Le théâtre de Marianne et du caïd de Neuilly
La stratégie de Sarko avait prévu toutes les réactions sauf la terrible une de Marianne. Que tous les défenseurs de la constitution bondissent, vous imaginez bien que cela a été finement prévu par l’as des sondages. Mais qu’un canard ose mettre une photo de lui l’air sur mesure avec la formule cintrée « le voyou de la république » : ça ! Jamais la bande à sarko ne pouvait imaginer que quelqu’un, qui n’est pas n’importe qui, oserait ; sachant le retour de bâton et la puissance d’enfumage de la propagande sarkoziaque.

Pourtant, Marianne a osé au nom d’une autre Marianne. Le résultat fut terrible. Il fit le tour du monde car ce fut terriblement bien joué arguments à l’appui. Depuis, la stratégie de la bande à Sarko est à revoir car ce qu’ils avaient juste prévu c’est de présenter sarko en homme du peuple qui parle à chaud comme un parfait ignorant des conséquences de ses paroles comme si c’était un citoyen lambda qui s’exprimait en ayant aucune responsabilité.
Tout ça pour quoi ? Que faut-il pour réélire Sarko ? Pas besoin de programme, pas besoin de bilan, nulle casserole ne peut l’empêcher d’être réélu si en face il n’y a personne de crédible. Il suffit à la bande de sarko de prouver que même nul, sarko vaut mieux que la gauche.
Pour ce faire c’est tout simple : parler le langage du bistrot du coin entre potes et obliger la gauche à dire qu’on est populiste ! Qu’on est irresponsable et obliger la gauche à se présenter comme les éternels défenseurs des immigrés, comme les éternels philosophes impuissants de l’insécurité.
Il suffit de mettre dans la tête des français que le seul argument contre les bonnes idées sarkoziaques c’est un article de la constitution ! Qu’est-ce un article sinon des mots votés qu’on peut changer. Il suffit pour cela de lancer le débat et montrer que la majorité des français est pour, pour obliger la gauche à se déchirer car la voilà face à un dilemme « suivre sarko au nom des français ou perdre leurs voix »
Voilà bien le plus grand malheur d’une démocratie qui applique le suffrage universel direct : si les gueux deviennent des ânes ignorants lobotomisés par l’individualisme de la société de consommation où d’ailleurs ils ne consomment plus rien, s’ils sont devenus des êtres qui ne pensent qu’en fonction de leurs intérêts individuels immédiats alors suivre leur opinion c’est détruire la république.
Or c’est bien là qu’en sont toutes les démocraties occidentales : la tyrannie de la génération Tévé, génération d’électeurs dont les opinions sacrées ne sont que le résultat d’une impulsion d’en haut par les forces faiseuses d’opinions. Voilà qu’il faut les suivre sinon on perd les élections.
Qui en a encore quelque chose à cirer de la constitution ? Combien se sentent encore concernés par ce qui s’est passé pendant la seconde guerre mondiale ? La majorité s’en tape ! C’est loin tout ça ! C’est terrible à dire mais c’est la vérité. Il faut bien être totalement out de ce qui se passe dans la rue, ou un peu trop cultivé pour ignorer cela !
Sarko lui le sait ! Et en jetant son pavé dans la mare, il le savait bien. Sa petite calculette lui a prédit la suite. Les réactions de l’élite ! L’indignation des bobos et de quelques concernés mais la France dans sa majorité sans tape d’une constitution qui interdit d’appliquer le bon sens !
Que dit ce bon sens ? Il dit qu’un français d’origine immigrée magrébo-africaine n’est pas un français de souche ! point ! Qu’est-ce qu’un français de souche ? C’est un français de souche occidentale ! Bien sûr, l’histoire prouve que la frontière varie toujours en fonction de l’ennemi du moment.
L’allemand, ennemi de toujours est le demi-frère aujourd’hui. Mais l’africain, le magrébin, disons le mot : le mahométan même light même juste de culture même acculturé, lui ne peut être un français de souche !
L’arbitre de ce honteux débat, devrait être la constitution, si c’était une constitution immuable avec des principes éternels ! Mais tant qu’elle ne sera qu’un parchemin même magnifique, tant qu’elle ne sera qu’une succession de mots qu’un referendum ou un congrès peut changer, inverser, jamais elle ne sera un fondement de quoi que ce soit.
Le fondement d’une république, c’est d’avoir un grand rêve dont la constitution n’est que le miroir ; c’est l’esprit devant la lettre, c’est l’esprit sur la lettre, c’est l’esprit qui guide la lettre et c’est l’un sur l’autre qu’ils enfantent les filles et fils d’une république.
Enfants de l’esprit et de la lettre, voilà les enfants de la république.
Mais cela, c’était à l’époque où la souveraineté avait un sens plein et entier. La mondialisation est passée par là, la société de consommation aussi. Bilan : à part quelques singuliers spécimens qui ont échappé à la lobotomisation, la majorité exploitée, endettée, réduite à se battre chacun pour soi, cette majorité pense comme sarko !
Sinon elle serait déjà dans la rue par millions pour chasser le voyou de la république et l’obliger à quitter la présidence comme le firent de tous temps, les ancêtres qui firent la république.
Au lieu de ça, que voit-on ? Une petite guerre des mots et des communiqués. Des pétitions bien maigres. Tout ce qui prouve que la constitution ainsi violée par le franco-hongrois souchiste ne trouve plus suffisamment d’enfants de la république pour la défendre car ils s’en tapent.
Depuis longtemps les français sont dégoûtés de la politique, ils consomment le plus antidépresseurs au monde, que voulez-vous que cela leur fasse que Sarko parle le langage du peuple conditionné à avoir peur et agir sans se soucier des conséquences comme si la loi n’était rien qu’un mot sans âme sans esprit mais capable de chasser ce crime que nul ne saurait voir !
Sarko était bien parti pour vaincre encore une fois, mais Marianne le canard a prêté au monde son miroir et soudain voilà le voyou de la république en chair en os et en paroles ! Terrible !
Pendant qu’on y est, au lieu de déchoir ou déchouer, pourquoi ne pas rétablir la peine de mort pour celles et ceux qui méritent qu’on leur retire leur identité ? La peine de mort pour quiconque assassine un policier ou un gendarme ou qui viole des enfants, la peine de mort pour les crimes abominables.
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