Fallait-il terroriser la jeunesse ?

On a poussé la jeunesse à se sacrifier pour les vieux. Ce scénario ressemble trop étrangement à celui des guerres passées. On n’a pas envoyé les jeunes à la mort au sens propre du terme, mais à une autre forme de mort : la privation de vie par restriction des libertés et par la terreur.
On a voulu pétrifier la jeunesse, la briser dans son élan vital et dans ses aspirations légitimes qui sont pourtant les conditions de son épanouissement présent et futur.
Mais au nom de quoi s’est-on arrogé le pouvoir de prendre une décision aussi grave ? Est-ce au nom de la protection de l’électorat qui vote pour le pouvoir actuel ? Est-ce pour dissimuler les dangereuses défaillances des gouvernements successifs et les manques cruels de moyens sanitaires (lits, masques, tests…) ? On a repoussé la date du confinement au nom de la politique, pour permettre au premier tour des élections municipales d’avoir lieu. En faisant cela, on a créé un retard conséquent qui a nécessité ensuite la funeste décision d’un confinement brutal. L’urgence ainsi créée a justifié, faute de temps et de préparation, le recours à la peur généralisée et à la sanction.
Ne serait-ce pas ici le vrai sens de l’expression « quoi qu’il en coûte » employée par le chef de l’Etat ? Protéger les vieillards, « quoi qu’il en coûte » pour l’espérance de la jeunesse et pour son développement…
Mais qu’en coûtera-t-il pour les jeunes ? Il en coûtera un traumatisme durable pour une partie d’entre eux. Il en coûtera un surpoids énorme de dettes publiques pour eux dans l’avenir. Car il leur faudra bien tôt ou tard rembourser ce « pognon de dingue » qui n’empêchera pas les vieux sauvés de mourir dans quelques mois ou quelques années. Tout ce que la médecine aura pu faire, c’est de prolonger un peu leur existence en leur laissant des séquelles qui les auront fragilisés. Le refus de la mort ne pousse-il pas notre société à repousser toujours plus loin l'échénace fatale, fût-ce au prix démesuré d'un déploiement technologique qui transforme les patients moribonds en cobayes et les prive de dignité ?
Quant aux jeunes, aux âges déterminants de la petite enfance et de l’adolescence, les expériences de vie n’auront pas pu se dérouler librement et cela risque de marquer de façon indélébile la mémoire physique et mentale de nombreux enfants et adolescents qui ont vécu confinés dans la peur.
Quel fut le levier de tout cela ? Un mensonge !
Il a été prétendu que les enfants et les adolescents étaient des agents super contaminateurs du virus. Qu’est-ce qui permettait scientifiquement d’affirmer cela ? Rien du tout. On dit aujourd’hui que l’on a retenu une « hypothèse » possible. En d’autres termes, on a retenu un scénario purement hypothétique pour fonder une politique d’information sanitaire erronée. En fait, deux hypothèses du pire ont été admises comme vraies et imposées aux consciences : celle que je viens d’indiquer et l’hypothèse d’un nombre épouvantable de morts : des centaines de milliers. C’est en s’appuyant sur les deux hypothèses du pire que l’on a décidé d’attenter dans la précipitation aux libertés les plus fondamentales.
En faisant cela, on a amputé la jeunesse d’une part précieuse de sa vie, de ses premières expériences, de ses premiers émois. Des séquelles collectives sont à craindre et cela dans la longue durée. Les « sociétés savantes », quelques blouses blanches bien intentionnées, se sont rendues complices du pouvoir dans cette affaire. Les médias on fait le reste avec le choc des mots et des images. Ces brancards, ces fosses communes en Amérique, ces malades au souffle court qui témoignent à leur sortie des services de réanimation.
Les vieux qui dirigent notre pays auraient-il peur des enfants ? N’est-ce pas eux qui accusait le peuple de phobie des Asiatiques au début de l’épidémie ? Ils ont été en proie aux mêmes frayeurs que nous et ils y ont cédé...
Avec quelle légèreté ils ont imposé leur scénario du pire et appliqué consciencieusement les décisions qu’ils en ont tirées ! Il leur sera difficile de rester crédibles désormais dans leur information et la défiance est installée pour longtemps.
Pourtant, il est prouvé que l’on pouvait éviter ce saccage de la jeunesse. Il suffit de regarder du côté de certains pays comme le Portugal.
La question reste donc ainsi posée : « fallait-il terroriser la jeunesse ? ». Il ne s’agit pas d’incriminer un responsable en particulier mais de se poser la question collectivement. Avons-nous laissé le pouvoir aux blouses blanches ? Avons-nous donné quitus au Pouvoir de décider à notre place par peur ? Les responsables eux-mêmes ont-ils été à la hauteur ? Toutes ces interrogations méritent un approfondissement et des débuts de réponse qui pourront prendre de longues années. Et il va falloir soigner à présent les traumatismes. Un fléau sanitaire et social que l’on aurait pu éviter en grande partie se présente devant nous.
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