La droite, la pure, la brillante
Pour prendre le pouls de notre Société, il suffit d’ ecouter les poètes et les troubadours de notre temps. Le commerce n’a pas toujours été la motivation première de ces promoteurs publics, bien au contraire, mais il le devient pour qui a vendu son âme d’artiste. Si la musique l’emporte chez certains , chez d’autres, les paroles ne veulent jamais rien dire de sérieux . Pour connaître l’actualité la plus brulante du jour, il faudrait porter une réelle attention au rap , véritable porte parole d’une communauté, très souvent animée par de brillants poètes, pas toujours relayés par une musique adéquate, ni toujours agréable, mais pourtant témoignage vivant du pouls de la banlieue.

Rama Yade, Fadela Amara et Rachida Dati sont les trois clés du calme relatif de notre fragile société, la sainte trinité de notre paix relative. S’en séparer ou les écarter, c’est refermer la boite de Pandore sur le dernier espoir.
En choisissant un quota féminin agréable à regarder et très médiatiquement correct, aux compétences reconnues et diversifiées, et surtout, toutes trois d’origines nord-africaine, N.S. s’est adjoint d’une certaine arme révélée efficace, envers toute une frange de la population des jeunes de banlieue. De par ce choix, N.S. rompt avec ses stratégies passées, ses promesses dangereuses annoncées, et désamorce la fièvre. D’abord parce que les yeux et les caméras se sont tournées vers nos ministres en jupe, et délaissant d’autant l’actualité urbaine. La dernière, bien sûr, colore plus de pages en papier glacé dans la presse pipole que de noir mat dans le journal officiel.
Soumis sous le charme et répondant à leur appartenance ethnique et à ces valeurs matriarcales contenues dans leur sang, contraints de croire en un avenir plus serein, de renouer avec un certain espoir. Les jeunes savent maintenant qu’ils peuvent tous y arriver, même aux plus hauts postes de fonctionnaires, les pires à leurs yeux, en temps normal. Ces trois dames réconcilient la jeunesse avec la haute Autorité.
Il n’était pas simple pour ces dames de se caler dans les rails. Elles ont pensé leur fonction de prestige, comme leur permettant d’asseoir leurs vocations respectives à résoudre les grands problèmes urgents et tous les récurrents projets de Société. Ces rebutants dossiers qui échouent sous leur responsabilité sont loin d’être les plus simples à gérer. Les banlieues et leurs millions de bombes à retardement, les prisons et leurs milliers de tombes à retardement, la justice et ce cortège d’histoires sordides à gérer dans l’urgence la plus absolue au risque de générer d’un mot d’autres nouvelles souffrances et rancunes en chaine...
Ces trois petites femmes tiennent dans leur main le détonateur judiciaire / carcéral, dérivant directement du problème délinquance / immigration de ce système d’échange France / Afrique qui broute gravement. Le grand procès de quarante deux voyous armés, pourfendeurs de l’Afrique se terminera fin mars 2009 dans un magnifique non lieu retentissant de silence assourdissant, et après...c’est le printemps et le beau mois de Mai. Le premier avril nous réserve une farce de premier ordre. Gageons que le Président américain annoncera la guerre contre l’Iran le 31 Mars au soir...
Pandore céda à la curiosité et ouvrit la boîte : elle libéra ainsi les maux qu’elle contenait mais referma la boîte trop tard pour les retenir, et seul l’Espérance, plus lente à réagir, y resta enfermée. C’est ainsi qu’on explique que même si l’être humain est frappé par de nombreux maux, il ne perd jamais espoir. Le dernier espoir, donc réside sur l’avenir de l’homme entre les mains de ces femmes.
Bien des décisions annexes, comme la libération d’hectares bâtis que libèrent ces casernes désaffectées voire également ces palais de justice fermés de centre ville, vont dans le sens d’une détente sociale. Ces lieux constituerait une façon simple, peu coûteuse et immédiatement efficace, pour joindre l’outil qui accompagne les maux.
Soulager la surpopulation explosive des quartiers de haute sécurité, voire, haute insécurité, que bien de nouvelles lois risquent encore de gonfler, comme toutes ces bulles, en passe d’exploser, ajouter ce wagon au train des décisions. D’abord, elles n’ont pas les moyens liés à leur lourde mission. Ensuite, on les écartèle entre, appuyer sur le bouton du siège éjectable ou monter d’un étage supérieur rejoindre la grande Europe, se plier à leur rôle, où se faire muter haut fonctionnaire à Bruxelles ou diplomate à New York...
Avoir le sens politique selon N.S, cela veut dire monter toujours plus haut dans l’échelle des fonctions pour rejoindre au plus vite les hauts espaces feutrés, entièrement garnis de moulures de portes dorées à l’or fin et de lambris façonnés. Ces lieux chargés de matériaux ouvragés de la plus grande noblesse, que ne franchissent que les serviteurs serviles et ses équivalents hauts fonctionnaires chargés de trop lourds dossiers à remettre au lendemain.
