Le coup d’éponge bancaire, ou l’art de la dissimulation
Des banques furtives : c'est ainsi, à l'image des engins volants du même nom qui coûtent les yeux de la tête, que l'on devrait appeler les banques américaines, tant elles passent leur temps à se déguiser en modèle de probité pour dissimuler leur côté sombre. Des Dark Vador bancaires (*), ce n'est pas ce qui manque, vu l'immensité de leur empire d'escrocs. Et quand l'une tombe, le gouvernement américain vient à sa rescousse, ce qui est plutôt surprenant dans ce temple du libéralisme, pour donner un large coup d'éponge sur ses méfaits. Ce qui vient de se passer pour JP Morgan n'est que l'épiphénomène d'une pratique fort courante, dont il convient de rappeler quelques exemples, et surtout un, qui démontre à quel point banques et mafias diverses sont liés. Aux Etats-Unis, on ne gère pas des comptes ; on blanchit, et à tour de bras !
Il est vrai que l'on a atteint un record en ce 20 novembre ; lorsqu'on a appris la nouvelle comme quoi JPMorgan Chase devrait payer 13 milliards de dollars -9,6 milliards d’euros- à l'Etat US en échange de l'abandon des poursuites contre elle. Aux states, on le sait, tout se termine par un (gros) chèque (ailleurs aussi, comme avec Rupert Murdoch quand il divorce !). Amende record, donc, et aussitôt les médias de faire bien sûr des comparaisons, en rappelant l'une des plus importantes selon eux : "jamais une entreprise américaine n'a dû payer aussi cher des agissements malhonnêtes. Même BP n'avait pas versé autant dans l'affaire de l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon en 2010 (4, 5 milliards de dollars). En acceptant hier de payer la somme collossale de 13 milliards de dollars la banque JP Morgan Chase espère néanmoins tourner la page sur une période sombre de l'histoire de la finance," écrit le Figaro, en oubliant un autre paiement effectué à la sauvette... et très souvent ignoré depuis, car beaucoup moins glorieux à expliquer sans aucun doute... les banquiers ayant l'art de dissimuler les dossiers qui les embarrassent, en suisse comme aux USA. Parler de l'amende pour la plateforme de pétrole, ça évite en effet de parler... de la coke. Car une autre banque avait déjà payé une amende record, en 2008, et cette banque américaine s'appelait Wachovia. Et son problème, à elle, c'etait bien la cocaïne... et non la destruction de l'environnement !
Bakchich nous l'avait en effet rappelé de façon très claire : "Le 17 mars (2008) en effet, Wachovia Bank, l’un des leaders américains de la profession (qui a fusionné avec Wells Fargo en avril, ceci expliquant peut être cela) a accepté sans protester, de casquer 110 millions de dollars gagnés malhonnêtement, majorés d’une amende spécifique de 50 millions de dollars. Un montant supposé représenter une partie du produit du trafic de drogue blanchi grâce aux services bancaires qu’elle a imprudemment prodigués à une palanquée de bureaux de change mexicains, les fameuses « casas de cambio » (CDC). L'amende, en réalité semblait surtout disproportionnée, au regard des sommes colossales ayant servi à masquer les revenus de la drogue, précisait le journal. "C’est vrai qu’ils ont fait fort chez Wachovia ; l’accord « amiable » évoqué plus haut fait état de sommes qui défient l’entendement : du 1er mai 2004 au 31 mai 2007, ce sont près de 373 milliards de dollars qui ont été virés par les Casas de Cambio sur les comptes ouverts à leurs noms chez Wachovia, sans parler des 4 milliards de dollars que les Mexicains ont déposés en espèces au guichet des agences de la banque. Une partie non négligeable des dites sommes a été utilisée pour acheter des avions (nota ; à gauche celui saisi en Mauritanie) à Nouadhibou le 2 mai 2007) dans lesquels ont été ultérieurement saisies plus de 20 tonnes de cocaïne…" 378, 5 millards de fonds illicites !!! "C'est la plus grande violation de la Bank Secrecy Act, une loi anti-blanchiment d'argent, aux États-Unis histoire - une somme égale à un tiers du le produit intérieur brut courant du Mexique..." avait dit le spécialiste Mike Shedlock. Un autre record, comme les vingt tonnes de coke transportées !!!
