L’intention ne se choisit pas
Ce constat m'ait venu via 2 impulsions.
La première lors d'un échange, j'ai clairement observé que l'intention n'est pas une notion qui se choisit mais une notion qui s'entend.
Le premier niveau de cette confusion vient du rapport à la responsabilité. Un individu qui se considère comme responsable des conséquences de ses actes (au sens de potentiellement capable de poser une bonne ou une mauvaise action), se doit de choisir une intention en cohérence avec un système de valeur validé par le groupe (auquel il appartient), dans le but de ne pas être blâmé donc rejeté par ce groupe.
On entre alors dans la ronde du « qui dois-je être pour être reconnu », qui renvoie au « dites-moi ce qui est bien et ce qui est mal que je sache ce que je dois être » !
Le second niveau de cette confusion vient de l’oubli du lien qui nous unit avec l'ailleurs, l'envers ou encore le plan élargi, enfin on le nomme comme on veut !
Nous sommes chacun ici pour apporter quelque chose d'unique à ce monde. Notre originalité, notre particularité enrichit l'expérience collective et c'est lorsque nous acceptons de vivre consciemment cette exclusivité que nous pouvons percevoir en conscience la danse de l'univers qui nous accouche et nous enlace.
Notre originalité est « facile » à vivre lorsqu'elle n'entre pas en contradiction avec la morale de notre groupe, mais lorsque ce n'est pas le cas, nous inventons le choix de ne pas être fidèle à ce qui nous anime profondément et ainsi nous jouons à « par-être » ce que nous supposons que les autres attendent de nous.
Ce schisme du conscient est à l'origine de bien des déconvenues car il existe un niveau (que j'appelle énergétique) sur lequel il nous est impossible de « par-être » autre chose que ce que nous sommes. Ce niveau est prépondérant au plan sur laquelle nous avons l'habitude de poser notre attention bien qu'il soit possible d'avoir conscience des mouvements qui s'y jouent. Sur ce plan énergétique (inconscient dans sa majeure partie) nous irradions toujours ce que nous sommes dans notre unique particularité et les autres nous accueillent bien en fonction de ce que nous jouons à ce niveau-là.
Voilà pourquoi, il est possible d'avoir l'impression d'offrir de la tendresse et de vivre l'expérience de recevoir de l'agressivité et/ou du rejet. Voilà pourquoi il est possible de croire faire son maximum pour atteindre un objectif et de vivre l'expérience « d'échouer grossièrement » etc...
L'intention ne se choisit pas au niveau conscient, elle provient de ce que nous sommes au-delà du personnage et ne peut être ignorée au moins sur le plan énergétique. Ce que le conscient peut « faire », c'est ETRE à l'écoute de ce que lui fait vivre l'instant et s'abandonner à expérimenter ce qu'il ressent comme juste, au-delà de toute morale ou bienséance.
La deuxième impulsion vient d'une citation de Jiddu krishnamurti qui a fini d'enfoncer le clou de mon ressenti :
« Là où il y a choix, il n’y a pas liberté.
Le choix implique la confusion, pas la clarté.
Quand on voit très clairement quelque chose, il n’y a pas de choix, il n’y a que l’action.
Seul un esprit confus choisit. »
Hors mis le sous-entendu sur la possibilité d'une liberté absolue (qui pourra faire l'objet d'un autre sujet), JK exprime ici l'idée évoquée plus haut : le personnage n'est pas ici pour choisir mais pour vivre, ressentir, se laisser traverser par ce que les autres niveaux ont déjà programmé pour lui.
L'expérience de « ce qui est » gagne en clarté à mesure que l'attention se pose toujours plus sur les interactions entre celui qui s'identifie au personnage et les autres parts qui le caractérisent sur d'autres plans.
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