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Accueil du site > Tribune Libre > L’hégémon américain va se lancer dans une guerre hybride et totale (...)

L’hégémon américain va se lancer dans une guerre hybride et totale contre les BRICS

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L’hégémon Américain et ses think tanks, enivrés par le pouvoir qu’ils s’attribuent, annoncent toujours à l’avance ce qu’ils préparent : une guerre hybride totale

Les spécialistes des think tanks américains ne sont pas vraiment familiers de Montaigne :

« Sur le plus haut trône du monde, nous ne sommes encore assis que sur nos fesses. »

L’orgueil conduit ces spécimens à présumer que leurs fesses flasques sont placées au-dessus de celles des autres.

Le résultat est qu’un mélange caractéristique d’arrogance et d’ignorance finit toujours par démasquer la prévisibilité de leurs prévisions.

Les think tanks américains, enivrés par l’aura de pouvoir qu’ils s’attribuent, annoncent toujours à l’avance ce qu’ils préparent  :

OTAN VS BRICS
Pays de l’OTAN (bleu) VS BRICS (rouge).

Il est toujours pénible de subir les rêves humides et intellectuellement superficiels du « Think Thank Land » qui se font passer pour des « analyses », mais dans ce cas particulier, les principaux acteurs du Sud doivent être fermement conscients de ce qui les attend.

Comme on pouvait s’y attendre, toute l’« analyse » tourne autour de l’humiliation imminente et dévastatrice pour l’hégémon et ses vassaux : ce qui se passera ensuite dans le pays 404, également connu – pour l’instant – sous le nom d’Ukraine.

Le Brésil, l’Inde, l’Indonésie et l’Arabie saoudite sont considérés comme « quatre grands hésitants » dans la guerre par procuration que mènent les États-Unis et l’OTAN contre la Russie.

C’est toujours la même rengaine du « vous êtes avec nous ou contre nous ».

Mais on nous présente ensuite les six principaux coupables du Sud [Swing states] :

  • Brésil,
  • Inde,
  • Indonésie,
  • Arabie Saoudite,
  • Afrique du Sud
  • et Turquie.

Dans un autre remix grossier et religieux d’une expression à la mode concernant les élections américaines, ces États sont qualifiés d’États clés dont l’hégémon aura besoin pour séduire, cajoler, intimider et menacer afin d’assurer sa domination de « l’ordre international fondé sur des règles ».

L’Arabie saoudite et l’Afrique du Sud ont été ajoutées à un rapport précédent portant sur les « quatre principaux pays qui restent à l’écart ».

Le manifeste des « swing states » note que tous ces pays sont membres du G-20 et « actifs à la fois dans la géopolitique et la géoéconomie » (Oh vraiment ? Voilà une nouvelle de dernière minute).

Ce qu’il ne dit pas, c’est que trois d’entre eux sont membres des BRICS (Brésil, Inde, Afrique du Sud) et que les trois autres sont des candidats sérieux pour rejoindre les BRICS+ : les délibérations seront accélérées lors du prochain sommet des BRICS qui se tiendra en Afrique du Sud au mois d’août.

Le manifeste du « swing state » est donc clair : il s’agit d’un appel aux armes pour la guerre américaine contre les BRICS.

OTAN

Les BRICS ne font pas le poids

– Le manifeste des « swing states » fait des rêves de délocalisation et de « friend-shoring » au détriment de la Chine.

C’est absurde : le renforcement des échanges intra-BRICS+ sera désormais à l’ordre du jour, en particulier avec l’élargissement de la pratique des échanges en monnaies nationales (voir Brésil-Chine ou au sein de l’ANASE), première étape vers une dédollarisation généralisée.

– Les « swing states » sont caractérisés comme « n’étant pas une nouvelle incarnation » du Mouvement des non-alignés (MNA), ou « d’autres groupements dominés par le Sud, tels que le G-77 et les BRICS ».

Il s’agit d’une absurdité exponentielle.

Il s’agit des BRICS+, qui disposent désormais des outils (y compris la NDB, la banque des BRICS) pour faire ce que le Mouvement des pays non alignés n’a jamais pu accomplir pendant la guerre froide : établir le cadre d’un nouveau système contournant Bretton Woods et les mécanismes de coercition interdépendants de l’hégémon.

– Quant à l’affirmation selon laquelle les BRICS n’ont pas « beaucoup de punch », elle ne fait que révéler l’ignorance cosmique du Think Tank Land américain sur ce que sont les BRICS+.

