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Accueil du site > Tribune Libre > L’avenir de la diffusion vidéo

L’avenir de la diffusion vidéo

 Dans les cinq ans à venir, les majors du cinéma jouent leur super-joker et leur peau. Une tentative en direct de hold-up planétaire.

La production cinématographique représentait en 2005 un chiffre d’affaires mondial d’environ 48 milliards $, dont 14% en salles et le reste en DVD et diffusion télévisée. La production audiovisuelle directement destinée à la télévision doit être du même ordre de grandeur. Jusqu’à il y a une dizaine d’années, son modèle économique était surtout le financement par la publicité dans la diffusion télévisée, les chaînes payantes et les VHS représentant une part assez faible. Cela a fait le bonheur des agences de publicité, dont le chiffre d’affaires mondial est un peu inférieur à 100 G$, avec presque la moitié à la télévision. Ensuite est venu le DVD qui représente en 2005 la moitié du marché du cinéma.

Puis Internet.

On assiste maintenant à une multiplication de tentatives liées à la diffusion vidéo sur Internet. Amazon, Disney, Apple, Free, TF1, Orange, la FNAC, tout le monde y va de sa petite annonce ces derniers mois. Télévision gratuite ou payante, VoD avec DRM, payante, gratuite avec publicité incluse, payante avec DVD postal en prime, par P2P comme venice, sans parler des modèles en kit comme Google-YouTube.

Avec quelques années de décalage liées à l’évolution des débits et la montée en puissance de l’ADSL (pour lequel on est maintenant à 11 millions d’abonnements en France) la vidéo suit la trajectoire de la musique il y a quelques années. C’est-à-dire que l’on essaiera tout ce qui est imaginable sauf vendre à un prix honnête.

Revenons sur la musique.

La technologie existe depuis six ans pour vendre sur le Net, et ça a pourtant beaucoup de mal à décoller. Pendant ce temps-là, le P2P se porte de mieux en mieux. Il est même impressionnant de constater l’augmentation du trafic depuis la publication de la DADVSI, qui semble avoir débloqué beaucoup d’hésitants.

Supposez que vous puissez souscrire un abonnement "musique illimitée" pour trois euros par mois, iriez-vous vous embêter à faire des copies chez vos voisins ? Cette somme couvrirait les droits divers au même niveau qu’actuellement (cf. article précédent). Pourquoi les majors ne se sont-ils pas précipités pour vendre des abonnements à ce prix-là dès 2000, alors que cela leur aurait évité des frais de contentieux et de DADVSI ? Si chaque major vend son propre abonnement, cela n’aura aucun intérêt pour le client. Il faut passer par des plates-formes généralistes, auprès desquelles les majors "placeraient" leurs produits. Le petit défaut là-dedans est : pourquoi les artistes qui le peuvent - en particulier les jeunes qui ne sont pas "sous contrat" - ne placeraient-ils pas eux-mêmes leurs oeuvres ? Les majors ont vu dans leur boule de cristal un avenir tout rose où ils ne figuraient pas. Dans leur idiome vernaculaire fleuri, ils se sont dit : "Over my dead body !" et se sont arc-boutés sur leur catalogue, dont ils possèdent les droits pour les cent ans à venir.

Non, non, il n’y a pas eu d’ententes. Quoi qu’en pense Mr Spitzer, c’est par pur hasard qu’ils se sont tous mis ensemble à vendre sur Internet au même prix que sur CD. Bien sûr, d’autres gens ont essayé de vendre à prix raisonnable, mais les majors détiennent 70% du catalogue actuel, et qui irait payer un abonnement pour 5% de nouveautés ? Le client, qui n’aime pas qu’on ne le prenne que pour un idiot, s’est tourné vers le P2P (maintenant "illégal") et a pris l’habitude de la gratuité. Les majors l’ont traité de "pirate", et il n’en pense pas moins. Les majors ont essayé de se rassurer en constatant qu’ils arrivaient à vendre un peu sur GSM et en Corée. Ca ne va pas aller bien loin. Le marché disparaît. Les meilleures offres actuelles sont autour de 10$ par mois pour deux ou trois millions de fichiers. Les prix baisseront progressivement, contraints et forcés, pour essayer de retrouver un public. Le temps que l’on arrive au tarif acceptable de 3$ par mois pour 100 millions de fichiers, le public payant et les artistes auront peut-être disparu. Requiescat in pace pour un marché qui n’aura duré que le XXe siècle.

