La victoire du FN et les réseaux sociaux : storytelling et déresponsabilisation collective
Agissant aujourd'hui comme de véritables indicateurs de notre société, les réseaux sociaux sont toujours constellés de commentaires à propos d’événements politique ou non.. Il est alors logique que la victoire historique du Front National aux élections européennes produise un nombre pléthorique de statuts ou tweets, pour la plupart dénués de réflexion poussée et se limitant aux insultes vers le parti ou ses électeurs.
- Photo trouvée sur le compte facebook de Scred Connexion.
Une victoire provoquant un déluge de haine
Quoi qu'on pense de la large victoire du parti de Marine Le Pen aux Européennes, il est contestable de le désigner comme premier parti de France quite à des éléctions où le taux d'abstension a été considérable. Bien que la présidente du FN fêtait hier cette bonne nouvelle en compagnie de Steeve Briois, le maire d'hénin-Beaumont, elle a du avoir vent du déchainement de haine qu'avait provoqué les résultats de l'élection sur les réseaux sociaux.
Ce déluge de critiques, d'insultes ou de dépit a du la rendre bien heureuse, tant ces mots jouent le jeu de son parti et tant elle y est habituée. Le Front National jouent en effet un jeu presque sado-masochiste sur internet, là où ses militants sont excessivement actifs, tout autant que les militants antifascistes.
Pleurs et insultes
"Elle est belle la France", "On ne peut pas se laisser diriger par des fachos !", "France de racistes et de haineux, j'ai honte pour vous, "La France touche vraiment le fond" sont quelques extraits de statuts facebooks ou tweets qu'on peut trouver un peu partout sur la toile. Si cette rengaine est habituelle dès que le Front National fait un bon score, il faut noter que leur nombre était particulierement élevé hier soir et aujourd'hui. On a même retrouvé en Top Tweet, c'est à dire les hashtags les plus utilisés sur une période donné, des choses pertinentes telles que #TousUnisContreLeFN ou #TristeFrance. Inutile de préciser que la plupart des personnes ayant tweeté ces phrases se sont probablement abstenues.
A qui la faute ?
Parmi quelques sanglots et cris de haines, on trouve alors des semblants d'explications. Les militants rejettent la faute sur les partis qui leurs sont ambivalents, les sympathisants font de même et les apolitiques (qui n'ont pas voté) critiquent un système à bout de souffle. Le tout ressemble à une déresponsabilisation collective. Chacun rejette la faute sur l'autre et n'ose pas se remettre en question. On ressasse l'histoire de ces élections, à quel point le PS ou l'UMP a joué le jeu du FN et l'a finalement poussé à la victoire. Le débat n'avance certainement pas, et un nihiliste de façade finit toujours par le briser en critiquant un système rempli de "moutons" ou "d'individus formatés".
Au final, tout le monde tombe d'accord. C'est la faute des électeurs du Front National, ces "connards", ces "idiots, ces "racistes, ces "fascistes". Dans les faits, oui, il s'agit de la faute des électeurs, mais les critiquer aussi grossièrement ne fait qu'une chose : jouer le jeu du Front National qui peut encore se positionner comme une victime, victime qui ne cesse de se renforcer.
Une percée du FN qui scandalise depuis 2002
Depuis que Jean-Marie Le Pen est passé au second tour de la présidentielle en 2002, la toile n'a cessé de s'émouvoir de chaque score assez important du FN. Ce sont toujours les même, qui se scandalisent à propos d'un score "honteux pour la république" ou "dangereux pour la démocratie".
Pourtant scandalisés depuis 2002, les Français votent si peu pour toujours râler autant. Même si avec un taux de participation de 100%, les scores auraient probablement été similaires, le vote reste le meilleur moyen d'expression pour faire entendre votre voix. Si vous êtes contre le FN, allez voter contre lui, ou même blanc, ce sera bine plus utilise que de pleurer sur internet..
Vous, moralisateurs 2.0, vous ne cessez de vous étonner d'un résultat qui est de plus en plus prévisible. La réaction est facile, l'action l'est bien moins. Si vous êtes contre ce parti "fasciste", mobilisez vous, combattez le mais sortez de cette inaction au lieu de vous cacher derrière un pseudo-nihilisme (et écran d'ordinateur) qui n'est que facilité.
28 réactions à cet article
Ajouter une réaction
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
FAIRE UN DON