L'un des avions cités étant le célèbre DC-9 N900SA retrouvé bêtement bloqué sur l'aéroport de Mexico avec 5,5 tonnes de cocaïne à bord. Sa découverte avait défrayé la chronique, l'engin jouant lui aussi la furtivité en arborant sur son fuselage des logos copiés sur des organismes fédéraux (celui du Dept of Homeland Security)... à s'y méprendre. Une furtivité aussi pour son pilote, Carmelo Vasquez Guerra, qui avait réussi à quitter tranquillement l'aéroport pendant que les autorités mexicaines faisaient au même moment un discours en annonçant que tout serait fait pour le retrouver... L'homme avait été extrait de prison deux ans auparavant, et était réapparu le 13 juillet 2008 en Guinée-Bissau, à bord d'un jet emportant cette fois 650 kilos de coke. Le hic étant que le premier appareil avait le même propriétaire que celui d'un Gulfstream II (N987SA) qui s'était écrasé au Mexique le 24 septembre 2007 avec plus de 100 sacs militaires contenant aussi de la cocaïne. Un avion ayant servi dans le passé au programme de la CIA des « renditions » de terroristes talibans. L'engin avait été acheté par Skyway Communications passé ensuite dans le groupe Titan, un des fournisseurs en communication et en surveillance anti-terroriste de l’administration US. "Le patron de Skyway Communications, Brent Kovar, également membre d’une entreprise appelée Homeland Security Tracking Enforcement Inc., étant très lié au sénateur Tom Delay, membre du National Republican Congressional Committee" vous avais-je déjà dit ici-même. On commence à mieux comprendre, pourquoi, à un moment tout s'arrête aux USA avec un gros coup d'éponge... de peur que le tableau noir ne deviennent vraiment trop noir. Le capitalisme c'est du vol, a-t-on pu lire jadis. Le mot vol ayant plusieurs significations, en effet....
L'enquête sur Wachovia avait montré que la banque avait couvert l'achat de onze appareils de type simialires, des petits bimoteurs, le plus souvent, tous achetés par un seul individu, Pedro José Benavides, onze avions achetés a deux sociétés seulement de Floride, réglées en chèques venus de d'une filiale mexicaine de Wachovia. Son directeur, Pedro Alfonso Alatorre Damy (« El Piri »), directeur de Casa de Cambio Puebla au Mexique avait en effet un compte chez Harris Bank Holding de 2,7 millions de de dollars, qui servait à ces achats particuliers, un Alatorre qui sera accudé d'être un opérateur financier pour le Cartel du Pacifique, dirigé par Joaquín, le tristement célèbre et sanguinaiere mafieux mexicain connu sous le surnom « d’El Chapo », Guzmán Loera. Une bonne partie des bimoteurs sera retrouvée... en Afrique de l'Ouest (certains le seront en Amérique du Sud, où on les retrouvera abandonnés avec des traces de coke à bord), comme j'ai pu aussi vous le compter, tous ayant servi à véhiculer par lots de plus de 500 kilos la cocaïne colombienne en partance du Vénézuela. Le sommet des transferts étant atteints par un triréacteur, un Boeing 727 retrouvé en plein désert comme j'ai pu aussi vous le conter ici en détail. Mais il restait encore un autre achat d'avions sur la liste des prétendants aux transferts de plusieurs tonnes de cocaïne vers l'Afrique, sponsorisées par des banques qui blanchissent à tour de bras. On calculera que Wachovia aura été sanctionnée pour le blanchiment au total de 22 tonnes de coke (calculez le prix de revient ici) !