La vidéo sera la même chose en bien pire, parce que le chiffre d’affaires est cinq fois supérieur, et parce que cela menace bien des gens : producteurs, diffuseurs, publicitaires... Et également parce que la vidéo alimente les gros tuyaux de bourrage de crâne que sont actuellement les chaînes de télévision, ce qui peut être politiquement utile dans bien des cas. Dans la plupart des offres payantes, on trouve de vieux navets à 3 ou 4 $, et des films un peu récents à 10$ ou 15$, c’est-à-dire pas trop loin du prix du DVD. Cela vous rappelle quelque chose ? Dès que quelqu’un réalisera une diffusion de masse, la MPAA lui tombera dessus avec des milliers d’avocats pour protéger ses tarifs.

Pendant ce temps-là, le P2P "illégal" continuera à prospérer. Le flicage a créé une sélection naturelle des meilleurs logiciels. Mondiaux, open-source, peu ou pas centralisés, capables de brouiller leurs protocoles, ils sont devenus irrépressibles. La majorité des vidéos qui passent à la télé sont différées. Le P2P est actuellement, et de loin, le meilleur vecteur pour le différé, car il n’induit presque aucune dépense de serveur. Il restera juste les infos et le sport. En plus, à mon avis, mais c’est là de la prospective, le P2P est capable de faire du direct de masse sans qu’il y ait besoin de l’Internet "à deux vitesses" voté aux Etats-Unis.

Il reste que les six majors du cinéma sont mieux armées que les quatre majors de la musique. D’abord, la production est très capitalistique et le ticket d’entrée élevé. Contrairement au cas de la musique, les majors sont vraiment les producteurs, et l’on ne produira pas sans elles. Ensuite, il reste des marges de progrès technique. Alors qu’il n’y a pas besoin d’améliorer la qualité d’un CD audio, la qualité vidéo peut progresser par rapport au DVD. Sur ce constat, les années à venir vont être la scène d’un superbanco de l’industrie cinématographique pour préserver, voire développer, le marché du DVD.

Ce pari est construit sur le trio HD-DVD / HDCP / Vista. Il peut se résumer de la manière suivante : le cryptage CSS du DVD est trop facile à décrypter (DeCSS a été programmé par un amateur adolescent). Il faut un cryptage solide et sans "trous analogiques". Ce sera donc, non pas AACS, mais HDCP. La caractéristique de HDCP est d’être décrypté par le téléviseur lui-même, qui lui consacrera un tiers de son électronique. Cela implique un renouvellement complet du parc de téléviseurs. Pour y arriver, le HDCP a été couplé dans les standards avec une meilleure définition des images, la "télé HD". Les majors espèrent que l’attrait de la HD sera suffisant pour que l’on ne remarque pas au passage les contraintes nouvelles induites, comme l’impossibilité d’utiliser un magnétoscope, et aucun choix de téléviseur HD sans HDCP ne sera proposé.

Cela implique des DVD de plus grande capacité. C’est pour cela que se développent actuellement deux standards, le HD-DVD (favorisé par Microsoft) et le Blue-ray (favorisé par Sony), tous deux capables de stocker de la vidéo HD.

Dans la mesure où ces nouveaux DVD devront quand même pouvoir être lus sur un ordinateur, cela implique également que l’on ne puisse pas écrire trop facilement un programme de décryptage sur celui-ci. Le système d’exploitation devra être "conscient" de la lecture d’un DVD HDCP et ne pas permettre d’en détourner les flux. Ce sera une des fonctions de la nouvelle version Vista de Windows. Pas question de lire de la HD sur Linux !

Sous couvert d’une amélioration de la qualité vidéo qu’il aurait été possible d’atteindre sans aucun changement de standard, nous allons assister à un essai de contrôler toute la chaîne vidéo domestique, mené conjointement par les majors, Microsoft et les fabricants de téléviseurs. Un hold-up planétaire en direct.

