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Accueil du site > Tribune Libre > Il faut sauver JM Aphatie qui broie du noir

Il faut sauver JM Aphatie qui broie du noir

La rentrée s’annonce morose. Des mouvements sociaux en perspective. Puis une pochette surprise au beau milieu de l’automne. Le fameux remaniement. Et la question qui va occuper les médiarques pendant un bon mois. Qui sera premier ministre ? François Fillon ou bien MAM ? Pendant ce temps, le monde tourne et voici que le chantre de la morale économique, Jean-Michel Aphatie, nous assène une de ces vérités de chez vérité. L’économie allemande redémarre et elle fait mieux que la France. En plus, grâce aux points de PIB gagnés, le déficit allemand serait retombé à 3.5 pour cent, presque dans la fenêtre autorisée par le traité de Maastricht. Alors que chez nous, Français, l’économie est à la peine ; les entreprises licencient, le pays perd son industrie et en 2011 le déficit sera de 6 pour cents. Alors, un point de PIB suffit à donner le sourire à Mme Lagarde sacrée meilleure ministre de l’économie il y a peu. On se console comme on peut. En France, on n’a pas de croissance mais on a une excellente économiste aux commandes et puis des médaillés en natation. C’est étrange, un peu surréaliste, aussi inattendu que deux visages des Bogdanov apparaissant sur le sable quand la marée se retire.

Le différentiel entre la France et l’Allemagne semble inquiéter JM Aphatie qui, sur son blog, en cette période de disette médiatique, alors que Martine Aubry ne s’est pas prononcé sur les questions de sécurité, pointe du doigt notre piètre performance économique, laquelle entraîne rigueur et déficit durable. En fin connaisseur du système économique, Aphatie tacle les ignares que nous sommes en formulant le constat qu’à l’ère de la mondialisation, les acteurs économiques sont supérieurs au fonctionnement de l’Etat. Notre journaliste phare de RTL serait-il atteint de sylvestrose ? Rappelons que cette pathologie se traduit par une défiance à l’égard des dépenses publiques, le tout assorti d’une vénération plus que cultuelle vouée au monde du profit. On peut néanmoins guérir de la sylvestrose. Par exemple, en chopant une saloperie genre infarctus. Le séjour dans un cossu hôpital entouré d’un personnel soignant dévoué et soigné par des médecins compétent vous fait tout d’un coup prendre conscience de l’intérêt des services publics.

J’avoue m’inquiéter de l’état de santé de Monsieur Aphatie qui, en plus d’être atteint de sylvestrose, nous livre son sentiment de naviguer dans une réflexion sombre, lugubre, nourrissant une déprime. Tout en proposant une note d’eschatologie faussement millénariste mâtinée d’une bonne dose de déclinisme. Pour nous Français, dit-il, il n’y a que l’Etat qui compte et pour l’instant, nous sommes enfermés dans une léthargie mortifère. Or, l’histoire de l’Etat en Occident est aussi l’Histoire de son dépérissement. Voilà une thèse sortie d’on ne sait où, peut-être une boutade formulée par un improbable professeur lors d’un séminaire au Collège de France. Etrange idée. J’ai cru pourtant comprendre que l’Occident se signalait par la mise en place des Etats modernes se perfectionnant de décennie en décennie. Aphatie fait-il du second degré en titillant notre appréciation envers l’Etat au moment même où à Mogadiscio, c’est le chaos parce justement il n’y a plus d’Etat. Tout d’un coup, une idée lumineuse me vient à l’esprit. Offrir un séjour en Somalie à JM Aphatie pour le guérir de la sylvestrose. Trois jours devraient suffire. Et ne lui rappelez pas que les professeurs de seconde n’ont pas les manuels scolaire, ce petit détail pourrait l’entraîner dans la dépression profonde. Quoi, l’Etat français, héritier de Jules Ferry, n’est pas capable d’organiser une rentrée conforme aux exigences éducatives avec des manuels prêts à l’usage le premier septembre !