La position de l’Inde n’est envisagée qu’en tant que membre de la Quadrilatérale, définie comme un « effort dirigé par les États-Unis pour équilibrer la Chine ». Correction : contenir la Chine.

– Quant au choix des « swing states » entre les États-Unis et la Chine pour les semi-conducteurs, l’IA, la technologie quantique, la 5G et la biotechnologie, il ne s’agit pas d’un « choix », mais du niveau auquel ils sont capables de soutenir la pression de l’hégémon pour diaboliser la technologie chinoise.

La pression sur le Brésil, par exemple, est beaucoup plus forte que sur l’Arabie saoudite ou l’Indonésie.

En fin de compte, on en revient à l’obsession straussienne des néocons : l’Ukraine.

Brics

– Les « swing states », à des degrés divers, sont coupables de s’opposer et/ou de saper la démence des sanctions.

La Turquie, par exemple, est accusée d’acheminer des produits à « double usage » vers la Russie.

Pas un mot sur le système financier américain qui force vicieusement les banques turques à ne plus accepter les cartes de paiement russes MIR.

– Sur le front des vœux pieux, cette perle se distingue parmi d’autres : « Le Kremlin semble croire qu’il peut gagner sa vie en orientant son commerce vers le sud et l’est ».

La Russie gagne déjà très bien sa vie dans toute l’Eurasie et dans une vaste partie de l’hémisphère Sud  :

  • L’économie a redémarré (les moteurs sont le tourisme intérieur°, la construction de machines et l’industrie des métaux) ;
  • l’inflation n’est que de 2,5 % (plus faible que partout ailleurs dans l’UE) ;
  • le chômage n’est que de 3,5 % ;
  • la directrice de la Banque centrale, Elvira Nabiullina, a déclaré que d’ici 2024, la croissance sera revenue à ses niveaux d’avant l’OMU.

Le Think Tank land américain est congénitalement incapable de comprendre que même si les nations BRICS+ ont encore de sérieux problèmes de crédit commercial à régler, Moscou a déjà montré comment un soutien ferme, même implicite, d’une monnaie peut instantanément changer la donne.

La Russie soutient non seulement le rouble, mais aussi le yuan.

Pendant ce temps, la caravane de la dédollarisation du Sud avance sans relâche, même si les hyènes de la guerre par procuration continuent de hurler dans l’obscurité.

Lorsque l’ampleur de l’humiliation de l’OTAN en Ukraine apparaîtra au grand jour, probablement au milieu de l’été, le train à grande vitesse de la dédollarisation affichera complet, sans arrêt.

États-Unis-OTAN-Hégémon

« L’offre qu’on ne peut pas refuser » à nouveau sur la table

Comme si tout ce qui précède n’était pas déjà assez stupide, le manifeste des « swing states » redouble sur le front nucléaire, les accusant de « risques futurs de prolifération nucléaire » : en particulier – qui d’autre – l’Iran.

Au fait, la Russie est définie comme une « puissance moyenne, mais en déclin ». Et « hyper-révisionniste » de surcroît.

Avec de tels « experts », les Américains n’ont même pas besoin d’ennemis.

Et oui, à ce stade, vous êtes peut-être excusé de mourir de rire :

La Chine est accusée de tenter de diriger et de coopter les BRICS.

La « suggestion » – ou « l’offre qu’on ne peut pas refuser », à la manière de la mafia, faite aux États en transition, est qu’ils ne peuvent pas rejoindre un « organisme dirigé par la Chine et assisté par la Russie, qui s’oppose activement aux États-Unis ».

Coopération Sino-Russe VS États-Unis- Poutine- Xi VS Biden

Le message est sans équivoque :

« La menace d’une cooptation sino-russe d’un BRICS élargi – et, à travers lui, du Sud – est réelle et doit être prise en compte. »

Et voici les recettes pour y remédier.

  • Inviter la plupart des États en transition au G7 (ce fut un échec cuisant).
  • Accroître les visites de haut niveau des principaux diplomates américains.
  • Mise en place d’une stratégie commerciale plus rapide qui commence à briser l’écrou de l’accès au marché américain.

Le manifeste du « swing state » ne pouvait que laisser sortir le grand chat du sac, en prédisant, plutôt en priant, que « les tensions entre les États-Unis et la Chine augmentent de façon spectaculaire et se transforment en une confrontation du type de la guerre froide ».

