L’antisarkosisme n’est pas un sacrilège

Jamais un Président de la République française n'a été entouré de tant d'affaires économico-financières et de procès. Les Français n'oublieront pas à la fois les affaires Clearstream et Bettencourt/Woerth, sans parler du financement de la campagne de Monsieur Balladur. Pour monsieur Sarkozy, il ne s'agit plus aujourd'hui d'esquiver les questions, mais d'éclaircir définitivement ces points, mais n'est-il pas trop tard ? Lorsqu'il affirme que la cour des comptes a homologué les livres présentés, chaque observateur sait que ces comptes sont comme les bilans d'entreprises, édité en deux exemplaires, l'un pour les impôts et les actionnaires et l'autre pour les banquiers qui les jugent sous d'autres critères d'ailleurs. Et la Cour des Comptes n'est pas un établissement financier.
Passons sur les amitiés gênantes de certains des proches collaborateurs qui profitent de la piscine d'un louche personnages qui a ses entrées curieusement dans les hautes sphères de l'Etat.
Les amis, porte-paroles et alliés du Président sortant, en désespoir de cause, nous parlent de l'antisarkosisme primaire qui anime toutes les forces d'opposition. Encore faudrait-il que le sarkosisme existe, sinon celui d'un président prisonnier d'un système qui lui interdit de mettre véritablement en place ses promesses et sa volonté réitérée et farouche de moraliser le monde de la finance. Où en sont les paradis fiscaux qui auraient dû être éradiqués ?
Il y a une différence fondamentale depuis toujours entre les gouvernements de droite et de gauche, certes tous deux prisonniers du système qu'il faut bien appeler capitalisme. Les premiers s'y accrochent par idéologie dont l'on connaît les conséquences, ces crises récurrentes dont objectivement complices.
Pour les seconds, il s'agit de socialiser donc répartir équitablement les effets inéluctables de ces crises et tenter d'intervenir radicalement contre cette puissance avec laquelle les dirigeants des pays dits riches sont obligés de composer.
Vu sous cet angle, l'antisarkosisme n'est pas une sacrilège, mais une nécessité.
Ensuite je voudrais parler d'une autre facette présidentielle qui prête le flan à une animosité partagée par grand nombre d'électeurs, y compris ceux du candidat de droite, lequel a sauvé à plusieurs reprises l'euro, l'Europe et les pays méditerranéens.
Du Fouquet's au Crillon
Par exemple l'épisode du Fouquets's où il a fêté par réflexe de clan, son élection avec une tablée de ses mécènes, alliés et dirigeants dont les entreprises sont éligibles au CAC 40. Selon le Canard Enchaîné, les mêmes se sont réunis à l'hôtel Crillon, un petit hôtel pas cher, dimanche, avant le meeting de Nicolas Sarkozy. Une cinquantaine de membres du Premier cercle, le club des donateurs de l'UMP, 300 à 400 donateurs les plus généreux de l'UMP (ceux qui versent entre 3000 et 7500 euros par an, soit le plafond légal). « les grandes fortunes de France » dira F.Hollande, ont déjeuné, spontanément et on peut le croire. Selon l'UMP, 8 millions d'euros ont été engrangés par l'équipe de campagne du président sortant : 6 millions au titre du parti, et 2 millions au titre de l'association de financement du candidat, créée il y a un mois. En 2007, la somme s'élevait à 7 millions. .
Mensonges vains
Ce que les Français n'oublieront pas sera sa dernière rodomontade qui a été de dire à plusieurs reprises sous les bravos de ses militants, qu'il avait été personnellement sur le site de Fukushima, ce qui est faux et qu'il a dû sans vergogne piteusement infirmer. Une gaminerie (qui nous rappelle celle du Mur de Berlin) pour insister sur le fait que F. Hollande ne s'était pas rendu au Japon. Enfin, lorsqu' il va jusqu'à dire que son principal rival est « nul » et que sous son mandat, si les Français le souhaitent, la France subirait le même sort que la Grèce, pourquoi affiche-t-il tant de hargne, si ce n'est par une perte de sang froid évidente.
Sur le plan international
La présidence aura été marqué par la visite plus que protocolaire et pleine de contrats mirifiques, notamment une centrale nucléaire destinée au dessalement d'eau de mer, (et tombé à l'eau) de Mohamad Khadafi qu'il a fallu combattre plus tard sur l'injonction de BHL. Puis l'invraisemblable récitation du texte de Gainaut à Dakar et qui donne lieu aujourd'hui à timide désaveu. Ces épisodes, puérilités et propos de cours d'école additionnés vont peser dans la balance tout autant que le programme du P.S. Le revoilà plein de promesses et chacun d'entre-nous peut s'étonner qu'elles n'aient été appliquées durant son quinquennat.
Sauf retournement miraculeux de la tendance qui apparaît (hors les sondages qui sont tout de même unanimes) dans les rapports plus que privés des ambassades qui ont à leur disposition les études de leurs services secrets notamment ceux de la CIA par exemple ou ceux des R.G de France et de Navarre, Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu.
Aurons-nous alors la nostalgie de ce petit bonhomme électrisé, hâbleur et un pur produit de la bourgeoisie de ses tics, de son dandinement et se talonnettes ce Président qui a sauvé à plusieurs reprises l'euro, l'Europe et les pays méditerranéens ?
Enfin, laissera-t-il son nom dans l'Histoire. ?
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