Mais une interrogation hante mon esprit. Comment comprendre ces mots assez explicites. Les acteurs économiques sont supérieurs aux acteurs de l’Etat. Est-ce le fond idéologique de JM Aphatie ? Supérieur, en quoi, en efficacité, en valeur ? Que déduire en terme de faire si ce constat se veut un éloge d’un savoir-faire destiné à la « libération » des productions industrielles ? Affaire en délibéré.


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16 réactions à cet article    


  • Rayves 25 août 2010 12:49

    La pensée unique (ou sylvestrose) a frappe encore constate Bernard Dugué.
    Le néolibéralisme nous a plongés dans une crise sans précédent. Comment faire pour en sortir ? Encore plus de néolibéralisme pardi !
    L’Allemagne a appliqué une politique économique qui ne pouvait marcher que si ses partenaires faisaient la politique inverse... et ça marche. Les plans de rigueur sont en train cependant de changer la donne.

    Bravo Bernard pour ce pamphlet.


    • Emmanuel Goldstein Emmanuel Goldstein 26 août 2010 14:32

      La raison pour laquelle le système économique est supérieur à l’Etat est que le système privé agit pour la satisfaction du consommateur de bien et de services, et que si le consommateur n’est pas satisfait, il va voir ailleurs. Il n’y a de profit que s’il y a un produit ou un service aux personnes qui plait aux personnes. Les gens qui font du profit sont des gens qui ont inventé de nouveaux produits, de nouveaux processus.

      Quant aux entreprises qui ont acquis un pouvoir de marché trop important, c’est soit qu’elles ont créé un produit ou un service structurant (généralement par l’invention et la création), soit parce que les Etats les ont établi en monopoles ou en les aidant.

      L’Etat lui, a toujours fonctionné en s’imposant par les armes et la contrainte et en étant l’appat des lobbies de toutes sortes. Il suffit de prendre le cas de la dernière crise pour comprendre que cet Etat là n’a fait que renflouer les acteurs les plus puissants du système : les banques et la finance sur le dos des contribuables.
       
      Le fonctionnement de l’etat n’incite pas les acteurs publics à inventer, à créer, à innover, il incite plutôt au conservatisme, à en faire le moins possible tout en touchant un salaire certain et surtout en restant dans sa petite case, son petit bureau. Je le sais, j’ai été fonctionnaire.

      Je préfère les innovateurs, les créateurs, ceux qui se prennent la tête pour savoir « ce que les gens ont envie, ont besoin », à ceux qui se contentent d’aller imposer aux autres de la paperrasse, des normes et des usines à gaz à ne plus savoir qu’en faire. Il suffit de regarder le fonctionnement d’une Institution comme du pôle emploi, de l’URSSAFprivée chargée d’une mission de service public ou pire,  : c’est lamentable. Impossible d’avoir un interlocuteur, impossible de se faire entendre, les gens ne signent même pas leurs lettres (c’est pareil d’ailleurs chez ces sagouins du tribunal de police dont il faut lire les réponses kafkaïennes quand on a le malheur de contester des amendes au stationnement). La France d’aujourd’hui compte près de 550 000 lois : c’est tout simplement aberrant.

      Qu’il y ait des biens publics est absolument nécessaire, pour des produits de première nécessité, pour l’éducation, pour la santé, pour la mémoire, pour l’hygiène, la justice et la tranquillité publique et aussi pour la solidarité nationale aussi mais au delà de cela, l’Etat n’est que contrainte, usage de la force et de la violence prétenduement légitime sur les individus.

      L’Etat doit revoir de fond en comble ses méthodes afin de redevenir un outil au service du peuple, et non un élément de domination illégitime sur les individus qui utilise la contrainte armée pour parvenir à maintenir son pouvoir.


    • LE CHAT LE CHAT 25 août 2010 13:26

      Apathie souffre en plus d’une Marseillose chronique doublée d’une attalite aigüe !

      il faut qu’il prenne quelques jours de repos sur l’île d’Arros !  smiley


      • tchoo 25 août 2010 14:51

        Plutôt que Mogadiscio, la Louisiane et la Nlle Orléans, pour lui, où comme le dirait Catherine Pancoll, l’absence d’état génère une extraordinaire énergie

        (si, si, elle a osée.........)


        • pens4sy pensesy 26 août 2010 06:39

          waouh ! Quelle jolie analyse de ce fielleux monsieur Apthatie


        • Pipoca 25 août 2010 16:26

          Je pense plutôt que M. Aphatie souffre de sinistrose. Rarement j’ai entendu l’un ou l’autre de ses entretiens matinaux dans lequel il se montre optimiste. En plus il a la particularité de couper la parole à tous ses interlocuteurs sans attendre qu’ils aient fini leurs réponses. C’est agaçant, à la fin !! On dirait qu’il aime s’entendre poser des questions et que les réponses lui sont indifférentes... A part ça, j’aime bien son impertinence journalistique.


          • Vilain petit canard Vilain petit canard 25 août 2010 16:42

            Aphatie est un médiarque, qui tout doucement, est passé du stade de simple commentateur politique (ce qui consiste à commenter la politique comme si c’était le tiercé) à celui de grande conscience du PAF. Seulement, voilà, pour être une grande conscience, il faut une Grande Cause.

            Sa culture étant assez limitée, il s’est donc jeté sur un truc facile à comprendre, le Déficit - y manque des sous - et ses deux copains, la Trou de la Sécu et la Bombe à Retardement des Retraites. Il va sécrèter de la critique du déficit comme le foie sécrète la bile.

            Et donc, depuis plusieurs années, il nous rabâche que l’Etat est en Déficit et que c’est Pas Bien. Sinon, à part ça, histoire de ne pas oublier d’où il vient, il refait Léon Zitrone à chaque élection, attention Bayrou dans les choux, Ségolène en avance, non, Sarkozy passe devant, attention y a Cohn-Bendit qui remonte, etc.

            Il est « tout à fait objectif » : il ne vote jamais, et s’en vante. Vous imaginez, un critique culinaire qui vous dirait : voyez, je suis tout à fait objectif, je ne mange jamais au restaurant... Sauf que quand on l’écoute, on a l’impression que Ségolène est une gourde, que Bayrou est un gros nul, et maintenant, voilà que Sarkozy, qui lui apparaissait potable, finit par passer pour un guignol chez les retraités.

            Et voilà, il se retrouve face au Grand Problème des Grandes Consciences : sa cause s’effrite, il passe juste avant les Guignols et la pub, et finalement, ce sont toujours les mêmes chevaux en course depuis vingt ans. Alors il a du vague à l’âme, et il chouine. Et en plus, personne ne l’écoute (d’ailleurs, pourquoi les dirigeants écouteraient un pantin pareil ?), on continue à creuser les déficits, tandis que les Prodigieux Allemands nous taillent la route. Ce n’est pas vrai, bien entendu, mais il y croit, parce que c’est bien connu, les Allemands ils font tout mieux que les Français. Et sans lui, en plus !

            Laissons-le dans son cagibi entre la pub et les Guignols de l’info, qu’il y reste.


            • Furax Furax 25 août 2010 17:08
              Fin juin, Martin Hirsch est chez Denisot. On glose retraites, déficits. Apathie, la voix de son maître parce qu’il le vaut bien, veut faire dire à l’ancien Haut-Commissaire qu’il n’y a pas d’autre politique à mener que celle du fils de l’artiste peintre. Hirsch rigole, les autres s’énervent. Je cite de mémoire :
              "Bien sûr qu’il y a une autre politique ! Je connais les arcanes de l’Etat. Il suffit que les dix pour cent des français qui détiennent cinquante pour cent de la richesse de ce pays paient NORMALEMENT leurs impôts en France. Et il n’y aurait plus aucun problème de financement des retraites, des dépenses sociales et du remboursement de la dette"
              Je n’ai jamais vu Denisot passer à une page de pub à une telle vitesse !
              Le vrai débat est là. Qui sont ces gens ? Comment s’y prennent-ils ? Comment les niquer sans leur couper la tête (pas encore…)

              • samir 25 août 2010 17:36

                Il faut absolument retrouver cet extrait sur la toile


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 août 2010 17:02

                Oui oui, où peut-on la trouver ?


