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Gilets Jaunes, mouvement scoial et gauche radicale

Il semble que tout en percevant une vraie révolte, gauche radicale et mouvement social aient mis quelques jours à comprendre quelle place occupaient les « Gilets Jaunes » dans le paysage du mouvement social, quelle puissance et quel avenir ils possédaient...

Ce qui est extraordinaire, c'est la manière dont survient soudain cette fameuse "convergence" tant réclamée par Nuit-debout, sans le moindre effet tangible. Du moins dans l'immédiat.

Quelle leçon humaine, politique et tactique !
Ce n'est une fois encore pas du cerveau des penseurs que jaillit la lumière, mais bien du peuple, des acteurs de base, des catégories les plus opprimées.

Extraordinaire aussi la manière dont s'agrègent à partir de la « goutte d'eau » a priori rétrograde de la taxe carburants toutes les revendications, et jusqu'à une compréhension globale des questions qui minent la société française et au delà. C'est maintenant l'ensemble des questions de répartition des richesses, d'injustice sociale qui est posé. Et bien entendu, ça débouche sur les questions générales, inaudibles auparavant, posées depuis des années par la gauche radicale : où trouver l'argent de la justice sociale ? Et voilà le retour de la justice fiscale et de la redistribution, de l'évasion, de la fraude, des cadeaux fiscaux, de la "mobilité", des services publics, de l'aventurisme financier. Peut-être bientôt celui du modèle de développement. On a débattu davantage de questions globales sur les plateaux de télé où ne figuraient aucun politique et aucun théoricien, que dans les 5 dernière années de luttes « organisées » et structurées...

Mais certains acteurs de la gauche radicale peuvent aussi se réjouir (sans être certains d'en être les acteurs les plus efficaces) du fait que les idées qu'ils tentent depuis si longtemps de faire avancer ne sont, au fond, pas restées lettres mortes. Elles mûrissaient, elles attendaient juste l'occasion de servir à quelque chose dans une conjoncture de revendications soudains accessibles, dans une « convergence » de fait et non de raisons théoriques.

Enfin, il est extraordinaire de voir ressurgir les « contradictions internes du système ».
Alors que défaitistes, nous pensions que le néolibéralisme avait davantage appris que le mouvement social et qu'il avait su, diaboliquement, détruire tout ce qui pouvait s'opposer à lui, tout ce qui structurait les luttes en mettant à genoux le syndicalisme, le communisme, le socialisme, et en pulvérisant tous les collectifs. Alors que nous redoutions qu'en remplaçant les cohortes de salariés susceptibles de se réunir par une nébuleuse de porteurs Deliveroo, les classes dominantes restaient seules maîtresses à bord, voici que tous ces travailleurs trouvent soudain les moyens de se reconnaître, de se rassembler, de lutter et de mettre en péril la logique imperturbable du néolibéralisme.

Et ironie suprême, voilà que l'outil qui leur est fourni pour contourner cet isolement est précisément la production la plus élaborée du monde capitaliste : les nouvelles technologies, les réseaux sociaux. Ces technologies qui semblaient aggraver encore l'émiettement, l'aliénation et l'égarement des peuples.

La destruction même des « corps intermédiaires », que nos « progressistes » dirigeants rendaient responsables de la résistance de la France aux « nécessaires réformes », les laisse pathétiquement désemparés face à la colère du peuple.
Voici aussi que dans leur superbe, ces dirigeants, ces dominants, ont perdu de vue à quel point leur mépris, leur égoïsme et leur isolement les mettaient en danger. Il est stupéfiant de ré-écouter pontifier Attali et le patron de la banque Rothschild, lors de la campagne présidentielle, louant les immenses qualités de M. Macron. Au premier rang desquelles (selon le patron de Rothschild) la capacité de « manipulation » de ses interlocuteurs (il cherche à éviter le mot, mais n'en trouve pas d'autre), la capacité à construire un récit bluffant, et son art de la négociation !!!...

Puis c'est au tour de J. Attali de s'émerveiller du pouvoir de séduction irrésistible de leur homme providentiel...
Et « l'entre-soi » devient alors tellement évident ! Apparaît à la grande lumière l'aveuglement de classe qui les rend incapables de comprendre que ces qualités n'impressionnent qu'eux, que cet art ne tiendra pas longtemps en dehors de leurs salons feutrés, que leur communication et leur pédagogie débouchent sur la révolte qu'ils ne savent plus dompter, leur charme soudain inopérant.

Quelle leçon d'espoir !

Et pour le mouvement social, quelle leçon de tactique et de réflexion alors que son premier réflexe était plutôt... disons tiède et distant, la plupart des « corps » intermédiaires pensant que la seule manière d'avancer était celle qu'ils connaissaient et pratiquaient depuis tant de temps...


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9 réactions à cet article    


  • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 4 décembre 2018 16:17

    "Quelle leçon d’espoir !

    "

    Avant de pavoiser, attendez que la question migratoire vienne sur le tapis, à commencer par l’AME offerte aux illégaux et déniée aux retraités.


    • Attila Attila 4 décembre 2018 18:15

      "Depuis l’effondrement du Parti Communiste, il n’existe plus de mouvement politique qui représente et défend les intérêts des classes populaires. Si un tel mouvement devait apparaître, même pas sûr qu’il se dise de gauche."

      J’ai écris cela à plusieurs reprises : ben voilà, on est en plein dedans.

      Lien

      .


      • Trelawney 5 décembre 2018 08:02

        C’est maintenant l’ensemble des questions de répartition des richesses, d’injustice sociale qui est posé. Et bien entendu, ça débouche sur les questions générales, inaudibles auparavant, posées depuis des années par la gauche radicale : où trouver l’argent de la justice sociale ? 


