Le dégoût de l’ère post-pandémique tue
A chaque époque le dégoût a été une puissante arme d’exclusion et de contrôle d’une catégorie de personnes, considérée comme indésirable par le reste de la communauté : africains, homosexuels, femmes, juifs, parias, mis en relation avec des maladies, désagréables fluides corporels, aux capacités potentielles de contamination de leur entourage. La philosophe américaine Martha Nussbaum a longuement et en détail examiné cette émotion si négative dans l’histoire de l’homme, parce qu’elle cause des divisions et de la marginalisation, donc très peu adaptée à une société qui veut se définir juste. La philosophe affirme avec conviction qu’en démocratie, la tendance au dégoût doit être abolie et remplacée par un esprit d’amour.
Un des aspects inattendus de cette pandémie a été d’avoir éclairci l’âme humaine et de révéler, dans de nombreux cas, le vrai visage de nos amis, de nos familles, de notre entourage professionnel. L’expression de dégoût et de violence inhabituelle qui a accompagné et accompagne les non vaccinés depuis le début de la campagne de marketing vaccinal, est une nouveauté dans l’histoire de l’homme, car des décennies de coupes dans le secteur des services publics, à commencer par les lits et par le personnel des hôpitaux, ils ont maintenant trouvé le parfait bouc émissaire vers lequel se tourner pour créer des divisions sociales et consolider le pouvoir qui se nourrit de ces divisions. C’était le moment, très malheureux, d’apposer de grotesques étiquettes médiatiques à des millions de personnes, classées comme dangereuses "no-vax", terme inventé par le mainstream obséquieux des puissants du moment et de Big Pharma, en lançant une campagne incessante de haine contre les réfractaires au vaccin ou simplement à la troisième et à la quatrième dose, privant des millions de personnes de tout droit, les rendant, en fait, invisibles.
L’Italie est le pays où le confinement a mis à genoux des centaines de milliers d’entreprises et où les mesures de "limitation de la contagion" sont les plus dures et absurdes du monde : on interdit aux jeunes de prendre le bus, aux personnes âgées de retirer leur pension à la poste et à quiconque d’aller chez le coiffeur s’ils ne détiennent pas le pass sanitaire, on exclut du travail celui qui refuse le vaccin légitimement sans commettre aucun délit, comme si la République italienne n’était pas fondée sur le travail mais sur les diktats de Pfizer. L’Italie est aussi le pays qui a le plus de morts par rapport à toutes les autres démocraties occidentales qui ont mis en place des mesures beaucoup moins restrictives.
La campagne de haine incessante et fracassante menée ces derniers mois a provoqué un nombre incalculable de manifestations de rue et maintenant même les premières dénonciations contre ceux qui incitent à la haine envers les non vaccinés (un exemple est ici)
Même Macron, malgré les reproches qu'il a adressés à ses adversaires d'utiliser le discours de haine pour dissimuler son manque d'arguments, oublie qu'il a été le premier à donner le bon exemple lorsqu'il a dit vouloir "emmerder" tous les Français non vaccinés (des gens qui paient des impôts comme tout le monde et contribuent à payer les salaires de ceux qui gouvernent), parce que les non vaccinés n’ont plus le statut de "citoyens" (sa Majesté l’a décidé).
Un autre politicien italien, Brunetta, a déclaré que le laissez-passer vert est génial parce que sans introduire l'obligation, il cause des souffrances économiques et psychologiques aux non-vaccinés.
Face à tant de violences verbales, nombreuses sont les personnes, et parmi elles surtout les plus jeunes, qui ont développé des dépressions sévères (les troubles psychiatriques sont en augmentation dans le monde), la peur de vivre, des troubles du sommeil induits par une nouvelle forme de harcèlement d’État, nervosité, angoisse, désespoir.
En Italie, en l’espace de quelques jours, trois personnes sont mortes parce qu’elles se sont mises le feu : un professeur de Rende de 33 ans, un homme de 38 ans sans carte vaccinale pour aller travailler dans sa boutique, un Sicilien de 25 ans souffrant de la dépression.
Ce sont des formes de protestation et de manifestation d'une douleur trop forte et ignorée, car aujourd'hui certains politiques considèrent qu'une partie de la population est indigne de vivre.
Ce sont des êtres humains, pas QrCode, qui ont manifesté avec le feu la protestation contre une injustice trop grande, qui les prive aussi de la parole pour s'exprimer. Tout au long de l'histoire, cette forme de protestation a été utilisée par les moines tibétains pour protester contre le régime chinois. Ellel a été utilisé par Jan Palach et ses camarades Jan Zajic et Evzen Plocek pour protester contre l'oppression soviétique. Alain Escoffier l'a également utilisé à Paris en 1977, toujours pour protester contre le régime de l'URSS. Ce sont quelques-uns des nombreux exemples.
La politique devrait s'interroger sur qui constitue réellement un danger, dans une société où la loi du plus fort semble être en vigueur, qui marginalise, exclut, prive ses semblables de la dignité de l'existence. Que Dieu ait pitié de nous.
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