La dernière transaction est en effet l'achat de deux autres avions d'occasion. Par un individu bien connu des lecteurs d'Agoravox, ce que je vous avait aussi écrit ici même ; "Le dernier acte d'accusation du procureur chercherait à saisir les comptes présumés de M. Bout chez Wachovia, l'International Bank of Commerce (une des plus grandes banques du Texas !), la Deutsche Bank, et à l'Israel Discount Bank of New York (installée aussi à Miami !), selon le New York Daily News. Les transferts d'argent ont forcé une interdiction des États-Unis s'opposant à faire des affaires avec M. Bout, qui aurait caché son nom derrière une société écran, Samar Airlines, lors de l'achat de deux Boeing". Car il fallait bien trouver un lien avec les états-unis, et on a prétexté l'achat par Bout d'un Boeing 727-200 et d'un Boeing 737-200 pour cela au nom de Samar Airlines au Tajikistan, à l'été 2007. "La plus récente mise en accusation alléguée était que M. Bout et son partenaire syro-américain Richard Ammar Chichakli avaient demandé environ 1,7 millions de dollars à des banques aux États-Unis pour acheter deux avions Boeing en Amérique". Bizarrement, l'accusation n"était pas arrivée en Thaïlande avant février 2010 ; comme pour forcer une dernière fois la main aux juges thaïlandais... c'est grâce aux bordereaux bancaires que Bout se fait pincer, en définitive : or depuis 1996 son trafic a toujours été le même : cela fait 14 ans qu'il possédait ces comptes bancaires." On ne pouvait être plus clair dans le procès intenté au plus grand marchant d'armes ayant jamais existé, aujourd'hui en cellule pour une bonne paire d'années. "L'acte d'accusation allègue que les transferts d'argent pour Samar ont été faits à partir de comptes bancaires situés à Chypre et liés à Bout à travers une entité appelée Holdings Limited Wartrex et "une banque à New York", ainsi que des fonds venant du Kazakhstan sur des comptes à Salt Lake City Utah pour Aviation Company en Floride. Les accusations de fraude listent 6 virements spécifiques en 2007 allant de 52.000 à 339,977 dollars". Deux banques ayant dissimulé le nom réel de l'acheteur, qui cherchait en fait un ou deux successeurs au 727 resté scotché sur le sable du désert malien. Des sommes de plus de 300 000 dollars avaient transité chez des banquiers sans que ceux-ci ne se soucient de leur provenance !!!
Car dans le cas de Wachovia, un homme intègre avait fait son travail, et averti ses supérieurs rappelle Courrier International (il s'agit de Martin Woods, embauché par Wachovia en février 2005 au service antiblanchiment de la filiale anglaise du groupe- : "la première chose que remarque Woods à Wachovia est que l’information CVC est déficiente. Et parmi les premiers rapports adressés à ses supérieurs au siège de la banque situé à Charlotte, en Caroline du Nord, figurent plusieurs observations concernant l’insuffisance des renseignements CVC recueillis par la filiale londonienne de Wachovia, insuffisance à laquelle il entreprend de remédier. Parallèlement, il met en œuvre un programme de surveillance renforcée des transactions consistant à rassembler des informations supplémentaires sur les clients dont l’argent, en livres sterling ou en euros, transite par les services londoniens de la banque. Dès août 2006, Woods identifie plusieurs transactions suspectes en provenance de clients liés aux casas de cambio. Le b.a.-ba du métier. Ces opérations concernent principalement des dépôts de chèques de voyage libellés en euros. Ces titres comportent des numéros qui se suivent, représentent des sommes bien supérieures à ce dont un voyageur normal peut avoir besoin, comportent des informations CVC vagues ou inexistantes et portent des signatures douteuses. “C’est le b.a.-ba du métier, explique Woods. Des questions évidentes restaient sans réponse : la transaction est-elle réelle, ou semble-t-elle artificielle ? Le chèque de voyage répond-il au protocole ? Avons-nous tous les renseignements et, dans le cas contraire, pourquoi ?” . Visiblement, la direction était donc au courant du trafic à ne pas avoir respecté les protocoles de sécurité les plus élémentaires !