Ces lieux sont les sommets de la pyramide ou de l’iceberg, du haut duquel, la surface de l’eau est un miroir argenté. Rien ne transpire à travers la surface parce que l’eau est un tampon by-pass constitué par la maréchaussée. Celle-ci, d’ailleurs, passe tranquillement du public à la securite-privée . Le plus mauvais exemple de la dérive où elle peut mener. Cette solide armée qui a pour mission de séparer la tête de l’Etat du peuple constitué par la partie immergée de l’iceberg, est comme un entonnoir recouvrant le sommet de la pyramide. Ceci pèse encore plus sur les peuples à leurs pieds.
Gouverner, c’est prévoir, mais chez certains, c’est le grand art d’ajourner les difficultés. Quand ces derniers sont majoritaires dans l’hémicycle et endormis, ils savent par leur lourd silence entraver toutes les démarches et intervention jugées utiles par la minorité active mais vaine. Tout comme ils savent faire taire la presse, faire taire nos femmes au pouvoir, faire taire les banlieues...etc...
A chaque fois que nos trois femmes les plus jeunes et vierges en matière de politique ont tenté de prendre la parole pour s’engager pleinement dans leur mission, à chaque fois qu’elles ont décidé d’ouvrir la porte dans la direction que leur enseignait leur intuition, elles ont été clouées sur le pilon de la pensée unique et contraintes à mettre un frein à l’immobilisme, célèbre proverbe de Coluche. Il en fut de même pour Natalie Kosiusko Morizet.
Prends l’oseil, les diamants, les bagues, les voitures de fonctions aux vitres teintées ...et tais-toi !
Il ne s’y est pas très élégamment pris, mais Bernard Krouchner a raison. Les Droits de l’Homme ne doivent pas être un tiroir de la grande commode qu’est le gouvernement. Ils ne doivent pas être un petit placard au fond du grenier de la politique. Les Droits de l’Homme doivent être la couleur de chaque prise de décision politico-économique internationale. Il en est de même avec l’Environnement. Celui-ci ne doit pas être un petit tiroir en bas à gauche ou à droite, mais doit être la couleur générale de chaque décision ministérielle dans la grande commode trônant au centre du salon de réception de Matignon. N’hésitons pas à repeindre la commode en vert au risque même que, mélangée à toutes les autres couleurs politiques, elle se confonde avec ces cacas d’oies dont se prémunit l’armée pour disparaitre et se fondre dans la nature qu’elle envahit. Les Droits de l’Homme et l’Environnement ne doivent pas être des petits secrétariats de bas étages, mais la trame motrice à travers laquelle, toute décision politique doit un jour se soumettre, le filtre dans lequel doivent se mouler tous les rapports humains avec la planète Terre.
Rama Yade a raison. Si elle n’a pas pour ambition de monter au plus vite vers les hauts étages des gouvernements internationaux, mais juste envie de poursuivre sa mission militante pour la justice dans les rapports entre les puissances internationales et les humains qui souffrent, écrasés sous leur poids. Si notre président lui demande son accord pour remplir une autre mission libérée par un poste vide, c’est qu’il lui accorde le droit de lui refuser.
Les Droits de l’homme sont les gants qu’il faudrait toujours porter dès qu’on approche d’un voisin.
Mais si ces dignes femmes se chargent à elles seules, de soutenir l’action de tant d’associations, chacune en charge d’autant d’injustices populaires...qui donc s’applique avec autant d’honneur à défendre les droits de ces trois Femmes ? Jean de la Fontaine peut-être ?
« Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé, Et de tous les côtés au soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un coche. Femmes, moine, vieillards, tout était descendu.
L’attelage suait, soufflait, était rendu. Une mouche survient, et des chevaux s’approche,
prétend les animer par son bourdonnement, pique l’un, pique l’autre, et pense à tout moment
qu’elle fait aller la machine. S’assied sur le timon, sur le nez du cocher. Aussitôt que le char chemine, et qu’elle voit les gens marcher, elle s’en attribue uniquement la gloire, va, vient, fait l’empressée : il semble que ce soit un sergent de bataille allant en chaque endroit faire avancer ses gens et hâter la victoire.
La mouche, en ce commun besoin, se plaint qu’elle agit seule, et qu’elle a tout le soin.
Qu’aucun n’aide aux chevaux à se tirer d’affaire. Le moine disait son bréviaire,
il prenait bien son temps ! Une femme chantait, c’était bien de chansons qu’alors il s’agissait !
Dame mouche s’en va chanter à leurs oreilles, et fait cent sottises pareilles. Après bien du travail, le coche arrive au haut :
« Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt : J’ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine. Cà, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine. »
Ainsi certaines gens, faisant les empressés, S’introduisent dans les affaires :
ils font partout les nécessaires, Et, partout importuns, devraient être chassés. »
S’il s’avère utile et salutaire de mettre un coups de tapette aux « mouches du coche », malgré l’urgence de la crise mondiale, la paranoïa des initiés, rien ne dépend dans certains cas, que du cocher qui mène la barque à s’enliser.
Qui se sent morveux...qu’il se mouche lui-même !
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