C’est déjà le cas, sous l’impulsion de l’hégémon.

Quelle serait donc la suite ?

Le « découplage », tant recherché et si souvent évoqué, qui obligerait les États en ballotage à « s’aligner plus étroitement sur l’un ou l’autre camp ».

C’est encore une fois « vous êtes avec nous ou contre nous ».

La guerre hybride 2.0 contre le Sud n’a même pas commencé. Vous avez tous été prévenus.

Pour approfondir la question de l’hégémonie américaine, visionnez de toute urgence notre dernier entretien avec Youssef Hindi, dans le cadre de la sortie de son dernier ouvrage, La Guerre des États-Unis contre l’Europe :

Source : Pepe Escobar

https://geopolitique-profonde.com/


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14 réactions à cet article    


  • tashrin 20 juin 2023 12:03
    L’hégémon américain va se lancer dans une guerre hybride et totale contre les BRICS

    Sauf que ce coup ci, ils sont pas favoris...


    • Rodolphe de Gérolstein Twilight Zone 20 juin 2023 13:01

      L’hégémon américain va se lancer dans une guerre hybride et totale contre les BRICS
      +++++++

       

      Ne faisant pas partie des BRICS, je ne peux qu’approuver cette démarche.


      • SilentArrow 20 juin 2023 15:13

        @Twilight Zone
         

        Ne faisant pas partie des BRICS, je ne peux qu’approuver cette démarche.

        Vous êtes un personnage inquiétant. Qu’est-ce qu’ils vous ont fait, la BRICS pour mériter une guerre hybride et totale ?

      • tashrin 20 juin 2023 15:29

        @SilentArrow
        Bah quand on est occidental, on vit sur le dos du reste de la planete depuis 50 ans. Le rééquilibrage en cours ne va clairement pas se faire à notre profit, on est devenus insignifiants à tous points de vue : demographique, économique, militaire, technologique, financier, ideologique, etc...
        Ca n’est que normal et juste, bien entendu. Mais yen a qui sont pas prets... et s’accrochent aux vieux modeles en esperant que ca va perdurer


      • Lynwec 20 juin 2023 15:38

        @SilentArrow

        Cherchez pas, ou plutôt cherchez à quoi correspond le R de BRICS . Vous ferez ainsi la « lumière » sur les origines de ce parti-pris...
        Cela dit, il y a loin de la coupe aux lèvres, et comme on le voit avec l’Ukraine terrassant la Russie, les effets d’annonce fonctionnent souvent moins bien dans la réalité .
        Après, faut les comprendre, un grippe-sous n’aime jamais voir son tas d’or baisser d’un cran, et l’extorsion, c’est une habitude tellement bien ancrée...


      • mursili mursili 20 juin 2023 17:04

        @Lynwec

        un grippe-sous n’aime jamais voir son tas d’or baisser d’un cran, et l’extorsion, c’est une habitude tellement bien ancrée...

        Ah non ! vous n’allez pas encore nous ressortir les vieux clichés anti-auvergnats aux relents nauséabonds !