Dans ces magouilles financières, il n'y a pas que les USA qui avait brillé : la Suisse aussi s'est distinguée, ainsi que l'Angleterre avec HSBC, et sa filiale américaine. On l'avait appris en effet avec un autre scandale de grande ampleur, qui démontrait que de blanchir l'argent de la coke était une pratique commune à plusieurs établissements bancaires, et là aussi pour des sommes colossales, plus très éloignées de celle de l'amende du jour : "on parle bien de 7 milliards de dollars provenant probablement de l’argent des cartels mexicains de la drogue, qui ont transité sur des comptes de HSBC aux Etats-Unis. On parle bien de 16 milliards de dollars de transactions secrètes avec l’Iran. On parle bien de 470 milliards au total, qui auraient « échappé » à la vigilance de la banque britannique. Au regard des montants en jeu, l’amende record donne déjà moins le vertige. C’est à peine 8% de son bénéfice de 2012"... certes, mais avec HSBC, on avait à nouveau crevé tous les plafonds... et l'amende paraissait bien faible au regard des sommes mises en jeu dans le trafic de cocaïne !
Parfois, l'écheveau tiré à partir d'une seule prise montrait les détails des montages financiers, notamment dans l'immobilier, où les banques avaient obligatoirement dû jouer un rôle primordial, comme ici avec ce cas... suisse menant directement à un des hauts-lieus du trafic de coke mondial (St-Domingue pour ne pas le citer), avait rappelé la Tribune : 'le magistrat genevois, qui collabore avec les justices espagnole et dominicaine, signifiera au détenu sa mise en prévention pour blanchiment d’argent. En effet, le million saisi en Suisse appartiendrait à l’homme d’affaires espagnol, incarcéré depuis bientôt deux ans en Catalogne. Ce dernier s’est fait pincer en 2010, alors qu’il débarquait à Valence avec plus d’une tonne de cocaïne. La drogue était dissimulée dans un bateau qui transportait du marbre (un procédé similaire avait été utilisé auparavant par un trafiquant belge, en photo du tabac (?) dissimulé dans des blocs de marbre, décrit ici).
La justice espagnole pense qu’il s’agit là du sommet de l’iceberg, car ces transports de marbre (de la République dominicaine vers l’Espagne) avaient lieu au moins une fois par mois et cachaient probablement d’autres lots de cocaïne. L’homme d’affaires habitait depuis plusieurs années à Saint-Domingue. Il y était devenu un promoteur connu et reconnu, notamment dans les constructions de luxe. C’est ainsi qu’il a bâti une tour blanche de 21 ?étages – la Torre Atiemar – comprenant 36 appartements de 450 m2 valant 1,3 million de dollars chacun. L’élite politique et plusieurs personnalités connues auraient acheté ces appartements. Mais le bâtiment, évalué à 25 millions de dollars et inauguré en grande pompe en 2005, a été saisi par la justice dominicaine car il aurait été construit avec l’argent de la drogue. Un terrain appartenant au suspect a aussi été saisi. Ce dernier s’apprêtait à y élever deux tours jumelles répondant au nom de Margot. En Espagne également, la justice a mis la main sur des biens immobiliers de moindre valeur, des voitures de luxe et le yacht Isabela où l’on a trouvé également des traces de cocaïne". Difficile dans la capitale du pays de ne pas VOIR l'amoncellement de coke avec la taille du bâtiment (victime en septembre dernier d'un incendie)... Des tours "Altamar", il y en a trois autres qui ont poussé depuis... des projets pour des tours 5 et 6 existent déjà.... A St-Domingue, la coke a une forte tendance à se transformer en béton, semble-t-il... laissant parfois derrières elles d'étranges casseroles...
