« Filets de pêche » dans les eaux du Golfe
Désormais, les flottes des grandes puissances devraient éviter « les filets de pêche » déployés par le régime des mollahs iraniens dans les eaux du Golfe. Le vice-président du Conseil de la Choura iranienne, Amir-Hossein Ghazizadeh Hashemi, a menacé de traquer l’USS Georgia après son passage par le détroit d’Ormuz et son arrivée dans le Golfe récemment.
Les forces iraniennes sont capables de « capturer le sous-marin nucléaire américain USS Georgia avec un filet de pêche. Nous ne sommes donc pas inquiets » des récents mouvements militaires américains dans les eaux du Golfe, a déclaré Hashemi dans une déclaration déraisonnable, pour ne pas dire ridicule.
On sait que de telles déclarations sont une sorte de palabre et de propagande typiques des mollahs dans les situations de crise et de tensions, en particulier avec les Etats-Unis, pour remonter le moral de leurs partisans à l’intérieur du pays. Elles consistent à exagérer, à s’amplifier et à minimiser le poids de leurs adversaires stratégiques. Le vieux discours des mollahs.
Mais ce qui est inhabituel, c’est que ces déclarations surviennent peu de temps après de nombreuses brèches dans le système sécuritaire iranien à domicile, comme l’assassinat du scientifique nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, ou à l’étranger, comme l’assassinat du général Qassem Soleimani, ancien commandant du GRI.
Aussi, de nombreux incendies et explosions mystérieux se sont produits dans des institutions et installations iraniennes importantes sans que les auteurs et les commanditaires de ces incidents aient été identifiés.
Il paraît alors si difficile pour un régime qui ne protège pas ses institutions, ses scientifiques et ses dirigeants de convaincre qui que ce soit, même parmi ses partisans et sympathisants, de sa capacité à dissuader les menaces et à affronter les adversaires.
De plus, c’est tellement bête qu’on parle de « capturer » des sous-marins sophistiqués transportant des armes nucléaires avec des filets de pêche. Le problème avec les déclarations du responsable iranien ne se limite pas à la dramatisation et la propagande, mais aussi à l’auto-illusion et à l’évasion des faits.
On parle ici du plus grand sous-marin de la marine américaine, chargé de 154 missiles Tomahawk. Le sous-marin a été dépêché dans le Golfe dans un message d’avertissement aux mollahs contre tout acte d’agression dans cette région sensible du monde.
Son déploiement n’est basé que sur des rapports sérieux concernant les intentions du GRI de mener des attaques ou des actes d’agression directement contre les intérêts stratégiques des Etats-Unis, ou de compromettre les intérêts des alliés régionaux des USA. Le sous-marin a été envoyé dans les eaux du Golfe pour faire une démonstration de force et donner une idée précise au régime des mollahs.
Selon le responsable iranien, les sous-marins à propulsion nucléaire américains sont une source de souci pour les pays arabes du Golfe. Faisant référence à la dépendance des pays du CCG vis-à-vis des eaux de mer désalinisées du Golfe et de la mer d’Oman, il a déclaré qu’en cas d’explosion atomique, l’eau serait contaminée par des éléments radioactifs et les centres de désalinisation de ces pays seraient détruits, ce qui compliquerait encore plus leur situation.
Cette déclaration confirme la persistance du régime iranien à menacer les pays voisins, bien qu’ils ne soient pas impliqués dans l’escalade récente entre les mollahs et les américains. « Lorsque l’ennemi s’approche de nous, notre confiance augmente, car il devient à notre portée, » déclare Hashmi.
« Mais quand l’ennemi est loin de nous, notre inquiétude augmente. Le périmètre de sécurité de l’Iran s’étend du Golfe à la mer d’Oman jusqu’à 30 degrés au nord de l’océan Indien. Tout ce qui entre dans ce périmètre, qu’il s’agisse d’un sous-marin ou d’un porte-avions, sera à notre portée. Ce ne sera certainement pas une cible, mais nous le saisirons et il sera à nous. »
Ici, il s’agit d’un sous-marin armé du dernier né de l’arsenal militaire américain, non d’une bateau de pêche que le régime des mollahs peut détenir et pirater comme il le font avec les bateaux de pêche traditionnels des citoyens des pays voisins qui cherchent à gagner leur vie et tombent victimes du banditisme des navires du GRI.
Ces propos bavards dénotent à quel point l’horizon se rétrécit pour les mollahs iraniens. Ces derniers vivent leurs pires moments, malgré la fin proche du mandat du président Donald Trump. Les sanctions s’intensifient et les pressions économiques les encerclent. Ils frémissent de crainte que le président sortant n’ordonne une frappe militaire rapide et soudaine contre les dirigeants et les installations nucléaires iraniennes.
Au lieu de manquer l’occasion de déclencher un grave conflit militaire, qui pourrait résulter d’erreurs de calculs militaires dans de telles circonstances où des navires militaires stationnés dans les eaux du Golfe se frôlent quotidiennement, ils jouent avec le feu et les sentiments de leurs partisans en diffusant une fausse propagande.
7 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON