Jean-François Kahn et ses « bullocrates »
Dernier livre écrit par Jean-François Kahn, « Les Bullocrates » colle tout à fait à l’actualité. Un pamphlet de qualité, au style offensif et parfois subversif.
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Juste en dessous du titre du bouquin, le célèbre journaliste annonce clairement la couleur : « Enfermés dans leur bulle, les décideurs coulent et ils disent que
« Le grand capital, la haute finance, la noblesse d’Etat, le pouvoir politique, les maîtres des médias et l’ancienne aristocratie de sang », tels sont les « bullocrates » désignés par Jean-François Kahn dans son dernier ouvrage. Pour les représenter, Nicolas Sarkozy bien sûr ! Tout au long du bouquin, celui-ci est surnommé habilement Petit César par l’auteur. Un Petit César « converti au modèle anglo-saxon mais francisé dans l’apparence : Bush dans les habits de Napoléon » selon J.-F. K.
Dans sa critique de l’ultralibéralisme, le fondateur de Marianne n’y va pas de main morte. Idem sur la connivence des principaux pouvoirs. Et surtout sur le candidat de l’UMP, à tel point que la répétition de ses attaques argumentées et souvent justifiées tourne quelque peu au règlement de comptes. La dictature de la pensée unique sévissant dans les grands médias en prend aussi pour son grade. La notion du plus grand nombre exploité par une minorité richissime est des plus présentes. Limite lutte des classes, ce pamphlet.
Pour ne pas faire une trop importante fixation sur Sarkozy, Jean-François Kahn en profite pour établir - comme le font les candidats contestataires en vue des élections - un triste mais implacable constat de notre société en pleine régression dans lequel gauche et droite ne sont guère épargnées.
L’homme a gardé en lui ce punch, cette passion nous faisant ressentir aisément que l’auteur vit ce qu’il écrit. Ses convictions sont très claires, son style très offensif. Son sens critique est acide, il décape parfois. Dans le pessimisme ambiant, il ne dépareille pas vraiment.
Et comme presque tout le monde passe à la (sa) moulinette, on se dit que ces Bullocrates auraient très bien pu être écrits par un Alain Soral. Sauf que, parti pris oblige, Jean-François Kahn nous préconise d’emblée un « centrisme révolutionnaire » qu’il trouve lui-même risible. Il nous rappelle du même coup sa prise de position très discutable pour le « oui » à
Malgré tout, même si l’ensemble est imparfait, on a droit à de la fougue, de l’engagement, pas vraiment de « baissage » de froc, de franches prises de position argumentées, de pertinentes analyses, un brin de démagogie voire de populisme, mais au final une œuvre sincère, respectable, percutante et donc parfaitement recommandable.
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