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Accueil du site > Tribune Libre > François Sarano, Réconcilier les hommes avec la vie sauvage...

François Sarano, Réconcilier les hommes avec la vie sauvage...

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Dans son ouvrage intitulé Réconcilier les hommes avec la vie sauvage, François Sarano, plongeur et océanographe nous raconte l’Océan, sa faune, sa flore, et la cohabitation de l’homme avec ce qui lui est étranger. Il invite à voir dans la diversité du vivant une richesse et à changer notre regard sur la vie sauvage. Un témoignage salutaire illustré de jolis moments de ballets avec les cachalots et les raies géantes.

J'ai pu assister à une conférence de cet océanographe : François Sarano insiste sur la notion de rencontre, de partage sans tomber dans la culpabilisation : les livres écologistes sont souvent pessimistes, ce n'est pas le cas du livre de François Sarano.

Voici le message qu'il délivre :

"En plongée, on n'est jamais seul, mais toujours en équipe... C'est beaucoup mieux de partager les bonheurs, à la rencontre de la vie sauvage, de l'autre côté de la surface de la peau de l'océan... c'est un monde qui n'a rien à voir avec notre monde à terre...

Sur terre, on est toujours besogneux, sous l'eau, on s'envole, on vole au dessus d'une forêt de gorgones, on rejoint les poissons, tout est léger, une sensation physique formidable.

C'est un monde libre, ouvert, pas de route... c'est notre dernier monde sauvage.

On peut s'approcher des poissons, on peut se mêler à cette vie sauvage sans que cela perturbe. On peut tisser des liens, être bienveillant l'un avec l'autre.

On peut encore rencontrer les géants de la planète, des baleines, des cachalots. On peut rencontrer les derniers prédateurs de notre planète. On peut même s'approcher du grand requin blanc.

Cela nous amène à comprendre ce que pourrait être notre relation avec tous "les sauvages."

Pour beaucoup de gens, le requin représente la mort : on reste avec cette image du film Les dents de la mer..."

Et François Sarano nous raconte ses rencontres avec les requins blancs dans le Pacifique. "Il faut être très discret, les attirer avec l'odeur de poissons.

En fait, les requins ont peur, fuyant l'approche des plongeurs. Mais un jour, une femelle l'a accepté pendant une minute, tout près.

Oubliez le film de Spielberg et tous les films sensationnels ! s'exclame François Sarano.

Cette rencontre nous dit des choses extraordinaires... On n'ose pas aller à la rencontre des autres.

C'est valable pour toutes les autres différences de religions, de sexualité, de traditions.

Il faut y aller sans rien, sans fusil, sans bâton, sans tricherie : si on veut recevoir, il faut être complètement offert.

En fait, nous faisons partie du même monde : il faut considérer les animaux à égalité.

Ainsi, on peut leur donner des noms : Lady Mystery pour cette femelle requin, par exemple. On peut côtoyer l'animal à 10 centimètres sans le toucher, on respecte ainsi la vie sauvage, avec une marque de respect essentielle.

Aujourd'hui, tout est médiatisé : les animaux nous appartiendraient, la nature serait à notre service.

Le génie de l'homme, c'est d'avoir conscience du monde, de toutes les espèces, de leur fragilité, de notre force, et cette conscience nous donne une invraisemblable responsabilité à leur égard. Il s'agit de respecter les autres avec leurs différences, de nous réconcilier avec la vie sauvage.

Dans ces moments de contact avec un requin, on aime le monde entier : la vie sauvage est riche parce qu'elle est imprévisible à la dimension de nos rêves.

La diversité biologique, c'est la richesse de notre planète.

Le requin a un langage, même s'il ne fait pas de bruit alors que les petits poissons demoiselles se servent de leurs dents pour communiquer. Le langage du requin est fait d'attitudes, de contorsions : si ses nageoires sont baissées, il manifeste son mécontentement, il essaie de vous intimider et vous demande de partir, et si on reste calme, il se détourne.

D'autres animaux extraordinaires sont des animaux sociaux : les cétacés, notamment les cachalots qui ne sont que tendresse. Les cachalots jouent, se caressent, se font des câlins. Ces animaux sauvages se laissent approcher, acceptent une autre espèce, même dans des moments de fragilité.

Une maman cachalot qui allaite un bébé accepte la présence des humains. Chez les cachalots, il existe des nounous : un bébé tête une femelle puis une autre.

Quand on prête attention à ces animaux, on découvre des choses incroyables : ces animaux qui ressemblent à de grosses saucisses sont très proches de nous.