Le Grand Soir (reprenant Rolling Stone comme magazine) avait vu juste en commentant la décision scandaleuse frappant HSBC : "d’un autre côté, si vous êtes quelqu’un d’important, et que vous travaillez pour une grosse banque internationale, vous ne serez pas poursuivi même si vous blanchissez neuf milliards de dollars. Même si vous êtes activement complice avec des gens placés au sommet du trafic international de drogues, votre punition sera de loin plus légère que celle d’une personne placée tout en bas de la pyramide. Vous serez traité avec plus de respect et de compréhension qu’un junkie affalé sur les banquettes du métro à Manhattan (occuper deux sièges constitue un délit dans cette ville). Un trafiquant de drogue international est un criminel et généralement aussi un assassin ; un drogué qui marche dans la rue est une de ses victimes. Mais grâce à Breuer, nous sommes officiellement passés à une politique d’emprisonnement des victimes et de tolérance envers les criminels. Nous touchons le fond du fond. Cela n’a aucun sens. Il n’y a aucune raison qui justifierait que le Ministère de la justice n’arrête pas toutes les personnes chez HSBC impliquées dans le trafic, les inculpe pour crimes, et fasse appel aux organismes de contrôle pour assurer la continuité de l’activité de la banque pendant la période de transition. Il s’avère que la HSBC a du procéder au remplacement de pratiquement tous ses hauts dirigeants. Les coupables n’étaient donc apparemment pas si indispensables que ça à la bonne marche de l’économie mondiale." Tout le problème est là. Le coup de la simple amende, si élevée qu'elle soit, ne résout rien, et au contraire même....
A lire aujourd'hui la presse revenir sur les déboires des banques US en ignorant le trafic de cocaïne qu'elles ont tant dissimulé, on se dit en effet que ce n'est pas encore demain la veille que l'on pourra parler d'assainissement véritable. Le trafic continue, même si les avions se font plus rares en Afrique de l'Ouest (mais pas en Amérique du Sud, où on continue à en trouver à tour de bras **) : des quantités toujours aussi invraisemblables arrivent dans des containers directement dans les ports européens. Parfois dissimulées sous la forme de chargement de moules congelées , comme ici sur la photo prise par les douanes françaises (quand ce n'est pas plus sophistiqué avec des "spécialistes" comme celui de la torpille soudée à la coque d'un cargo) ! Avec du blanchiment encore, à la clé, rappelant de vieilles histoires, comme en 1995 dans ce cas pendable.... ou en 2007 avec cette autre affaire tout aussi pendable. Un éternel recommencement ! L'histoire de la banque en général semble de plus en plus ressembler à celle d'une gigantesque machine à laver les billets sales : la BCCI, en 1998, n'avait été que le bout d'un gigantesque iceberg apparu.... comme meilleur client, il est vrai, elle avait le général Noriega. A l'époque on chiffrait déjà le trafic de drogue rien qu'aux USA à 150 milliards de dollars... Le dernier en date en France étant le Havre. Avec pour ce cas précis une nouveauté, celle d'un petit dealer à l'origine passé aux grands moyens : "selon les enquêteurs, c'est un Martiniquais de 28 ans, interpellé le 31 octobre à l'aéroport de Roissy, qui était la tête pensante de ce vaste réseau. L'homme, présenté comme un "ex-petit dealer brillant" s'approvisionnait auprès de fournisseurs du Venezuela. C'est lui qui aurait acheté la complicité de plusieurs dockers en Martinique et au Havre pour garantir le transport de la drogue dans des containers.
Lors de son arrestation, le trafiquant présumé, qui vivait depuis quelques mois en métropole, était en partance pour Dubaï. Ses profits se compteraient en millions d'euros. Les policiers tentent actuellement d'évaluer son patrimoine". Celui enfermé dans des coffres à Dubaï, où les banques ne sont pas plus regardantes sur l'origine du cash que ne pouvait l'être Wachovia aux USA, semble-t-il. "Au Havre, ce sont plus de 850 kilos de cocaïne qui ont été saisis, toujours pour cette seule année 2013 contre 140 kilos, en 2012" notait 76actu. En septembre dernier on trouvait 1,3 tonne de coke à bord d'un avion des lignes régulières d'Air France ! Ce n'est pas encore demain que ça va s'arrêter, hélas... avec l'aide des banques. Le paiement de simples amendes accepté par les autorités américaines tourne à une sorte d'impunité : personne ne va en prison, dans cette affaire, et le banquier dealer reste en place !!! Le scandale est davantage là encore que dans le trafic lui-même !!! C'est une véritable incitation à recommencer, puisqu'au bout il n'y a en définitive pas de condamnation véritable !!
