l’impression qu’elles parlent de leur souffrance plutôt que de celle du malade.

                              Encore une fois, le suicide assistée est une affaire entre moi et ma famille qu’elle que soit la décision prise.
                              L’état n’a rien à faire ici.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès