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Accueil du site > Tribune Libre > Le clonage humain déjà à l’oeuvre sur le territoire français

Le clonage humain déjà à l’oeuvre sur le territoire français

Alors que très récemment, des scientifiques ont cloné pour la première fois des cellules souches prélevées sur des adultes, nouveau pas vers le clonage généralisé, la France pratique comme souvent le déni.

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/des-cellules-souches-d-adultes-cultivees-par-clonage_1509992.html

La législation française sur le clonage humain simule une répression de pacotille concernant l’activité de clonage, notamment par son article 16-4 du Code civil français qui interdit tout clonage, à but eugénique, reproductif ou thérapeutique, alors qu'une duplicité certaine s’immisce déjà dans cet article :

" Nul ne peut porter atteinte à l'intégrité de l'espèce humaine.

Toute pratique eugénique tendant à l'organisation de la sélection des personnes est interdite. Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée." Toutefois il est précisé : « Sans préjudice des recherches tendant à la prévention et au traitement des maladies génétiques », aucune transformation ne peut être apportée aux caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne. » ce qui laisse grande ouverte la porte à toutes les manipulations déjà en cours dans nos laboratoires.

Si l’on considère parallèlement que « sont notamment susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs, au sens de l'article L. 2151-5, les recherches sur l'embryon et les cellules embryonnaires poursuivant une visée thérapeutique pour le traitement de maladies particulièrement graves ou incurables, ainsi que le traitement des affections de l'embryon ou du fœtus. », toute position dogmatique de départ interdisant le clonage tombe de fait. L’Article R2151-1 (inséré par Décret no 2006-121 du 6 février 2006 art. 1-II au Journal officiel) induit une confusion quant au champ d’exploration réel des chercheurs qui n’éclaire guère le citoyen.

 Le clonage thérapeutique pouvant être très théoriquement puni de peines allant de trente ans à la réclusion criminelle à perpétuité, l’on retombe dans l’aporie ontologique de ce qu’est un être humain. Question qui avait déjà été posée lors du débat sur l’avortement. Car si tout le code génétique est présent dans un embryon et que ce dernier possède le statut de personne, que dire de la possibilité de démultiplier des embryons pour faire des expériences sur eux, afin de sélectionner les plus sains, de leur inoculer des maladies afin de mieux les comprendre, ou encore d’éliminer les « ratés » de ces expérimentations ?

Le Parlement français a adopté le mardi 16 juillet 2013, dans la plus grande indifférence médiatique, par un vote des députés, un texte autorisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches, soutenu par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. L’été, quand le peuple bronze sur les plages, comme s’en félicitait Jean-Jacques Urvoas, député et président de la Commission des lois à l'Assemblée nationale, qui déclarait dans Libération, le 7 avril dernier, à propos de la réforme pénale : « Les lois controversées, c'est toujours mieux de les voter quand les gens sont en bikini ».

Dès 1984, le Comité consultatif national d'éthique considérait que « L'embryon ou le fœtus doit être reconnu comme une personne humaine potentielle qui est, ou a été vivante et dont le respect s'impose à tous ». Dans son étude publiée en avril 2009 portant sur la révision des lois de bioéthique, le Conseil d'État reprenait cette notion de personne humaine potentielle, et invitait à la nécessité d'une protection inhérente à son caractère humain, sans toutefois le reconnaître titulaire d'une personnalité juridique. Quant au Conseil constitutionnel, il considère que selon le législateur, « le principe du respect de tout être humain dès le commencement de la vie n'était pas applicable aux embryons in vitro qui ne bénéficient que de garanties spéciales ». Bien des contradictions demeurent, puisque certains procès ont débouché sur la reconnaissance du statut de victime concernant des foetus tués lors d’accidents de la route. 

En attendant, le clonage thérapeutique et la recherche sur celui-ci tournent à plein, subventionnés par l’Etat français, notamment pour les cellules souches pluripotentes comme l’indiquent les documents ci-joints.

http://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP10-598DEL.pdf

http://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP11-622DEL.pdf

http://www.iledefrance.fr/sites/default/files/mariane/RAPCP10-598RAP.pdf

L'on découvre que de nombreuses entreprises américaines sont concernées par les appels d'offres visant l'achat de machines indipensables à ces divers projets ayant trait aux cellules pluripotentes.

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71567.htm

L'exemple le plus édifiant étant le Budget 2010 de la région Région Île-de-France (figurant ci-dessus) pour la recherche sur les cellules souches pluripotentes (dernière technique de clonage faisant de plus en plus d’émules par ses contournements techniques prétendant régler des questions éthiques pourtant plus que jamais d’actualité mais mises sous le boisseau par la Ministre de la Santé Marisol Touraine qui s’est à plusieurs reprises déclarée pour les expérimentations sur les embryons humains).

http://www.lavie.fr/actualite/societe/marisol-touraine-le-role-de-la-gauche-c-est-de-traduire-les-aspirations-a-l-egalite-12-12-2012-34129_7.php

 http://www.marisoltouraine.fr/2012/02/il-faut-redonner-un-elan-a-la-recherche-sur-les-sciences-du-vivant/

 L’Agence de biomédecine avait déjà annoncé le 20 juin 2006 avoir délivré les premières autorisations de recherche sur l’embryon à six équipes françaises travaillant dans des structures publiques. Parmi les équipes retenues, cinq sont de l’INSERM et de l’Institut Pasteur et travaillent sur des lignées de cellules souches embryonnaires importées. Pour la première fois en France, la sixième équipe tentera de créer des lignées de cellules souches à partir d’embryons humains conçus sur le territoire national. Cette équipe est codirigée par Marc Peschanski (Istem, Evry) et Stéphane Viville (CHU de Strasbourg). Marc Peschanski, financé par l’argent du Téléthon, a milité pour obtenir l’autorisation de la recherche sur l’embryon et réclame la légalisation officielle du clonage. Même s’il existe des preuves solides que les cellules souches dérivées de blastocystes humains (cellules souches embryonnaires) présentent un potentiel sérieux en faveur du traitement et de la compréhension de nombreuses maladies pour lesquelles il n'existe pas de preuve solide que les cellules souches adultes peuvent se substituer, et que, de fait, les chercheurs sur les cellules souches adultes sont parmi les plus ardents défenseurs de la nécessité des recherches sur les cellules souches embryonnaires, connaissant leur pouvoir de régénération infini, on peut légitimement se demander sur quoi repose encore factuellement l’interdit de clonage humain claironné sur les plateaux de télévision ?

 


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23 réactions à cet article    


  • trevize trevize 21 juin 2014 10:52

    Un article plein de fantasmes


    • Pere Plexe Pere Plexe 21 juin 2014 11:05

      Quel ramassis de conneries...

      Assimiler clonage et eugénisme.Parler de « clonage généralisé ».Confondre recherche sur l’embryon et cellules souches et clonage.Bref la reprises de fantasmes catho érigés en arguments.

      Quand il faut tordre à ce point la réalité pour avoir des arguments c’est que vraiment il en manque.

        Lire les 5 réponses ▼ (de lsga, mmbbb, Thomas Roussot, Pere Plexe)

      • lsga lsga 21 juin 2014 12:50

        « Toute pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes est interdite. »

        loooooooooooooooooooooooooooooooool
         
        Les femmes n’ont donc plus le droit de choisir leur partenaire ?

        • lsga lsga 21 juin 2014 14:29

          « tendant à l’organisation de la sélection des personnes »

          La sélection sexuelle, ça te dit un truc ?
           
           
          « Le concept de sélection sexuelle désigne le processus selon lequel la compétition entre les individus en vue de l’accouplement est un facteur de l’évolution de certains traits héréditaires »
           
          Mais bien entendu, je tordais un peu ce que disait l’auteur, c’était pour me moquer, d’où le « loool » : on est en mode foutage de gueule.
           
          VA LIRE ! 
           
          C’est à ton age que tu peux enchaîner des lectures et te former une culture personnelle, pas quand tu auras 50 piges. Lâche un peu Agoravox et VA LIRE. Tu as commencé le manifeste, fini le. T’en as pour quelques heures, moins que ce tu consacres chaque jour au Troll. 

        • lsga lsga 21 juin 2014 13:03

          Pour rappel, à l’avenir, l’immense majorité de la médecine et de la chirurgie reposera sur le clonage des cellules souches.

           
          Aujourd’hui, en cas de nécessité, on vous greffe le coeur de défunts avec leurs souvenirs (souvenirs certainement dû au cerveau du coeur ), ou pire, des coeurs de cochons ( xénogrèffes ). Aujourd’hui, en laboratoire, on sait déjà créer des « squelettes » de coeurs en cellulose sur lesquels on met en culture des cellules souches qui deviennent des cellules cardiaques. Bref : on est déjà devenu capable de cloner des organes, ce qui devrait multiplier l’espérance de vie par 2 ou 3. 
           
          Lutter contre le clonage des cellules souches au nom de superstitions humanistes est très comparable à lutter contre les antibiotiques au nom de superstitions religieuse.
           
          Que ceux qui veulent continuer à mourir à 70 ans se passent de la médecine ; mais qu’ils n’empêchent pas les autres de sortir de la misérable condition humaine. 
           
          Si vous êtes contre le clonage des cellules souches : et bien n’en utilisez pas, mais arrêter de vouloir priver les autres des avancées de la science au nom de votre dogme humaniste. 