Le HDCP ne pourra être installé dans les DVD que quand une proportion significative du parc de téléviseurs aura été renouvelée. La date visée aujourd’hui est 2010. Il faut tenir encore trois ou quatre ans face au déferlement du P2P. Ce n’est pas gagné. D’ici là, les offres de VoD inintéressantes continueront à fleurir, au cas où.


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20 réactions à cet article    


  • fredleborgne (---.---.135.146) 31 octobre 2006 13:34

    Le hold up du cinéma, en particulier français, c’est de vouloir tout vérouiller (DRM), autoriser 0 copie, et faire payer, non seulement la taxe sur les supports dans toute l’europe (ARP ce week-end à Bruxelles) et « prier » les FAI de verser leur obole ( traduire par « Taxer avec l’aide de la loi dont les dépositaires sont corruptibles ou sur un siège éjectable »)

    Bref, faire payer ce qu’ils font et ce qu’ils ne font pas...


    • antoine (---.---.237.22) 31 octobre 2006 13:42

      Ce n’est pas un trio HD-DVD / HDCP / Vista, il manque le quatrième élément DADVSI ou toute loi voté par des lobbys au détriment de l’utilisateur.

      Heureusement ils nous restent l’arme ultime du CONsomateur, le boycott !!!


      • bourgpat (---.---.92.241) 31 octobre 2006 14:41

        Le dernier soucis et que l’on sort des référentiels de valeur.

        Comment aujourd’hui évalues t’on la pertinence d’une offre de vod. par rapport à la location physique.

        Mais celle ci possèdes de nombreux d’inconvénients que na pas la planche à billet qu’est la vod. Le premier le loueur à un stock de cassettes. Il ne loue que ce stock. Si trop de monde souhaite voir un même film il va rater des ventes en dehors d’autres ventes à l’occasion. (celui qui vient pour louer un disney n’est peut être pas intéressé par les infirmières sont des cochonnes 3 si son film est indisponible).

        De plus il est dépendant d’un certain territoire ou se trouve ces acheteurs. Un film en stock peu intéresser un acheteur sur un territoire différent. (Les infirmières sont des cochonnes 3 quelqu’un le recherche peut être dans une autre boutique).

        Il y a enfin le turn over. (En voyant les infirmières sont des cochonnes 3, tu te rappelle que tu n’a pas vu le 2 qui n’est plus en stock.)

        Donc nombre de vente et de location sont manquée ce qui justifie une rentabilité faible entre l’achat de la copie et le nombre de fois que l’on va la louer.

        La planche à billet permet d’ajuster l’offre à la demande et donc d’augmenter le nombre de vente. On à une meilleure rentabilité. On peut avoir un prix artificiellement élevé pour éviter une concurrence avec les loueurs de vidéo et les grandes enseignes vendant des dvd, mais ca devient voyant à la longue.

        Après, à qui vend t’on. Va t’on vendre de la même manière un produit à tout le monde. Le public principal de la vente sur internet, celui qui est prescripteur et initiateur est un public de férus de l’informatique. Et on cherche à lui vendre un produit qu’il ne veut pas enrichi aux drm. Le grand public lui se fout peut être des drm, mais il achète moins et moins facilement sur internet. C’est un peu comme essayer de vendre à un militant de greenpeace du mais ogm et ce demander pourquoi on rate une vente.

        Après il faut se créer un référentiel pour voir la véracité du prix. Un appartement sur paris coute cher à acheter (environ 75 000 euros). La location reste elle aussi chére (environ 600 euros par mois). une chambre d’hôtel coute un peu plus chére (environ 50 euros). Un dvd coute 20 euros à l’achat. combien doit couter sa location en vod. Le calcul reste à faire et il dépend des référentiels de chacun.


        • (---.---.139.136) 31 octobre 2006 16:53

          Nous le savons, vous le savez, ils le savent...

          Merci, Forest de ta patience. Personnellement, je n’en ai plus le temps ! Heureusement, avec l’informatique j’ai pu ressortir une de mes anciennes interventions (rien ne se perd...). en 3 actes :

          DADVSI janvier 2006

          Comment faisait MozART ?

