Le Gang de Neuilly
Tout commence au 104, rue de Vaugirard, dans une pension catholique qui abrite deux amis qui seront l'avenir de la France. François Mitterrand et André Bettencourt à qui leur expérience de cagoulard permettra d'être pris en tutelle par Eugène Schuller, le fondateur du groupe l'Oréal, grande figure mécène de l'extrême droite nationaliste.
Des rencontres de cours de récréation de l'ouest parisien, depuis l'élysée jusqu'à Neully sur seine, voici comment se déroule le casting des futurs administrateurs de nos impôts et de leurs privilèges. Francois Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et avant eux Giscard D'estaing, ont bénéficié des bienveillances fnancières et médiatiques de quelques puissants industriels et de leurs héritiers. Les familles Bouygues, Bettencourt, Boloré et autre Fils de sélectionnent leur représentant pour faire de la pédagogie auprès du peuple afin qu'il comprenne la légitimité de leurs privilèges donc de la lourde contribution qu'on lui soutire et qu'il accepte ainsi de se tuer à la tâche pour s'endetter. Lui expliquer à quel point il a de la chance parce qu'ailleurs c'est pas plus pire...

Tout cela me permet d'extrapoler avec insolence : Nicolas Sarkozy n'est que l'héritier de Mitterrand tout comme Chirac et aujourd'hui Hollande. Tous ont à un moment croiser au hasard d'une partie de billes ou d'un brunch un de ces dignitaires du trésor national. La sectarisation de cette caste d'héritiers est polymorphe et amiboïde. Elle n'a pas vocation à être sue, bien au contraire, reine du mimétisme, elle prend la forme de loges, de tribunes, de clubs, de chaînes de télé et de cours d'écoles. Cette caste se fout des symboles, de la gauche, de la droite...Tant que la redistribution des richesses va dans sa poche, elle pourrait faire cohabiter le Front National et le Front de gauche. Quelle que soit la figure, elle devra prêter allégeance si elle souhaite obtenir créance et une bonne exposition médiatique pour prendre le pouvoir.
François Mitterrand et André Bettencourt se sont rencontrés dans un pensionnat. Leur amitié les ménera sur de nombreux chemins plus ou moins obscurs. Schueller les prendra sous son aile et donnera sa fille Liliane en mariage à André, son associé à L'Oréal. Le parcours politique de François Mittrand lui permettait de croiser aussi les intérêts des familles Bouygues, Pinault, Boloré...Le tout étant de savoir jouer avec les antagonismes pour s'accorder les grâces de chacun. Voilà en quoi consiste alors la politique française : un jeu de réseaux. Président de la république, Mitterrand mena une politique de droite ultra-libérale et n'hésita pas d'ailleurs à faire ce qu'il faut pour offrir à la droite le gouvernement afin de mieux cohabiter avec ses amis de l'ouest parisien en général et de Neully en particulier. A la fin de son mandat, il désigna d'ailleurs Chirac comme son digne successeur à la barbe trotskyste de Jospin. Le gang de Neuilly embaucha alors Chirac qui embaucha Charles Pasqua, le parrain, élu des Hauts-de-Seine et de Neully avec dans sa besace un réseau d'influences très important et un certain Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy, au regard de son carnet d'adresse et de ses tutelles politiques bienveillantes, eu bien évidemment maintes occasions d'être présenté aux familles Bettencourt, Bouygues, Boloré, Pinault et autres dignitaires du Trésor National. C'est là que se construisit sa victoire aux élections présidentielles que laissa présager ses victoires dans les Hauts-de-seine. De la même manière que Mitterrand, il va alors durant son mandat détourner la richesse nationale pour pérenniser les privilèges de ses employeurs, financiers de son élection. Classique et tellement facile : les français aiment ferrailler, ils adorent la polémique et sont particulièrement intolérants et incultes. Il suffit de leur présenter un coupable et ils se ruent sur le dreyfusard sans réfléchir. Mitterrand aimait mettre l'étranger en avant pour mieux dénoncer le conservateur xénophobe qui s'associe avec l'extrême droite Nationaliste tandis qu'il s'affairait dans le même temps à soutenir les néo-nazes. De la même manière, Il aimait se faire la voix du peuple pour se faire élire et offrait ensuite à ses financeurs et non moins amis de nombreux marché publiques très rentables pour une bouchée de pain. C'est le contribuable qui paie sans rechigner, pourquoi ne pas se servir ?
Sarkozy lui, pour emballer ses réelles intentions, pris le contrepied du Marketing Mitterrandien en tentant de phagocyter l'extrême droite que Mitterrand avait ériger pour se faire élire sur les tiraillements de la droite dite républicaine. Il pensa à exalter à l'l’inverse de tonton, l'extrême gauche pour mieux diviser à l'instar de tonton le parti d'opposition.
Le comment de son financement ? Rien de très original : les grands argentiers de la démocratie féodale française. Ses liens avec les Bettencourt ? Les mêmes que ceux de Chirac, de Mitterrand, de Giscard et de leurs ainés.
Alors que Sarkozy soit accusé d'abus de faiblesse envers tata Liliane, Mère patronne de tous les financements, c'est de l'ironie ! L'abus de Faiblesse, c'est la France et les citoyens français qui en sont victimes. Et les coupables de cette escroquerie d'Etat sont les héritiers du trésor national : Le gang de Neuilly !
Le problème, ce n'est pas Sarkozy et ses liens avec tata Liliane. Le problème c'est l'opacité des tractations qui propulsent à la tête de l'Etat français ces incompétents de cours de récréation dont le rôle consiste à venir nous baratiner pour mieux nous plumer selon cette adage fidèle à la démocratie féodale française et cher à nos puissants héritiers dirigeants : levez les bras en l'air et la tête au ciel pendant que l'on vous fait les poches !
Alors devant ces deux actualités concomitantes qui font qu'un non lieu pour Sarkozy est requis dans l'affaire Bettencourt et que dans le même temps on fait passer à la trappe la loi sur la transparence des finances publiques, je reconnais que François Hollande fait enfin preuve de cohérence et d'honnêteté : Il n'a pas plus l'intention de rendre transparente la finance des politiques publiques que de se tirer une balle dans le pied. Il n'a pas plus l'intention de combattre la finance internationale qu'il n'a l'intention d'appliquer ses promesses.
A quand un procès pour abus de faiblesse envers cette vieille dame qu'est la France ? A quand la transparence des marchés publiques, des modes de financement des partis politiques et des financements de campagne électorales ?
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