            Lire les 5 réponses ▼ (de trevize, lsga, kalachnikov, soi même)

          • soi même 22 juin 2014 03:54

            La pensé est devenue abstraits ;
            les mots sont devenues abstraits,
            de ce fait, les lois deviennes interprétatives, et deviennes les failles de ce que l’on est censé interdire !
            Ce que vous décrivez n’a rien de surprenant, il suffit de changer de mobile pour contourner la loi, les hommes ont une telle fascisation eux mêmes, que le mythe de ce dupliqué est devenue réalisable depuis que l’on à découvert le code de l’ADM.
            C’est cela aussi une société totalitaire, c’est perpétuer un modèle immuable d’humain stéréotypé !  
            Des lois qui pressentent de tels failles de contournement devraient nous interroges lors que l’on élise des députés, ils ont bien comme première fonction de préserver nos intérêts quand ils votes des lois ?


            • mmbbb 22 juin 2014 09:27

              ne vous inquietez pas certes le decryptage de l’ADN est desormais connu mais il reste encore beaucoup de chose a connaitre par simple analogie nous savons a peine creer un robot qui n’est compose de silicium pour son intelligence Il faut des milliers de pas de programmation afin d’avoir une certaine maitrise de ces deplacements et de ces reactions a son environnement De la a dupliquer un humain et pour quelles raisons ? certes c’est un vieux mythe repris pas la SF des annees 1970 l’homme omniscient et dominateur et immortel ( quel echelle de temps ? ) Mais le clonage a ses limites simple exemple lorsque l’on selectionne par exemple la meme race de porc dans un elevage industriel ( meme source reproduction a partir de quelques souches peu de brassage genetique ) et qu’une epidemie de fievre porcine se declenche vous avez des milliers de porcs atteints qui tombent comme des mouches c’est le revers de l’hyper selection Il faudrait relire Pascal et simplement reconsiderer la condition humaine Nous sommes a la fois tout et rien 


            • soi même 22 juin 2014 15:40

              En attendant, il y a cela :

              Naissance de 30 bébés génétiquement modifiés aux USA

              http://lesmoutonsenrages.fr/2012/07/10/naissance-de-30-bebes-genetiquement-modifies-aux-usa/



              • Pere Plexe Pere Plexe 23 juin 2014 19:55

                L’article en lien dit « ces gens-là(les généticiens) n’ont donc en réalité rien démontré, quatre, voire huit cellules n’étant pas significatives »

                Et aussi « « En France on est toujours choqué par ces hommes de science qui utilisent abondamment et habilement les médias pour trouver des supports financiers »
                Ou encore « Le ministre américain de la santé, Donna Shalala, l’a comparé (l’e généticien provocateur) au professeur Nimbus.Toutes les institutions, de la politique à la culture, ont promptement fait chorus » 

              • Thomas Roussot Thomas Roussot 22 juin 2014 23:07


                Traiter l’embryon comme un simple amas de cellules pouvant être utile à des fins ne le concernant pas, c’est un premier pas vers la barbarie eugéniste. Un pas de déshumanisation certain. Un pas vers la production en série d’embryons à vie limitée, réifiés en banques de données, prélevables et exterminables à merci. C’est assumer l’idée de fabrication ex vivo d’un nouveau genre, une nouvelle catégorie d’individus. L’humanité des cellules souches est manifestée par le code génétique qu’elles contiennent, et cet état de fait là n’a pas besoin d’en référer à une transcendance religieuse pour être émis, affirmé. La mutation ontologique que cette approche scientifique induit, on peut la défendre au nom de cette conception évolutive des valeurs, en considérant que l’homme n’est qu’un projet, une idée malléable faite pour être dépassée, au sens nietzschéen. L’on peut penser aussi, que cette digue biologique là sera la pierre angulaire d’une nouvelle matrice mondaine, d’un nouvel horizon civilisationnel dont il n’est pas certain que ses contours soient dissemblables des rêves les plus concentrationnaires.


                • Ruut Ruut 23 juin 2014 15:08

                  Sujet sensible.
                  Normal, il touche a l’éthique, notre barrière morale.

                  Cloner des cellules n’est éthiquement pas condamnable, mais cloner des êtres vivants (ce qui est déjà le cas) est moralement ambigus.
                  Une fois le technique du clonage maîtrisée, les organismes génétiquement modifiés (OGM) maîtrisé, nous verrons apparaître (nous le voyons de plus en plus) les humains génétiquement (HGM) modifiés.
                  Mettez vous la la place d’un futur HGM.
                  Si les laboratoires produisent des HGM comme les OGM, un gène de stérilité sera intégré. (pas cool pour devenir parents en tant que HGM)
                  Pire, il risque d’y avoir comme dans le temps des droits différents (retour a l’esclavage).

                  Le problème n’est pas la science, c’est la manière dont elle est utilisée.

                  Une grande connaissance impose de grandes responsabilités or les faits historiques nous rappellent que nos lois sont rarement réfléchies. surtout dans nos pays ou les lobbys règnent en maîtres et le bon sens est bannis de nos responsables politiques.

                  Il est donc normal de s’inquiéter surtout pour les premiers venus.

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