          I) Derrière ce soi-disant débat, on nous parle protection artistique. Plus particulièrement les auteurs-compositeurs-interprètes. OK.

          II)ensuite, Rémunération de ces Artistes : licence globale (qui, pour moi, existe déjà par taxation des supports informatiques). Bon.

          III) Après Protectionnisme par clés(code,...). D’accord.

          Alors pour que cela soit bien clair pour tout le monde :

          I) Que représentent les artistes musiciens par rapport au monde du cinéma ? (en C.A.)

          Que représente le cinéma par rapport aux jeux vidéo ?

          Que représentent les jeux vidéo par rapport aux logiciels payants ?

          Que représentent les logiciels payant par rapport à l’open source ?

          Que représente l’open source par rapport au web ?

          Qu’est ce qu’est le web aujourd’hui ?

          II) C’est quoi d’être Artiste aujourd’hui ? Ou bien nous le sommes tous ou bien il n’y a plus personne.

          Car la créativité est confisquée depuis longtemps déjà, soit réservé à ceux qui en ont les moyens, soit, utilisé par les propagandes d’États.

          Mais n’est-ce pas les pantins, ou si vous préférer les bouffons de la République, qui sont le prétexte pour réglementé le système info ? (Avec toute la décence que je leur dois, car contrairement à ce que certains peuvent penser, j’ai un profond respect pour les Âmes sensibles.)

          III)quel est l’abruti de service capable de croire en un système informatique sans faille ?

          D’or et déjà, je me permets de vous affirmer (démonstration pour qui veut) qu’avec la technologie existante depuis plus de vingt ans je me permets de copier n’importe quel CD protection ou pas et de le transformer dans n’importe quel format et ceci pour très longtemps encore. ( Je ne vois vraiment pas pourquoi, je mettrais un original dans mon véhicule...)

          MozART, il jouait.

          Ce texte n’a pas pris une ride, contrairement à DADVSI qui est déjà plus que périmé.

          Il ne se passe pas un jour sans une fuite en avant sur le sujet. Les commenter est tous simplement impossible vu le nombre.

          DADVSI, nous a révélé les intentions des Politiques asservies par les Majors.

          Une guerre totale et sans merci est engagée. Chacun ses armes.

          Baisse des ventes DVD de 14% en octobre (officiel...).

          Mais le pire est toujours devant nous.

          Le débat à Athènes est un échec.

          Notre société dans son ensemble se retrouve confrontée à un dérèglement sans précédent qui ne peut que s’amplifier.

          Procès sur procès inutile et coûteux. Mais c’est peut-être la seule façon de gagner sa vie aujourd’hui...

          La bulle du net grossit de plus en plus vite. La leçon 2001 n’a pas servi.

          Plus grave, il ne reste plus qu’Intel pour les processeurs grands publics. Motorolat et IBM ont leurs créneaux. Le contrôle va pouvoir s’opérer d’une nouvelle façon... le piratage aussi. (et là, je parle des vrais pirates, pas des internautes en mal de culture)

          D’or est déjà, la presse est sous perf à coup de sub. Les radios et TV essaient, coûte que coûte, de récupérer le broadcast. déjà trop tard. L’information est ricaine point-bar. (mais vous l’avez déjà remarqué) Les blogs n’ont aucune chance d’éviter la censure, sauf que...

          Google, votre meilleur ami, se transforme en votre pire ennemi. (Contrôle, fichage, statistique,...) Votre service pub par excellence. Les FAI font de même. La CNIL, comme la SACEM, n’ont plus de sens. Virtualisées dans le tout numérique.

          La question qui reste : Quel est votre dépendance à l’informatique ? à vous d’y répondre.

          Philgri


          • pingouin perplexe (---.---.91.95) 1er novembre 2006 09:15

            Par rapport aux processeurs, il ne faut pas oublier AMD. Voici un lien : http://www.amd.com/fr-fr/

            ça vaut le coup d’oeil.