Un jour, un cachalot a commencé à danser pour nous : avec des expressions sonores, associées à une demande de câlins, il a essayé de m'apprivoiser. Moi, l'autre espèce, j'étais l'objet de toutes ses attentions. Jamais, il ne nous touchait, il était délicat, attentionné...

Non, je ne fais pas d'anthropomorphisme ! Il a choisi de venir voir une autre espèce, de rentrer en contact et de m'apprivoiser. C'est le renard et le petit Prince...

Les cachalots sont différents de nous, mais ils ont une société basée sur la solidarité. Non, la vie sauvage n'est pas agressive si nous nous montrons bienveillants et accueillants.

Bientôt, nous serons 10 milliards d'habitants sur cette planète : on ne pourra pas tous se comprendre, cette impossibilité nous oblige-t-elle à nous affronter ?

Ce qui est important, c'est de vouloir se comprendre. Prêter attention aux fleurs, aux arbres, aux hérissons, aux libellules... Ce sont là des trésors que nous avons oubliés : on a les poches pleines d'or !"

 

Une conférence pleine d'enthousiasme et d'optimisme : François Sarano sait passionner son auditoire et remporter l'adhésion !

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2021/11/francois-sarano-reconcilier-les-hommes-avec-la-vie-sauvage.html

 

https://www.lepoint.fr/sciences-nature/cop26-les-oceans-ces-grands-oublies-09-11-2021-2451319_1924.php

 


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28 réactions à cet article    


  • Clark Kent Schrek 13 décembre 2021 17:43

    Est-ce que ce plongeur a exploré le fond de la Creuse ?


    • JPCiron JPCiron 13 décembre 2021 18:04

      En fait, nous faisons partie du même monde : il faut considérer les animaux à égalité.>

      Pour faire vivre ce concept (voisin de ceux de Lévi-Strauss) il faudrait que nous changions de mode de vie.

      Pour changer de mode de vie, il faut changer certaines de nos Valeurs (ou au moins changer leur hiérarchie), ce qui ne peut se faire sans modifier radicalement les Croyances qui sous-tendent ces Valeurs. Les politiques traduisent ces valeurs en Principes.

      Pour changer ’’pour de vrai’’, il faudrait une réforme radicale qui ne viendra pas ’’du haut’’ par ruissellement, mais du bas par les flammes. En général, les changements se font dans la douleur...


      • Ben Schott 13 décembre 2021 18:56

         

        « Quand on prête attention à ces animaux, on découvre des choses incroyables : ces animaux qui ressemblent à de grosses saucisses sont très proches de nous. »

         

        Moi j’en connais un ici qui correspond à cette description, et qui veut vacciner tout le monde... eh bien on peut constater que les humains ne l’aiment pas !... 

         


        • Sergio Sergio 13 décembre 2021 19:18

          Je croirais bien qu’il faille réconcilier les hommes sauvages avec la vie


          • xenozoid Xenozoid 13 décembre 2021 19:27

            @Sergio

            les homme sauvages, c’est ceux qui sont pas mort ? ou les vivant masqués ?

            on devrait quand meme s’interessé plus a la domestication et surtout l’auto domestication

            Et c’est ce qui est le plus tragique dans cette situation : il n’y a pas moyen de sortir de lá, dans le monde technologique sur-organisé , que nous avons créé, il n’y pas moyen de sortie pour les animaux ou les humains. Car nous ne sommes vraiment pas très différents des animaux que nous élevons dans des cages et des aquariums dans nos maisons : Nous vivons aussi dans des petites boîtes à température contrôlée, appelés appartements. Nous aussi, nous achetons la nourriture standardisée labélisée, nourriture très différente de ce que nos ancêtres mangeaient. Nous non plus, nous ne trouvons aucun débouché pour notre « sauvage » spontané, castré et dégriffé que nous sommes par les nécessités de la vie dans les villes et les banlieues sous restrictions juridiques et culturelles. De même nous ne pouvons pas errer loin de nos chenils, sans autorisation (papiers) tenus en laisse comme nous le sommes par nos emplois, dans nos appartements préfabriqués, puis plus loin, par des frontières politiques. Et si nous cherchons encore, que pourrions-nous trouver ? Forêts, jungles, plaines sauvages, collines majestueuses ? Celles-ci sont rapidement en train de disparaître et nous travaillons sans relâche pour envelopper notre monde dans une peau de béton, pour s’assurer que toute l’herbe est arrosée par aspersion et tous les marécages drainés et sondés pour être transformés en espace de bureau. Et ce que nous ne transformons pas en grandes cages et autres aquariums, nous le détruisons avec la pollution.
            Nous pouvons peut-être en apprendre davantage sur nous-mêmes en observant nos propres animaux de compagnie.

