La charité du Führer
Il manque encore 7,5 milliards d’euros. Qu’à cela ne tienne. Pour la bonne cause, Madame « conflits d’intérêts », Ursula von der Leyen, ancienne « Ministre fédérale allemande de la Défense » et actuelle Présidente de la « Commission européenne », s’est convertie en fée marraine.
On connaît le principe du téléthon, cette collecte charitable de fonds pour la recherche sur des maladies génétiques rares, inventée dans les années 50 aux Etats-Unis, recherche dont le capitalisme n’a pas envie de s’encombrer, car pas assez rentable.
Sous la houlette du sémillant milliardaire et philanthrope à la retraite, Bill Gates, et sa fondation « Bill and Melinda Gates Foundation », un dérivé du mouvement des « nerds » hippie de la côte Ouest, Madame « conflits d’intérêts », qui, avec ses sept enfants devrait, comme la défunte Magda, se soucier davantage de la surpopulation de la terre, appelle donc à la générosité des contribuables pour lever des fonds, destinés à la recherche d’un vaccin contre un virus particulier d’une sous-famille des « Coronaviridaes » dont manifestement on sait si peu, mais qu’importe. (Wikipedia)
Reçu d’abord par le regroupement des établissements de radiodiffusion de droit public de la République fédérale d’Allemagne « ARD » pour une interview exclusif de dix minutes, le messie de Seattle, fut ensuite reçu, de manière tout ce qu’il y a de plus officiel, en audience spéciale, par la Chancelière Angela Merkel, en soutien de son projet de vaccination de 7 milliards d’habitants de la terre. Le Führer n’aurait pas fait mieux.
Dans la précipitation de l’urgence, l’ancien apprenti bancaire, néanmoins ambitieux « Ministre de la santé » du gouvernement Merkel, Jens Spahn, s’apprête à proposer au Bundestag une modification de la « loi sur la protection de la population contre des situations épidémiologiques exceptionnelles » en suggérant, entre autres, une sorte de « passeport immunologique », qui inviterait ses compatriotes à la vaccination volontaire contre « on ne sait pas encore trop contre quoi », passeport qui donnerait accès à toutes sortes de privilèges, tels que, par exemple, l’exercice d’une profession dans le domaine de la santé ou le déplacement ou non dans certains pays. Le catalogue des privilèges serait extensible et sujet à discussion.
Par ailleurs, les assurés des caisses maladie profiteront d’une « modernisation » de la loi sur l’approvisionnement digital, transposable dans le domaine de la santé publique, sous forme de mise en place d’une « infrastructure télématique ».
Toutefois, le législateur allemand s’attend, d’après les calculs actuariels savants de l’industrie de l’assurance, à une augmentation sensible des primes, due à un « risque accru », augmentations qui seraient, malheureusement, à la charge des assurés, à l’exception bien-sûr de ceux qui seront en mesure de prouver être au bénéfice des diverses subsides « Hartz IV », prévues à cet effet.
Point de contact pour les Länder de cette « nouveauté législative » serait le centre épidémiologique « Robert Koch » un institut de recherche, attaché au « Ministère de la santé », organisme fondé en 1891 en tant que « Institut pour maladies infectieuses du Royaume de Prusse ».
Nommé d’après le médecin allemand Robert Koch, lauréat du Prix Nobel de médecine, découvreur du « bacille de Koch » ou « Mycobacterium tuberculosis », la bactérie responsable de la tuberculose, certains épisodes peu glorieux de l’institut, méritent, dans le contexte actuel de l’urgence urgente, un éclaircissement éclairé.
En 1935 l’institut fut intégré au Ministère de la santé du « Troisième Reich », intégration suite à laquelle l’ensemble du personnel se convertit sur-le-champ à l’idéologie national-socialiste. Sous la houlette du médecin SS du Reich, Ernst-Robert Grawitz, l’institut procéda à un certain nombre d’essais cliniques sur des patients de certains hôpitaux psychiatriques, ainsi que sur des prisonniers des camps de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen et Buchenwald, en leur injectant le bacille du typhus pour des motifs de recherche médicale.
Dans le cadre d’un essai clinique d’une série de nouveaux types de vaccin, Claus Schilling, directeur du département des maladies tropicales de l’institut, procéda à la contamination délibérée de 1'200 prisonniers du camp de concentration de Dachau avec le parasite de la malaria, provoquant la mort de 300 à 400 détenus. (Wikipedia) Mais bon, c’était une autre époque.
