Le scandaleux business de la vieillesse...
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Une émission diffusée sur France 3 dans la série Pièces à conviction nous dévoile le business qui se cache dans les maisons de retraite.
Que se passe-t-il derrière les murs de ces maisons ? Plus de 600 000 personnes âgées y résident.
Les subventions de l'état coulent à flot : 8 milliards d'euros, pour les établissements publics, mais aussi pour les grands groupes privés qui affichent des bénéfices records.
Pour y résider il faut payer très cher, mais ces prix élevés ne garantissent pas du tout le confort et les soins promis.
Un véritable business s'organise, ainsi, autour de la vieillesse.
Dans certains établissements, le manque de personnel est criant, la nourriture de mauvaise qualité et les produits d'hygiène rationnés... des conditions de vie ignobles et déplorables pour des personnes en grande difficulté, parfois désorientées et affaiblies.
Une exploitation du grand âge se met en place, comme si les personnes âgées méritaient d'être mises au rebut.
Il est vrai que tout cela se passe dans des ghettos où les gens sont parqués, à l'abri des regards.
Dans les EHPAD, les aides-soignantes reçoivent de maigres salaires, environ 1275 euros pour des journées de 10 heures 30 et deux dimanches travaillés par mois.
"Ce n'est plus moral", affirme une de ces aides-soignantes, constatant le triste sort réservé aux personnes âgées dans ces maisons de retraite.
Avec de plus en plus de personnes dépendantes, la vieillesse est devenue un business pour les maisons de retraite privées. Elles reçoivent de l'argent public et l'argent des résidents qui déboursent en moyenne 2000 euros, chaque mois.
Certains établissements font payer leurs services jusqu'à 5000 euros, par mois ! Un véritable racket !
De tels prix sont scandaleux, alors que les personnes âgées sont mal nourries, et que les soins d'hygiène sont souvent insuffisants.
Les maisons de retraite privées sont, ainsi, devenues plus rentables que les hypermarchés.
Avant d'accepter un nouveau "client", ces établissements exigent de sérieuses garanties financières et des références : solvabilité, propriétés, dossier de cautionnement à remplir par la famille qui doit indiquer ses revenus.
Et ce sont les économies de toute une vie qui y passent...
Seul un établissement public a ouvert ses portes aux journalistes et a accepté de parler d'argent : les résidents payent 2100 euros par mois dans cet établissement, soit le double de la moyenne des retraites en France.
11 salariés travaillent pour le ménage des chambres et des parties communes. En cuisine, 11 personnes préparent des menus à la carte. Il y a aussi une équipe d'animation. Dans le prix payé par les résidents, est compris aussi le nettoyage du linge.
L'état ajoute 1600 euros par personne et par mois pour les soins des résidents.
En tout, le coût d'un pensionnaire est de 3600 euros par mois. Les médecins, les infirmières, les soins sont payés par l'état mais le nombre de soignants fixé par l'état est insuffisant.
Souvent, dans les établissements privés, les seuils d'occupation légale sont dépassés.
Des chambres sont dédoublées et, en cas de décès, il arrive que certaines chambres soient facturées deux fois, pendant quelques jours.
Quand un directeur atteint les objectifs d'optimisation, il touche une prime de 535 euros par mois. C'est une incitation à la performance appelée "prime de remplissage."Il faut faire rentrer le plus de résidents possibles et bien au-delà de la capacité autorisée...
Ainsi, les maisons de retraite sont gérées comme de véritables usines qui doivent être rentabilisées. Mais que reste-t-il d'humain dans ce management ?
Un autre moyen d'augmenter le chiffre d'affaires : c'est l'accueil de jour. Or, certains établissements n'ont même pas l'agrément pour pratiquer cet accueil.
Les deux actionnaires du groupe Les Opalines ont bâti un véritable petit empire : ils possèdent 64 maisons de retraite sur tout le territoire... en 20 ans ces anciens directeurs de supermarché Leclerc se sont hissés à la 365 ème place des Français les plus riches.
Les grands groupes du business de la vieillesse affichent des taux de croissance considérables, 15 % par an. Le groupe Korian a fait 3 milliards d'euros de chiffre d'affaire en 2016 !
L'équipe de Pièces à conviction n'a pas reçu l'autorisation de filmer, mais en caméra cachée, un journaliste a pu visiter un établissement de cette "chaîne".
Les tarifs sont prohibitifs : un hébergement coûte entre 3464 euros et 4443 euros par mois !
Dans les publicités pour ce groupe, on peut voir des résidents heureux, des personnels contents de travailler.
Mais ce tableau idyllique est bien éloigné de la réalité : certains salariés révèlent des manques... des résidents qui restent 6 ou 7 heures dans des couches souillées... des couches inadaptées pour des personnes âgées, qui sont en plus rationnées afin de faire des économies, des résidents livrés à eux-mêmes dans les couloirs, complètement désorientés.
Des repas qui sont préparés au moindre coût : 4, 35 euros par jour et par pensionnaire ! Comment ne pas parler, alors, de restriction alimentaire ?
De telles conditions de vie sont indignes : en France, le pays des droits de l'homme, comment peut-on admettre que des personnes âgées, sans défense, soient traitées ainsi ?
Le blog :
http://rosemar.over-blog.com/2017/10/le-scandaleux-business-de-la-vieillesse.html
Source : une émission sur France 3
http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/pieces-a-conviction/pieces-a-conviction-du-jeudi-19-octobre-2017_2416633.html
Documents joints à cet article
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