            Fonctionnement à une fréquence souvent - élevée pour des performances au moins comparables à la concurrence, et, à mon avis, matos un peu plus pérenne car + facile à refroidir et à maintenir à température de bon fonctionnement. Un bon choix alternatif, enfin, je crois.


          • (---.---.139.158) 1er novembre 2006 11:33

            À pingouin perplexe,

            Bien vu pingouin, mais pour info : Intel 76 % des processeurs, 23 % pour AMD.

            L’avance de Intel se situe plus dans la recherche et la gravure des processeurs. La nano, c’est l’enjeu.

            Philgri


          • pingouin perplexe (---.---.112.19) 4 novembre 2006 22:54

            A Philgri.

            Il me semble que l’avance dont vous parlez est suivie de près, notamment dans la gamme opteron quad core


          • pingouin perplexe (---.---.35.124) 12 novembre 2006 22:22

          • (---.---.156.171) 13 novembre 2006 11:37

            Bien reçu pingouin perplexe,

            Intel gravure 45nn, AMD 95nn ! à confirmer et je n’ai pas gardé le lien...

            philgri


          • fredleborgne (---.---.95.58) 31 octobre 2006 23:00

            @philgri

            Quel pessimisme !

            Que j’aimerai pouvoir te donner tort !


            • (---.---.141.105) 1er novembre 2006 11:04

              À fredleborgne,

              Pour certains, un pessimiste est un optimiste qui s’ignore.

              Mais pour ma part, décrire une sombre réalité, qui nous montre clairement la direction prise, ne relève pas d’un pessimisme.

              Le savoir se propage bien plus vite qu’à n’importe quelle époque. C’est une issue de secours.

              Les pouvoirs en places, commencent à s’en rendre compte. Dadvsi n’est qu’un pal reflet. (voir les mesures sur la BNF)

              Le déséquilibre enduit une incompréhension sans commune mesure. Chaos garanti sans prise de conscience citoyenne et réactions adéquates.

              N’essayons plus de conserver un système périmé et colmaté de toutes parts. Le navire a échoué, il n’avancera plus sous cette forme. C’est bien plus qu’une certitude.

              Les solutions existent, je les ai toujours affirmés. C’est cela mon optimisme. Je pensais simplement éviter la casse. Maintenant, je m’aperçois qu’elle est inévitable. Dommage.

              philgri.


            • Forest Ent Forest Ent 1er novembre 2006 17:55

              Pour ma part, je vois une amélioration à terme. Le comportement des majors est un comportement de perdants, pas de gagnants. Ils essayent d’empêcher la marée de monter. Ils seront balayés.

              Internet, comme tout progrès technique, apportera du bon et du mauvais. Mais il faut se réjouir qu’il fasse voler en éclats les moyens actuels de contrôle de l’information. Un nouvel équilibre de l’information se trouvera un jour qui ne sera pas seulement aux mains des puissants.

              En attendant, il faut féliciter les bénévoles d’Agoravox de toutes opinions, tendances et talents, qui contribuent à l’ouverture de l’information.


            • Johan Johan 2 novembre 2006 13:26

              A Forest Ent,

              Très bon article. Je me demandais si vous ne pensiez pas qu’à verrouiller le marché, il n’y avait pas le risque pour les majors de faire complètement éclater leur fonds de commerce ?

              Par exemple pour la musique : le catalogue est vaste et profond dans le temps, ce qui n’empêche pas les gens de se tourner vers eMusic, sans DRM (2ème aux USA avec 12% de parts de marché cette année et qui ne contrôle pas la diffusion ultérieure sur les réseaux Peer to Peer).

              Le risque est, il est vrai, plus grand pour l’industrie cinéma : ils sont les seuls producteurs à pouvoir assumer les super productions, en plus d’assumer des fonctions de production physique et de distribution (comme les majors du disque).

              Au final, si je crois que l’industrie musicale va finir par devenir à environ 50% indépendante (les consommateurs continuent à consommer de vraies daubes bien marketées : c’est fou ce qui passe à Skyrock ou NRJ !) ; les industries du cinéma vont s’en sortir.