      • Étirév 20 juin 2023 13:57

        « I » comme « Illusion »
        AVANT : Nous voila parvenus à l’époque contemporaine et à la prédominance de la culture occidentale, plus précisément anglo-saxonne, portée à l’extrême dans son expression américaine et au règne du dollar voué à la production effrénée et au négoce des quantités. D’abord, à la suite de la première guerre mondiale, où beaucoup de pays n’ont plus d’or, puis suite au krach boursier de 1929, le système monétaire qui était basé sur l’or s’effondre. Survient la deuxième guerre mondiale, avec la même conséquence que précédemment, et, au sortir de la guerre, les États-Unis, qui occupent une position de supériorité incontestable, imposent le dollar qui, seul, est convertible en or. Puis, à la suite de diverses péripéties impliquant de nombreuses banques et banquiers occidentaux, la convertibilité du dollar en or est abandonnée en 1971 et la disparition du système monétaire international engagée. Le dollar « $ » règne en maître.
        Faisons remarquer que le sigle du Dollar n’est pas un « D » mais un « S » comme... « Serpent » ou « Snake », dans sa version US ; ce « S » est barré de deux traits verticaux : n’y aurait-il pas là une allusion à peine voilée aux colonnes du fameux Temple de « S », celui du veau d’or, et à ses non moins fameux « marchands » ?
        APRÈS : Le « roi » Dollar va progressivement intégrer sous sa bannière toutes les autres monnaies et leur imprimer consciemment ou inconsciemment les symboles inversés de la contre-tradition, à savoir 2 barres, parfois simplifiées en un seul trait, au travers des monnaies modernes. Tout d’abord, la livre sterling « £ », qui au milieu de son sigle L, fut dès avant la première guerre mondiale, la première à introduire une barre en travers du L. Puis, dans un espace de temps relativement court, l’euro « € », qui inscrit deux barres dans son travers, le yen japonais deux barres sous le Y, le yuan chinois une barre sous son Y, le rouble russe et sa deuxième barre sous celle qui termine la boucle du P, et pour finir, en 2009, la roupie indienne, une barre sous le R de roupie en dévanagari. Ainsi, le pays dernier refuge de la tradition, s’abandonne officiellement aux démons du monde moderne. Citons la déclaration que fit M. Ambikar Soni, ministre indien de l’époque : « le nouveau symbole donnera à la monnaie indienne son identité propre. Il distinguera la roupie des autres monnaies et mettra en lumière la force et la mondialisation de l’économie indienne ». Maintenant, il faut bien comprendre que tous ces sigles et symboles monétaires internationaux ne sont que des signes d’allégeance et de soumission au roi dollar, nouveau roi du monde inversé.
        Tant que le destin des monnaies restera l’apanage des banquiers mondialisés, et continuera en conséquence à échapper aux peuples qu’elles contraignent, nous assisterons à la continuation de la mise sous tutelle financière, économique, juridique et politique de ces derniers... c’est-à-dire, et en définitive, à leur esclavage.
        Si l’on retourne aux fondamentaux, il apparaît en effet que la monnaie, et son pendant qu’est la dette, conjuguée au principe de l’entreprise anonyme qu’elle a juridiquement autorisé à se mettre en place, sont les armes du servage d’aujourd’hui au même titre que l’épée et la lance étaient celles du servage d’hier.
        Blog


        • anaphore anaphore 20 juin 2023 16:41

          S’attaquer aux BRICS n ’est plus dans les moyens des Anglo-nazis .... Trop tard, la fenêtre de tir s’est refermée *


          • Com une outre 21 juin 2023 07:11

            C’est une guerre perdue d’avance, à cause des multinationales américaines. En effet, elles n’ont aucune intention de rompre par exemple avec la Chine, comme Elon Musk l’a montré. Pas question pour elle de perdre des milliards de dollars comme Mc Do viré de Russie. Pas question de se priver de matières premières indispensables à leur enrichissement. Les américains vont devoir subir la reconfiguration économique mondiale et trouver des nouveaux modes de fonctionnement, si il veulent préserver au moins en partie leur richesse.


            • Eric F Eric F 21 juin 2023 10:31

              @Com une outre
              En effet, les mégaentreprises les plus influentes étant multinationales, et de plus en plus implantées dans les pays non-occidentaux, la guerre des blocs n’est pas de leur intérêt (du reste le WEF est pour la coopération internationale, et non les conflits au profit de l’occident).


            • Enki Enki 26 juin 2023 07:30

              @Eric F

              du reste le WEF est pour la coopération internationale, et non les conflits au profit de l’occident)


              Ouais...
              Relisez Charybde et Scylla, la métaphore qu’on n’enseigne jamais.
              Vous n’aurez plus rien en 2030 et ça va vous rendre heureux qu’ils disent.... Et c’est « vous », n’est-ce pas, et non pas « tous ensemble ouais, ouais ». 
              Le planning mondialiste avance très bien, surtout le contrôle et la dépouille numérique progressive dans tous les aspects de la vie, pendant que le mainstream agite le bétail avec le woke.
              Sans doute que le WEF va devoir réduire la voilure géographique avec le nouvel échiquier géopolitique que présente l’auteur de l’article.
              Mais le broyage de l’UE est commencé, façon bois raméal fragmenté, à la fois par Washington et par le WEF.

            • zygzornifle zygzornifle 21 juin 2023 09:21

              Après la Toyota hybride voila la guerre hybride, elle a combien d’autonomie ? ....



                • placide21 21 juin 2023 16:39

                  Le « monde libre » est en fait un territoire occupé : https://reseauinternational.net/le-monde-libre-est-en-fait-un-territoire-occupe/

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