            La solution au problème de la pauvreté affective de la vie domestique pour les animaux et pour les humains, n’est évidemment pas simple. Nous devons commencer par reévaluer ce que la vie devrait être... 

            Vivant dans le pays des morts. Ils mangent de la nourriture morte avec des fausses dents. Leurs bâtiments ont de fausses façades, leur stations de radio et de télévision diffusent de l’air vicié. Ils tuent le temps entant que spectateurs de fausses images.
            Leurs corporations sont coupables de publicité mensongère, et leurs offres d’emploi » ne sont que des opportunités de mauvais traitements meurtriers, un ennui mortel, et la soumission fatale ; ils exigent de vous le respect des échéances, comme pour dresser des tentes dans des camps de la mort. Est-ce que l’impasse justifie les moyens ? Ils habitent les villes mortes et font des faux mouvements, n’allant vraiment nulle part, marchent jour après jour, le même chemin de désespoir. Même leur air est conditionné. Ils vous demandent de donner votre vie pour leur pays, pour leurs religions, leurs économies, vous laissant avec seulement. . . . Leur système est organisé par l’intelligence artificielle et ne fournit que de la réalité virtuelle. Leur culture vous cloue et vous ennui à mort, leur mode de vie est sans vie, leur existence est une impasse permanente. Tout à leur propos pue la mort et le faux. La seule chose qui est insupportable, c’est que rien n’est insupportable.


          • rosemar rosemar 13 décembre 2021 22:56

            @Sergio

            L’homme est plus sauvage que les animaux ?

            « Les dents de la mer ne
            sont pas ceux que l’on
            croit
            Au Pérou, la consommation de requin est une tradition. Les recommandations de
            l’Etat ont conduit à une surpêche massive de requins. Une conséquence dramatique amplifiée par l’aubaine que représentent les marchés asiatiques notamment très demandeurs en ailerons de requin, l’une des « marchandises » les plus onéreuses du monde ! Entre 2003 et 2008 le Pérou a ainsi exporté 2768 tonnes de,requins et 146 tonnes d’ailerons vers les marchés asiatiques (CITES). En 2012, près de 4000 tonnes de requins ont été pêchées en mer péruvienne. Enfin, elle a conduit certains pêcheurs peu scrupuleux à violer la loi protégeant les dauphins pour s’en servir comme appâts bon marché pour attirer les requins. »


          • rosemar rosemar 14 décembre 2021 12:56

            @ㄈϤ尺Цら

            MERCI pour ces images impressionnantes !


          • rosemar rosemar 14 décembre 2021 22:03

            @ㄈϤ尺Цら

            Merci ! Un lien très intéressant...


          • rosemar rosemar 14 décembre 2021 22:04

            @ㄈϤ尺Цら

            « Idée reçue 4 : le requin mange volontiers de la chair humaine

            C’est faux. Dans la plupart des cas, on le sait désormais, le requin blanc mord un être humain par erreur. S’il attaque un plongeur, un surfeur ou un baigneur, c’est notamment parce qu’il l’a confondu avec l’une de ses proies habituelles. C’est le cas des surfeurs qui se couchent sur leur planche et qui, vus du dessous, peuvent ressembler à une grosse otarie ou à un lion de mer dont les requins raffolent.

            L’analyse approfondie des attaques de requins nous montre également qu’ils ne sont pas friands de chair humaine. Ainsi, la très grande majorité des attaques de grands blancs sur des humains n’est pas mortelle. Sur 88 cas recensés et analysés par l’International Shark Attack File, 66 des victimes ont survécu à la morsure. Ce qui n’aurait pas été le cas si le grand requin blanc avait placé ces proies à son menu. »


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 décembre 2021 22:11

            @rosemar
            Et oui !!!


          • Sergio Sergio 13 décembre 2021 19:37

            Je pense que sur terre on est là au même titre que les animaux, on se multiplie et je crois sincèrement que l’on a évolué trop vite. J’ai la lugubre impression qu’après avoir copulé : le reste n’est qu’un malentendu pour beaucoup de NOUS. En tous les cas tu as été très prolixe et réactif, je te sens remonté, sympa d’avoir réagi

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