François passera-t-il l’hiver ?
Décidément, ça bouge partout. L'endroit où ça semble swinguer le plus, en ce moment, c'est peut-être bien... le Vatican. L'élection surprise du pape "qui ne voulait pas l'être" n'en finit pas de provoquer des remous, à suivre son comportement qui détonne et ses décisions qui surprennent. Les dernières touchant à une sacro-sainteté entretenue depuis des lustres à Rome, celle de l'argent de l'Eglise, resté secret d'Etat depuis toujours. Des événements récents tendent à montrer que le pape François, émule de celui qui faisait des serments aux oiseaux, semble bien décidé à passer un grand coup de balai dans l'édifice, au point que l'on craint déjà pour sa santé, à vouloir aller un peu vite en besogne : on n'efface pas en quelques mois des siècles de blanchiment d'argent organisé ! A croire que la troisième prophétie de Fatima, révélée en 2000 avec l'autorisation de Jean-Paul II n'aît été... largement modifiée, puisqu'elle annonçait, selon certains exégètes... le martyre prochain d'un pape ! François tiendra-t-il tout l'été, ou passera-t-il l'hiver, c'est la question qu'on peut en effet se poser, face à l'ampleur du travail à effectuer pour nettoyer les écuries d'Augias vaticanes ? Autour de lui ça grouille de personnages fort peu disposés à le voir continuer ainsi... scier la branche sur lequel il est assis.
Le pape François risque gros, en effet, à dévoiler autant les turpitudes vaticanes de ses anciens collègues, ou des gens chargés de gérer sa florissante entreprise. Revenons tout d'abord à son prédécesseur, l'ex membre des jeunesses hitlériennes embarrassé lui aussi par les scandales financiers durant son règne, marqué par les histoires de pédophilie. Car il n'y a pas eu que ce genre d'affaires, à Rome. Il y a d'abord eu en 2011 celui de la révélation du cas de l'hôpital milanais San Raffaele (et sa Fondation San Raffaele del Monte Tabor), dirigé par le prêtre Don Luigi Verzé. Un beau cas d'espèce que celui-là : surnommé "Don Manager", l'homme en soutane ne s'est pas contenté d'accueillir et de soigner son ami Silvio Berlusconi en 2009, quand celui-ci s'est pris sur le nez un coup de statuette (de la cathédrale de Milan !). Il avait dit auparavant de Berlusconi qu'il était "un don de Dieu fait à l'Italie". C'était un juste retour des choses que de l'accepter dans cet hôpital : la parcelle de 46 000 m² ou a été construit "San Raffaele" appartient au secteur de "Milan 2 ", celui ou Berlusconi avait fait construire ses logements, grâce à sa société Edilnord... les deux hommes étaient liés, leur carrière respective et leur ascension surtout coïncidant.
Il avait réussi une bien plus belle prouesse, le Don Luigi : celle de faire plonger de 1,5 milliard d'euros son établissement de 300 000 m2 et de 1 083 lits, bâti au départ par des fonds publics, grâce à une gestion pour le moins catastrophique. Une gestion à sens unique, qui lui avait permis d'acquérir personnellement un hôtel en Sardaigne, des plantations de melons en Amérique du Sud, des appartements au Chili, et un jet privé d'une valeur de 20 millions d'euros (un Bombardier Challenger 604 ; il ne se refusait rien, car il prévoyait même d'en acheter un second !), qui lui servait à se rendre régulièrement au Brésil, dans sa villa somptueuse, équipée de deux terrains de tennis, d'une énorme volière à perroquets et d'une non moins grande piscine. Le magazine OGGI, qui avait auparavant suivi Berlusconi en train de conter fleurette à des prostituées (déjà en 2007 !) avait publié entre temps une photo édififiante de notre Don Luigi posant dans la fameuse piscine, en compagnie de son "assistant" Mario Cal, l'administrateur du fameux hôpital. Sur d'autres clichés, des femmes y étaient visibles, et selon certaines sources, le prêtre n'aurait pas été chercher ailleurs que chez les amis de son protégé Silvio les jeunes créatures présentes. Mario Cal se tirera peu après une balle de Smith et Wesson en pleine tête, coupant court aux investigations policières sur ses propres détournements (il agonisera sur la table d'opération de l'hôpital !)... En laissant derrière lui une note indiquant "qu'il payait pour les autres..." Il est vrai que le Vatican aurait pu vérifier quelques petites choses avant de laisser ce bon Don Luigi se lancer dans la démesure des détournements financiers. Vérifier par exemple sa condamnation de 1976 par le Tribunal de Milan à un an et quatre mois de prison pour tentative de corruption (pour 2 milliards de lire grugées à la région Lombarde) ou celle de l'année suivante pour "incitation à la corruption" : il avait alors carrément subtilisé un appartement valant 30 millions de lires appartenant à Anna Bottero ! Ou penser à lui faire remarquer sa énième condamnation en 1998 par le tribunal de Milan pour la construction sans permis de bâtir, pour un bloc de trois étages, faisant face aux bâtiments existants de l'hôpital San Raffaele de Milan. En février 2011, il avait également joué au Guéant de service, en recevant 2 toiles volées de l'école napolitaine, ce qui lui avait valu 16 mois de prison comme condamnation, cette fois-là. Le 31 décembre de la même année, il en avait fini avec la justice : à 91 ans, il était "rappelé à Dieu" (on ne sait pas s'il en voulait vraiment, remarquez !) à la suite d'une crise cardiaque. Il était temps pour lui de quitter la scène !
