La cupidité des colons

La résistance des Indiens contre l’expansion des Européens vers l’ouest a pris deux formes. L’une, c’était la violence, l’autre, le compromis. Ni l’une ni l’autre n’ont fonctionné. Ils leur ont volé leur terre, décimé leurs tribus, tué leurs femmes et leurs enfants à coups de fusil et dévasté leur environnement. Ils n’ont eu droit à aucun recours juridique, pas de justice. Il n’y en a jamais pour les opprimés.
Et alors que nous sommes confrontés à des forces similaires d’un pouvoir des entreprises prédateur et effréné, résolu à exercer une exploitation sans merci et qui nous dépouille de toute protection juridique et physique, nous devons réfléchir sérieusement à la façon dont nous allons riposter.
Les idéologues du capitalisme vorace, comme les membres d’une secte primitive, psalmodient le faux mantra que les ressources naturelles et l’expansion sont infinies. Ils rejettent les appels à une redistribution des richesses équitable, prétendant qu’elle est inutile. Ils disent que tout le monde partagera bientôt les richesses « en expansion », alors qu’en fait, elles sont en diminution constante.
Les civilisations au stade terminal de la décadence sont dirigées par des classes dominantes déconnectées de la réalité. Les sociétés s’efforcent de plus en plus de conserver aux classes dirigeantes leur opulence décadente, peu importe si cela détruit les fondements de la productivité et des richesses. Karl Marx avait raison quand il qualifiait le capitalisme non réglementé de « machine à démolir les limites« .
Oubliez tous ces mots vertueux qu’on vous a appris à l’école sur notre système de gouvernement. Les termes exacts pour décrire le pouvoir aux Etats-Unis, c’est : « pillage », « imposture », “criminalité », « duperie », « assassinat » et « répression”. Ces tribus autochtones qui étaient des plus conciliantes avec les colons européens, comme les tribus pacifiques de Californie – les Indiens chilula, les Chimarikos, les Urebures, les Nipewais et les Alonas, ainsi qu’une centaine d’autres – ont été les premières à être anéanties. Et si je ne prône pas la violence, et cherche à l’éviter par tous les moyens, je n’ai nullement l’intention de m’accommoder du pouvoir des entreprises, qu’il se dissimule sous le masque de Barack Obama ou de Mitt Romney.
Les colons européens ont signé et n’ont pas respecté quelque 400 traités avec les tribus autochtones. Ils ont poussé traitreusement les chefs de tribus à signer des accords, toujours pour s’emparer de leurs territoires, puis ils ont poursuivi leurs forfaitures jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à voler. Des chefs comme Black Kettle qui croyaient en la bonne foi des hommes blancs ne s’en sont pas mieux tirés que les autres. Black Kettle, qui, devant son tipi, faisait flotter un énorme drapeau américain qui lui avait été offert à Washington en signe d’amitié, était abattu par les soldats de George Armstrong Custer, en novembre 1868, ainsi que sa femme et plus de 100 autres Cheyennes dans son campsur la riviére Washita.
Les sociétés indigènes, où on redistribuait les richesses pour être digne de respect, et où ceux qui thésaurisaient étaient détestés, obéissaient à une éthique commune qu’il fallait éliminer pour la remplacer par la cupidité, l’exploitation incessante et le culte du moi qui alimentent l’expansion capitaliste. Dans son ouvrage, la « Ligue des Iroquois », écrit en 1851, après qu’il eut vécu parmi eux, Lewis Henry Morgan raconte que chez les Iroquois, « toute la politique civile était opposée à la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule personne, et elle penchait pour le principe contraire de répartition parmi un certain nombre d’individus sur le même pied d’égalité » … c’était une façon de vivre en harmonie les uns avec les autres et avec la nature, ce qui était une abomination pour les colons européens.
D'aprés un article de Chris HEDGES
http://2ccr.unblog.fr/2013/02/18/la-cupidite-des-colons/
Lire également : L’AMERIQUE ET SES BOMBES
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