Quoique. Dans un article du quotidien allemand « Der Spiegel » daté du 9 mai 2012, bien avant que celui-ci se mettait à accepter de généreuses contributions « pour un journalisme indépendant » de l’organisme caritatif de « Bill et Melinda », 2,5 millions USD en l’occurrence, celui-ci fit état de ce qu’on appelle en épidémiologie une « étude observationnelle » datant de 2009, pour deux vaccins contre le « papillomavirus humain HPV », responsable de diverses affections cancéreuses des organes génitaux, notamment du cancer du col de l’utérus, vaccins des compagnies pharmaceutiques « Merck » (Gardasil) et « GlaxoSmithKline », testés dans les provinces indiennes d’Andra Pradesh et Gujarat sur 24'000 fillettes de 10 à 14 ans, avec la bénédiction du gouvernement indien, étude financée par la « Fondation Bill et Melinda Gates » et effectuée par l’ONG américaine de planning familial, « PATH », organisme caritatif, domiciliée à Seattle dans l’état de Washington.
Officiellement le gouvernement indien et l’ONG « PATH » firent état de sept filles mortes, mais dont les décès ne seraient aucunement liés aux vaccins injectés, bien au contraire. Trois ou quatre d’entre elles seraient mortes de malaria, une autre de la morsure d’un serpent, une se serait noyée et une autre se serait suicidée.
En analysant les arguments quant à ces « couacs » malheureux, on comprend mieux pourquoi les postes les mieux rémunérés de l’industrie pharmaceutique soient ceux des juristes et non ceux des chercheurs, car sur le plan juridique ces « études observationnelles » sont « béton », car approuvés par un comité d’experts, dont bon nombre furent d’ailleurs rétribués par les fabricants de pilules, comité instauré par le gouvernement indien, s’appuyant, entre autre, sur un changement de loi, datant de 2005, selon lequel des expériences médicales de ce genre seraient dorénavant autorisés, indépendamment du fait que de telles études « in vivo » aient déjà été effectués dans d’autres pays ou non.
Entre 2005, date de l’instauration de cette nouvelle loi, et 2011, les investissements dans des essais cliniques de l’industrie pharmaceutique sur le sous-continent indien avaient bondi de moins de 100 millions d’euros à plus d’un demi-milliard d’euros.
Pour revenir à l’étude observationnelle d’Andra Pradesh et Gujarat, à la fin de laquelle le public indien apprit que tous les tests furent en fait effectués sans le consentement des parents, sans aucun suivi médical ni de la part de l’ONG américaine, ni des fabricants « Merck » ou « GlaxoSmithKline », sans aucune documentation sur les effets secondaires, sans aucune obduction des victimes.
Suite à une forte pression de l’opinion publique le gouvernement indien avait finalement daigné instaurer une commission d’enquête qui toutefois, faute de fournir des réponses, avait plutôt soulevé davantage de questions. (Der Spiegel)
Heureusement qu’on trouve ce genre d’information dans les archives de presse d’antan, car s’il fallait le débusquer dans les dépêches des médias contemporains, on serait bien embarrassé, car il n’y a pas que « Der Spiegel » et le quotidien allemand « Die Zeit », 300'000 USD, qui fricote avec les puissants.
En partenariat avec la « Bill & Melinda Gates Foundation », décidément, le quotidien britannique « The Guardian » entretient, depuis septembre 2010, une plateforme commune sous forme d’un site internet, censé promouvoir le « développement global » offrant « un espace de discussion et d’interaction sur les défis de l’humanité, tels que la pauvreté, la famine, la mortalité infantile, ainsi que de l’adaptation du développement économique au changement climatique. » Tout un programme.
On pourrait objecter à cet activisme désintéressé que l’amélioration sanitaire dans les pays industrialisés est à 90% due à la mise en place de mesures d’hygiène drastiques, en particulier dans les hôpitaux et, plus généralement dans la vie quotidienne de gens, ainsi qu’à une amélioration qualitative de l’alimentation, plutôt qu’au développement de nouveaux médicaments et vaccins.
Par conséquent, le combat contre la misère et la carence de soins dans les pays sous-développés, si cher à Bill et Melinda, passe par la redistribution équitable des richesses et l’abolition d’un système vieux de près de trois siècles, le capitalisme.
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