On ne s’en rend pas trop compte vu de chez nous, l’Espagne et la France ont le même « problème » que n’ont pas les autres pays européens : gérer l’attraction culturelle. Que les francophones se rassurent, nous avons les latinos, nos frères en galère, qui partagent les mêmes difficultés et les mêmes ressorts culturels quand il s’agit d’aller à la source de l’histoire comme le ruisseau va à la rivière… De la même manière qu’un certain monde francophone est attiré par la France juste par facilité linguistique et sympathie culturelle, un certain monde hispanique est attiré par l’Espagne qui doit aussi gérer un flux tendu en période de crise.
Cela donne des histoires baroques : C’est ici à Barcelone que j’assiste à des histoires d’amour pour un pays qui butent sur la réalité administrative : j’ai rencontré un couple de jeunes espagnols prêts à tout pour aller tenter l’aventure à Cuba tellement ils sont attirés par ce pays, prêts à abandonner l’Espagne pour aller vivre là-bas mais l’état cubain interdit aux étrangers de s’installer s’ils ne sont pas mariés à des cubains. Pendant ce temps, j’ai rencontré un formidable artiste cubain amoureux de l’Espagne, ingénieur de son état aux portes d’être invité à quitter le territoire malgré ses revenus corrects même s’il n’exerce plus son métier d’origine mais celui de serveur acharné au travail.
Si l’on pouvait laisser s’installer à Cuba le couple espagnol en échange de l’artiste cubain qui veut s’installer en Espagne, ce serait faire d’un coup deux bonheurs mais l’Etat cubain ne veut pas des uns et l’Espagne non plus de l’autre. Ainsi va le monde où les citoyens payent les politiques absurdes qui les dépassent, les éloignent les uns des autres quand ils ne demandent qu’à circuler, s’installer et vivre en paix.
Le plus dramatique c’est que les plus rêveurs et les plus inoffensifs font administrativement tout de travers quand les circuits d’immigration massive savent ce qu’il faut faire pour passer entre les gouttes. De là qu’on voit ici et là des gens qui ne parlent rien de la langue locale tenant boutique en toute légalité pendant que d’autres culturellement intégrés sont traités en parfaits étrangers…
Passons…
Je rentre inchallah le 1 novembre mes fonds ne me permettent plus d’aller plus loin dans d’excellentes conditions, on remettra la balade en Italie et en Allemagne à plus tard ; entre-temps, je découvre petit à petit cette formidable ville de Barcelone et on me raconte combien il y a peu c’était l’âge d’or avant la crise. Du travail pour tous d’où un afflux massif d’étrangers. Aujourd’hui, la région reste riche mais la crise est bien là qui frappe de plein fouet les jeunes. Je suis stupéfait par le nombre de diplômés réduits à être serveurs ici et là entre divers petits boulots quand ils en trouvent. Il n’y a aucun mal à être serveur mais c’est toujours pénible de devoir abandonner sa formation pour exercer un métier autrement qualifié.
Pour le reste, ici, les pakistanais font le même boulot que ceux qu’on appelle « l’arabe du coin » à Paris, c’est-à-dire qui tiennent de petites épiceries ouvertes tard dans la nuit. Renseignements pris, de la même manière que les francophones sont logés à la même enseigne que les étrangers tout court, les latinos ne bénéficient d’aucune facilité de plus que nous autres en matière de visas et autres papiers. C’est bien dommage car le lien culturel n’est pas rien et surtout quelle perte pour l’Espagne et la France s’ils ne savent pas tirer profit d’un tel réservoir de sympathie, d'échanges pour ne pas dire de marchés…
Le sud a permis à ces nations d’avoir leur heure de gloire et de richesse du temps de l’exploitation, dommage qu’elles ne sachent pas tirer profit du réservoir culturel qui commence d’ailleurs à leur tourner le dos…
Le truc à faire c’est trouver des sponsors pour aller visiter l’Europe et particulièrement les anciens colons pour faire des reportages au jour le jour comme font ceux du nord qui visitent le sud mais avec un regard amical mais sans concession…
inchallah...
Ciao ciao
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« »les éloignent les uns des autres quand ils ne demandent qu’à circuler, s’installer et vivre en paix.« »
quelqu’un c’est une mentalité, une personnalité un lot de conditionnements. prenons le cas type d’un européen-américain (USA UK) qui voudrait s’installer dans un pays très étatiste, il y viendrait avec sa mentalité de petit profiteur et d’égoïste compulsif.
il aurait des enfants les éduquerait que chez lui c’était pas comme ici il aurait des « compatriote », de son ancienne demeure, en exile avec lui, ceux si s’associeraient pour faire changer les choses dans le sens qui leur conviennent mieux. c’est a dire bien souvent plus de profit pour leur pomme.
laisser aller les gens ou ils veulent aller sans tenir compte de ce que désir les résident déjà sur place... voila une idée bien BOBO
et dans un monde ou tout le monde il est beau tout le monde il est gentil tout le monde il est intelligent le monde bizounours-candy oui bouger ou qu’on veut en évitant aussi de faire fuir le gibier et de dégueulasser le site, ca serait chouette... mais est-ce que bizouland est la planète Terre ?
qu’est-ce que vous voulez faire de ceux qui ont une « mentalité de petit profiteur et d’égoïste compulsif » ? j’aimerais bien comprendre et, si vous ne voulez rien en faire, pourquoi insultez-vous une partie de la population, vous êtes frustré ?
Malheureusement c’est rare que l’intérêt des états coïncide avec l’intérêt de leurs concitoyens .... pour nous qui avons de racines en Amérique, l’Espagne et la France des fois on arrive a des histoires ubuesques...
ne parlons pas de résider quelque part .. déjà seulement pour que la famille vienne en vacances est toute une galère ... ils sont obligés de demander la visa de tourisme en Espagne pour se rendre en France . car la France n’a pas encore compris que pas mal de monde de la classe moyenne/haute de l’Amérique du Sud n’ a aucun intérêt a rester ici comme immigrant clandestin ....
a présent a cause de la crise et grâce a ces« relations entre nos peuples » une grande partie des latins sont rentrés au pays et aujourd’hui c’est l’inverse , les ’espagnols commencent a aller chercher du travail en Argentine , Chili, Pérou et Brésil ou manque la main-ouvre qualifié .. surtout dans la conduction de engins .
pour les diplomés c’est triste mais quand on est jeune et commence a faire des études on n’imagine jamais que c’est toujours utile savoir faire un peu de tout dans la vie et avoir un métier alternatif ..
ces derniers mois j’ai prospecté les campagnes de Catalogne .. et c’est dessolant , les nouvelles générations n’ont pas voulu reprendre les terres de leurs aïeuls et laissent mourir les arbres fruitiers ..les jeunes préfèrent crever la dalle dans un hlm miteux dans une ville. du moment qu’ont un portable ,la connexion internet et le « botellon » .
en fin j’imagine que cette crise va servir de « reveil à la realité » pour pas mal de jeunes. et tant mieux.