              • Hieronymus Hieronymus 25 août 2010 17:20

                Apathie deprime ?
                je m’en rejouis .. si on pouvait enfin faire degager ce guignol
                inculte, ignare, insolent, coupant sans cesse la parole a ses invites
                c’est le type meme du trou duc de service dont on se demande comment
                il a fait pour etre arrive la ou il est, faut il comprendre que les autres sont pires ?
                qt a son accent, ca va pour commenter la recette de la bouillabaise, mais pas plus


                • ZEN ZEN 25 août 2010 19:11

                  Je suis devenu a-pathique  smiley


                  • Echo Echo 26 août 2010 01:20

                    Monsieur West,

                    La teneur de cet article étant conforme à l’appréciation que j’ai pu porter sur la récente prose de M. Apathie, je considère le point de vue de M. Dugué comme très intéressant et parfaitement digne de lecture.

                    Je me réjouis de votre retour sur Agoravox, encore que le style de votre commentaire, trop peu tarabiscoté, suscite le doute sur la légitimité du renommé pseudo.


                  • BlackMatter 25 août 2010 20:42

                    La France ne souffre pas de trop d’état.
                    Elle souffre d’un état déstructuré par des politiques détrusturantes.

                    Mais enfin qui peut réellement dire quels sont les priorités de l’Etat : la sécurité, le chomage, la dette, la recherche, l’education, les immigrés, la protection des riches, rien de ceci ou tout cela en même temps ?

                    De l’argent, y a en. Suffit de le prendre où il est. Avec courage et sans copinage (travail au noir, fraude fiscale, niches et bouclier).

                    La sécurité ? Au lieu de diminuer le nombre de flic et mettre ceux qui restent la où ca rapporte (les bords de routes), remettons les dans les quartiers de façon permanente.

                    Le chomage ? Le cout du travail ? Changeons la façon dont on calcul les charges sociales... Plus sur les salaires mais sur le CA. Pourquoi les entreprises à haute valeur ajoutée qui gagnent beaucoup en embauchant peu paient moins que celle qui utilisent de la main d’oeuvre ? En plus, ca stabiliserait les recettes qui seraient moins sensibles au chomage.

                    Les immigrés ? Faux problème. On les faits venir pour faire baisser le cout du travail (et s’il peuvent etre clandestin c’est encore moins cher). Faudrait savoir ce que l’Etat veut ! A moins que ce soit le Medef.


                    La retraite ? Imposons un quota de vieux dans les boites s’il faut en passer par là. A quoi ca sert de nous demander de bosser jusqu’à 70 ans si on est viré à 50 parce que trop vieux (et même moi à 40 ans je me suis coltiner la remarque d’un employeur : ca vous fait quoi de travailler avec des jeunes ?). J’avais envie de répondre : tant qu’ils ne me volent pas ma canne...



                    • Petitou Petitou 26 août 2010 13:40

                      Je ne comprends pas comment, alors que les citoyens savent très bien que faire pour règler les problèmes de notre pays, (sauf quelques uns qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs nez) on se retrouve toujours à être gouverné, au mieux, par des incapables, au pire, par des incapables menteurs et arrivistes qui ne pensent qu’à eux ?


                    • Jean Lasson 26 août 2010 21:48

                      Apathie broiera vraiment du noir quand on le virera avec son maître Sarkozy.

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