        Et bien voilà on y est. Mais la vrai question est : Est-ce que l’argent de la justice sociale existe ?

        Il y en a qui vont me répondre que les dividendes versés aux actionnaires ainsi que l’origine de la fortune des multi milliardaires a été pris sur cet argent normalement destiné au bien être du terriens.

        Seulement voilà cet argent est virtuel et n’a de valeur que lorsqu’il n’est pas utilisé ce qui est le cas actuellement. A titre d’exemple, Apple possède une capitalisation boursière de 1000 milliards de $, mais cet argent n’existe pas car il ne représente qu’une valeur et ne peut donc pas être utilisé pour ne serait que financer des mesures de justice sociale qui doivent elles être payées en cash.

        Nous avons donc d’un coté des gens qui ont des besoins et lorsque ces besoins ne sont pas satisfait ils descendent dans la rue (Venezuela, gilets jaunes, brexit, Trump, Italie etc). De l’autre une capacité financière pour financer ces besoins qui ne représente même pas 20% de la capacité financière mondiale et qui est uniquement issue de ce que l’on retire de la terre (pétrole, gaz, produits agricoles, poissons, minerais etc).

        Aussi on se retrouve avec une société ou l’on a des banques dont l’unique travail est de nous donner l’illusion que le monde est riche et de l’autre des politiques qui sont là pour nous donner au compte goûte des aides en fonction de non pas le ruissellement mais l’irrigation.

        Lorsque l’on achète une voiture avec un LOA de 3 ans, cela veut dire que l’ouvrier qui construit la voiture, celui qui la vend et celui qui la répare sera payé avec un crédit (LOA) c’est à dire de l’argent qui n’existe pas. lorsque vous retransposez cela à l’immobilier, l’investissement des entreprises, l’investissement public, cela fait beaucoup de monde qui paie leur essence (trop cher) avec de l’argent qui n’a pas encore d’existence.

        Actuellement nous vivons avec l’argent de nos enfants, cela veut dire que comme on a entamé une parti du patrimoine de ces chers têtes blondes, ces derniers auront moins d’argent pour vivre. Et on fonctionne comme cela depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

        Vu comme cela, la solution n’est pas simple à trouver


        • Yanleroc Yanleroc 5 décembre 2018 08:19

          @Trelawney, peut-être qu’ il faudrait arrêter de bosser pour les très riches ; maisons de luxe, yachts de luxe, bijoux, vêtements de luxe etc...Qu’ ils essaient de les fabriquer eux-mêmes !


        • Trelawney 5 décembre 2018 09:20

          @Yanleroc
          On va y arriver. Tout le système économique actuel est basé sur la croissance et le crédit. Et est à bout de souffle. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y a des gilets jaunes. Car vous avez remarquez comme mois, qu’il n’y a pas de solution à leur problème.
          Aussi comme l’argent ne sert qu’à acheter de la nourriture pour éviter de s’entre-tuer, le jour où le système s’écroulera on reviendra 1000 ans en arrière. Plus d’hôpitaux, plus de société, plus de protection, plus de travail, plus de richesse. On fera tout nous même sans dépendre des autres. Il y aura des pilleurs et des cannibales, mais ça c’est l’évolution !


        • Balkanicus 5 décembre 2018 09:25

          @Trelawney

          Pauvre vegan .....


        • Yanleroc Yanleroc 5 décembre 2018 18:33

          @Trelawney, je suis bien sûr que des « bulles de survie » (certaines zones protégées de la planète sur ou sous terre), sont prévues. Ceux qui vivent en campagne ont moins à s’ inquiéter !
          On ne connait pas la solution car il faut auparavant que le problème soit plus clairement identifié, car il ne s’ agit pas que d’ argent, j’ espère !


        • Trelawney 6 décembre 2018 08:57

          @Yanleroc
          car il ne s’ agit pas que d’ argent, j’ espère !
          Comme je l’ai déjà dit, l’argent est un outil qui permet aux gens d’éviter de s’entre-tuer pour avoir de la nourriture. Ca régularise un système d’échange.
          L’argent est un indicateur de richesse, mais n’a pas de valeur intrinsèque. Ce quiest certain est que se que la terre peut produire c’est 50 et les besoins des humains(parce qu’ils sont plus nombreux) c’est 100. Donc il n’y en a pas assez pour tout le monde

          je suis bien sûr que des « bulles de survie » 
          Le monde est trop petit pour que l’on puise s’y cacher, mais ça entretient l’espoir de certains. Toujours est-il que le jour où ça pétera, il vaut mieux faire partie des victimes que des survivants


        • Albert123 5 décembre 2018 12:21

          « Ce qui est extraordinaire, c’est la manière dont survient soudain cette fameuse »convergence« tant réclamée par Nuit-debout, sans le moindre effet tangible. »


          Les GJ c’est l’antithèse de « nuit debout »


          A la différence des GJ, Nuit Debout était avant tout un rassemblement de bobos gauchos qui traitaient de fachos tout ce qui n’était pas assez gauchos pour eux. les racailles du haut en somme

          Les GJ sont moins sélectifs et animés, non pas par un revenu universel qui tombe du ciel mais le ras le bol de voir le fruit de leur travail spolié par des parasites via les taxes.

          Nuit debout se passait en semaine la nuit, idéal pour les lèves tard et autres futurs haut fonctionnaires bien nés (les racailles parasites du haut et du bas qui se comprennent si bien).

          les GJ c’est principalement le samedi en journée ce qui permet de bosser pour nourrir sa famille la semaine ce qui correspond une nécessite pour la France qui bosse et qui produit.

          la convergence c’est simple elle provient du milieu et de tout ce qui n’est pas racaille du bas et racaille du haut qui vivent au crochet du plus grand nombre.

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Gustave


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