Pour parer au plus vite au beau milieu du scandale de la clinique, le pape du moment, Benoît XVI, avait fait appel au Cardinal Tarcisio Bertone qui n'avait rien trouvé de mieux que d'offrir 250 millions d'euros pour maintenir à flot l'établissement que de mettre à contribution Vittorio Malcanzana, un businessman de ses amis, qui en devenait investisseur privilégié par la même occasion. L'année 2011, toujours, autre scandale : Rome découvrait également l'existence d'un certain Don Evaldo Biasini (ici à gauche), le trésorier des "Missionnaires du Précieux Sang", un ami lui aussi des marchés juteux lié à deux filous notoires. Le premier s'appelle Angelo Balducci, il est "gentilhomme du pape"(à savoir qu'il est membre honorifique de la cour papale) ; et c'est surtout le président du Conseil supérieur des travaux publics italien. Le second, c'est un entrepreneur en bâtiments, Diego Anemone, tous les deux sont proches de Berlusconi. Tous ces gens paraissent liés par un bien étrange pacte financier. Ils disposent tous en effet de comptes à l'IOR, la banque du Vatican. C'est ce que révèle une enquête financière, qui a saisi chez eux des clés USB qui se sont révélées pleines d'enseignement. On y découvre que Don Evaldo Biasini possède en réalité pas moins de cinquante comptes bancaires différents, dont treize sont ouverts à l'IOR. L'une des clés en particulier, montre un puissant programme de comptabilité de gestion appelé "wOmar" qui enregistrait toutes les pistes des opérations bancaires effectuées par Don Evaldo : une véritable mine pour les enquêteurs, qui se mettent à éplucher ces renseignements.
Le détail des mouvements d'argent découvert donne vite le tournis aux policiers . "Dans le compte ordinaire 713, de 2006 à 2008 seulement, des mouvements ont été enregistrés pour environ 500 000 €, entrants et sortants, par chèques de 50 000 € reçus de la "Congrégation" et sur le compte d'Anémone et de la Congrégation" vers Filippo Balducci (...).Dans le compte ordinaire 1562, utilisé comme "transit ", il existe des flux de 7 millions d'euros ici où passe une partie du financement donné à Mauro Della Giovampaola (nota : un fonctionnaire ministeriel intervenu dans des transactions de la Protection Civile pour l'organisation du G8 en Sardaigne en 2009, un autre scandale financier...).' Dans le compte ordinaire 4630, ouvert le 3 mars 2006, et arrêté le juin 7 mai 2010, se déplacent entre les recettes et les dépenses 18 millions d'euros (...) on y distingue en entrée des décaissements importants de chèques postaux à partir du compte de la Congrégation de la Piazza San Silvestro pour un total de 7 millions et demi d'euros, ainsi que plusieurs transferts provenant d'autres comptes de la Congrégation pour 4 millions et 200 000 €, un versement de 100 mille euro à partir del'IOR au 15 Juin 2007, des paiements de chèques sous le seuil de 400 000 € prélevés chez la société "IGT" de Bruno Ciolfi (l'une des entreprises participant à l'enquête, ndlr) et des retraits d'espèces pour plus de 4 millions d'euros ". Les policiers venaient de découvrir que le Vatican jouait beaucoup avec les entrepreneurs véreux, à qui il servait de machine à blanchir l'argent sale, semble-t-il. Le taux de transactions en liquide étant symptomatique des manœuvres, ainsi que les transferts de compte à compte... le surnom qu'en avait hérité Evaldo Biasini, le "père distributeur de billets" ne semblait donc pas usurpé !
