Le GRI-GRI
C’est quand je l’ai vue seule dans sa voiture, le masque haut tendu sur son nez, l’expression du corps et de la tête satisfaite, tranquille, quand je l’ai vue protégée par un bout de tissu qu’il n’aurait surtout pas fallu lui voler, que j’ai compris que ce n’était pas une habitude prise, mais un rituel, un exorcisme, et que ce masque était le gri-gri qui la protégeait du mauvais œil. Ensuite, plus besoin de penser à rien, la vie est dangereuse, il faut s’en protéger pour rester vivant. Du reste tout dans la ville lui donne raison...masque obligatoire masque obligatoire masque obligatoire… combien de millions d’affichettes ont été imprimées ?
Ce retour à la magie nous surprend dans un monde où l’on nous faisait croire qu’on détenait tous les savoirs, tous les savoirs-faire, qu’on maîtrisait...tout, sauf les tempêtes, les marées, les inondations, les tremblements de terre, l’éruption des volcans mais qu’à chaque catastrophe provoquée par l’humain, on faisait croire qu’on avait la solution réparatrice au point où certains nient les effets délétères, du nucléaire même, comme si c’était impossible, impensable que l’homme puisse créer quelque chose de nuisible, qui puisse lui échapper.
Avec le nucléaire, l’humain a montré qu’il était désormais capable de fabriquer des créatures qui sortaient du champ de sa maîtrise.
Jusqu’ici les catastrophes concernaient quelques poches à la surface de la planète, les médias en disaient ce qu’on voulait bien leur faire dire, et les concernés n’avaient pas la parole, que ce soit pour les accidents de centrales, les essais nucléaires, ou les déchets dérivant où ils peuvent au gré des courants. Aussi la population peut-elle rentrer dans le déni, sûre encore de la toute-puissance humaine.
Jusqu’ici, les laboratoires haute-sécurité cachaient très bien les bidouilleurs de virus et on peut être sûr qu’aucun laborantins ne craignaient une fuite tant tout avait été pensé ! Aussi, quand cela s’est produit, au lieu d’agir en responsable, comme a fait la Chine, même en panique, les gouvernements du monde entier ont fait ce qu’ils ont pu ou cru bon. ( ceci est mon hypothèse et comme elle semble confirmée en plusieurs lieux, je me permets de l'émettre.)
Je pense qu’en France nous détenons le pompon, mais il nous manque peut-être des détails des politiques étrangères, et des témoignages. En tout cas, on sait qu’au Québec, ça rivalise !
Nous voici donc rendus aux principes de précaution des peuplades les plus primitives – comment dit-on ? Sauvages ?- , à l’arbitraire le moins scientifique qui soit, à la prière sans dieu forcément, bref, cette brusque chute dans le réel ne serait pas pour me déplaire si tous en tiraient leçons, un peu d’humilité et l’œil ouvert sur les fantaisies mortelles de l’arrogant bipède, mais cela semble loin d’être le cas.
Au bout de l’hybris, la chute, fatale. On sait cela depuis plusieurs milliers d’années, mais nos grands forts qui nous commandent l’ignorent.
Notre modernité n’est que cinéma : impression fugaces, excitantes, addictives mais jamais nourrissantes : le voyage a été remplacé par le tourisme, et si je veux bien croire que l’on soit sensible à la beauté d’une rade vietnamienne, j'ai dans l’idée que posés là par un local sous payé, ramenés au port de l’hôtel confortable du rivage, votre émotion est, malgré sa nouveauté, superficielle : elle ne changera rien de vous une fois rendus à votre quotidien.
Jadis, le voyage était réservé aux voyageurs, quelle injustice !!! Comment, moi, peureuse, timide et peu friquée, je n’aurais pas le droit de voir le monde ? Non mais ! Alors j’en verrai ce qu’on m’en montrera, et on m’en montrera des lieux connus, quasi banalisés, remplis de monde pour que ce soit rentable. Sûr que le vécu ressenti dans ces circonstances n’a rien à voir avec ce qu’a vécu Nicolas Bouvier, par exemple.
Aussi loin que l’on puisse remonter dans les chicanes de notre progrès, on ne voit qu’artifices et séduction, superficie et mensonges… et nos accès à la profondeur de notre être, seulement en cas de grande panique, prennent la même route que celle que prenaient nos lointains ancêtres, la peur, l’irrationnel jusqu’au délire parfois, lieu où le progrès n’est rien.
Quand on ne sait pas, on a recours au magique. Pourquoi en faire tout un plat ? Pourquoi cette honte ? Pourquoi devrions nous tout savoir ? Il y a encore énormément de gens qui ont honte d’ignorer, et se ridiculisent au final à faire croire qu’ils savent ! Quand on sait pas, on demande, normalement, et ceux qui savent sont tout contents de dire ! Personne ne se moque de qui que ce soit, en tout cas je ne l’ai jamais vu.
Alors pourquoi tous les amonts de cette pandémie n’ont-ils pas simplement dit :
« La base de ce virus est un virus de rhume simple ; on ne sait pas exactement comment il a été bidouillé, quelques séquences de ci, quelques séquences de ça…, alors nous allons être très prudents, vigilants ; tout le monde est appelé à cette vigilance ».
Et, au fur et à mesure que les connaissances s’accumulent, on les répercute, dans les centres hospitaliers, chez les médecins, etc.
Ça, ça serait dans un monde normal ; on explique aux petits humains que nous sommes, que l’on fait des études sur les virus, sur les bactéries, sur tout en fait, pour connaître mieux les maladies, et, aussi, pour faire face à l’obligation de guerres bactériologiques, en cas de conflits larvés graves, ... !
Alors, nous pourrions, offusqués, nous lever, peuples du monde entier, et dire « mais, vous êtes fous !!! Arrêtez, nous n’en voulons pas, c’est toujours lepeuple qui trinque dans vos combines de malfrats !!
Vous avez vu ce truisme, cette évidence, dans les deux paragraphes ci-dessus ? Tous, vous vous direz : complètement fada l’alinea !! quelle naïveté !
Vous vous rendez compte jusqu’où ils vous ont amenés, mine de rien ! Le minimum de transparence et d’honnêteté complètement disparu de nos schémas de pensée !!! L’inimaginable accepté… comme un fait acquis.
Alors, ce grand écart entre la volonté de puissance, sa réalisation, et notre appartenance à l’humanité toute entière, fait que nous vivons à la fois au moyen-âge, aujourd’hui, et dans d’autres galaxies dans un avenir inimaginé !!!
La volonté de maîtrise est si grande, le désir de fuir la nature si puissant que, dans le chapitre suivant l’exode rural, quand il fut admis par presque tous que la terre c’est sale et son labeur humiliant, l’humain supérieur veut carrément diriger l’infiniment petit, l’infiniment grand, puis lui-même s’extraire de l’atmosphère en rêvant d’aller sur Mars !
La bête a échappé à petithomme, pas plus visible qu’un radionucléide, le virus a paniqué le monde moderne réduit à d’ancestraux subterfuges : je vous laisse imaginer ce qui se passerait en France après l’accident d’une de nos vieilles centrales !
Eh bien, ce fruit créé par le cerveau humain, qui a déjà fait tant de mal, va s’arrêter forcément : au bout de la folie la mort, car rien n’est éternel.
Et, bonne nouvelle, la sagesse existe, depuis des millénaires, toute prête à se rafraîchir pour enfin nous servir de nouveau.
Première image : carte du virus
Deuxième image : carte du nucléaire civil
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