L’indépendance bretonne : mission impossible ?
Relançons la polémique !
Je me suis beaucoup amusé à la lecture des commentaires reçus suite à mon petit article du 23 novembre concernant la possibilité de l’indépendance bretonne. Je dois préciser d’emblée que mon propos n’était pas de prendre parti mais d’affirmer, en réaction à l’article de docteur No, que l’indépendance bretonne, quoique fort improbable, n’était sans doute pas IMPOSSIBLE.
Je souhaite donc préciser ma pensée et je vais tenter au mieux de démontrer la non impossibilité de l’indépendance bretonne de façon rationnelle et cohérente, ou tout au moins d’illustrer mon propos de manière instructive.
Ne dit on pas que « le passé est le garant de l’avenir » ? Si nous prenons le temps de nous pencher soigneusement sur le passé historique de la Bretagne, force est de constater que la Bretagne a déjà été une nation souveraine, globalement entre le neuvième et le quatorzième siècle. Bien entendu les historiographes français ont systématiquement occulté ou minimisé l’importance de cette réalité factuelle. L’union officielle de la Bretagne au royaume de France a été introduite par le contrat de mariage d’Anne de Bretagne qui était un document de nature éminemment politique dont le but essentiel était de préserver une certaine autonomie bretonne. Est il inutile de préciser qu’à cette époque le développement économique et culturel de la Bretagne était égal voir supérieur à celui du royaume de France ? Pour s’en convaincre il suffit de visiter le château d’Amboise, il offre le spectacle saisissant de l’hermine bretonne sculptée sur les murs somptueux du château avec la même emphase et le même respect que le lys de France. Aucune préséance du lys sur l’hermine, cette affirmation lapidaire aisément observable met en perspective le rapport de force entre la Bretagne et la France durant la vie de la reine Anne. Il n’y a dans cette observation simple aucune place pour la polémique, les faits parlent d’eux même.
Assujettie au pouvoir monarchique français la Bretagne s’est progressivement et inéluctablement appauvrie. C’est ainsi que Jean de la Fontaine, en 1668, dans le livre 6 de ses fables commet « Le charretier embourbé », fable dans laquelle il donne indirectement son opinion de la Bretagne.
« Le phaéton d’une voiture à foin Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin De tout humain secours : c’était à la campagne, PRÈS D’UN CERTAIN CANTON DE LA BASSE BRETAGNE, APPELÉ QUIMPER-CORENTIN, On sait assez que le destin Adresse là les gens quand il veut qu’on enrage Dieu nous préserve du voyage ! »
Aux environs de 1668 la Bretagne vue par un poète de cour n’était donc qu’une contrée rébarbative à éviter en priorité. Même dieu est impliqué pour justifier la déchéance bretonne. Cet éloquent extrait des fables de La Fontaine nous transporte aux antipodes des hermines du château d’Amboise.
Cependant je vous propose de faire une pause salutaire à la réflexion. Je vous reviendrai plus tard avec la suite de cet article.
à bientôt.
Kenavo.
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