Après versement de leur amende, les voilà donc blanches comme neige, ces banques impliquées dans le trafic de poudre... blanche. Et comme la saison de la poudreuse arrive à grands pas, cela risque fort, à nouveau, de recommencer en effet... la prochaine fois que vous serrez la main de votre banquier, songez donc à vous la laver après...
(*) voir à ce propos le reportage cité ici
"Incarnant "le côté obscur de la finance internationale, le Dark Vador de Wall Street", cette mégabanque a pris le pouvoir aux Etats-Unis et en Europe (peu de décisions semblent être prises sans elle). Pour Goldman Sachs, le monde est devenu comme un immense casino où tous les coups semblent permis. Au risque, souvent, de flirter avec l’illégalité.
Pour révéler le fonctionnement obscur de Goldman Sachs, Marc Roche, correspondant du "Monde" à Londres, spécialisé en économie, auteur de "La Banque - comment Goldman Sachs dirige le monde", et le réalisateur Jérôme Fritel ont mené l’enquête. Afin de dévoiler la puissance financière et politique de ce"supermarché de la spéculation et des risques", ils ont recueilli le témoignage, à visage découvert, d’anciens employés de Goldman Sachs, de banquiers concurrents, de leaders politiques, d’économistes, de représentants d’institutions internationales, et de journalistes spécialisés. Les anciens décrivent la culture d’entreprise de Goldman Sachs comme "un mélange de culte du secret, de goût du risque, où l’argent règne en maître". Recrutés parmi les meilleurs, les banquiers de chez Goldman sont assurés d’un train de vie de millionnaires."
(**) le 6 novembre dernier, l'armée vénézuélienne a carrément arrêté après poursuite aérienne un biréacteur Hawker HS-125 400A datant de 1968, immatriculé XB-MGM (ex N773AA appartenant à Gulf Air de Huston) bourré de drogue à Buena Vista del Meta, dans l'état de l'Apure. L'avion avait été vendu sous le numéro G-AWPC (c'était donc l'ex G-AWPC, N217F, photrographié ici au Kansas en 1992, YV-825CP, N272B, N773AA pour finir XB-MGM). Il venait d'être acheté sous le nom de Jorge Salazar Ochoa le 31 octobre 2013 et était basé à Monterrey -Mexico : l'engin avait donc à peine 6 jours de vol chez son nouveau propriétaire , qui a préféré le sacrifier plutôt que de se faire prendre !!!! Les trafiquants avaient eu le temps de l'incendier avant de s'enfuir, il n'avait donc pas été abattu mais contraint à se poser. L'appareil, fort ancien, avait été mis en vente au début de l'année, avec 10 600 heures de vol à son actif, ce qui est plutôt conséquent. Le 21 octobre, deux autres appareils venus du Guatemala avaient subi le même sort (ici les débris de l'un d'eux). Maduro ne semblant pas suivre le même laxisme sur la question que Chavez, visiblement (quoique certains doutent beaucoup de la réalité des deux premiers avions "abattus", car les photos montrent l'un d'eux incendié au sol). L'avion brûlé avait été saisi sur une piste de brousse de trafiquants, dont les traces ont été très rapidement nettoyées par les autorités, comme le montre ce cliché exceptionnel. Une photo laissant entendre elle aussi plein d'interprétations possibles, la piste ayant été... rebouchée fort proprement, comme dans l'attente d'un prochain arrivage !!! Les nouveaux "pleins pouvoirs" de Maduro contiendraient-ils un volet "travaux publics" ? Pour ceux qui se disent combien peut coûter un Hawker 125 - 400 datant des années 70, une page de vente d'un brocker montrant un appareil de 5 000 heures de vol du Kentucky l'annonce à 79 000 euros seulement. Celui incendié avait donc dû être vendu moins encore avec son double d'heures de vol... les F-16 Vénézuéliens datant eux de 1983....
on peut relire
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coke-en-stock-i-le-boeing-du-88398
et chercher les autres numéros en tapant un chiffre romain entre patenthèses après "Coke en stock " comme titre...
Référence à lire : Michel Koutouzis, Pascale Perez "Crimes, Trafics et Réseaux". Editions Ellipses.
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