              Quoique « l’analogic hole » existe toujours : je prends mon caméscope et je filme ma TV. Un ami m’a parlé de signaux visuels sur la HD, soi disant pour améliorer le confort mais qui pourraient servir à empêcher de « filmer son film », ou pourquoi pas, à donner le numéro de série de la TV.

              Sinon, ils peuvent toujours essayer de nous implanter des puces à décrypter dans le cerveau !

               smiley


              • Forest Ent Forest Ent 2 novembre 2006 17:24

                Je ne pense pas que les majors puissent gagner leur pari. Mais à long terme, il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour les vrais créateurs. Il y aura toujours une demande solvable, il faut juste trouver un moyen simple de la financer. Les musiciens et les studios de cinéma auront toujours du boulot.

                C’est la partie « industrielle » qui risque : fabrication, distribution et vente de CD et DVD, chaînes de télé, VoD, ...

                Quand à la pub télé, elle pourra survivre si elle se reconvertit très vite aux nouveaux vecteurs. Ce n’est pas gagné. En tout cas pour les majors actuelles.


              • (---.---.142.188) 2 novembre 2006 19:29

                À Forest ent,

                C’est un peu plus compliqué que cela, mais je rejoins en partie ton point de vu.

                Sur la rémunération des artistes musiciens : oui, il y a un problème. Pas insurmontable, mais qui demande de supprimer les intermédiaires actuels qui représentent plus de 90 % du prix actuel d’un CD !

                Pour les studios d’enregistrement, j’ai pu constater les dégâts. Reste encore quelques gros studios, avec une myriade d’homes studio de plus en plus nombreux et performants. Certains sont déjà in Line, c’est la prochaine grande évolution.

                Pour le Cinéma, c’est différent. Les coûts de prod sont bien plus élevés, mais en partie subventionnés. La vidéo par contre ouvre de nouvelles perspectives. À terme, c’est la mort du ciné d’hier, et l’ouverture sur l’imagerie virtuelle 3D. Les coûts vont chuter. Plus d’offres que de demande ! Que le meilleur gagne. Les frères lumières resteront un souvenir...

                Les jeux vidéo font déjà 3 à 5 fois le C.A. du cinéma. Encore de belles années, mais le piratage les guette.

                Autre grande évolution. Fin des supports matériels (CD, DVD, Disque dur...) Changement radical de nos pratiques et donc du marché.

                Pour la pub le changement va être radical. Vont-ils voter encore des lois types Dadvsi, pour nous obliger à regarder la pub ?

                Mais, nous aurons certainement le choix d’avoir des programmes gratuits avec pub, ou payants sans. Le tout sur mesure.

                Une fois de plus, ne jamais oublier que c’est l’utilisateur consommateur qui fera l’offre par sa demande. La qualité suivra suivant ses exigences... Espérons une concurrence nombreuse et une offre diversifiée.

                gros dangers : Fermeture des offres étrangères. gluck ! inconcevable pour ma part. à suivre... Le contrôle prend aussi une tournure inquiétante.

                Le P2P sera vraisemblablement le grand vainqueur d’un monde libre. Mais voulons-nous cette Liberté ?

                Philgri


              • Forest Ent Forest Ent 9 novembre 2006 02:47

                Euh, en fait, le direct en p2p, ce n’est pas de la prospective, ça existe déjà :

                http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39364597,00.htm


                • (---.---.140.173) 13 novembre 2006 11:17

                  J’en suis plus que conscient et depuis longtemps. Quelques chiffres :

                  En 2003 plus de 57 milliards de téléchargements dans le monde !

                  En 2004, environ 11 millions d’internautes en France téléchargent de la musique sur la toile (soit plus de 40% des internautes). Une hausse de 20% par an !

                  En Europe (2005), le téléchargement P2P représente environ 60% de toute la bande passante.

                  Lorsqu’il s’agit de partager des fichiers grâce au P2P, les Français dominent avec une occupation impressionnante de 90% de la bande passante montante quelle que soit l’heure de la journée et de 85% dans le sens téléchargement !

                  Depuis DADVSI, et comme prévu, aucun internaute n’a été condamné sur les millions de téléchargements par semaine !

                  Échec et Mat pour DDV, Major et consorts.

