La « colère » des politiciens : du sérieux ou du cirque ?
Pour la deuxième fois depuis le retour de la gauche au gouvernement, les députés de l’opposition ont quitté l’Hémicycle pour « exprimer leur colère ». Dans leur collimateur, le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, qui venait d’attribuer au bilan de la droite la responsabilité de la montée de la délinquance. Alors, tout y passe : « je suis estomaqué », « je suis scandalisé », la broncas par-ci, les appels à la démission par-là. Hé, Messieurs et Dames, on se calme un peu et on remet les choses à leur juste proportion.

Si on vous accuse d’être responsable de la monté de l’insécurité, alors que c’est faux, selon vous, il suffit de dire « c’est faux » et de passer à autre chose. Tous les cris d’orfraie entendus depuis hier, étaient-ils vraiment justifiés ?
Bien entendu, la droite n’est pas seule à blâmer. La gauche, en son temps, n’hésitait pas à quitter l’Hémicycle. On se souvient de la sortie des socialistes menés par le Président Hollande, alors Secrétaire général du PS. Ils protestaient contre les propos de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin qui les avait accusé de « lâcheté » durant les difficiles débats sur le CPE (Contra premières embauches).
Ce type de réaction « extrême » (sortie de l’Hémicycle) devrait être réservé à des situations bien particulières. Par exemple, en des moments de crise institutionnelle annonçant la chute du gouvernement. Mais pas pour un mot de travers que n’importe quel esprit critique trouve, objectivement, anodin.
La dernière fois, fin juillet, les députés de l’opposition ont dût quitter les bancs de l’Assemblée nationale pour protester contre un discours de Jean-Marc Ayrault jugé « trop long ». C’était une intervention qui n’avait duré que « six petites minutes ». Aujourd’hui, c’est pour protester contre une critique, un peu appuyée certes, du bilan de la droite en matière de sécurité. Ce qui promet une ambiance plutôt mouvementée tout au long du quinquennat qui ne fait que commencer.
En effet, s’il faut sortir de l’Hémicycle chaque fois qu’une intervention serait jugée « trop longue » ou qu’un ministre accuserait le bilan de la droite, il faut s’attendre à un véritable cirque dans les mois à venir.
Puisque demain, le gouvernement accusera le bilan de la droite d’une foule de choses : chômage, pauvreté, crise de la dette (500 milliards accumulés par la droite), Europe,… Il suffit de jeter un œil sur l’agenda parlementaire pour se faire une idée de tout le « cirque » que nous réservent nos honorables députés dans les mois à venir.
On imagine déjà que des débats comme celui sur le vote des étrangers s’annonce comme le rendez-vous d’une « magnifique » cacophonie.
Et si l’enjeu se trouvait plutôt ailleurs ?
Que le moindre incident au Parlement (surtout à l’Assemblée) soit exploité à fond, avec des épanchements à n’en point finir pour masquer une réalité du « vide » politique qui s’installe dans le pays en mesure que la France se fait déposséder de l’essentiel de ses pouvoirs de décisions au profit de la technocratie de Bruxelles.
En tout cas, le traité budgétaire européen qui enlève à la France une partie substantielle de sa « souveraineté » sur le budget national, a été adopté dans la « communion « gauche – droite ».
Ainsi, lorsqu’il ne reste plus rien « à se mettre sous la dent », on amplifie des questions dérisoires et on fait d’un moindre propos tout un drame national.
Boniface MUSAVULI
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