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Le dernier coup de Jacques Chirac

 Le 26 septembre, peu avant midi, fut annoncée la mort de Jacques Chirac. Bien sûr, on ne vit pas un de ses successeur déclarer avec une mine d’enterrement que la France était veuve, désormais.[1] Certes, nous n’étions plus au temps de l’ORTF de jadis, et du spectaculaire concentré.

Mais la disparition d’un chanteur populaire ou d’un homme d’Etat que sa mise à la retraite a rendu populaire, c’est toujours l’occasion de mettre en scène l’Organisation Radio Télévisée des Funérailles.

Cette organisation est une coproduction étatico-marchande, une sorte de « partenariat public privé ». La mise en scène, avant la mise en bière, commence par la tournée des plateaux pour raconter son Johnny, son Chichi... et c’est aussi l’occasion pour des témoins audacieux, qui peuvent écrire ou faire écrire un livre, de publier une biographie du disparu.

De Chirac, le bon peuple se souvenait « du bruit et de l’odeur » et de son refus de suivre les Etatsuniens en Irak, dans une guerre dont ils se lavent les mains aujourd’hui.

A partir de midi ce jour là, il n’a plus été question que de cela. Pourtant, d’autres sujets d’information, voire des sujets d’inquiétude, auraient mérité une grande publicité.

 

Le premier, les plus distraits l’ont remarqué, c’était l’incendie qui depuis le matin ravageait l’usine Lubrizol à Rouen. D’aucuns même ont pu imaginer qu’une volonté gouvernementale était à l’œuvre, visant à occulter cette catastrophe écologique. Il est vrai que les déclarations ministérielles ont semblé vouloir en minorer l’importance. Mais c’était là une communication maladroite ou carrément piteuse. En effet, si les « médias » du « courant dominant  » semblaient suivre docilement cette ligne politique et éditoriale consacrée à la disparition de Jacques Chirac, ils étaient contraints de revenir sans répit sur une autre déclaration du disparu : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » [2]. C’était parler de corde dans la maison d’un pendu.

 

Mais si la disparition de Jacques Chirac a failli occulter l’actualité d’un incendie, elle a réellement fait disparaître deux autres sujets de cette actualité du 26 mars.

La veille, on s’en souvient, Jean Luc Mélenchon mettait en garde un groupe de manifestants.[3] Aussitôt, un « poulaillers song »[4] s’est déchaîné contre l’emploi du mot « barbare » par le député. Gouvernement, éditocrates et syndicats de police se sont donc retrouvés une fois de plus dans l’indignation vertueuse, un appel étant même lancé par des syndicalistes à se retrouver devant le siège de la France Insoumise[5]. Cette « manifestation autorisée » n’a réuni (selon l’AFP[6]) que « quelques dizaines de policiers » Cette « opération de police » a été en outre une confrontation de plus avec des Gilets Jaunes « presque aussi nombreux ». Les syndicats Alliance et Policiers en Colère étaient donc parvenus malgré eux à réaliser (en modèle réduit, certes) « une sorte convergence » qu’ils n’avaient pas souhaitée. Il n’était pas nécessaire de le crier sur les toits. Merci Chirac !

En revanche, un autre événement n’a pas connu la publicité qu’espéraient ses promoteurs : la déclaration de candidature de Christiane Taubira le matin même dans le Sept Neuf de Radio Paris. Pourtant Demorand et Salamé avait bien préparé le rendez-vous avec l’égérie de la gauche qui a contribué largement à faire chuter papy Jospin en 2002 (ce dont le défunt Chirac lui fut éternellement reconnaissant).

 

La mort de Chirac fut donc un coup médiatique qui se poursuivit jusqu’à sa mise en bière le lundi 30 septembre.

Mais dès le mois d’octobre, la coproduction étatico-marchande du spectacle et des secrets publics a repris avec un attentat au sein de la Préfecture de Police, un rebondissement rocambolesque dans l’affaire Dupont de Ligonnes[7] et la révélation que des islamistes radicalisés avaient infiltré les services de police.

Comme le disait Chichi, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ».

 

[2] Cette phrase que Chirac prononça au sommet de la Terre en septembre 2002 lui avait été soufflée par Jean-Paul Deléage https://reporterre.net/Jacques-Chirac-l-histoire-de-sa-phrase-culte-Notre-maison-brule-et-nous-regardons-ailleurs

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3 réactions à cet article    


  • Abou Antoun Abou Antoun 22 octobre 2019 15:44

    Quel Tintouin !

    Chirac, si gentiment appelé ’Le Grand Con’ par son maître à penser n’a jamais été qu’un président par défaut et un roi fainéant.

    Son cadavre est encore chaud que l’on se gausse déjà de ses frasques en ressortant la liste de ses ex et qu’on apprend en quelle estime le tenaient ses proches. Les commentaires de ’Maman’ sont assez clairs.

    Chirac, nullité politique, nullité familiale, nullité tout court.

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