Le sauvetage in extremis de San Raffael ne pourra pas être réitéré en effet : en février 2013, c'est un autre scandale qui explose avec d'autres hôpitaux, toujours déficitaires, eux aussi, ceux de la "Congrégation des fils de l'Immaculée Conception" : on découvre cette fois 600 millions d'euros de trou abyssal, et un autre frère Franco Decaminada, pendant de nombreuses années le directeur général de l''Institut dermatopathique de l'Immaculée (IDI) qui s'en serait goinfré personnellement 4 millions (en notes de frais, la plupart sans aucune justification !) et en laissant alors ses 1500 employés huit mois sans salaire au moment de son arrestation. Benoît XVI confiera juste avant son départ le dossier au cardinal Giuseppe Versaldi , "président de la Préfecture pour les affaires économiques" du Vatican. La villa d'un million d'euros de Decaminada, construite grâce aux détournements, sera saisie par les juges chargés de l'affaire.
On voit alors un Benoît XVI effondré ou dépassé par les révélations scandaleuses, qui finit par limoger le 24 mai 2012 le grand argentier du Saint-Siège, celui que préférait pourtant Tarcisio Bertone (ici aux côtés du pape) : Ettore Gotti Tedeschi, le responsable de "l'Institut pour les œuvres de religion" , à savoir la banque vaticane. L'homme avait pris son poste le 23 septembre 2009. C'est une enquête de Moneyval, l'organisme européen anti-blanchiment qui a eu raison de lui : son rapport précisait que certes des progrès avaient été faits ; mais qu'il restait encore trop à faire. Son remplaçant est plutôt surprenant : c'est Ernst von Freyberg (en photo à droite), co-fondateur et directeur de la société d'investissements DC Advisory Partners qui a été à la tête du Blohm & Voss group, société qui après avoir fabriqué des avions pendant la seconde guerre fait aujourd'hui dans les navires, des sous-marins (dont ceux achetés par Israël) et... les yachts de luxe. Il est aussi membre des Chevaliers de Malte... dont les finances sont encore plus obscures que celles du Vatican ! Il est aussi secondé par Carl A. Anderson, un américain, qui est lui président des « Chevaliers de Colomb » que l'on a vu fort proche de G.W.Bush il y a quelques années. Malte, devenu depuis le pays du Poker, tout un symbole ! Rappelons que c'est un archevêque américain Paul Marcinkus (mort en 2006), qui a longtemps été le directeur de la Banque du Vatican (de 1971 à 1989) soutenu par Paul VI et Jean Paul II, qui ont tous deux toujours refusé qu'il soit interrogé par les policiers sur sa gestion financière. Fait amusant, le lendemain même de l’annonce de la démission de Benoit XVI, le paiement par carte bancaire, alors suspendu, était redevenu à nouveau possible au Vatican ! A ce rythme-là, ce n'est pas encore demain que le Vatican figurera sur la liste blanche du Gafi (Groupe d’action financière) des Etats les plus vertueux !


L'ancien possesseur des clés des coffres du Vatican craint toujours pour sa vie. Aujourd'hui que le pape semble résolu à aller bien plus loin encore, on peut raisonnablement penser que la sienne, également, est aujourd'hui suspendue à un système de dissimulation tellement important que l'Eglise ne supporterait d'en voir toute l'étendue étalée. Au point donc de craindre pour l'existence de cet étonnant pape "New Age" qui semble s'aventurer bien loin dans des terres dangereuses. Jean-Paul II avait accepté de révéler la troisième vision de Fatima nous a-t-on dit : or, selon certains, plus au fait de la connaissance des événements, ce qui en a été offert n'est qu'une réécriture (Jean-Paul II ayant endossé le rôle du pape martyre après son attentat). L'original était bien plus inquiétant paraît-il : "tout en reconnaissant l'authenticité et l'intégralité du texte publié en l'an 2000 par le Vatican, certains contestent l'interprétation qui en a été donnée alors (et selon laquelle ce secret concernait des faits maintenant passés : l'attentat contre Jean-Paul II). Pour eux, le troisième secret annonce des évènements encore à venir : vraisemblablement le martyre d'un pape. Cette thèse est défendue dans le n° 53 de la revue dominicaine Le Sel de la Terre". L'histoire seule dira si ce sont les dominicains ou les franciscains qui l'emporteront, et si les visions de Fatima étaient telles qu'elles nous ont été relatées officiellement par l'Eglise ou d'une autre teneur. Personnellement, à vrai dire, je ne leur accorde aucune importance, n'étant en rien croyant. Les trois révélations m'ont toujours parues être des interprétations de propos dignes de la psychiatrie. En revanche, ma connaissance historique des phénomènes mafieux m'incline à penser que ce pape-là ne fera pas long feu... tant qu'un Tarcisio Bertone, (ici en haut à gauche en photo) grand "fan", justement, de Fatima, rodera dans les lieux...
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