                  Pourquoi faut-il enfoncer le clou ? Il s’agit tout simplement de notre mémoire culturelle collective !

                  En effet, il n’y a que les internautes, avec l’outil P2P, pour préserver notre patrimoine culturel commun. ex:Certains 75T 33T et 45T sont d’ores et déjà introuvable sur le marché officiel.

                  Il est hors de question de laisser des groupes fragiles comme Google, Vivendi ou autres, pour nous gérer ce patrimoine. Comme nous l’avons constaté, ils n’ont qu’un souci de rentabilité et nous vendent de la pub avant toutes choses.

                  Une des règles N°1 dans la sécurité informatique, c’est de multiplier les sauvegardes. Avec le P2P, ce problème n’a plus lieu d’être, car les fichiers sont redondants.

                  Cet argument n’est pas suffisamment expliqué et répandu. je compte sur vous tous pour la diffuser.

                  Les pouvoirs mondiaux en places, ont déjà perdu cette manche. Ils ne veulent pas l’avouer. Tant pis pour eux. De nouvelles surprises les attendent. L’union faisant la force ils n’ont aucune chance d’y faire face. Aujourd’hui, ils ne cherchent qu’à noyer le poisson. Puisque c’est la guerre, chacun ses armes.

                  Pour la France, le droit d’auteur est en train de disparaître au profit du copyright. La Sacem n’y peut plus rien. Comment taxer des flux gratuits ? 1000x0= 0 c’est la règle...

                  La Fnac propose un streaming musical à moins de 10 euros par mois. Dix fois trop chères ! désolé...

                  Les radios et TV, principaux vecteurs de promotion des majors et des publicites changes de mains.

                  Il y a une certaine logique dans la philosophie du langage musical et il va bien falloir la comprendre un jour. Mais apparemment, il est encore trop tôt pour l’expliquer.

                  Le cinéma, les bibliothèques, les logiciels sont aussi dans la tourmente. Fallait comprendre avant. Maintenant, c’est beaucoup trop tard.

                  J’ai agi et attendu une réaction saine, comme des millions d’internautes et depuis plus de 20 ans. Maintanant nous passons pardessus et sans état d’âme.

                  Le tiers monde arrive. Ils n’ont pas les mêmes scrupules, les mêmes lois, les mêmes besoins. Et moi, je leur dis bienvenue, car ils ont plein de bonnes choses à nous apporter.

                  Écoutez, les polyphonies pygmées par exemple, et Mozart pourra enfin dormir en Paix...

                  Adieu conservatoire, Adieu interprètes préfabriqués... Adieu startmachin, adieu petit monde du showplayback et de la propagande.

                  La musique c’est le langage de la vie, pas de la mort... À consommer sans modération et gratuitement.

                  DDV, vous avez pris les musiciens comme prétexte, en pensant que...

                  Occupez-vous de reclasser vos majors, Sacem et intérêts... Tax-âge, pé-âge, format-âge,..., c’est fini. Il suffit de voir le nombre de téléchargement des logiciels P2P pour le comprendre. N’essayez pas de le réglementer dans la position dans laquelle vous vous trouvez, vous n’êtes plus crédible.

                  Il n’y a qu’une chose : supprimer DADVSI et vite. (avant les présidentiels)

                  À très bientôt, sur un flux libre et gratuit.

                  Philgri


                • Forest Ent Forest Ent 14 novembre 2006 03:29

                  Je souscris entièrement à tout ceci. smiley


                • Witoki (---.---.135.83) 15 janvier 2007 18:16

                  Tiens, marrant, nous n’avons pas encore vu Demian sur cet article ; Monsieur West, nous écouterions bien votre avis sur la question !

                  D’accord avec Philgri ; les modèles économiques et éthiques du libre sont rodés et justes pour le logiciel ; un petit effort encore pour les adapter à la culture !


                  • Charley (---.---.242.46) 22 février 2007 15:33

                    Allez voir le dernier David Lynch, tourné en numérique comme un amateur, monté par lui même, et pas financé par Holliwood. De même le cinéma Africain qui utilise les téléphones portables et de petits camescopes. Bref avec le numérique, il est possible de faire de belles choses sans de gros moyens.

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